21/03/2015

Les élections départementales en France ce week end

 

Les élections départementales en France ce week end

 

 

 

A en croire les sondages, unanimes en la matière, les jeux sont faits, le FN sera le grand gagnant de la consultation ce dimanche. Les suffrages démentiront-ils les sondages, une nouvelle fois comme en Israël ? C’est peu probable. Ce parti réputé être d’extrême droite plafonne à 30%, ce qui est sans précédent, suivi d’assez près par l’UMP et l’UDI ; assez loin derrière arrive le PS qui ressent un petit frémissement. Mais la suite, ce sont les partis communiste et le front de gauche. Lesquels réalisent des scores plutôt faibles.

 

 

 

Telle est la situation ce samedi matin, fin de la campagne. Que va t il se passer au juste et quelle est la portée de cette élection ?

 

 

 

En fait, chaque élection intermédiaire est défavorable au pouvoir en place en France. Et chaque fois que le parti au pouvoir ne sort pas gagnant de la consultation, il minimise l’importance de son échec. C’est normal et c’est de bonne guerre. La droit l’a fait, la gauche l’a fait. Tous les font et le feront.

 

 

 

Il reste, cependant, un problème dont l’importance commence tout juste à s’imposer à tous les observateurs de la vie politique française : quel est le statut exact du FN ? Tous les partis, je dis bien tous les partis disent qu’il ignore les valeurs de la République, qu’il est infréquentable, la droite républicaine va même jusqu’à dire que c’est elle et non le FN qui incarne l’opposition ; il demeure que 30% des électeurs français (c’est énorme) votent pour lui. Et ce score est en progression constant. Pourquoi et comment en sommes nous arrivés là ?

 

 

 

Ce n’est pas le programme économique du FN qui attire les gens ; il est intenable, incohérent et irréaliste. Ce n’est pas plus le programme politique qui se résume toujours à l’insécurité et à l’immigration. Alors qu’est ce qui explique cette avancée qui semble se jouer de toutes tentatives d’endiguement ?

 

 

 

Je crois que c’est un effet d’accumulation, une lassitude de tous les partis politiques qui n’ont pas victorieusement combattu le chômage depuis plus de 30 ans. Il y a deux points sur lesquels les électeurs se focalisent et qui semblent constituer l’ADN du FN : c’est l’immigration et la défense de l’identité nationale. Nicolas Sarkozy avait perçu cette sensibilité nouvelle en créant un ministère dédié à l question. A-t-il eu raison, ou tort ? L’avenir nous le dira.

 

 

 

Pourtant, il y a eu, environ un an déjà, la publication d’un sondage indiquant que 61% des Français ne sentaient plus chez eux en France.

 

 

 

Ce sondage, passé presque inaperçu, aurait dû mettre la puce à l’oreille des partis , de droite comme de gauche. Personne n’en a tenu compte. Et depuis cette date, le FN ne cesse de monter. Marine le Pen n’oublie jamais de citer le problème de l’immigration dans ses discours. Il y a donc une crispation, un repli identitaire des gens, à tous les niveaux, toutes les classes sociales…

 

 

 

Comment x’explique cette identité presque malheureuse ? Lorsque les gens parlent du communautarisme, ils visent en réalité un certain groupe ethnique et une certaine culture. Les récents attentats commis au cœur même de capitales tant européennes qu’arabes (Paris, Copenhague, Tunis, Tripoli, Damas, Sanaa, etc) ont renforcé ce sentiment d’insécurité diffuse, aggravé les oppositions entre les cultures et renforcé l’impression qu’on n’est plus chez soi…

 

 

 

Examinez bien le durcissement des positions tant au FN qu’à l’UMP, concernant la consommation de viande porcine, les repas de substitution, les prières dans les rues, etc… Même un ancien président de la république a abordé publiquement ce sujet. Est ce vraiment de son niveau ? Comment un tel sujet, relevant du recteur ou de l’inspecteur d’académie a t-il pu s’imposer au rang d’un débat national ?

 

 

 

Je pense objectivement que la société française traverse une crise, bien plus grave que toutes les précédentes. Et nul ne possède seul le remède.

 

 

 

Le salut consiste à refonder l’identité française, à restructurer les valeurs qui gisent au fondement des sociétés occidentales. Il n’a échappé à personne qu’aucun journaliste, aucun homme politique, ni même aucun philosophe médiatique, ne parle du dialogue des cultures. L’expression a entièrement disparu des écrans radars…

 

 

 

Est-ce un oubli ou un renoncement ? Probablement les deux et c’est pour cette même raison que cela est grave.

 

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