16/03/2015

Pour ou contre Benjamin Netanyahou

Pour ou contre Benjamin Netanyahou?

C’est probablement le tour de force que la gauche unie sous la houlette de Isaac Herzog et de Tsippi Livni a réussi : faire de l’enjeu de la consultation électoral le maintien ou non de Netanyahou au pouvoir. En réalité, cette coalition, dépourvue de charisme, a déplacé le centre de gravité vers l’acceptation ou le rejet d’une personne. Elle espère susciter une usure du pouvoir au sein de la population. Trois tours, cela suffit. Pourquoi un quatrième ? C’est le raisonnement des leaders de la gauche. Sera-t-elle suivie par l’électorat ? On ne va pas tarder à le savoir.

Mais quoiqu’on pense de la gauche israélienne, il faut tout de même reconnaître qu’elle a un programme dont les deux axes majeurs sont les suivants : au plan intérieur, lutter contre la vie chère, notamment la crise et la cherté du logement et au plan extérieur, les négociations avec les Palestiniens. Deux points sur lesquels la population israélienne a tant de choses à dire. Non pas que la gauche coalisée puisse faire mieux, mais au terme de toutes ces années, un nombre croissant d’électeurs réclame un changement à la tête du pays.

Netanyahou crie au complot. Il accuse les USA de Barack Obama de vouloir sa tête et de le considérer comme un obstacle sur la voie de la paix et de la normalisation. Mais les choses peuvent évoluer autrement. L’aspect sécuritaire est omniprésent dans l’action de l’actuel Premier Ministre, mais, disons le honnêtement, il le sera tout autant, par la force des choses, si l’autre coalition de gauche accède au pouvoir. La politique extérieure, donc la sécurité, est le point numéro un de la politique intérieure. C’est un pays qui, comme le prophétisait Martin Buber, n’a pas connu un seul jour de paix complète et assurée, depuis sa naissance… Tous les gouvernements qui se sont succédés à sa tête n’ont rien pu y changer.

Que peut on attendre de Herzog et de Livni ? Je doute fort qu’ils puissent apporter ce que la population réclame. Les défis devant lesquels Israël se trouve ne peuvent être affrontés que par des personnalités fortes et déterminées. Il reste encore presque un an et demi à B. Obama , ce temps durant lequel tant de choses peuvent se produire. On a vu lors de ce dernier week end que les USA ont enfin modifié leur politique pro iranienne et déclarent aujourd’hui, par la voix de John Kerry, qu’ils misent sur l’Egypte et les régimes arabes modérés. Il  y a quelques semaines, ils n’avaient d’yeux que pour l’Iran dont ils voulaient faire la puissance régionale majeure, au mépris de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite.

Mais le système électoral israélien peut réserver des surprises, car le président de l’Etat peut inviter le parti susceptible de former une coalition à constituer un gouvernement. C’est à la fois la force mais aussi la faiblesse du système israélien.

Bibi va t il repasser ? On le saura dès ce soir ou au plus tard, demain matin.

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