04/04/2015

Iran / Irak: les dessous d'un accord

Iran / Etats Unis: les dessous d’un accord

De multiples indices montrent aujourd’hui, que les pourparlers de Lausanne n’étaient qu’un paravent destiné à enfumer l’opinion publique internationale et les alliés des USA, que tout était réglé d’avance secrètement à Oman et ailleurs, et que John Kerry prétendait simplement prolonger sa présence en Suisse pour achever de mystifier les observateurs. Il savait pertinemment que l’accord était déjà paraphé

Le premier indice qui pointe dans cette direction est l’étonnante modération du président Rouhani, qui est, certes, un théologien, un intellectuel persan rompu à la finesse exégétique et un spécialiste de la rhétorique, même parfois trompeuse, comme il s’en était vanté publiquement il y a plus d’une décennie quand il faisait partie de l’équipe des négociateurs iraniens. Il a donc joué son rôle de bon élève tandis que M. Obama jouait le sien, celui du méchant qui met en garde, menace de futures sanctions en cas d’infidélité à l’accord, etc…

Hassan Rouhani a hâte de tourner cette page, il l’a dit et répété avec insistance. Certes, la dureté des sanctions économique a étranglé l ‘Iran et mis à terre son économie, plongeant une bonne partie de la population dans des difficultés quasi quotidiennes sans nom. Il faisait allusion à la politique désastreuse de son prédécesseur, mis au placard et dont le jusqu’auboutisme n’a vraiment pas rendu service à son pays. Au mépris de l’évidence, cet homme clamait urbi et orbi que l’Iran n’était nullement gêné par les sanctions alors que la monnaie nationale avait perdu plus de 30% de sa valeur…

L’autre indice d’un accord secret est l’insistance avec laquelle Washington disait tenir à un accord et à y croire. Si rien n’avait été fait à l’écart de medias et de la presse, comment pouvait on préjuger de l’imminence d’un tel accord ? C’est qu’il avait été obtenu par avance.

Redoutables négociateurs, les Iraniens sont su exploiter les changements internationaux intervenus dans la zone et qui font de lui, que cela plaise ou non, un allié objectif des USA. Les deux pays combattent les mêmes ennemis en Syrie et en Irak, deux pays satellites dont l’Iran a réussi à faire des protectorats. L’aviation US bombarde des positions de Daesh que les forces terrestres iraniennes investissent par la suite.

Mais voilà, Téhéran combat les sunnites au Yémen, alors que ces mêmes sunnites sont les alliés des USA qui les soutiennent au plan logistique ! On réalise donc que Téhéran  a toujours plusieurs fers au feu et que la direction iranienne doit compter avec une forte opposition intérieure, regroupée autour du Guide suprême… Les Américains ne vont donc pas tarder à réaliser qu’ils ont conclu un marché de dupes et ont été bernés.

On ne peut pas tirer ensemble dans la même direction en Syrie et en Irak et se tirer dessus au Yémen. La confiance faite aux Iraniens bute sur ses limites et ses contradictions.

On ne cessera pas de le répéter : oui, la jeunesse iranienne est bien formée, oui les femmes y ont plus qu’ailleurs des grades universitaires, oui le pays a d’immenses réserves, tout ceci est bien. Mais il y a tout le reste : le régime foncièrement anti-démocratique et anti-républicain, la haine d’Israël et de l’Amérique (ce que Obama fait semblant de ne pas voir, à la fin de la prière de chaque vendredi, où des milliers de gens crient : Mort à l’Amérique !), et les crimes de ce régime qui bafoue ouvertement les libertés.

En fait, cet accord-mirage ne vise qu’une chose : la levée des sanctions qui, elles, menacent vraiment la survie du régime des Mollahs lequel ne peut tenir qu’en ayant des ennemis contre lesquels il mobilise sa population. Car, qu’avait il à vouloir se doter de l’arme nucléaire ? Tout ce qu’il a réussi à faire, c’est liguer tout le reste du monde contre lui. Et il y a englouti des milliards de dollars qu’il aurait pu dépenser ailleurs.

Il existe aussi un aspect qui fait des industriels du monde entier des alliés objectifs de l’Iran : c’est l’économie, la volonté d’avoir sa part du gâteau. Cela me fait penser à une phrase très cynique de Lénine, un expert en la matière : vous verrez, les capitalistes finiront par nous vendre même la corde pour les pendre.

Certes, Hassan Rouhani sait manier la rhétorique en disant que l’Iran n’est pas coincé dans un système binaire entre la soumission et l’affrontement. Il existe, ajoute-t-il, un troisième terme, celui de la paix et de la coopération.

Mais si tel vraiment le cas, pourquoi continuer à entretenir un rhétorique belliqueuse qui nuit si gravement au développement de son propre pays ?

11:46 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

J'ai vu sur BFM TV, que la France attendait son tour pour signer des contrats pour installer des usines pour construire des voitures, les Russes veulent leur part du gâteau pour au moins une centrale nucléaire, les Allemands aussi aimerait mener à bien la fin de la construction du rail, commencée ... il y a quoi ? 100 ans ... ?

Les pétro dollars fusent comme à la belle époque.
Les contrats à signer sont comme une espèce de capitulation de l'Iran, alors même que 52 fois dans l'année des millions d'iraniens brûlent le drapeau américain ... le vendredi en fin de prière ...

Mais Barack Hussein Obama doit obéir aux ordres ...
Tiens ... Hillary Clinton a fait son apparition pour dire qu'elle était favorable à cette signature ....

Business as usual.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 04/04/2015

Maintenant que la machine de guerre saoudienne est en route, attention, ce genre de mécanique une fois démarrée, avec tout le carburant disponible dans le coin, c'est pas facile à arrêter !

Victor, Hillary qui rira le dernier !

Écrit par : Corto | 05/04/2015

Les commentaires sont fermés.