02/05/2015

De Baltimore à Trappes: l'échec de l'intégration de populations entières

De Baltimore (USA) à Trappes (France): l’échec de l’intégration de populations entières

Ce n’est pas la même chose, ce n’est pas la même situation ni la même problématique, mais les similitudes sont nombreuses. Toutefois, similitude ne veut pas dire identité.

Commençons par Baltimore : depuis des années, voire des décennies, la police et les services de sécurité des différents états US ont de graves problèmes avec la population dite afro-américaine, en claire, les gens de couleur noire. Il faut se garder de toute déclaration ou analyse susceptible de nous faire passer pour des xénophobes ou des racistes. Ce que nous essayons de faire, c’est de démêler un écheveau presque inextricable et qui pourtant se résume à quelques interrogations :

a)    pourquoi, même dans des villes où le maire, les juges et le chef de la police sont noirs, de tels drames se produisent ?

b)     pourquoi s’agit il toujours de victimes noires, considérées à tort ou raison (je n’en sais rien) comme des délinquants ou des criminels ?

c)     enfin, comment obvier à de tels drames ?  devons nous recourir à un traitement culturel ou social, ou tout simplement agir par la répression policière puisque toutes les autres méthodes auraient échoué ?

Venons en au drame qui s’est produit dans la région parisienne. On a du mal à admettre en France que des violences armées se produisent de plus en lus fréquemment au bas d’immeubles de banlieues. Et que des armes de guerre circulent sans peine, qu’on peut les acquérir sans trop de difficultés et surtout que des individus n’hésitent pas à s’en servir, alors qu’ils sont aussi jeunes que leurs victimes.

Je viens d’apprendre le prénom de la jeune victime de 14 ans ; c’est là l’indice qui pointe vers l’échec de l’intégration. Un peu comme à Baltimore où la victime ne fait pas partie des WASP mais de la population afro-américaine, sujette à une certaine discrimination ou vivant dans des quartiers criminogènes. Et le mot quartier ou le mot cité suscite dans nos esprits une certaine connotation bien définie.

Ici, à Trappes, il s’agit sans doute d’un acte de rétorsion ou de vengeance entre bandes rivales, impliquées dans le trafic de drogue. La police, quoiqu’elle en dise, a laissé certains quartiers devenir des lieux de non-droit. C’est le cas dans l’exemple qui nous occupe.

Mais ce n’est pas le plus important, ce qui nous préoccupe c’est de savoir pourquoi on a échoué et quel traitement il faut prendre pour porter remède à ce mal endémique. Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’un problème s’expliquant socialement par le chômage, la désespérance de banlieues coupées de tout, pas de lien, pas de fenêtre sur un avenir meilleur, pas de formation professionnelle, etc…

Je penche pour l’aspect culturel au sens le plus large : ces populations, bien que nées en France, n’y vivent pas tout en y habitant. Elles ne s’identifient pas à l’histoire de ce pays, à la citoyenneté et à la laïcité. Les valeurs de la société ambiante ne leur parlent pas, ils se sentent exclus et réagissent en se marginalisant eux-mêmes, comme pour répondre à la marginalisation de la société par une seconde marginalisation. En quelque sorte, ils s’enferment à double tour… Est ce la solution ? Nullement ! On l’a vu dans le cas de la radicalisation d’individus dont on aurait pu penser qu’ils suivaient un cursus normal. Il y a donc un problème de compatibilité de cultures.. Et qui dit culture dit aussi mœurs et religion, place de la femme dans le corps social, croyances profondes, sens de l’existence, dignité de l’Homme, refus de l’exclusivisme religieux…

Comment concevoir que des gens qu’on a recueillis, nourris (à défaut de les élever), fait bénéficier de tous les avantages de l’Etat-Providence aient pu pointer leurs armes contre le pays nourricier, protecteur et accueillant ?

Quand je pense à l’attentat prévu contre les églises de Villejuif, déjoué par hasard, comme si la divine Providence avait confié à d’humaines mains le soin de prévenir un nouveau bain de sang… Le problème est plus grave qu’on ne le pense.

Aucun gouvernement de droite come de gauche n’a osé appeler le problème par son nom, de peur de renforcer le sentiment de xénophobie diffuse qui parcourt avec insistance la société française, et au-delà, la société européenne.

C’est là tout le problème : le multiculturalisme est il compatible avec l’identité culturelle de l’Europe ?

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