05/03/2015

Benjamin Netanyahou et Barack Obama

Benjamin Netanyahou et Barack Obama

Ces deux hommes d’état font penser à un couple divorcé mais condamné à vivre ensemble. Ils ne se sont pas entendus. Il y a entre eux une sorte de désaccord presque congénital qui va bien au-delà des clivages politiques, l’un est démocrate, donc de gauche (un peu) et l’autre est foncièrement de droite et ne le cache guère. Lors de la dernière campagne électorale, Netanyahou ne s’est pas caché pour exprimer son soutien au candidat républicain à la Maison Blanche. Lequel dut s’incliner face à Barack Obama.

Mais dans le contexte actuel, les deux hommes portent leur différend sur la place publique. Netanyahou fait une mauvaise manière à B. Obama en se faisant inviter par la majorité républicaine du Congrès qui lui réserva maintes standing ovations au grand dam d’un président peu amène. Devant le Congrès, Netanyahou n’a pas hésité à dire clairement que la politique US vis-à-vis de l’Iran menace la sécurité d’Israël et la paix dans le monde. A cela B. Obama répondit que  le Premier Ministre israélien ne donnait aucune solution qui fût viable et fiable..

Dès son arrivée à Loud, retour de Washington, Netanyahou lui a répondu de manière encore plus directe. Est il possible de regarder enfin la question de l’Iran d’une manière objective et surtout constructive ?

L’Iran des Mollahs est un danger pour la paix dans la région et même au-delà à cause de sa politique agressive et de son soutien au terrorisme. Téhéran est militairement présent en Syrie et même en Irak où il prétend défendre les lieux saints de l’islam chiite. Les Iraniens sont présents dans le sud du Liban, mais aussi au Yémen où ils ont orchestré l’occupation de la capitale Sanaa. A Bahreïn ils testent les réactions de l’Arabie Saoudite. En une phrase, ils ne perdent pas une occasion pour avancer leurs pions et devenir la puissance régionale incontestée.

Cela n’est pas du goût de l’Egypte ni des régimes arabes modérés.

Telle est la situation. Ne serait il pas temps de donner à l’Iran la place qu’il mérite dans la région, pour peu qu’il manifeste sa volonté de ne pas agresser ses voisins ni même de les menacer ? Téhéran est l’héritière d’une grande nation de l’Antiquité mais ses velléités actuelles d’acquérir l’arme nucléaire sont source d’une profonde inquiétude. Il suffit de voir la course aux armements que sa politique suscite dans la région : l’Egypte a acheté 24 avions de chasse à la France. L’Arabie Saoudite finance le réarmement de l’armée libanaise afin qu’elle puisse enfin faire jeu égal avec la milice chiite pro iranienne, le Hezbollah. Les émirats sont sur le qui-vive.

Les USA suivent tout ce manège de près mais semblent avoir pris leur décision : se désengager d’une région du monde, le Proche Orient, qui n’est plus leur priorité. L’urgence pour eux, c’est la Chine dont la logique de développement les inquiète. La Chine veut accéder à la parité technologique avec les USA, ce que ces derniers cherchent à empêcher à tout prix.

Aux yeux des USA, réputés pour leur naïveté démocratique et leur myopie politique, les Etats du Proche Orient, Israël excepté, ne sont pas amendables au plan démocratique. Au lieu de faire preuve de réalisme politique à la Henry Kissinger, ile entendent faire la leçon à ces régimes arabes alliés qui semblent avoir une grande incompatibilité avec la démocratie et le suffrage universel. Scrutez le cas de l’Egypte : un important dirigeant US s’est y rendu en pleine crise pour dire que l’armée a fait un coup d’Etat en écartant Mohammed Morsi du pouvoir. On connaît la suite : le maréchal-président a aussitôt reçu V. Poutine pour lui acheter des armes et il en fit de même à l’égard de la France où il a fait son marché.

Alors que faire ? En ce qui concerne l’Iran, ce pays doit adoucir son régime, changer de politique et réintégrer enfin sa place d’honneur dans le concert des nations. Quant aux USA, leurs dirigeants doivent comprendre qu’une grande nation, gendarme du monde, doit parfois se salir les mains.

Une politique de retrait n’est pas compatible avec le statut de grande puissance.

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