30/06/2015

Hommage à Charles Pasqua

 

 

Hommage à Charles Pasqua

Un grand homme politique français vient de s’éteindre à 88 ans, Charles Pasqua, ancien ministre de l’intérieur, sénateur et président du conseil général des Hauts de Seine. Je sais bien que son nom est entouré d’un parfum de scandales et d’irrégularités, mais je l’ai un peu connu et lui témoigne, même aujourd’hui, ma confiance et mon estime.

Les journaux ne parlent que de sa vie et de sa carrière ; donc, je ne m’y attarderai pas mais j’évoquerai mes souvenirs personnels avec lui.

J’ai eu le privilège de rencontrer Charles Pasqua deux fois, une fois en tête à tête et une autre fois lors d’un déjeuner restreint réunissant six personnes.

C’est un ami préfet corse, nommé par Charles Pasqua lui-même, qui organisa ma rencontre avec celui qui était alors le président du conseil général des Hauts de Seine. Je  devais le voir vers onze heures un vendredi de novembre mais sa secrétaire m’appela la veille pour me proposer de différer l’entretien de quelques heures car Charles Pasqua avait un déjeuner tout de suite après, ce qui le contraindrait à écourter notre rencontre. Il voulait prendre tout son temps.

Je vis le président du conseil général le même jour à partir de 18heures. Il me retint plus d’une heure. Aujourd’hui, je réalise vingt-cinq ans après, que cet homme était un fin connaisseur de la psychologie humaine. Dans l’antichambre de son grand bureau une pléthore d’appariteurs parlant corse me firent patienter. Enfin, la porte s’ouvrit et je me retrouvai devant un homme grand et massif, très affable, qui me dit avec l’accent qui l’a rendu célèbre: Alors Monsieur Hayoun, qu’est ce qu’on pourra bien faire ensemble ?

Je ne fus pas désarçonné par cette brutale entrée en matière et bafouillai que je voulais le rencontrer pour voir si je pouvais prendre un engagement politique. Il m’écouta patiemment et jugea sûrement que je n’étais pas fait pour cet emploi.

La leçon qu’il me prodigua et que je n’oublierai jamais fut presque affectueuse. Au lieu de me dire que j’étais un professeur enfermé dans les quatre coudées de ma petite spécialité, il me dit plus diplomatiquement : Monsieur Hayoun, rencontrez le plus de monde possible.

Comme je lui rappelais probablement le cas de plusieurs hauts fonctionnaires isolés du monde réel, il eut cette phrase sibylline : Oh, ces gens restent enfermés dans leur monde !

Notre seconde rencontre, je la dois à ma position de secrétaire-rapporteur au Consistoire de Paris. C’était un déjeuner dans les locaux de France-Israël. L’atmosphère était très détendue, Pasqua nous a chanté  en corse une chanson de berger qui vantait les yeux de velours de sa bien-aimée que ses forces déclinantes ne lui permettaient plus d’aimer avec la même vigueur. Les convies étaient conquis. Quel esprit chaleureux, quelle générosité ! Certes, l’homme avait sa vie durant évolué dans un monde qui n’était pas celui que connaissent les séminaristes ou les enfants de chœur.

Mais moi je n’ai pas oublié : Monsieur H----n, rencontrez le plus de gens possible.

Combien il avait raison. Qu’il repose en paix.

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29/06/2015

Le nucléaire iranien, le Hezbollah, Gaza, l’Etat islamique : le paix ne viendra donc jamais ?

Le nucléaire iranien, le Hezbollah, Gaza, l’Etat islamique : le paix ne viendra donc jamais ?

Quand on regarde objectivement cette partie du monde secouée par d’incessants tremblements, on se demande vraiment pourquoi aucun espoir de paix n’a jamais pu germer jusqu’au bout. Pourquoi la région est en état de guerre permanent. Il y aurait tant de problèmes à résoudre, de solutions à apporter à toutes les questions, tous les défis qui se posent. On répond généralement que tant que les droits nationaux des Palestiniens ne seront pas respectés ou simplement restaurés, il n y aura pas de paix. Mais en réalité, il n’en est rien car si c’était vraiment le cas, il y a longtemps qu’une solution acceptable par toutes les parties prenantes aurait été trouvée. En réalité, il existe ce que le premier ministre français a nommé de manière elliptique un conflit, voire une guerre de civilisation. Certes, on pourrait nous reprocher une vision manichéenne de la situation, une sorte de partage entre la barbarie d’un côté et la civilisation et la culture humaniste de l’autre. C’est bien ce qui existe, hélas. Comment en sommes nous arrivés là ? Durant des siècles, les états arabo-musulmans ont sombré dans une décadence entretenue par des forces obscurantistes qui en tiraient parti. Au bout de très longues années marquées par l’absence plus ou moins totale de démocratie et de libertés, ces pays ont fini par secouer le joug de l’oppression intérieure et réalisé une révolution que des journalistes pressés ont hâtivement paré du nom de printemps arabe. En réalité, il ne s’agissait que de soulèvements contre des petits tyrans et des potentats locaux. On ne peut pas nier que l’échec de ces sursauts non aboutis a suscité un profond mouvement de frustration qui s’est trouvé un exutoire facile, l’islamisme, l’intégrisme sous diverses formes, le refuge dans un passé mythique qui n’a jamais existé, si ce n’est dans l’imaginaire fécond et riche de certains. Tous ces pays sont si différents les uns des autres, leurs populations respectives pratiquent un islam différent, parfois antagoniste de l’autre ; il suffit de voir la lutte à mort que se livrent dans tous ces pays les sunnites et les chiites. Mais tous ces gens se fédèrent grâce à un élément, un petit pays qu’ils considèrent comme leur ennemi potentiel et la cause de tous leurs maux, l’Etat d’Israël. Même ce qui se passe en Syrie, en Irak et en Libye est imputé à l’état juif. C’est cette perspective erronée qui est responsable du marasme grave et préoccupant dans lequel les états islamiques (ce qui inclut même l’Iran) sont plongés. Personne ne veut voir objectivement l’apport considérable d’Israël à la région et ceux qui en sont intimement convaincus le gardent pour eux et ne le disent jamais, de peur d’être accusés de félonie ou de traitrise. Sur le plan de la démocratie, des libertés, des avancées technologiques, agricoles, médicales, industrielles, sans même parler de l’écologie, Israël pourrait tant apporter à ses voisins qui, contre l’évidence, l’accusent de tous les maux et se sont jurés sa perte. Ils se sont lancés dans d’interminables guerres, toutes perdues, sans jamais en tirer le moindre enseignement et notamment celui-ci : l’Etat d’Israël est indestructible et s’il se sentait gravement menacé, il dispose de moyens lui permettant de se tirer d’affaire… Ce qui fait penser que maint thuriféraire de la cause palestinienne ne croit pas une seconde à ce qu’il clame et proclame urbi et orbi… Prenons un autre exemple qui signe cet aveuglement volontaire, ce leurre de soi-même : tous ces camions qui pénètrent dans Gaza chargés de ciment et de matériaux de construction n’aboutissent pas là où ils devraient, à savoir la reconstruction de ce territoire. Le Hamas, maître des lieux, détourne une bonne partie de cet apport pour creuser les mêmes tunnels que ceux détruits par Tsahal… C’est très préoccupant. On a susurré récemment qu’Israéliens et membres du Hamas discutent secrètement d’une sorte de trêve ou d’accalmie (houdna) sur plusieurs années : 5, 10, 15 ans, voire plus. On se souvient que l’idée avait été jadis avancée par le Cheikh Yassine. Mais cela n’a pas abouti. L’idée peut nous surprendre, nous Occidentaux, mais pourtant elle fait partie de la civilisation islamique qui l’a maintes fois adoptée au cours de son histoire. Il y a trois catégories de relations, selon cette approche : dar al islam (la maison de l’islam), dar al harb (la maison de la guerre) et enfin dar as solh (la maison de la non-belligérance). C’est cette troisième option, qui brille par sa nature absolument anti-carésienne- qui serait en discussion aujourd’hui, selon certaines sources. Mais cela signifie aussi que l’on met à profit cette non-belligérance pour se renforcer et réduire enfin ceux qui ne font pas partie de la Oumma. De telles conceptions doivent être dépassées. Le philosophe allemand Kant a parlé de pacte de paix et de paix éternelle (ewiger Frieden).

Tout le monde ne lit pas Kant. Vraiment, il faudrait en ordonner la lecture par tous. On irait nettement mieux.

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28/06/2015

Le double jeu de Tsipras et de ses collègues

 

Le double jeu de Tsipras et de ses collègues

On ne s’interrogeait plus, et depuis bien longtemps, sur la duplicité du gouvernement grec actuel ni sur sa malhonnêteté flagrante. On savait bien à qui on avait affaire. Mais, en revanche, on ne savait pas qu’on était gouverné, dans tous les pays d’Europe, par des êtres naïfs, incapables de voir clair dans le jeu de politiciens retors, prêts à tout pour parvenir à leurs fins et déterminés à ne jamais tenir parole. C’est pourtant la preuve que vient d’administrer à la terre entière l’actuel premier ministre grec qui va entraîner tout son pays dans l’abîme au seul motif qu’il veut rester au pouvoir.

En fait, ce qui arrive, c’est que Tsipras et ses amis révèlent leur vrai visage : ils ont menti aux Grecs, un pauvre peuple auquel on a menti des décennies durant et qui n’en peut plus. Dire qu’on fait un referendum alors qu’on a négocié des mois  durant et que l’on remet tout à la case départ, justifie les forts propos de Madame Lagarde appelant à un vrai dialogue d’adultes.

Je ne comprends pas que les gouvernants européens se soient laissés attirer dans une véritable nasse par ces pirates grecs : on faisait semblant de parler d’une crise de liquidités mais en réalité les Grecs ne visent qu’une chose : la restructuration de leur dette qui est énorme. Or, ce morceau a déjà été joué et on ne va pas le remettre sur le disque ad nauseam. Cela doit s’arrêter et Madame Merkel a eu raison de dire NEIN.

Le piège que Tsipras et ses amis voulaient tendre à l’Europe est abject : on parle avec vous, on arrive à un compromis mais on doit le soumettre au peuple en prenant bien soin de recommander à nos compatriotes de répondre par la négative. Fort de ce refus, on revient à Bruxelles pour dire : désolé, on ne peut pas aller à l’encontre de la volonté populaire, il faut changer de braquet, et on reprend tout depuis le début. Mais, dans l’intervalle, vous continuez à nous soutenir…

Les Occidentaux ont enfin compris mais il a fallu que Tsipras et ses acolytes abattent leur dernière carte.

Maintenant, il faut aussi balayer devant sa porte : les Grecs ne pourront jamais rembourser leurs dettes, ni privées, ni publiques. Ils n’ont rien à faire en Europe et encore moins dans la zone Euro. Ils doivent revenir à la drachme. Ils comprendront alors leur douleur. L’ordre public sera perturbé, il faudra dissoudre et appeler à de nouvelles élections au terme desquelles le parti de Tsipras sera laminé. La droite lucide et claire reviendra au pouvoir, mais Tsipras aura fait perdre à son pays un temps précieux.

Dès lundi, la BCE cessera d’alimenter les banques grecques en argent frais et je rappelle que les Grecs ont déjà retiré près de six milliards d’Euro en moins d’une semaine. Tsipras devrait démissionner et reconnaître son échec.

Après tout, le Portugal et l’Espagne ont survécu à la potion amère de l’UE. Pourquoi faire grâce à des pirates alors que les bons élèves ont souffert pour renouer avec un cycle vertueux ?

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27/06/2015

Les carcans administratifs de la France. Vers une uberisation de tous les secteurs économiques

Les carcans administratifs de la France. Vers une ubersiation de l’économie

Les scènes d’émeute qui se sont déroulées dans les plus beaux quartiers de Paris, en plein XVIe arrondissement et en bordure de Neuilly ont montré au monde entier la profondeur du mal français : une quantité rentes de situation, parfois même un quasi monopole détenu par des gens venus d’ailleurs, et refuse d’avancer avec son temps, en promouvant le futur au lieu de protéger le passé auquel on s’accroche envers et contre tout. De quoi parlons nous ? De catégories socio-professionnelles qui s’accrochent à lieur monopole, reçoivent mal leurs clients, ne leur ouvrent pas la porte du taxi, mettent leur radio exotique à fond, réclament à la clientèle étrangère des pourboires et ne sont pas vraiment polis. Nous parlons d’une bonne partie des chauffeurs de taxis parisiens. Tous ne sont pas comme cela mais une bonne partie se conduit de manière peu appropriée.

Est il étonnant que les VTC, les Uber et autres se soient développés ? Non, ce n’est pas étonnant et le gouvernement s’est peut être trop avancé en leur faisant des promesses qu’il ne pourra pas tenir car c’est la justice qui aura le dernier mot. Le gouvernement n’avait qu’un objectif : éteindre l’incendie au lieu de faire respecter l’ordre public et d’imposer la liberté la liberté de circulation dans le pays tout entier.

On n’a pas accordé l’attention qu’elle mérite à la déclaration du ministre Emmanuel Macron, depuis New York : en termes circonspect mais univoques, il a stigmatisé l’action de ceux qui veulent inverser le cours du progrès, vers la régression au lieu de la progression.

Il faut fluidifier l’économie française, il faut que les monopoles qui enferment l’économie dans des carcans administratifs cessent. ET il faut en finir avec la culture typiquement française de la manifestation / paralysie qui consiste à tout bloquer jusqu’à qu’on obtienne satisfaction, même si les revendications sont exorbitantes.

Lorsqu’un Américain, grand capitaine d’industrie, s’est dit  intéressé par la reprise d’un grande entreprise française dont deux cadres dirigeants avaient été séquestrés par des salariés en grève, il a aussitôt changé d’avis, ajoutant que dans son pays, ces kidnappeurs er séquestreurs seraient allés en prison…

ON pourrait faire un parallèle avec les taxis ; le mouvement d’uberisation est irrépressible. C’est le sens de l’histoire : nous connaissons tous des gens qui ne prennent plus les taxis classiques et se tournent où des chauffeurs en costume et en cravate, vous ouvrent la porte, chargent les bagages, offrent de l’eau, ne demandent pas de pourboire… Même le paiement s’effectue par carte depuis leur siège social.

Ce mouvement a fait des petits : tout un chacun s’érige en chauffeur de taxi pour arrondir des fins de mois difficiles. Comment faire ?

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26/06/2015

Le chritianisme peut-il exister sans le judaïsme?

Depuis quelques jours un débat théologique divise, voire déchire les milieux religieux allemands : aujourd’hui même on en trouve un puissant écho dans les colonnes de la FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung). Et ce débat n’est pas de nature purement théologique mais possède aussi d’indéniables implications sociales et politiques : l’église chrétienne doit-elle rompre avec la Bible hébraïque que les catholiques appellent l’Ancien testament et les plus charitables d’entre eux, le Premier Testament, afin de bien montrer que même si les Evangiles sont le livre sacré de la religion chrétienne, ce qui existait avant ne doit pas disparaître pour autant, même si la préséance lui a été retirée au bénéfice des écrits néotestamentaires.

En fait, le pavé jeté dans la mare par un professeur protestant de théologie systématique, nommé Notger Slenczka, et qui pose de nouveau le statut de l’Ancien Testament dans la religion chrétienne, n’aurait guère attiré l’attention, s’il était intervenu en d’autres temps ( pas en cette période où un antisémitisme violent sévit dans plusieurs pays européens) et en d’autres lieux (ailleurs qu’en Allemagne où le passé récent ne peut pas laisser indifférent l’observateur objectif .)

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25/06/2015

Les écoutes de la NSA: beaucoup de bruit pour pas grand chose

Les écoute de la NSA, much ado about nothing

C'est l'actuel député des Républicains, l'ancien juge d'instruction Marsaud, qui a fait la meilleure déclaration au sujet des écoutes des USA en plein Paris: c'est l'écume de la presse, le tintamarre médiatique d'un journaliste pour promouvoir son journal Médiapart qui soulève toute cette tempête: tout le monde écoute tout le monde, et même si on est alliés, on n'en conserve pas moins des intérêts nationaux. Lesquels ne concordent jamais avec ceux des autres.

Pourquoi faire de tout cela ds gorges chaudes? Tout le monde écoute tout le monde. Les Israéliens sont même parvenus à écouter Obama. Les USA écoutent leurs partenaires commerciaux à la veille de toute conférence économique ou financière.

En fait la presse n'est plus un contre pouvoir, c'est un pouvoir qui oébit à des intérêts particuliers. Il fallait voir tous ces journalistes redire la même chose sur toutes les chaines pour s'en convaincre.

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La Grèce de Tsipras ne peut plus rester dans la zone Euro

La Grèce de Tsipras ne peu plus rester au sein de la  zone euro…

Le seul homme politique français à avoir fait preuve de lucidité dans cette affaire grecque n’est autre que le secrétaire général d’un tout petit parti de droite, allié des Républicains, M. Lagarde. Il a reconnu hier sur France Info que la Grèce ne pourra jamais rembourser les 320 milliards de dettes que les gouvernements de ce pays ont contractés et que tentative ou tout acharnement en vue de maintenir ce pays dans la monnaie européenne était condamnée à l’échec.

Tous le savent mais peu s’aventurent à le dire. La Grèce doit payer pour tous ses mensonges, ses falsifications et ses manquements. Visiblement, l’Europe et le FMI ne peuvent plus céder car Tsipras en profiterait pour établir son gouvernement pour longtemps, détruisant jusqu’au bout tout espoir de rétablissement de celui-ci. Visiblement, ce jouer de poker place son appétit de pouvoir au-dessus du bien général.

On n’imagine pas l’état de la Grèce quand on est citoyen d’un pays européen civilisé : pas de cadastre, pas de grille de salaires des fonctionnaires, pas de prélèvement normal de l’impôt, pas vraiment de justice d’Etat, bref rien de ce qui caractérise un état moderne. Même les Turcs qui n’ont jamais été le berceau de la civilisation, font mieux. Et ils sont loin de faire partie de l’Europe.

On pourrait bien rejeter loin de l’Europe ce pays en ruines et en désespérance. Il faut le chasser de la zone Euro et établir une sorte de correspondance entre la drachme et l’Euro afin que ses habitants ne soient pas tous condamnés à la mendicité.

Il faut montrer à l’actuel Premier Ministre Tsipras qu’on n’a pas peur de la défection de la Grèce. Il vaut mieux supprimer cette branche de l’arbre européen plutôt que de renoncer à l’équilibre général.

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23/06/2015

L'erreur à ne pas commettree: garder la Grèce de Tsipras au sein de la zone Euro

Ne pas garder la Grèce dans la zone Euro.

Tous les observateurs impartiaux savent que la Grèce ne pourra jamais rembourser sa dette qui se monte à près de deux cents milliards d'Euro. Il faudraitque la dixième génération accepte de continuer de rembourser les bailleurs de fonds. Or, cela ne se fera pas.

La meilleure façon d'assainir la situation en Grèce est de refuser d'aider l'actuel gouvernement qui a menti pour accéder au pouvoir, le laisser choir et permettre à d'autres forces politiques d'émerger afin de faire de vraies réformes et non de se maoquer du monde, comme le font Tsipras et son équipe.

Heureusement que Madame Merkel est là, rejointe par Madame Lagarde: deux femmes qui parlent haut et clair et refusent l'inacceptable.

Les plus couards parmi les dirigeants européens se réjouissent déjà des maigres progrès proposés par le gouvernement grec actuel. Mais l'essentiel demeure inchangé: Tsipras et ses amis préfèrent mentir aux créanciers plutôt que d'affronter la réalité, tout en conservant le pouvoir. Or, ces gens ne pourroe pourront jamais honorer leurs engagements. Et ce sera autant d'occasions manquées pour le peuple grec, ce peuple qui a préféré les sirènes du délir au dur ton de la réalité.

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21/06/2015

Retour du Néguev

REtour du Néguev

Loin de tout, sous un soleil brûlant, le voyageur aspire à trouver enfin un coin de fraîcheur où pouvoir s'arrêter pour s'arrêter. En face de nous une interminable noria de camion avec semi remorques allant à vive allure vers Gaza. Ces camions sont chargés de matériaux de constructions et on voit aussi des camions citernes, chargés de carburant. Nous sommes sur la route de 232, l'un des plus dangereuses d'Israël en raison justement de ces camions qui roulent à très vive allure. C'est aussi cette route que les garde frontières bouclent lorsque des infiltrations de terrosites sont signalées. Tout à l'heure, des véhicules des garde frontières y circulaient à vive allure.

A la radio, on entend qu'un attentat a eu lieu dans la partie est de Jérusalem, blesant grièvement un garde frontière.

En écoutant les nouvelles, je me perds dans mes pensées.

Cette affaire ne s'arrêtera donc jamais. Mais en arrivant à la hauteur des faubourgs de Tel Aviv et ensuite de Natanya, je réalise, en scrutant tous ces nouveaux bâtiments, que le temps travaille pour Israël et que jour qui passe l'Etat est de plus en plus fort.

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19/06/2015

Zweig, Verlaine et Rimbaud

Stefan Zweig, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud (Stefan Zweig, Paul Verlaine, Le Castor astral, 2015)

Voici enfin paru en version française, précédée d’une lumineuse préface, le premier essai biographique du jeune Zweig, alors âgé de 23 ans. Je ne cacherai pas que l’ouvrage comporte des parties inégales et un ton qui n’est pas celui, enchanteur, des futures nouvelles qui ont fait la fortune littéraire de l’auteur de Vingt quatre heures dans la vie d’une femme

Le chapitre le plus réussi me semble être ce lui qui est intitulé Le pénitent, car il rassemble tous les facteurs antithétiques, toutes les violentes oppositions qui ont déchira la vie et la personne de Verlaine dont on se demande après avoir posé ce livre, comment l’un des plus grands poètes français du XIXe siècle a pu subir un tel naufrage, sombrer dans la veulerie et finir ses jours, oublié de tous, dans l’espace exigüe, voire insalubre d’une mansarde parisienne.

La question qui se pose et que Zweig semble, à en croire ses développements, avoir résolu, est de savoir si Verlaine aurait été le Verlaine que nous connaissons ou, si c’est la rencontre fatidique avec Arthur Rimbaud qui l’a révélé à lui-même, permettant à sa véritable nature d’éclore. Une nature violente, démesurée, faite d’hybris et constamment insatisfaite.

Stefan Zweig intitule ce chapitre crucial, L’épisode Rimbaud. Tout semble opposer les deux hommes, rien n’aurait dû les rapprocher. Certes, Verlaine est subjugué par le talent poétique de son futur ami et compagnon (Zweig ne se prononce pas sur d’éventuelles relations homosexuelles entre les deux hommes), si précoce et si fulgurant. Mais le destin a voulu que Paul Verlaine, poète en vogue de son temps, attire un jeune garçon de Charleville, doté d’une puissance physique au moins aussi considérable que son talent poétique. Verlaine invite ce jeune génie à le rejoindre à Paris et les relations entre les comparses sont si fortes, si fusionnelles que l’aîné, Verlaine, abandonne femme et enfant, pour suivre un Rimbaud aventurier, désireux de brûler  la vie par les deux bouts. Les contemporains, de Victor Hugo (qui n’hésite pas à parler de Shakespeare enfant à propos de Rimbaud) à Anatole France, considèrent avec un étonnement non dissimulé ce étrange binôme qui réunit en soi les meilleurs talents poétiques du temps présent.

Rien ne les retient plus, Rimbaud veut partir, entraînant son ami Verlaine dans son terrible sillage : ils traversent l’Europe à pied ou presque, n’ont pas un sou vaillant, se débrouillent en donnant des cours de langue ou en vendant des colifichets, font de la prison, tombent gravement malade, bref un curieux mélange, comme dira Anatole France, d’innocence et de dépravation. Et j’ajoure extrême. Deux poètes parmi les meilleurs, sinon les meilleurs, qui se vautrent, sans retenue, dans la luxure, fréquentent assidument les tavernes et les prostituées qui y traînent. Même Charles Baudelaire n’a pas sombré aussi bas.

Et il ne faut pas oublier que les deux camarades se battent régulièrement comme des ivrognes. C’est ce qui se passa à Stuttgart où Rimbaud, qui s’ y trouvait, avait prié Verlaine de l’y rejoindre. Sur une rive du Neckar, alors que Verlaine, momentanément touché par la Grâce, tente de ramener son ami dans le droit chemin en lui vantant les mérites du christianisme, Rimbaud, réfractaire à ce genre de conversion tardive, assomme son ami d’un violent coup de canne et Verlaine gît, inanimé, dans une mare de sang. Mais il y a plus grave encore : alors qu’ils se trouvaient  tous deux en Belgique, non loin de Mons, Verlaine sort son revolver et tire à deux reprises sur Rimbaud qui ne sera que légèrement blessé. L’affaire aurait pu en rester là puisque Rimbaud tente de défendre son ami et clame son absence de préméditation. Il a, dit-il, cédé à une violente colère passagère. Mais la justice belge ne l’entendit pas de cette oreille et condamna le tireur à deux années de privation de liberté, purgées à la prison de Mons. S’étant converti, Verlaine se sentit à l’abri de toutes les tentations entre ces quatre murs qui représentaient plus un asile qu’une prison.

Mais Madame Verlaine n’en pouvait plus d’entendre parler des frasques de son mari. Malgré les adjurations de Victor Hugo, elle demanda et obtint le divorce alors que son époux était encore en prison. A sa sortie, une seule personne l’attendait, sa vieille mère qui fit de son mieux pour lui redonner la chaleur d’un foyer. Pourtant, quelques temps plus tard, la mauvaise nature de Verlaine reprit le dessus et c’est alors qu’il commit l’irréparable : il agressa violemment sa propre mère qui avait pourtant tout fait pour l’aider. Elle porta plainte et son fils fut condamné à une peine de deux mois de prison. Mais, cette fois ci, à sa sortie, personne n’était là pour l’accueillir.

Zweig semble fasciné par un être pour lequel il ressent un peu d’attraction mais aussi beaucoup de répulsion. Il écrit en page 95 ceci au sujet de Verlaine : il n’a jamais vraiment compris le monde, il n’a su que se raconter. Le jeune écrivain qui en est à son coup d’essai rapproche cette remarque d’une déclaration de Goethe aux yeux duquel toute son œuvre n’était qu’une série de confessions… En somme, quand on écrit, on se raconte, qu’on le veuille ou pas. Wilhelm Dilthey ne disait rien d’autre dans son ouvrage (Das Erlebnis und die Literatur) : La littérature et l’événement vécu.

On sent dans ce livre qui est un ballon d’essai, affleurer le grand talent littéraire de Stefan Zweig. En voici quelques illustrations : L’érotisme se spiritualise et devient ferveur, l’espoir transfiguration sublime, la passion dévorant les scories du monde profane, abandon mystique.. (p 72)

Et au sujet de sa prétendue conversion, Zweig qui était juif a écrit ceci qui dépasse nettement le cas particulier de Verlaine : la grande antithèse entre la chair et l’esprit, le corps et l’âme, le mépris des sens et la chute sans cesse répétée, cette contradiction immanente entre l’enfance et l’animalité qui a traversé avec fureur et constance la vie de l’homme Verlaine, est aussi le symbole séculaire de l’église catholique. De même que la sensibilité, n’est que le reflet du ressenti subjectif des natures pures. (p. 70) mystique a pour ainsi dire trouvé en elle une forme dogmatique  -hypostasiée dans l’opposition entre le terrestre et le transcendantal- de même la vision de la sensualité comme péché, de la chasteté comme vertu

On commettrait une lourde erreur en pensant que le jeune homme de 23 ans ne parle que de Verlaine. Il parle aussi un peu de lui-même.

 

Maurice-Ruben HAYOUN

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