24/10/2015

Est ce bien l’ancien Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini qui a soufflé à Hitler l’idée de la solution finale ?

 

 

Est ce bien l’ancien Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini qui a soufflé à Hitler l’idée de la solution finale ?

J’avais déjà entendu dire cette légende ou bien cet apocryphe célèbre lors d’un précédent séjour en Israël, bien avant que n’éclatent les troubles qui agitent depuis presque un mois les villes et les villages de l’Etat juif. Je n’y avais pas accordé une grande importance, jugeant que l’affaire était trop complexe et que l’apparence de la vérité n’est pas la vérité. Surtout quand il s’agit de vérité historique. Or pour qu’il s’agisse d’une vérité historique, c’est-à-dire quelque chose qui ne soit ni une légende ni une rumeur, il faut des preuves. Et les preuves dans ce cas précis, on n’en a pas, même si cette absence de preuves ne saurait innocenter un mufti qui ne portait pas les Juifs dans son cœur, avait rencontré Adolf Hitler,  faisait le salut nazi et avait lancé un appel aux musulmans de l’ancienne Yougoslavie pour qu’ils s’enrôlent dans les rangs des SS… Même si ce Mufti de Jérusalem n’a peut-être pas soufflé à Hitler l’idée de la solution finale, décidée, je le rappelle, à la conférence de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, il ne concevait pas pour les fils d’Israël des sentiments très amicaux. Ses discours enflammés le prouvent largement.

Pourquoi la presse israélienne revient elle avec une incroyable insistance sur cette filiation qui ne laisse pas d’être scandaleuse, voire horrible ? La réponse est évidente : le premier ministre Benjamin Netanyahou a fait état d’une telle filiation expliquant l’existence de la Shoah par un conseil prodigué par l’ancien Mufti à Hitler. On a fait à Benjamin un procès qui n’a pas lieu d’être ; contrairement à son père, l’éminent professeur Benzion Netanyahou qui fut un grand historien de la philosophie juive (son livre sur Isaac Abrabanel est et demeure excellent), le Premier Ministre d’Israël n’a pas reçu une formation rigoureuse en, science historique. Il a instrumentalisé un fait, l’antisémitisme viscéral du vieux Mufti pour condamner ce qui se passe aujourd’hui où, reconnaissons le, des Palestiniens de Cisjordanie, mais, fait plus grave, des Arabes israéliens, poignardent à tout va le premier Juif qui a le malheur de croiser leur route. Benjamin Netanyahou a donc voulu faire d’une pierre deux coups : d’une part, rappeler que certains Arabes ne sont pas seulement antisionistes mais avant tout des antisémites habités d’une haine recuite à l’égard de tout ce qui évoque, de près ou de loin, le judaïsme, et d’autre part, justifier, par là même, qu’Israël a le droit de se défendre contre des assaillants qui, selon lui, poursuivent le même programme que leur zélé inspirateur, mort, sans être inquiété à Beyrouth, au début des années soixante-dix…

Certes, sans donner de conseil au premier ministre, il faut admettre qu’il a un peu forcé le trait, donnant ainsi à la presse, même celle qui le soutient généralement, des verges pour le battre.

L’ancien Mufti n’était pas un saint homme et quand on fréquente Hitler, qu’on s’installe dans le Berlin de la seconde guerre mondiale, qu’on lance des appels en faveur du nazisme, on n’est pas vraiment un homme moralement recommandable. Mais je ne vois toujours pas comment un homme comme Hitler qui détestait les Arabes un tout petit peu moins que les Juifs serait venu prendre conseil chez ce Mufti dont les vues stratégiques et les analyses politico-militaires n’ont pas laissé de trace impérissable ni révolutionné la pensée.

Donc, Benjamin n’aurait pas dû forcer le trait, mais il l’a fait, car cela fait partie de son plan pour réprimer ce qui ressemble aujourd’hui à un véritable soulèvement. Toutefois, cet épiphénomène ne doit pas nous faire oublier le fond du sujet : il faut absolument éviter que les troubles actuels ne dégénèrent en conflit religieux. La liberté de culte règne à Jérusalem depuis que l’Etat juif a repris le contrôle de la ville sainte dont les Juifs avaient été chassés depuis deux millénaires. Tous les fils d’Abraham doivent pouvoir prier en paix, chacun à sa manière, sans restriction aucune, mais aussi dans le calme et le respect des autres.

D’ici là, Benjamin pourra toujours préparer un doctorat en histoire. L’université hébraïque de Jérusalem est l’une des meilleures universités au monde. Il pourra ainsi se faire un prénom comme son défunt père (ZaL), mais cette fois en philosophie politique…

Maurice-Ruben HAYOUN  in Tribune de Genève du 24 octobre 2015

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Commentaires

Cher Professeur,
Si le PM Netanyahou force le trait, c'est peut-être qu'il a compris que c'est un conflit religieux , et non pas territorial, qui oppose juifs et arabes depuis les massacres perpétrés par Mahomet.
Et qu'il est légitime que le PM d'Israël cherche le moyen de réparer les âneries de Mme MEIR et du Général DAYAN lors de la victoire de 67. A savoir refuser d'annexer la Judée Samarie et gaza et laisser l'administration du Mont du Temple à la Jordanie et au Waqf.
La seule garantie de liberté de culte en Israël, c'est une souveraineté pleine et entière d'Israël sur ces territoires historiques. Au prix de chasser les arabes à qui cela ne plait pas et de faire un pieds de nez à la "communauté internationale". "Communauté internationale" qui, en dépit de ses piaillements pseudo indignés, laisse par ailleurs Poutine nettoyer la région des islamistes sunnites. Pour les chiites, le suspens se prolongera jusqu'au second épisodes : la mise au pas des mollahs par le tsar.

Écrit par : Alain | 24/10/2015

Personne dans ce débat ne s'est vraiment penché sur le personnage, avant d'aller rencontrer hitler avec l'entremise du banquier lausannois genoud, et avant de faire les études pour devenir Mufti, al husseini état l'un des commandants et certainement le plus zélé du camp d'extermination d'arméniens de Smyrne dans lequel 150'000 arméniens furent exterminés, c'est pour cette raison que hitler l'a reçu officiellement en 1941. Le camp d'extermination de Smyrne était le seul camp d'extermination ottoman qui avait des fours crématoires, ne pas oublier que les premières chambres à gaz ont été construites au cours de l'année 1942 !

Ensuite al husseini a été promu commandant des waffen ss musulmans devenus célèbres par leurs cruauté dans les Balkans !

Écrit par : Corto | 24/10/2015

Ensuite, arafat n'était rien d'autre qu'un ados du Caire ayant finit dans le lit d'al husseini, c'est ainsi qu'il est devenu l'héritier de la bande de nazis cachés par nasser, sa nièce n'est rien d'autre que leila chaïd, en fait leila al husseini, la fille du frère de mohammed amin al husseini !

Il faut être une mouche pour assisté à tous ces déballages dans les salles des tribunaux genevois où se juge la succession du rais arafat, à huis-clos bien sûr !

C'est mohammed amin al husseini qui a été déclaré comme père de la nation "palestinienne", à l'époque où le nazi vivait encore, le terme "Palestine" n'était pas tout à fait admis, avant 1967, c'était les juifs qui portaient le blase de "palestiniens" !

Écrit par : Corto | 25/10/2015

Selon la logique à l'oeuvre dans cette démonstration, on pardonnera donc à Jean-Marie Le Pen d'avoir qualifié l'extermination des juifs de "détail" de la seconde Guerre mondiale. En effet, le Breton au langage écumant n'est pas un historien, d'où quelques écarts dans ses déclarations. Cela dit, on n'en revient toujours pas qu'un universitaire juif, relayant les propos d'un dirigeant politique très marqué à droite, se fasse indirectement l'avocat d'Adolf Hitler au seul prétexte d'une aversion fondamentale à l'égard des musulmans. Quand la haine rend aveugle...

Écrit par : Zorg | 26/10/2015

Il existe (Histoire contemporaine de la Diplomatie secrète, Jacques de Launay Ed. Rencontre, 1965) une lettre du Grand Mufti de Jérusalem qui ne donne pas l'idée d'extermination des Juifs (ces "individus" qui reviennent bien trop nombreux!) mais bien qui offre ses services aux Forces de l'Axe!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26/10/2015

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