30/09/2015

Une procédure contre Bacahr pour crimes de guerre

 

Une procédure judiciaire contre Bachar el Assad pour crimes de guerre

Paris vient de franchir une nouvelle étape dans sa croisade contre le boucher de Damas. C’est une nouvelle partie qui s’engage pour contrer les plans russes concernant la Syrie d’après Bachar. On sent que Paris tient là un bout de la corde qui peut lui permettre de peser sur la suite des événements et de ne pas être exclu des négociations par les deux géants, Obama et Poutine.

Mais était ce vraiment nécessaire de compliquer un dossier déjà bien complexe ? Ne perd on pas de vue l’essentiel, à savoir la lutte contre Daesh qui profite de tous ces atermoiements pour se renforcer et se fondre dans la population, ce qui fait que même après sa défaire au plan conventionnel, il continuera son action malfaisante et déstabilisatrice en perpétrant des attentats et des actions de sabotage..

L’action de Paris paraît contre-productive et s’apparente à une initiative maladroite. Certes, personne ne contestera que Bachar est infréquentable et que les Russes ne se font pas les défenseurs de la veuve et de l’orphelin en le soutenant. Bien au contraire ! Ils tiennent à leur place à Tartous et à Lattaquié et ne se laisseront pas expulser de ces deux ports de guerre donnant sur la Méditerranée orientale.

Mais la question qui se pose est la suivante : est ce une manœuvre de retardement ou une offre désespérée de service dont Américains et Russes ne veulent pas ? Parfois, c’est assez pathétique de voir comment certains essaient de compter ou d’exister, dans un monde sans pitié et sans miséricorde.

Bachar ne va sûrement pas prendre un vulgaire avion de ligne pour se faire arrêter dans je ne sais quel aéroport. Il ne sort plus de chez lui, ni de son palais, ni de sa ville. Daesh et ses opposants sont dans la banlieue de la capitale… Ses conseillers juridiques pourraient contrattaquer en disant qu’il faudrait aussi mettre en examen les dirigeants de Daesh, d’al-Nosra, d’al-Quaida, de l’armée syrienne libre, etc…

Il faut passer à l’action. Et rien ne se fera sans les USA qui disposent sur le théâtre des opérations de 400 avions de guerre et de 1600 pilotes sur zone.

Quand on considère ces chiffres, comparés à d’autres que j’ai la charité de ne pas citer, on a tout dit et tout compris.

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29/09/2015

Vladimir Poutine, superstar

Vladimir Poutine, superstar

C’est un rétablissement prodigieux que V. Poutine vient de réussir à la face du monde entier, lui, le réprouvé, l’homme d’Etat aventurier qui a osé modifier les frontières de son pays avec l’Ukraine en annexant la Crimée. Du jamais vu dans l’histoire depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Et voilà que bien qu’isolé et sous sanctions de l’UE et en butte à l’ostracisme de la France qui refuse de lui vendre les navires de commandement Mistral, qu’il avait pourtant payés, il se produit à la tribune de l’ONU, ose plaider en faveur de Bachar, le bourreau de son peuple, et contraint même le président Obama à le suivre dans le soutien au boucher de Damas. Le président US a livré un baroud d’honneur pour sauver les apparences mais a dit clairement sa volonté de travailler avec les Russes qui pourtant soutiennent Bachar..

Même si Bachar est ce qu’il est, à savoir un tyran infréquentable, il a la baraka. On le donnait perdu il y a encore peu de temps, ses généraux faisaient défection les uns après les autres, ses collaborateurs les plus proches étaient scrutés pour discerner leurs intentions profondes, bref son armée entrait en déliquescence et même son allié iranien prenait une place de plus en plus envahissante, au point que la haute hiérarchie militaire syrienne (ou ce qu’il en reste) en a pris ombrage.

En convaincant les Russes de le soutenir jusqu’au bout et à placer en seconde place la question de la transition politique, V. Poutine a remporté une victoire éclatante. Les uns après les autres, les dirigeants se rallient à sa position : même les Turcs qui sont aux premières loges, ont observé le passage de l’armada russe traversant le Bosphore… Si les Américains ont donné leur aval, la France suivra nécessairement.

V. Poutine fera d’une pierre deux coups : il va rétablir la situation en Syrie, même si cela va prendre du temps et il est presque certain qu’il enverra des soldats sur le terrain pour encadrer les troupes de la coalition arabe..

Moralement et militairement, c’est une défaite, un revers pour l’Occident qui doit céder la place aux Russes lesquels ont fait une bonne analyse de la situation : d’abord on se débarrasse de l’EI et ensuite la nouvelle Syrie ne serait plus comme celle d’avant.

Il ne m’étonnerait pas que les Russes aient déjà quelques idées sur la question.

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27/09/2015

La France et le conflit syrien

La France et le conflit syrien

La France a enfin changé de politique et est intervenu tôt ce matin dans le ciel syrien contre des objectifs de Daesh. Il était temps et Laurent Fabius s’en est félicité tout en ajoutant, mal à propos, qu’il ne fallait pas interpréter ces frappes aériennes comme une aide apportée au dictateur syrien Bachar el Assad.

En fait, il faut bien le dire, l’action de la France est surtout symbolique car ses moyens ne lui permettent pas de se mesurer à ce que font les USA. Ses critiques ou ses réserves ne sont pas très importantes puisque les USA et la Russie, et même l’Iran, se sont mis d’accord pour coordonner leur action sur le terrain.

Et le temps presse. Le monde entier reconnaît enfin que plus le temps passe et plus l’EI approfondit son enracinement et son implantation en Irak et en Syrie.

Un autre élément du calendrier diplomatique explique l’intervention française de ce matin : montrer qu’elle existe juste avant le grand discours que V. Poutine prononcera demain à la tribune des Nations Unies. Il y exposera ses plans contre Daesh et militera en faveur d’une coordination objective avec Bachar en proposant de régler ce problème après coup.

C’est le bon sens même. Et la France finira bien par s’y rallier puisque rien ne peut se faire sans les USA qui ont déjà avalisé cet accord in petto avec les Russes.

Le seul élément qui pose problème, c’est la réaction éventuelle de l’opposition syrienne face à ce concours inespéré apporté à Bachar et au régime. Cette opposition ne se sentira t elle pas trahie ? Ne risquons nous pas un renversement d’alliances ?

Sans même parler de la réaction de l’Arabie Saoudite qui s’est juré d’expulser l’Iran de tout le Proche Orient où il introduit depuis des années le ferment de la discorde…

Décidément, ce Proche Orient n’a pas fini de faire parler de lui

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26/09/2015

Madame Merkel a raison: il faut parler avec Bachar

Oui, Madame Merkel a raison, il faut se résoudre à parler avec Bachar…

Je commencerai cet éditorial pour une réflexion issue de mes souvenirs d’étudiant germaniste, il y a près de quatre décennies : à cette époque là, l’Allemagne était divisée et nul n’entrevoyait la moindre perspective d’une réunification. On disait alors de la RFA que c’était un nain politique (politischer Zwerg) et un géant économique (Wirtschaftsriese). Aujourd’hui, après toutes ces décennies, la situation est tout autre. C’est Madame Merkel qui donne le ton et elle ne se gêne pas pour le faire. Et je dois dire qu’elle a raison de le faire.

La dernière déclaration remarquée de la chancelière concernant la crise syrienne constitue l’une de ses toutes premières déclarations signant cette émancipation absolue en matière de politique internationale. Et cela pose tout de même un problème au niveau de ce qu’on persiste à appeler «le couple ou le moteur franco-allemand.» Madame Merkel dit que Bachar fait partie du problème et de la solution tandis que François Hollande, suivant les déclarations de son ministre des affaires étrangères, avait un peu imprudemment dit qu’on ne parlerait pas avec Bachar, véritable boucher de son peuple (ce qui est vrai), et qu’il ne tarderait pas à tomber.

Or, aujourd’hui, on est contraint de faire machine arrière et c’est la France qui va emboîter le cas à son puissant voisin et allié alors que jusqu’ici, c’était l’inverse. On l’a même vu lors des négociations avec la Grèce où le président français a pesé de tout son poids pour éviter le grexit. Aujourd’hui, c’est l’inverse

Sans même parler du fond de l’affaire et de ce traitement asymétrique de la France et de l’Allemagne (laquelle a gardé son triple A et se trouve dans une position économique et financière nettement plus favorable que la France), il faut bien y voir un ascendant de l’Allemagne sur la politique étrangère de l’Union européenne. Ce n’est pas une mauvaise chose, même si l’on peut légitimement souhaiter un rééquilibrage  du côté français.

La déclaration de la chancelière me semble frappée au coin du bon sens et anticipe ce qui va vraiment se passer car on sait que c’est la diplomatie russe qui a repris l’initiative et a dû mener des discussions discrètes avec l’Allemagne afin de donner un grand écho au discours que le président V. Poutine va prononcer devant l’assemblée générale des Nations Unies.

Contre toute attente, et alors qu’on prédisait sa chute imminente, Bachar a su convaincre les Russes de le soutenir en mettant en valeur leur implantation dans des bases aéronavales syriennes, ce qui leur accorde une présence pérenne en Méditerranée orientale. Une telle offre n’est pas négligeable puisque les Russes n’ont plus d’autre base au Proche Orient.

Mais il y a derrière ce soutien massif des Russes à Bachar une autre considération qui relève de politique intérieure : les Russes surveillent ce qui se passe dans les républiques musulmanes du Caucase nord comme la cuisinière surveille le lait sur le feu. Ils savant que l’Etat Islamique est leur ennemi juré et qu’il faut l’éradiquer ou, à tout le moins, le contenir, faute de quoi cette idéologie islamiste va contaminer des zones entières de la Fédération de Russie.

Un tel projet, contrairement à ce que certains à Paris voulaient faire croire, présuppose un minimum de concertation avec Bachar, ce qui, nous le concédons bien volontiers, n’est pas sans poser quelques questions d’ordre éthique : comment éliminer les ennemis d’un homme qui s’est mué en boucher de son propre peuple ? Ne sommes nous pas en train de l’aider à se maintenir au pouvoir alors qu’on poursuit justement son éviction ?

Les Russes ont compris qu’il fallait diviser ou séparer les difficultés : il faut identifier l’ennemi majeur, celui qui menace tout le monde. Le cas de Bachar sera tranché après cela. Et la Syrie qui renaîtra de ses cendres ne ressemblera nullement à celle d’aujourd’hui. La seule ombre au tableau est que la Russie aura une grande influence sur la politique au Proche Orient alors qu’Américains et Israéliens avaient tout fait pour l’en éloigner. Et qui sait quelle politique le maître du Kremlin voudra y pratiquer ?

Et que peut faire la France dans tout cela ? Soyons honnêtes, pas grand chose. Il faudra, quoiqu’il arrive, rejoindre l’Allemagne qui va sûrement soutenir l’initiative russe ; et il est clair que l’UE suivra, puisque les USA ont déjà conduit avec la Russie des entretiens approfondis au niveaux des ministres de la défense des deux pays.

Un dernier point : la visite précipitée du Premier Ministre israélien Netanyahou à Moscou, une avant-veille de yom kippour (le jeûne juif le plus important du calendrier liturgique), suffit à elle seule à montrer l’importance des tractations en cours. L’Etat juif redoute qu’une partie de l’armement russe sophistiqué livré à Bachar ne tombe entre les mains du Hezbollah …

En conclusion, Vladimir Poutine a réussi à se rendre indispensable et incontournable malgré son annexion scandaleuse de la Crimée. Le pape François, admirable messager de paix et d’amour, a encore beaucoup de travail à accomplir pour établir enfin un ordre éthique universel.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 26 septembre 2015

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25/09/2015

La renaissance de Martin Buber

La renaissance de Martin Buber

Depuis l’année dernière, date à laquelle l’auteur de ces lignes a fait paraît un ouvrage consacré à la vie et à l’œuvre de Martin Buber, on assiste à une véritable renaissance d’un grand philosophe juif allemand qui, bien que né à Vienne, a passé la plus grande partie de sa vie en Allemagne et a fini ses jours à Jérusalem qu’il rallia au cours de l’année 1938. Il fut nommé à une chaire de sociologie car les éléments les plus conservateurs du Board of Governors se méfiait de ses idées en matière de judaïsme.

Depuis la parution de Martin Buber. Une introduction (Pocket) les éditions des Belles Lettres ont, sous l’impulsion de M. Jean-Claude Zylberstein, directeur de la collection Le goût des idées, procédé à la réédition de quelques ouvrages devenus introuvables, notamment Les fragments autobiographiques, Le chemin de l’homme, le problème de l’homme et Moïse.

Depuis sa mort en 1965 à Jérusalem où il acheva seul la traduction de la Bible hébraïque en langue allemande, ce grand philosophe, auteur du fameux Je et tu (1923), Buber semblait oublié en France, un pays qu’il admirait et dont il maitrisait parfaitement la langue. Certes, son œuvre philosophique majeure qui s’apparente à une sorte d’existentialisme, tel que nous le découvrons dans l’Etoile de la rédemption de Franz Rosenzweig (ob. 1929), fut traduite avant la seconde guerre mondiale avec une belle préface de Gaston Bachelard. Mais depuis ce temps là, rares furent les études portant sur son œuvre.

 Aux USA en revanche, où tant d’étudiants lisent cette œuvre dans les campus, son Je et tu fut traduit par l’un de ses meilleurs disciples, Walter Kaufmann. Aujourd’hui, grâce à cette réédition et à la belle somme de Dominique Bourel, à paraître ces prochains jours aux éditions Gallimard, Buber va connaître une belle renaissance.

Buber fut le dernier grand philosophe juif d’Europe à développer une philosophie non religieuse du judaïsme, tout en restant ancré dans sa tradition trimillénaire. Dans cette œuvre immense, sa seule correspondance qui comprend plusieurs centaines de lettres, éditées en Allemagne par Grete Schräder, nous le montre en contact épistolaire avec tous les grands intellectuels de sa génération. Il a même échangé des lettres avec Gandhi auquel il a tenté de faire comprendre le drame vécu par le peuple juif au cours de la seconde guerre mondiale.

Son œuvre embrasse un large ensemble qui va de la littérature biblique aux questions du sionisme et à l’avenir du peuple juif qui renoue avec sa souveraineté nationale dont il fut privé durant deux interminables millénaires. Malgré les circonstances, Buber n’a pas entièrement rompu avec la culture germanique qui avait imprégné sa jeunesse.

La séparation de ses parents alors qu’il avait tout juste trois ans lui a permis de vivre durant un décennie chez son grand père paternel, l’érudit rabbinique Salomon Buber, auteur de maintes éditions de commentaires midrachiques de la Bible. Polyglotte, il parlait et écrivait l’allemand, l’hébreu, le yiddish, le polonais, le français et l’anglais.

L’œuvre à laquelle il a attaché son nom et celui de son inoubliable ami Rosenzweig reste cette belle traduction de la Bible hébraïque dans la langue de Goethe. Voici un esprit éminemment juif pour lequel la culture universelle n’a jamais été un vain mot. Sa conception du judaïsme a parfois suscité des controverses car il considérait que le contenu de la Révélation ne pouvait pas être de nature juridico-légal. Pour lui, l’appellation divine contenue dans Exode 3 ;14 devenait je serai qui je serai… en ce moment avec toi. Face à Rosenzweig qui était devenu très observant depuis sa conversion manquée et sa redécouverte du judaïsme orthodoxe, il se refusait à voir dans le judaïsme une sorte de nomocratie. Rosenzweig lui adressa une longue lettre ouvrete à ce sujet, intitulée Les bâtisseurs.

Il suffit de se pencher sérieusement sur son Moïse, jadis publié aux PUF, pour s’en convaincre. Certes, les critiques bibliques ne le considéraient pas comme l’un des leurs car il n’adoptait pas la même méthodologie stricte que la haute critique. Sa vision de Moïse nous est livrée dès la toute première note infra-paginale du livre : il y critique la démarche de son contemporain dans son L’homme Moïse et le monothéisme. Mais il adopte cependant une attitude critique, ne prenant pas au pied de la lettre les récits bibliques sur la naissance du libérateur des Hébreux du pays de l’esclavage.

Si l’on veut donner une vue d’ensemble, la moins incomplète, de son œuvre, il faut aussi signaler sa conception des relations judéo-chrétiennes ; là aussi, il se distinguait de l’approche de son ami Rosenzweig pour lequel judaïsme et christianisme étaient les deux faces d’une même vérité.

Dans une Allemagne juive plutôt rétive, à ses débuts, à l’égard de l’idéologue sioniste, Buber n’a jamais hésité concernant le renouveau national d’Israël. Mais il y a un domaine dans lequel Buber a rendu un inestimable service à la culture universelle : il a aidé l’Europe chrétienne à découvrir le hassidisme. Certes, son ancien disciple, devenu une célébrité universitaire mondiale, Gershom Scholem, a fini par lancer une vive attaque contre sa conception du hassidisme mais ce fut un coup d’épée dans l’eau. Car, si Scholem a eu raison d’un point de vue historico-critique, Buber était parfaitement fondé à viser la renaissance d’un piétisme juif méconnu, enclavé dans des contrées moyenâgeuses d’Europe centrale et orientale. Il l’en extrait et a montré à l’Europe entière que le sein maternel d’Israël était encore fécond et pouvait produire de si belles floraisons. En fait, il a accompli à sa manière ce que Scholem a fait, à sa façon, pour une meilleure connaissance de la littérature kabbalistique.

Le hassidisme, le sionisme, la Bible, tels sont les grands chapitres de cette œuvre.

Mais Buber n’a jamais oublié la politique et le temps présent. Il a toujours milité pour un état binational (en quoi je pense qu’il se trompait), et il l’a constamment fait de bonne foi. L’une de ses prédictions s’est hélas avérée : il avait prédit que si l’on optait pour un état juif, celui-ci ne jouirait jamais d’un seul jour de paix, en raison de la vive hostilité de ses voisins qui s’estimeraient spoliés.

Il y a quelques mois, l’Etat d’Israël a faiblement commémoré le cinquantième anniversaire de sa disparition. Certes, il fut marginalisé dans un pays qu’il a vu naître mais dont il souhaitait faire évoluer la mentalité.

A t il eu raison ? A t il eu tort ? A de plus experts que nous de juger. Nous saluons la réédition de ses écrits par M. Jean-Claude Zylverstein et son retour en grâce, à l’occasion de ses rééditions d’ouvrages et de la parution de ces deux livres sur sa vie et son œuvre.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 25 septembre 2015 

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21/09/2015

Tsipras en Grèce, une victoire à la Pyrrhus

Tsipras, une victoire à la Pyrrhus…

Oui, Alexis Tsipras a remporté une victoire relative aux élections législatives de son pays, mais cela ne signifie pas grand chose dans ses dures négociations avec l’UE qui l’a entièrement entravé : il ne peut pas faire le moindre geste sans le contrôle de Bruxelles. Mais comme c’est une grande phalène politique, il se livre à des rodomontades et se targue de rendre au pays sa gloire d’antan. Mais les vrais commentateurs de la chose politique savent que ce qu’il a obtenu, c’est l’aval du peuple grec pour effectuer les dures réformes dont la Grèce a besoin. C’est clair.

Désormais, il aura quatre années au cours desquelles il appliquera la politique dictée par Bruxelles. C’est très bien car cela moralisera la vie politique dans le pays, cela renforcera aussi la présence de l’Etat qui encaissera plus de rentrées fiscales e pourra vraiment exercer son autorité régalienne dans tous les domaines.

Il faut  utiliser Tsipras jusqu’au bout et le lâcher lorsqu’il aura, comme disent les Américains, until he has outlived his efficency. Un peu comme on jette un citron après l’avoir pressé jusqu’à la dernière goutte. Mais on ne peut pas lui dénier un certain talent et une âme politique absolument chevillée au corps..

Un autre point doit être signalé ; la dislocation de tous les autres partis, surtout ceux de droite qui sont discrédités depuis des décennies. Et même les socialistes, la gauche modérée. Au fond, Syrisa n’est plus le parti de la gauche radicale, il est tout juste radical-socialiste. Et comme tous les politiciens, Alexis Tsipras aime le pouvoir et se réjouit de le conserver durant au moins quatre bonnes années.

Mais le seront-elles aussi pour son pays, la Grèce ? Seul l’avenir nous le dira.

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20/09/2015

La stratégie de V. Poutine en Syrie

La stratégie de Vladimir Poutine en Syrie

Plus aucun doute sur la politique que V. Poutine entend suivre en Syrie. Il va soutenir le régime sans pour autant donner une assurance-vie à long terme à Bachar. Il a déjà déployé des avions de guerre et des troupes de commandos sur place afin d’éviter l’effondrement de son allié . Damas est menacée par les rebelles de l’Etat Islamique et sa chute ferait tache d’huile. La souveraineté de l’EI s’étendrait alors à Bagdad, à Amman et pourquoi pas à Beyrouth, ce qui provoquerait immanquablement une réaction terrible d’Israël et de son allié US. Mais ce qui fait le plus peur à Poutine, c’est ce qui se trame en sous main dans les républiques musulmanes du nord Caucase dont certains groupes ont déjà fait allégeance soit à al-Qaïda soit à l’EI. Or, une telle chose ferait éclater la fédération de Russie. Le plan de Poutine est clair : on se met à la tête d’une grande coalition arabo-occidentale, avec même le soutien discret de Tsahal pour vaincre l’EI, le réduire à sa plus simple expression et ensuite gérer l’après Assad, lequel commence à se plaindre de la pesante main mise de l’Iran des Mollahs sur son pays.

Il est certain que le maître du Kremlin qui a déjà réduit les Tchéchènes n’hésitera pas à envoyer des troupes au sol car il sait que c’est la seule façon d’en finir avec l’EI. Et évidemment, les autres alliés occidentaux lui emboiteront le pas. L’Occident n’a pas réussi à faire en Syrie ce que l’Arabie Saoudite est en passe d’accomplir au Yémen : réduire drastiquement les forces des rebelles chiites, derrière lesquels se cache l’Iran et reconquérir l’ensemble du territoire : c’est déjà le cas d’Aden et une grande offensive terrestre se prépare contre la capitale Sanaa. C’est une question de semaines, la coalition arabe ne s’embarrassant pas de scrupules d’ordre moral… Ce qui serait impensable pour les Occidentaux.

Il y a aussi une possibilité d’entente des Russes et des Iraniens contre un ennemi commun, les Sunnites de l’EI. L’Iran ne parvient visiblement pas à ramener à la raison des rebelles encadrés par d’anciens officiers de Saddam. Même l’Arabie, hantée par le spectre iranien ne s’opposera pas à cette coalition hétéroclite, parrainée par la Russie.

Est-ce que V. Poutine a raison d’agir de la sorte ? Il est sûr qu’il ne met pas sur pied une coalition qui veut défendre la veuve et l’orphelin. Sa conduite lui est dictée par un intérêt d’ordre stratégique et un autre relevant de la politique intérieure : d’abord, il tient à une présence pérenne en Méditerranée orientale, dans des abris du littoral situé en milieu alaouite ; ensuite, il craint l’effet de contagion au sein des frontières de la fédération de Russie. Il ne veut pas d’une nouvelle Tchétchénie chez lui.

Il n’est pas impossible que les USA marchent avec lui car les intérêts des deux puissances convergent sur ce point précis. Après, c’est autre chose. Une fois l’EI définitivement neutralisé, les Russes seront assez forts pour évincer Bachar et lui offrir l’immunité au sein de leurs frontières. Ce serait alléchant pour un grand criminel, accusé d’avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Lorsque Bachar ne sera plus là, se posera le délicat problème de la présence iranienne dans la zone. L’Arabie ne veut pas en entendre parler, considérant que le pays des Mollahs a introduit un puissant ferment de la discorde au Proche Orient.

Décidemment, cette région où Dieu a choisi de révéler à l’humanité est une oubliée de la paix et de la fraternité. A moins que ce même Dieu ne décide enfin d’y accomplir un miracle…

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19/09/2015

L'éducation nationale retrouve le bon sens: vive la dictée!

Yuupie ! ’éducation natioanle retrouve le bon sens : lire, écrire et compter

Si l’enseignant que je suis osait le dire, il clamerait sa satisfaction de voir revenir la bonne vieille dictée et la récitation à l’école. On se rend enfin compte que ce qui compte, ce ne sont les théories hyper compliquées pour l’école, mais simplement une petite pincée de bon sens. Nous avons été éduqués par les dictées et les récitations, les devoirs à la maison et nous sommes restés normaux, sans surmenage, sans complexe, sans aucune anormalité.

Nous n’avons été ni traumatisés par les notes, ni déformés par l’apprentissage par cœur, présenté comme un appel abusif à la mémoire.. J’ai encore à l’esprit des vers de Ronsard, de Du Bellay et même de Goethe et de Schiller. Même d’un célèbre po !te poète anglais qui a écrit un poème inoubliable : Autumn, a dirge ! On nous a contraints à l’apprendre par cœur et cela est resté gravé dans notre mémoire.

Il en est de même de chapitres entiers de la Bible hébraïque, de folios entiers du Talmud et des prières quotidiennes. Je salue ce retour à la saine raison et l’enterrement de ces pédagogismes auxquels personne ne comprenait rien pas même leurs auteurs..

Un éminent émigré juif de Pologne, fondateur du groupe Publicis, Bleuchstein-Blanchet, a quitté le système scolaire  vers l’âge de 14 ans en sachant lire, écrire et compter et cela lui a suffi pour fonder l’un des groupes de communication le plus puissant au monde.

Il faudrait aussi que le premier ministre de l’éducation national venu cesse de vouloir imprimer sa marque à l’histoire en y allant de sa petite réforme, généralement tombée dans les oubliettes dès son départ.

On s’est enfin rendu compte que des bacheliers ne maîtrisaient pas l’rothographe. Et qu’il convenait d’y remédier.

C’est un pas dans la bonne direction.

 

 

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18/09/2015

Nicolas Sarkozy / «L’insupportable culpabilisation des Européens et des Français.»

Nicolas Sarkozy / «L’insupportable culpabilisation des Européens et des Français.»

Cette phrase est tirée d’un article du Figaro de cette semaine. Elle dénote une prise de conscience, elle marque un éveil à une certaine réalité : la chute du moral des Européens, insatisfaits de leur histoire, de leur civilisation et de leur religion… Une sorte de haine de soi généralisée, dont Théodore Lessing a lancé l’idée en 1939 dans un ouvrage qui a fait date et qui fut traduit et réédité maintes fois chez Pocket.

La haine de soi est avant tout l’expression exacerbée d’un violent et profond malaise. Un mal-vivre, une honte face à son histoire et à son identité. Ce sentiment gagne non seulement la France (mais si elle est plus atteinte que d’autres) mais l’ensemble des pays de l’Union Européenne.

C’est aussi un malaise identitaire, j’ai presque envie de rependre le titre du fameux livre de S. Freud, Das Unbehagen in der Kultur, que tous les lycées de France et de Navarre ont lu et tenté de comprendre en classe terminale. Mais aujourd’hui, le mal est autrement plus grave et les hommes politiques, même les mieux armés et les plus expérimentés peinent à apporter des réponse car il y a un décalage entre la course effrénée après le confort et l’aisance matériels, d’une part, et l’éclairage spirituel ou religieux, d’autre part. Le résultat ne s’est pas fait attendre : dès que la crise économique a renforcé son emprise sur des continents entiers et que le chômage est devenu endémique, les hommes et les femmes sont soudain découvert la vacuité de leur existence et la nudité de leur âme. Pendant des décennies on ne s’est pas une seule seconde occupé de cette âme, celle de chaque individu, celle du monde, (Weltseele), celle de l’Europe. Confrontées à ce malheur, les populations européennes se sont mises à détricoter leur passé, elles l’ont récusé, rejeté sans discernement, créant sous leurs pieds un abîme dans lequel elles sombrent depuis des décennies.

L’ancien chef de l’Etat n’a pas tort de parler de l’insupportable processus de culpabilisation des hommes de notre continent. On oublie souvent tout le bien qui est sorti de l’Europe, même si l’esclavage et la Shoah constituent un inamovible et impérissable signe d’infamie, la flétrissure sur le front de Caïn.

Aucun autre continent n’a autant fait de découvertes ni produit autant d’œuvres de l’esprit. Et aujourd’hui, face à un afflux inconsidéré de réfugiés (les vrais et les faux), l’Europe renvoie d’elle-même une image comme d’un miroir brisé. Certes, la générosité, la solidarité avec nos frères humains sont des devoirs sacrés, mais à l’impossible nul n’est tenu. Certains observateurs intelligents ont récemment fait remarquer qu’en recevant tous ces réfugiés dès aujourd’hui, on se prive des places pour les sans abris de l’hiver prochain. Verra t on d’ici deux ou trois mois des hordes de réfugiés hanter les rues de Paris, étalant leur misère devant la presse du monde entier ?

Pourquoi donc les riches monarchies pétrolières du Golfe n’acceptent elles pas chez elles des réfugiés alors que l’Europe le fait ?

Voilà au moins une raison d’être fier de son passé et de son avenir, et de les assumer pleinement.

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17/09/2015

Les migrants aux portes de l’Europe

Les migrants aux portes de l’Europe

On ne s’en rend pas vraiment compte mais l’Europe fait, depuis quelques mois face à une véritable crise de civilisation : on se demande ce que sont devenues les valeurs judéo-chrétiennes fondatrices de son identité, de son essence et de sa vocation, trois termes qui perdent chaque jour que D- fait un peu plus de leur contenu

Je ne cède jamais au pessimisme ni au découragement, mais les scènes de guerre transmises depuis la frontière serbo-hongroises demeureront à jamais gravées dans nos mémoires : des centaines, voire des milliers d’hommes, de femmes (parfois enceintes), et d’enfants, agrippées aux barrières en acier de la frontière, ne reculant que devant les tirs de grenades lacrymogènes et les jets de canon à eau. Loin de moi l’idée de condamner les Hongrois ou leur conception très singulière de la solidarité européenne ou simplement humaine, mais tout juste sept décennies après le cataclysme de la seconde guerre, on voit ressurgir le spectre des personnes déplacées avec ses interminables cortèges d’êtres humaines ballottés d’un endroit à l’autre…

Je sais bien que nos moyens ne nous permettent plus d’accueillir tout le monde, je ne répéterai pas, à mon tour, la phrase de cet ancien Premier Ministre socialiste de la France qui a fait florès, mais on est en droit de demander, voire d’exiger, un minimum d’homogénéité dans les réactions des pays de l’Union.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la chancelière allemande, fille de pasteur, n’a pas vraiment mesuré la portée de son geste : cet appel à l’exode a précipité vers nos frontières extérieures, même des gens qui ne songeaient guère au départ… Le résultat ne s’est pas fait attendre : une submersion et le rétablissement du contrôle aux frontières…

Il n’empêche : en dépit des arrière-pensées qui sont étrangères au désintéressement et à une générosité gratuite, le geste est moins critiquable que ces images de migrants ensanglantés, respirant difficilement en raison du gaz ou des canons à eau…

Ces images étaient insoutenables. Mais ce n’est pas tout ! Ce matin, vers cinq heures, alors que j’étais tout heureux de m’écouter sur France Inter, ma satisfaction s’est évanouie en apprenant sur BFM Tv que l’on refuse d’admettre à la cantine de certains établissements scolaires des enfants dont les parents ne travaillent pas, sont des chômeurs pour parler clairement. Mais c’est abject, tous les enfants sur le territoire doivent pouvoir manger à leur faim, quelles que soient leur religion et leur couleur de peau.

Mais où allons nous ? On a l’impression de s’enfoncer chaque jour un peu plus dans la déraison, de tourner le dos aux valeurs qui soutiennent nos sociétés occidentales … Peut-être devrions relire des passages de la Bible hébraïque ou des Evangiles pour voir comment on en est arrivé là. Nous sommes menacés par une forme de néo-paganisme qui se nourrit de considérations mercantiles. On a vraiment besoin d’une urgente re-judéo-christianisation de l’Europe.

La conscience morale de l’Europe est abîmée, il faut la restaurer au plus vite. Et, croyez moi, cela prendra bien plus de temps que l’inversion de la courbe du chômage.

MRH in Tribune de Genève du jeudi 17 septembre 2015

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