28/02/2015

Un meurtre politique dans la Russie de Vladimir Poutine?

 

Un meurtre politique dans la Russie de Vladimir Poutine?

L’assassinat d’un grand opposant politique à Poutine, Boris Nemtsov, est probablement la goutte d’eau (de sang ?) qui va faire déborder le vase des horreurs jalonnant le règne sans partage du maître du Kremlin. IL est vraiment trop tôt pour accuser qui que ce soit ou fulminer des anathèmes. Comme le disait un commentateur russe installé en France depuis bien longtemps, c’est la Russie de Poutine qui signe ainsi sa radicalisation, son état désespéré face aux sanctions occidentales qui affectent la vie quotidienne des gens, et qui est en guerre, notamment dans l’est de l’Ukraine. V. Poutine a déclenché un processus qui a commencé par le servir lui et les intérêts qu’il défend mais qui commence à se retourner contre lui et contre ce qu’il représente. Apparemment il ne le maîtrise plus.

Aujourd’hui, un pas nouveau a été franchi. Les dirigeants des grandes puissances occidentales, en réagissant comme ils l’ont fait, montrent qu’il ne s’agit pas d’un simple fait divers : quand donc le président US exige-t- il un procès transparent dès qu’un homme ou une femme est assassiné sur la voie publique ? Il est clair que tous ces dirigeants, généralement bien informés, subodorent quelque chose qui n’est pas si simple… Poutine a réagi en parlant d’un acte de provocation visant à le placer lui-même dans une position hautement délicate. C’est possible, rien n’est à exclure. Mais lorsque vous écoutez les journalistes égrener la liste d’assassinats politiques ces dix dernières années tant à Moscou qu’ailleurs dans le monde, vous vous interrogez avec insistance : à qui donc profite le crime ? Et quel est le dénominateur commun de toutes ces victimes : elles étaient toutes des opposants politiques au régime russe actuel.

De là à se servir de cette analogie pour accuser le régime actuel il n y a qu’un pas qu’on ne doit  franchir que s’il y a des preuves. Et pour le moment il n y en a pas.

Un mot sur la conduite des affaires par V. Poutine : depuis un certain nombre d’années, la Russie, ancienne grande puissance mondiale, est gouvernée par deux personnes qui effectuent une sorte de rotation au sommet du pouvoir : un président, ancien premier ministre et un ancien premier ministre qui va redevenir président. On a l’impression qu’il s’agit d’un condominium bien établi qui se pare des oripeaux de la démocratie, ce que l’opposition sur place conteste avec force.

Ce régime, autoritaire à l’intérieur, est très belliciste à l’extérieur : on l’a vu avec la Géorgie, on le voit aujourd’hui avec l’Ukraine. On se souvient des récentes demandes des républiques baltes, mais aussi de la Pologne, qui se sentent menacées par leur puissant voisine et ancien maître… En fait, ce régime ruse constitue une menace pour la paix mondiale. Et la mort violente d’un opposant notoire au régime tombe très mal pour lui.

Une éruption sociale n’est plus à exclure sur place. V. Poutine finira bien par comprendre qu’il doit se modérer et atténuer le caractère dictatorial de son action. On l’a vu récemment en Ukraine où ses supplétifs séparatistes n’ont pas respecté l’accord de Minsk.

Le problème le plus urgent qui nous fait face : que faire de la Russie ? Comment la gérer ? Surtout que doit faire l’UE face à la Russie, une ancienne grande puissance qui ne se résigne pas à son lent mais inexorable déclin ?

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27/02/2015

Le saccage des statues du Musée de Mossoul

 

Le saccage des statues du musée de Mossoul

Avec les djihadistes de l’Etat islamique, les choses, décidemment, ne s’arrangent pas. Et comment le pourraient elles ? Regardons le problème de la façon la plus objective possible : ces gens n’admettent pas ce qui est différent d’eux, rejettent ceux qui croient, prient ou pensent différemment d’eux. Et voici qu’aujourd’hui ils s’en prennent même à des joyaux de l’humanité antéislamique, considérant que rien ne doit subsister de l’époque dite de la djahiliya, à savoir une période où le monothéisme n’avait pas encore été adopté par les populations arabes. Alors que font-ils ? Ils détruisent à coup de massue et de burin des statues, des effigies, remontant à des siècles avant notre ère. Ce qui n’est pas sans rappeler ce que firent leurs cousins talibans en Afghanistan.

Cette destruction, cette intolérance sont telles que la directrice générale de l’UNESCO a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU, comme si cela allait changer quelque chose. Mais alors que faire d’autre ? On ne parvient toujours pas à se représenter que la seconde ville d’Irak, Mossoul, a pu être conquise par des djihadistes et que l’armée irakienne n’est toujours pas en mesure de rétablir l’ordre ni sa souveraineté sur l’ensemble du territoire national.

Chaque jour qui passe rend un peu plus inéluctable la confrontation avec cet Etat Islamique car rien ne semble pouvoir le ramener à la raison. Et cela a une conséquence assez inattendue bien qu’incontournable : qu’elles le reconnaissent ou non clairement, les puissances occidentales, Etat Unis en tête, se rapprochent de Bachar el Assad, promu au rang de dernier rempart contre le djihadisme. Même les Américains le préviennent afin de bombarder certaines cibles en Syrie. Certains hommes politiques pensent aussi que cet homme est devenu incontournable alors qu’il est, directement ou indirectement, responsable de la mort de près de 250. 000 personnes dans son pays, déjà à moitié détruit et occupé par des forces hostiles à son régime !!

On dit même que Russes et Américains pourraient bien inclure dans leurs négociations sur l’Ukraine le problème syrien qui servirait en quelque sorte de monnaie d’échange… Voilà un homme dont les jours semblaient comptés, que ses généraux quittaient un à un, dont le régime ne semblait plus tenir qu’à un fil, et qui retourne la situation à son avantage, verrouille les défections, regagne des positions perdues et semble reprendre des couleurs.

Bachar que l’on vouait aux gémonies ou, au moins, au TPI, est requinqué, reçoit la visite de parlementaires européens, voire d’une petite délégation US et redevient incontournable sur l’échiquier du Proche Orient.

C’est la parfaite illustration de la thèse bien connue : c’est moi ou le chaos ! Mais c’est aussi la preuve par neuf que ce Proche Orient ne sera jamais qu’un équilibre instable. Une véritable poudrière avec des Etats plus artificiels les uns que les autres. Sans même parler des frontières.

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26/02/2015

Le drame des Chrétiens d'Orient

 

 

Le drame atroce des chrétiens d’Orient…

Il est absolument inadmissible que les Occidentaux ne fassent rien ou presque pour sauver ces êtres sans défense promis à une mort quasi certaine. L’Etat Islamique rêve d’éradiquer toute trace de présence chrétienne dans des territoires où le christianisme a fait ses tout premiers pas, lors de son apparition sur la scène de l’Histoire universelle.  Il est inadmissible qu’on laisse des hommes des femmes et des enfants se faire enlever et aussi décapiter par des fous sanguinaires qui se croient investis par une mission abjecte : éradiquer toute présence non musulmane sur leur sol. Les chrétiens qui sont persécutés aujourd’hui sont les plus vieux témoins du Christ et ils parlent, pour certains d’entre eux, sa langue maternelle, l’araméen, langue sœur de l’hébreu et à laquelle la littérature talmudique recourt à longueur de folios…

Qu’attendons nous pour déclencher une vaste opération terrestre ? Les USA de Barack Obama n’auraient guère de mal a ramener à la raison ces quelques milliers de rebelles qui ne disposent pas de solides infrastructures militaires, pas d’aviation, pas d’artillerie lourde ni de moyens propres de toute armée régulière. Les spécialistes interprètent ainsi l’attentisme des Américains : la US army pourrait en quelques jours défaire entièrement les bandes de l’Etat Islamique mais cela créerait une zone de basse pression, un vide, dans lequel les Iraniens s’engouffreraient car l’armée irakienne n’est pas encore assez aguerrie pour tenir et défendre les positions reconquises sur l’ennemi. Enfin, M. Obama ne veut plus entendre parler d’une présence militaire US pérenne en Irak… Ce serait rendre un hommage tardif à l’action passée de son prédécesseur.

Cette stratégie est peut-être la bonne, nous ne sommes pas des stratèges militaires mais elle a un coût, inacceptable à nos yeux : des centaines, voire des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants périssent dans des circonstances atroces du seul fait qu’ils sont chrétiens. Comment pouvons nous rester les bras croisés alors que des faits aussi horribles se déroulent sous nos yeux ?

Grâce à leurs satellites d’observation, les USA et l’Europe connaissent l’emplacement exact des islamistes, mais l’armée de l’air ne suffit pas puisque ces bandes armées enterrent leurs armes lourdes, se déplacent, se fondent dans la population, etc… Seules des unités d’infanterie peuvent les poursuivre et les détruire.

Cette indifférence coupable fait penser à ce qui s’était passé durant la seconde guerre mondiale lorsque Winston Churchill avait carrément refusé de dédier un seul avion de la RAF au bombardement des voies de chemin de fer menant des millions de déportés juifs vers les camps de la mort.. Churchill est allé jusqu’à dire qu’il ne risquerait jamais la vie d’un seul de ses pilotes pour cela… Incroyable !

Cela donne aussi une certaine résonnance à la mentalité israélienne qui fustige l’ONU par exemple, face à de tels massacres. Ils disent : nous ne laisserons jamais placer dans de telles circonstances, jamais nous n’attendrons jamais des autres qu’ils volent à notre secours, si, par malheur, un jour, la fortune des armes nous était défavorable

Le monde libre et civilisé a commis une faut impardonnable avec les Juifs durant la seconde guerre mondiale, il ne doit pas la renouveler avec les Chrétiens d’Orient… Certes, les Etat ne sont pas dirigés par des enfants de chœur, ce sont des monstres froids arcboutés sur leurs intérêts.

Il faut que cela cesse. Pitié pour des hommes, des femmes et des enfants, martyrs de leur foi.

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Discours religieux et discours philosophique: existe t il une passerelle?

Le message prophétique ou religieux peut il se traduire en termes rationels ou philosophiques? Préliminaires : c’est le postulat de toute Religionsphilosophie, de toute philosophie religieuse dans la mesure où cette expression a un sens : ce postulat a eu des partisans convaincus mais aussi des adversaires acharnés. Pour les premiers nous citerons surtout des penseurs médiévaux, Maïmonide et ses épigones chez les Juifs, al Farabi, Ibn Badja, ibn Tufayl et Averroès chez les musulmans. Pour les adversaires, il suffit de nommer Spinoza qui a toujours milité contre un tel mélange des genres : pour lui, la théologie et la philosophie, la révélation et la raison doivent être séparés l’une de l’autre si chacune veut sauvegarder sa dignité propre. Le moindre mélange porterait atteinte à la plénitude de l’une ou de l’autre. Mais cette poussée ne se serait pas produite sans l’élément grec qui se confronta aux religions révélées après les conquêtes arabo-islamiques : les nouveaux maîtres, très heureux sur les champs de bataille, eurent aussi à repousser des armées d’adversaires doctrinaux, venant d’horizons absolument différents. Pour un polythéiste hellénique, un terme comme révélation ne veut rien dire… Toute la philosophie médiévale, comme nous le verrons, est fondée sur ce postulat : le message de la Révélation, essentiellement religieux donc, peut se décliner en termes rationnels et philosophiques. Ce qui signifie qu’il y a une convertibilité, une passerelle entre les théologoumènes (notions religieuses et théologiques) et les philosophèmes. Qu’elle est la signification de cette équivalence ? C’est la philosophie du langage qui nous le livre : la transcendance, la divinité, parle un langage infiniment plus riche que le medium linguistique humain, ce qui implique que l’interprétation, donc la conversion en un autre langage, est impérative, absolument nécessaire. Chez Maimonide, grande figure de ce rapprochement entre révélation et raison, entre théologie et philosophie, dès l’introduction au Guide des égarés, on trouve une équivalence entre l’œuvre de la création (massé béréshit) et la Physique d’Aristote et l’œuvre du char (massé merkaba) et la Métaphysique. Donc, c’est une pure question linguistique, l’essence des sujets est la même. La dessus vient se greffer un problème de société : les hommes simples auxquels la révélation est destinée ne comprendraient pas la vérité dans son éclatante mais aussi aveuglante limpidité. Il a donc fallu habiller ces vérités d’enveloppes accessibles à leur indigence intellectuelle, recourir à des métaphores, des images et à ces paraboles omniprésentes dans le discours prophétique alors que le philosophe, lui, n’en a guère besoin. Les Religionsphilosophen recommandent donc une lecture philosophique des textes révélés car pour eux la révélation est un simple mode d’exposition des vérités, il en existe un autre, bien plus clair mais pour l’intelligence duquel il faut avoir été préparé., la philosophie. Il existe donc une passerelle naturelle entre ces deux branches de la connaissance. Critique de cette théorie. En intellectualisant la discours prophétique, fondé sur la Révélation, en résumant à des concepts ce que dit la transcendance, on appauvrit quelque peu le message divin destiné au prophète. Et surtout on considère que la religion, car c’est bien d’elle qu’il s’agit, n’est qu’un expédient, une phase transitoire qu’il convient de dépasser. Cette idée a été défendue tant par des penseurs médiévaux que des penseurs plus tardifs. Au Moyen Age on signale chez les Juifs Juda Halévi et chez les musulmans Abuhamid al Ghazali, notamment ce dernier qui a gravement mis en cause l’instrument de conversion du donné religieux en donné philosophique, l’interprétation allégorique. Al-Ghazali a traité les allégoristes (al-Batiniya) de borgnes car ils ne veulent voir qu’un aspect des choses et guère la totalité. Dans son Cusari, Halévi a instruit le procès des philosophes juifs qui se font les représentants juifs d’Aristote et de Platon, deux polythéistes qui n’ont aucune notion du terme révélation. Plus tardivement, on signale Crainte et tremblement de Sören Kierkegaard et au XXe siècle le philosophe juif Franz Rosenzweig qui refusait la conceptualisation de l’idéalisme et optait pour une connaissance expérimentale tenant à la facticité et non plus à l’essence. Tout son livre appelé Livret de l’entendement sain et malsain tourne autour de ce refus d’admettre la méthode de l’idéalisme et les solutions qu’il propose. Comment procédaient les philosophes partisans d’une conceptualisation des théologoumènes ? Ils lisaient leurs propres idées dans les textes révélés et prétendaient en extraire l’intelligence profonde par le biais d’une méthode exégétique. C’est d’ailleurs la démarche du Guide des égarés de Maimonide dont les cinquante premiers chapitres se donnent pour mission d’interpréter les termes homonymes qui connaissent tant d’ occurrences dans la littérature biblique et que les ignorants comprennent dans un seul sens, généralement le plus inadéquat. Grâce à cette approche, Maimonide transforme le Dieu vivant et agissant de la Bible en un pur concept divin, totalement abstrait, que les masses incultes ne reconnaissent plus en tant que Dieu créateur, doté d’une volonté libre. Ils le transforment en une essence divine, assimilée à un intellect, suprême, situé à l’extérieur du monde matériel qu’il met en mouvement. C’est la théorie du Premier Moteur, exposée dans le livre VIII de la Physique d’Aristote. C’est le trio classique de la philosophie médiévale qui est ici en cause : Dieu, le monde et l’homme : le premier devient la cause suprême de l’univers qui est son effet, le second, le monde n’est plus créé mais éternel et ayant une cause éternelle, il ne peut être qu’un effet éternel. Quant à l’homme il a le choix entre deux eschatologies, c’est-à-dire des fins dernières : soit un bonheur politique : une bonne santé, une bonne famille et de bonnes conditions de vie matérielles, soit un bonheur métaphysique, passer sa vie à apprendre et à connaître, accumuler les intelligibles au lieu des millions et acquérir ainsi une vie dans l’au delà. L’immortalité. Mais dans le discours religieux, c’est la résurrection qui est privilégiée car le vulgaire ne croit qu’en ce qu’il touche ou voit. Mais Halévi demande ceci : est ce un Premier Moteur qui a libéré les Hébreux d’Egypte ? Est ce lui qui a frappé les Egyptiens des dix plaies ? Est ce lui qui a fendu la mer rouge et qui y a noyé les poursuivants égyptiens ? Est ce lui qui a envoyé la manne dans le désert ? Est ce lui qui a donné la Tora à son peuple ? On revient à la célèbre phrase de Kierkegaard : le Dieu d’Abraham n’est pas le Dieu des philosophes. Or, Maimonide justement a opté pour ce dieu d’Aristote ? S’est il trompé ? De son point de vue, non, car il a tenté de rationnaliser le texte biblique. Du point de vue de la mystique juive par contre, il se serait entièrement fourvoyé. Certains kabbalistes ont eu à cœur de repenser certains chapitres de son Guide afin de les mettre en conformité avec leurs propres doctrines ésotériques. En traduisant les théologoumènes en philosophèmes, les philosophes, chrétiens, juifs ou musulmans ont ruiné le caractère immédiat de la présence divine, fait du monde une simple réalité physique indépendante où la divinité n’est pas en mesure d’accomplir le moindre miracle ; quant à l’homme on ne lui promet plus une vie dans l’au delà en tant qu’être concret mais en tant qu’âme désincarnée. Et ce n’est même pas une immortalité individuelle car l’unique facteur d’individuation, le corps, n’est plus là ; l’homme aura donc droit à une immortalité collective. Halévi se gausse de cette théorie dans son Cusari. La résistance de la mystique juive. Sans nier que certaines strates archaïques sont présentes dans la littérature talmudique et rabbinique où l’ésotérisme pré-kabbalistique est nettement perceptible, il faut bien reconnaître que ce sont les excès du camp des philosophes qui ont provoqué la forte résurgence de la doctrine des sefirot, la publication du Zohar et l’a venue de ses commentateurs, et bien plus tard, celle de la kabbale de Safed dont l’instigateur principal fut Isaac Louria. Toutes les doctrines que Maimonide et son école avaient tenté de convertir en philosophie furent reprises et d’une certaine manière déconceptualisées ; je préfère cette expression à celle de Gershom Scholem qui opta pour la formule suivante : remythologisation de la pensée juive. La kabbale a rendu au peuple juif son simple Dieu biblique, son origine simple de l’univers et sa vieille eschatologie populaire, celle qui met en scène un grand banquet dont Dieu serait le principal organisateur, assis à une table gigantesque, entouré des sages défunts d e tous les temps. Il leur sert un repas fait de la chair du redoutable monstre marin, le Léviathan, arrosé d’un nectar aussi vieux que les six jours de la création… Il est vrai que le folio talmudique qui expose cette image si populaire ajoute sèchement en fin de page : là-haut il n y a ni station debout ni station assise… La saine raison retrouve donc ses droits. Mais les rédacteurs n’ont pas osé censurer ce texte si fantaisiste. On retrouve dans un autre traité talmudique la même attitude un peu ambiguë à l’égard du miracle et de l’abandon du cours naturel des choses. Dans le traité du talmud de Babylone Shabbat (vers fol. 90a) on relate le fait dramatique suivant : un homme aussi pauvre que Job et dont la femme meurt en couches laissant un bébé, se retrouve tout seul et sans le sou, ne pouvant pas louer les services d’une femme afin d’allaiter son nouveau-né. Il éclate en sanglots et adresse une prière à Dieu qu’il implore de ne pas laisser mourir d’inanition cet enfant, le seul être qui lui reste au monde. Dieu, nous dit le Talmud, est sensible à sa prière et fait que des tétons poussent à la poitrine de cet homme. En hébreu : na’assou lo dadim ké-isha. Il put allaiter l’enfant et le sauver d’une mort certaine. Ce qui est important, ce sont les deux appréciations opposées que la main anonyme du rédacteur nous confie : la première vante les haut mérites d’un tel homme, une humanité sortant de l’ordinaire, ce qui explique que Dieu ait bouleversé les lois de la nature que sa sagesse avait pourtant instituées. Un miracle donc. L’autre appréciation stigmatise l’attitude de cet homme qui a conduit Dieu à se renier, à bouleverser l’ordre naturel des choses… On le voit, même dans la littérature traditionnelle la plus ancienne, les avis sont partagés. Sur les miracles. Car s’il est un point théologique qu’aucun penseur rationnel ne pourra jamais récupérer, c’est bien les prodiges et les miracles de l’Ecriture. Or, la création elle-même est déjà considérée comme un pur miracle en soi… Maimonide lui-même avait expliqué que contrairement à ce que pensent les couches populaires, Dieu n’agit qu’en conformité avec sa sagesse : en d’autres termes, la sagesse de Dieu tient sa volonté. En clair, il ne peut pas vouloir ce que sa sagesse lui interdit de faire. On est loin de la phrase enthousiaste du poète hébreu : Sache que Dieu fait tout ce qu’il veut (da’ kol asher yahpots Elohim yaassé) Je finis en signalant deux cas : Le grand philosophe allemand Hermann Cohen, mort en 1918, avait fait une tournée de conférences en Europe orientale. Il se pique de faire un jour une conférence sur Dieu d’après Kant dans une synagogue où un auditoire médusé l’écouta avec admiration sans rien comprendre à ce qu’il disait… A la fin un vieux Juif posa une question apparemment naïve mais qui déstabilisa le grand philosophe. Her Professor, dans votre brillante conférence, je n’ai pas retrouve le Boré Olam (le Dieu d’Israël, créateur des cieux et de la terre). Les témoins racontent que Cohen éclata en sanglots ! Le vieil homme n’avait pas tort et réclamait qu’on lui rendu son bon Dieu, celui de sa Bible. Un autre penseur moderne a rejeté l’ontologie de la philosophie de l’idéalisme allemand, Franz Rosenzweig dont je recommande fortement la lecture des cinquante dernières pages de son Etoile de la rédemption, Là où il parle de la Vérité éternelle. Quelle pages envoutantes, certes difficiles mais O combien belles. Cet homme d’une intelligence exceptionnelle, avait fait sa thèse sur la philosophie politique de Hegel, et pour fêter ses retrouvailles avec sa religion, a rédigé en 6 mois ce texte si profond et si passionnant. Tout en étant un homme de grande culture, il considérait comme Kierkegaard que la religion n’était pas une simple étape dans la quête d’absolu. Elle en est en fait le point d’arrivée. C’est même la chose à laquelle l’homme tient plus qu’à tout autre chose. Même plus qu’à sa vie. On peut dire que dans cette lutte entre les philosophèmes et les théologoumènes dans l’âme humaine, Rosenzweig a proposé une solution, qu’ile nomme le Nouveau Penser (Das neue Denken) où philosophie et théologie se mêlent harmonieusement sans s’opposer.

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23/02/2015

La France, insouciante et en vacances, en guerre contre l'Etat islamique

La France, en vacances et insouciante, en guerre contre l’Etat Islamique Il y a une atmosphère, une ambiance d’irréalité dans la France d’aujourd’hui : le pays se déclare en guerre contre le nouveau fléau des temps modernes, il mobilise ses forces aériennes et son principal porte-avions est sur zone, le pays bombarde tous les jours les positions ennemies en Irak, il saisit les papiers et les documents de voyage de quelques adolescents en mal de djihad, et parallèlement à cela, les Français se précipitent sur leurs skis, envahissent les autoroutes, bref se livrent à leur passe temps favori : les vacances, le bon temps, le désœuvrement, bref tout ce dont le pays n’a vraiment pas besoin aujourd’hui. Que doit-il se produire pour que ce beau pays ouvre enfin les yeux et se confronte à ses vraies difficultés ? Il y a déjà la guerre, le gouvernement l’a déclarée et le dit tous les jours que le bon Dieu fait, sur tous les tons, mais les semaines se suivent et les zones scolaires alternent pour aller se reposer : mais se reposer de quoi ? Avec plus de cinq millions de chômeurs ou de semi chômeurs, avec des millions de gens promis à la précarité, avec des retraités peu assurés de continuer à recevoir leur pension, ce pays persévère dans le déni. Certains sonnent le tocsin mais personne ne les écoute. D’autres lui promettent un destin comparable à celui de la Grèce, ou au moins à celui de l’Italie ou de l’Espagne, mais les Français continuent de planifier leurs vacances… Que faire ? N’était l’Allemagne, l’Euro n’existerait plus et dans ce cas la France aurait dévalué sa monnaie je ne sais combien de fois. Depuis près de 40 ans les différents pouvoirs ont mal géré ce pays. Il est temps de se réveiller, tant au plan intérieur qu’extérieur.

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22/02/2015

Barack Obama, l’Iran , Israel et les régimes arabes modérés

Barack Obama, l’Iran , Israel et les régimes arabes modérés A l’évidence, il existe un problème Obama, un président US qui n’aura pas marqué son temps ni même réussi ses deux mandats. Et le problème majeur qui se pose concerne à la fois le règlement de la crise iranienne, ses tentatives d’enrichir l’uranium pour accéder à la bombe atomique, et, fait majeur, rebattre les cartes au Moyen Orient, une région dont l’actuel chef de la Maison Blanche rêve de se désengager afin de mieux se concentrer sur l’Asie dans le but de contrer la Chine. Ce dernier point, souvent éludé et laissé en pointillés, mérite d’être évoqué. La Chine profite de tout, fait main basse sur toutes les matières premières dont elle est si friande, elle s’étend partout, fabrique tout chez elle, est présente dans toutes les régions du monde, et pourtant elle ne déploie son armée nulle part, elle n’est en guerre avec personne, et pourtant elle place ses pions partout, même en Afrique. La seule exception est le pays du Dalai Lama, le Tibet, occupé par la force et sinisé par la force. Les USA ont fini par juger préoccupant ce déséquilibre : là où eux mobilisent des troupes pour maintenir des positions chèrement acquises et gravement menacées, la Chine, elle, s’implante, sans coup férir. Et même en Asie, où elle se trouve, elle gagne des positions. Les USA sont obsédés par la crainte, réelle, de perdre leur statut de super puissance au profit d’un pays qui s’avère leur pire ennemi dans les prochaines décennies. B. Obama a donc les yeux rivés sur ce continent où la Chine s’étend et se renforce. Le centre de gravité du monde a tendance à se déplacer vers l’Asie où les alliés traditionnels des USA se mettent à regarder désormais vers Pékin. Mais ce qui les inquiète le plus, c’est cet esprit de désengagement de leur puissant protecteur qui ne cherche plus à être le gendarme du monde mais à sacrifier ses anciens alliés à ses propres intérêts. Et ceci nous conduit à l’Iran et à la visite de Benjamin Netanyahou à Washington. La défiance n’a jamais été aussi grave entre la Maison Blanche d’Obama et l’Etat d’Israël. Le 3 mars, sans en avoir informé Obama, le premier ministre israélien va prononcer un discours devant le Congrès où il dénoncera les atermoiements d’Obama et sa faiblesse face à l’Iran. Visiblement, l’actuel président US qui ne peut plus agir, fait les yeux doux à Téhéran avec lequel il rêve de conclure des alliances stratégiques. Mais le Congrès et l’opinion publique US n’admettent pas de pacte avec une république islamique qui a humilié le pays il y a plus de trente ans et dont l’ADN est fait d’hostilité majeure vis-à-vis des USA. Pour des raisons que je ne comprends pas, ce président US, sur les pensées profondes duquel pèsent de lourds soupçons, envisage de favoriser l’Iran dans son rôle de super puissance régionale, sacrifiant ainsi ses alliés traditionnels arabes de la région, en tête l’Egypte et l’Arabie Saoudite, deux ennemis jurés de l’Iran. L’Egypte a déjà manifesté sa mauvaise humeur : pour la première fois, depuis 1973, elle a acheté des armes aux Russes et depuis quelques jours c’est le contrat du siècle avec la France : 24 avions Rafale et une frégate ! Du jamais vu ! En un temps record. Qui paie ? Très certainement l’Arabie Saoudite, comme d’ailleurs pour l’armée libanaise que la France accepte d’équiper. Ce geste de l’Egypte, leader du monde arabe et première puissance de la région par sa population et son armée, n’apprécie guère ce revirement de la politique US à son égard. Le monde arabo-musulman qu’elle représente n’est pas prêt de se laisser dominer par un Iran chiite d’origine persane. C’est là la principale faute d’appréciation d’Obama qui n’en a cure et dont le vice président a osé dénoncer le coup d’Etat d’al-Sissi… Pour les gouvernants du Caire, c’en fut trop. Quant aux monarchies arabes du Golfe, elles se découvrent un point commun avec Israël et se disent prêtes avec pactiser avec lui : l’ennemi commun, l’Iran, qui séduit les USA d’Obama. C’est dans ce contexte qu’il faut situer la visite du 3 mars de B. Netanyahou au Congrès. Lequel fera tout pour torpiller l’accord avec l’Iran er votera de nouvelles sanctions. Quand donc l’Iran, en ruines aujourd’hui en raison des sanctions, rejoindra t il enfin le concert des nations civilisés ? Qu’a t il besoin de la bombe ? Il devrait se démocratiser, se civiliser et cesser de menacer ses voisins. Au fond, ce n’est pas Israël qui est menacé par l’Iran ; on sait que bien avant que Téhéran ne procède à une quelconque mise à feu, la riposte israélienne sera foudroyante. Les Iraniens le savent et actuellement ils sont confrontés à une triple crise : politique entre Rouhani et le guide Khameney, économique à cause des sanctions et militaire à cause de la Syrie et de Daesh… Cette triple conjonction peut venir à bout de n’importe quel régime.

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21/02/2015

Que faire de la Russie de Poutine?

 

Que faire de la Russie de Vladimir Poutine?

Plus que la défaite militaire, plus que la débandade des troupes ukrainiennes face aux soi disant séparatistes, c’est le désarroi moral qui s’est emparé de Kiev et du camp occidental. Alors que Poutine avec un cynisme consommé intervient ouvertement dans le pays voisin qu’il s’est juré de dépecer, les Occidentaux réclament, malgré les viols récurrents du cessez le feu, le maintien de celui-ci contre vents et marées. Et toute honte bue.

Le président ukrainien est décevant et son armée l’est encore plus. Certes, ils se battent contre l’armée russe qui ne dit pas son nom mais tout de même, il fallait tenter une sortie, tout faire pour briser l’encerclement : quand on a des convictions, on se mobilise pour les défendre. Bref, c’est une honte : face à un Poutine déterminé, l’OTAN est absente et les franco-allemands sont totalement démunis. Or, c’était vraiment le moment de porter à Poutine un coup sérieux de nature à stopper son expansionnisme. C’est le contraire qui s’est produit. L’Amérique de Barack Obama est aux abonnés absents, elle avance des sanctions homéopathiques au lieu de frapper un grand coup. Le pays de Poutine est très fragile et tire ses ressources de deux marchés, celui des ventes d’armes et celui du pétrole. Or, le rouble a chuté, le prix du brut aussi, restent les armes. Devant un el cynisme, démembrer un pays voisin au motif qu’il s’arrime à l’Europe au lieu de pactiser avec la Russie, c’est une violation de la loi internationale.

Je crains fort que l’on en revienne à la guerre froide : l’annexion de la Crimée, le dépeçage de l’est de l’Ukraine, les pressions économiques, l’intimidation permanente : mais qui peut vivre dans de telles conditions ?

On se croirait transporté dans un scénario de la fin des années trente. Mais aujourd’hui, on pourrait neutraliser Poutine en moins de six mois sur deux plans : économique et financier. Et on peut compter sur les oligarques pour réaliser une révolution de palais qui remettrait la balle au centre.

Le monde libre ne fait rien. Et un de ces jours, Poutine s’en prendra à l’un des petits Etats baltes. Et pourquoi s’en priverait il ? Il y a personne en face de lui.

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20/02/2015

Scène de racisme ordinaire dans le métro: les supporters de Chelsea

Scène de racisme ordinaire dans le métro parisien avec des supporters de Chelsea

On s’interroge encore et toujours sur le fonctionnement des supporters de grandes équipes de football : mais pourquoi donc y a  t il toujours des problèmes avec ces gens ? Pourquoi de telles rencontres donnent elles lieu à des manifestations de violence, voire de violence raciste ?

C’est ce qui s’est encore produit dans le métro parisien lorsque des supporters de l’équipe de Chelsea ont empêché un homme d’entrer dans un wagon pour se rendre chez lui. Ils l’ont maintes fois repoussé au motif qu’il est noir ! Ceci s’est passé à Paris, au vu et au su de tous, une personne sur le quai a filmé la scène et l’a projeté sur les réseaux sociaux où ce film a été visionné des milliers de fois. Les autorités françaises et anglaises ont réagi et l’un des racistes a été identifié, on le voit dans un journal aux côtés d’un leader d’extrême droite britannique…

Comment expliquer que les matchs de foot soient toujours ou presque émaillés de telles scènes qui dégradent gravement ce sport ? Il y a une inadéquation entre les qualités de ce sport noble et profitable, et le public qui se presse dans les stades. Sur le terrain, les arbitres arrivent plus ou moins à faire respecter les règles mais dehors, dans les tribunes ou après le dernier coup de sifflet, il en est autrement.

Des gens connus et qui habitent à proximité du Parc des Princes témoignent qu’à la veille de chaque rencontre sportive, ils sont contraints de modifier leur mode de vie : on range la voiture dans le garage, on n’invite pas d’amis à dîner à la maison de peut qu’ils soient agressés par des supporters en état d’ébriété, on ne sort pas soi-même, bref on se calfeutre chez soi… … Et tout cela, à cause du sport. Voilà une activité humaine des plus nobles rabaissée à un rang absolument indigne. Et dans ce contexte, la scène vue dans le métro parisien ce soir là est vraiment des plus indignes.

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19/02/2015

La situation politique en France depuis le recdours au 49.3

La situation politique en France depuis le recours au 49.3

Ce qui était prévu par la constitution et a été maintes fois utilisé par le passé, tant à droite qu’à gauche, fait aujourd’hui l’effet d’une véritable bombe. Cela masque un malaise plus profond. En fait, l’exécutif devrait parler avec ceux des députés socialistes appelés les frondeurs en vue de faire cesser justement cette fronde. Le problème est qu’on demande à l’une des parties de s’auto-renier : les frondeurs disent qu’on ne pratique pas la politique pour laquelle on a été élu, le gouvernement rétorque : il faut parer au plus pressé, on ne savait pas vraiment avant d’arriver aux affaires, mais aujourd’hui, après deux ans, presque trois au pouvoir, on est déterminé à changer de politique…

Certes, le gouvernement ne court aucun risque, la motion de censure ne passera pas, mais ce processus même, le conflit de l’exécutif avec sa majorité, laissera des traces. En plus, la préparation du congrès du PS n’arrange pas les choses ; ceux qui ne veulent pas que les libéraux prennent le pouvoir au sein du parti se mobilisent et Martine Aubry commence déjà à fourbir ses armes. Quand elle demande un débat, cela signifie en clair qu’elle va lutter pour que triomphe sa ligne. Et si c’était le cas, alors le nouveau PS ne désignera pas François Hollande comme candidat en 2017.

En d’autres termes, les choses ne vont pas se calmer dans les prochains mois.

Par-delà le PS, c’est toute la France qui s’interroge. On n’a jamais eu un une telle crise économique doublée d’une crise morale. Tout peut arriver. Et il y a depuis ce début de janvier une menace d’attentats qui plane avec insistance sur ce pays, mettant en alerte ses polices et ses services spéciaux.

Les plus sagaces parmi les analystes politiques prédisaient une secousse tellurique vers le mois de janvier, elle survient vers la fin du mois de février… On se demande s’il ne faudra pas que le président prenne une initiative, une sorte d’impulsion nouvelle remettant la balle au centre et vérifiant sir le pays est toujours d’accord avec ce qui se passe. Sauf miracle ou acte providentiel, on ne pourra pas rester dans la présente situation. Ce n’est pas le vote contraint et forcé de la loi Macron qui pose vraiment problème, ce sont les suites, les conséquences d’un tel vote. On a l’impression que le pouvoir n’a plus de majorité à l’assemblée.. Le plus dur est devant nous. Soit l’exécutif modifie la teneur des lois qu’il veut faire voter, soit il reste immobile, dans l’attente de jours meilleurs.

Toute la vie politique est suspendue aux résultats du congrès du PS. La partie est délicate, surtout si l’opposition arrive à réunir toutes ses voix. Cela pourrait donner des idées à des députés socialistes qui savent qu’en cas de dissolution, ils ne reviendront plus à l’assemblée. Sans même parler des élections du mois de mars

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18/02/2015

La relaxe de DSK

La relaxe de DSK Finalement on peut s’interroger sur l’opportunité de ce procès qui semble ressembler à une sorte de règlement de compte. Un membre de la magistrature a jugé bon d’organiser ce procès en pure perte alors que dès le début, le parquet a signifié qu’il ne requerrait pas et qu’au regard de la loi, DSK n’avait commis aucune faute. Au regard de la morale il y aurait tant à dire, mais le tribunal dit le droit et ne fait pas la morale. Que DSK s’en tire, on s’en réjouit pour lui même si les stigmates de cette épreuve le poursuivront sa vie durant et qu’il restera barré de tout engagement politique. Il serait d’ailleurs bien fou s’il s’y remettait car, au fond, en plus de ses turpitudes sexuelles, c’est bien la politique qui l’a perdu. Mais revenons à la question centrale : pourquoi des membres de la magistrature ont ils insisté pour qu’il y ait un procès alors que tous les acteurs bien informés savaient que la montagne accoucherait d’une souris ? On en trouve la réponse dans certaines fines remarques du procureur qui, sans le dire directement, n’a jamais été convaincu de l’opportunité de faire reproche à DSK de sa vie intime… Le procureur a dit clairement qu’il ne voyait pas pourquoi on s’était acharné à donner tant de détails sur les pratiques intimes de DSK et il s’est demandé si ce n’est pas l’ancienne qualité d’homme de pouvoir, de personnalité mondiale hyper puissante qui en a poussé certains à s’acharner sur un accusé de choix, et si illustre… La remarque est fondée. Certains usent de leur position pour prendre des revanches sociales, du style, vous les hommes et les femmes de pouvoir, vous n’êtes pas au-dessus des lois, nous vous ferons comparaître devant nous et vous aurez à vous expliquer, et même si nous ne parvenons pas à vous condamner votre crédit sera ruiné, et ainsi nous mettrons fin à votre carrière politique. Mais cela ce n’est plus de la justice, c’est de la vengeance et de l’acharnement politique. Le juge dit le droit, il est censé rendre la justice, il ne doit pas chercher à réformer la société ni faire prévaloir ses propres conceptions morales. Enfin, les associations de protection des prostituées ont tenté de tirer avantage de cette confrontation publique pour faire avancer leur cause. Je répète que leur cause est juste, qu’il faut extraire les femmes de cet assujettissement honteux et dégradant, mais qu’elles se sont trompées de combat. Personne n’a pu prouver que DSK savait que ces dames accordaient leurs faveurs moyennant un certain prix. Même le procureur l’a reconnu. La question est : que vont faire les juges ? La majorité de l’opinion publique pense que les dégâts commis sont suffisants. Il faut arrêter les frais. Il est temps de passer à autre chose. Il ne faut pas être mauvais perdant : DSK s’est très bien défendu. Ce n’était pas le tribunal qui l’interrogeait, c’est lui qui leur a fait une conférence. Brillantissime. Dommage qu’un si bon sujet souffre d’un tel déséquilibre intime. Vraiment dommage.

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