19/07/2015

L'Iran et les USA: des relations diplomatiques un jour?

 

 

L’Iran et les USA : pas de rétablissement des relations diplomatiques ?

 

 

 

Est ce que le président Obama s’est fait avoir, a t il conclu un marché de dupes avec les Iraniens dont l’élite dirigeante est en proie à des violentes contestations concernant l’attitude à adopter envers l’hyper-puissance qu’ils qualifient de grand Satan ?

 

 

 

Il faut avancer avec précaution. Le fameux Guide suprême de la révolution sait qu’il doit naviguer avec adresse entre les différents écueils ; or, le corps des Pasdarans qui a fait un coup d’Etat qui ne dit pas son nom en Iran, est très puissant et violemment anti-américain. Il a fallu que les sanctions produisent leur effet dévastateur pour que les forces conservatrices les plus anti américaines admettent le principe même d’une négociation avec les USA sur le nucléaire.

 

 

 

Il faut se souvenir que chaque vendredi à la fin de la grande prière la foule, enturbannée et aux cheveux blancs ou poivre et sel crient Merg Israël, Merge America (Mort à l’Amérique et mort à Israël). Comment voulez vous passer d’un tel point de vue à un autre qui serait aux antipodes ? D’où les efforts laborieux du Guide suprême pour dire qu’il n’y a pas d’arrangement possible avec les USA et que les négociations avec eux ne portent que sur le nucléaire. D’où la conclusion logique : on ne normalise pas les relations, on ne rétablit pas les relations diplomatiques avec notre ennemi juré, les Etats Unis d’Amérique !

 

 

 

Mais est ce bien la pensée profonde du Guide suprême ? Ce n’est pas sûr. On a beau être un homme de Dieu, on n’en doit pas moins tenir compte de la situation socio-économique d’un pays de près de 80. 000. 000 d’habitants avec des besoins, des envies et servitudes. Or, les sanctions ont entièrement mis l’économie iranienne à genoux et la population subit de plein fouet le contre coup de l’érosion monétaire.

 

 

 

Cette fameuse autorité religieuse suprême sait très bien que chaque matin que Dieu fait, il faut boire, manger, se chauffer, dormir, se vêtir, bref dépenser de l’argent et de l’énergie. Les gens ne se nourrissent pas que de slogans : la propagande n’a jamais calmé la faim ni étanché la soif. A trop nier les évidences, les barbus risquaient d’avoir sur le dos des émeutes populaires et perdre le pouvoir.

 

 

 

Les différentes factions du pouvoir iranien vont donc respecter un long round d’observation. Le président Rouhani est plus inventif qu’on ne le pense, mais il se sait surveillé. De son côté, il compte sur l’effet bénéfique des investissements étrangers dans son pays et de la vente de ses hydrocarbures dans le monde pour renforcer sa position à l’intérieur : les gens vont penser de lui le plus grand bien et restreindre l’influence de l’autre bord, celui de l’extrémisme et le camp du non.

 

 

 

Ce n’est pas par hasard que le Guide a renouvelé son soutien aux pays où l’Iran intervient militairement (Syrie, Irak, Bahreïn, Yémen et Liban). Cela signifie en clair : notre politique ne change pas, nous restons fidèles à nos combats et à nos idéaux, les USA ne peuvent pas nous acheter.

 

 

 

Mais ici encore, on ne sait pas si le Guide ne se laisse pas une petite porte ouverte, derrière la scène, pour faire à des événements nouveaux. Si tout le pays opte pour la main tendue et l’ouverture (ce que ne cesse de répéter Rouhani) alors il se ralliera.

 

 

 

Et puis, il y a la vie. L’âge, la maladie, les changements brutaux, les changements de régime, toutes choses bien connues dans ces régions du globe.

 

 

 

Mais dans tout cela on ne discerne toujours pas la stratégie d’Obama qui pense dans des catégories mentales de nature paradisiaque ou, à tout le moins, iréniques.. Or il a affaire à des diables.

 

 

 

Ou alors est ce un marché de dupes ? Oui. Obama se complaît à dire publiquement que nul ne lui a proposé d’alternative viable. C’est inexact, c’est lui qui pousse le pacifisme congénital des Démocrates jusqu’au bout au point de rater tout rendez vous avec l’Histoire.

 

 

 

Patience : quinze mois passeront vite.

 

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