10/09/2015

Renégocier Schengen?

 

Renégocier Schengen ?

Ce qui se passe aujourd’hui dans le monde est absolument inouï. C’est du jamais vu : soixante-dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, d’énormes déplacements de populations ont lieu et l’échange se fait entre deux continents si éloignés l’un de l’autre, sur tant de plans : le Moyen Orient arabo-musulman et l’Europe judéo-chrétienne. Il était prévisible que cela soulèverait bien des oppositions.

On a vu des pays solidement ancrés dans la culture chrétienne refuser de recevoir des migrants d’une autre religion, d’autres ont conditionné leur accord à des mesures très strictes. Bref, l’Europe étale ses divisions et ses conceptions qui varient souvent d’un pays à l’autre.

L’opinion publique française a été versatile sur cette question car elle a déjà commencé par rejeter les réfugiés mais sous le coup de la pression médiatique, elle a changé d’attitude, et nul ne peut nous garantir qu’elle ne changera pas de nouveau sur ce point délicat.

Des voix se font entendre, tant celles des maires que celle, plus autorisée, de l’ancien chef de l’Etat, qui préconise un nouveau statut de réfugié, celui de réfugié de guerre : on accueille les gens, on les traite correctement, mais une fois que le conflit dans leur pays est réglé, ils réintègrent la mère patrie. Cette solution est bonne et équitable mais elle est utopique car jamais ces gens, qui auront vécu ici, n’accepteront de revenir chez eux après avoir joui de la protection sociale des Européens.

Certains membre de l’opposition, ici comme ailleurs, dénoncent l’attitude des riches monarchies pétrolières du Golfe qui ferment les yeux sur les souffrances indicibles de leurs frères arabo-musulmans… Et les mêmes se demandent : mais pourquoi donc l’Europe chrétienne est elle tenue d’accueillir de tels réfugiés ?

Il est indéniable que le monde va vers des difficultés sérieuses. Le fossé culturel est trop profond et ne pourra pas être comblé. Mais soyons optimistes et essayons de voir l’avenir mieux que cela, sans toutefois nier que, vu la situation économique, les pays concernés ne peuvent plus intégrer personne.

Mais rêvons un peu : ces centaines de milliers de réfugiés (car ce n’est qu’un début et Madame Merkel insiste sur le caractère pérenne de cet afflux) peuvent œuvrer au rapprochement de nos cultures. En vivant en notre sein, peut-être feront ils émerger un islam des Lumières, plus proche des valeurs de l’Occident. Peut-être assisteront nous alors à un renouveau du dialogue des cultures…

J’ai été très ému par les déclarations de gratitude des réfugiés qui chantaient la gloire de l’Europe et rendaient grâce à la France et à l’Allemagne. Mais n’oublions pas l’attitude plus froide de la Grèce, de l’Italie, de la Hongrie, de la Pologne, de la république tchèque, du Danemark qui a modifié ses lois pour stopper une immigration sauvage.

Il faudra faire preuve d’une grande vigilance. Sinon, l’espace Schengen n’existera plus.

09:48 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

"l’espace Schengen n’existera plus." Il est mort! mme merkel l'a abrogé en déclarant ses portes ouvertes, alors que ces gens n'ont pas accompli l'obligation de se faire recenser aux frontières extérieures de l'UE!

Le traité de Schengen autorise la libre circulation des Européens (ou autorisés) à l'intérieur de l'UE! Pour tous les autres il ne s'applique pas s'ils n'ont pas rempli les conditions d'entrées aux frontières extérieures.

C'est donc une politique à géométrie variable et au vu de l'attitude de forcing de ces nouveaux arrivants, on ne peut pas ce faire d'illusions.
Nous devons rappeler à l'UE que nous LES PEUPLES D'EUROPE avons AUSSI DES DROITS!

Écrit par : Corélande | 10/09/2015

Schengen, c'est fini, c'était le temps de notre premier amour !

Écrit par : Corto | 10/09/2015

Mais que se passera-t-il lorsqu'arriveront en très, très grand nombre les prévisibles réfugiés climatiques parce que les eaux monteront en inondant leurs pays? et que pour cette raison il ne sera pas question de renvoyer chez eux des gens qui ne trouveront plus, n'auront plus de chez eux?

Ne faut-il pas travailler à régler les problèmes non là où ils ne se trouvent pas, dans nos pays, mais lâ où ils sont comme guerre en Syrie, EI, faim (les affamés, comme les gens dont les pays sont en guerre ne sont-ils pas également en danger de mort!)?

Pourquoi ne parler que de guerre à lancer pour régler les conflits au lieu de diplomatie, médiation, non-violence, empathie?

A ce sujet relire les livres du Dalaï-Lama qui a toujours affirmé que la violence attire la violence, la guerre la guerre et le sang le sang.

La non-violence, enseigne-t-il, n'est en aucun cas démission.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/09/2015

Les commentaires sont fermés.