21/02/2015

Que faire de la Russie de Poutine?

 

Que faire de la Russie de Vladimir Poutine?

Plus que la défaite militaire, plus que la débandade des troupes ukrainiennes face aux soi disant séparatistes, c’est le désarroi moral qui s’est emparé de Kiev et du camp occidental. Alors que Poutine avec un cynisme consommé intervient ouvertement dans le pays voisin qu’il s’est juré de dépecer, les Occidentaux réclament, malgré les viols récurrents du cessez le feu, le maintien de celui-ci contre vents et marées. Et toute honte bue.

Le président ukrainien est décevant et son armée l’est encore plus. Certes, ils se battent contre l’armée russe qui ne dit pas son nom mais tout de même, il fallait tenter une sortie, tout faire pour briser l’encerclement : quand on a des convictions, on se mobilise pour les défendre. Bref, c’est une honte : face à un Poutine déterminé, l’OTAN est absente et les franco-allemands sont totalement démunis. Or, c’était vraiment le moment de porter à Poutine un coup sérieux de nature à stopper son expansionnisme. C’est le contraire qui s’est produit. L’Amérique de Barack Obama est aux abonnés absents, elle avance des sanctions homéopathiques au lieu de frapper un grand coup. Le pays de Poutine est très fragile et tire ses ressources de deux marchés, celui des ventes d’armes et celui du pétrole. Or, le rouble a chuté, le prix du brut aussi, restent les armes. Devant un el cynisme, démembrer un pays voisin au motif qu’il s’arrime à l’Europe au lieu de pactiser avec la Russie, c’est une violation de la loi internationale.

Je crains fort que l’on en revienne à la guerre froide : l’annexion de la Crimée, le dépeçage de l’est de l’Ukraine, les pressions économiques, l’intimidation permanente : mais qui peut vivre dans de telles conditions ?

On se croirait transporté dans un scénario de la fin des années trente. Mais aujourd’hui, on pourrait neutraliser Poutine en moins de six mois sur deux plans : économique et financier. Et on peut compter sur les oligarques pour réaliser une révolution de palais qui remettrait la balle au centre.

Le monde libre ne fait rien. Et un de ces jours, Poutine s’en prendra à l’un des petits Etats baltes. Et pourquoi s’en priverait il ? Il y a personne en face de lui.

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Commentaires

Maurice-Ruben Hayoun,

Un coup d’État en Ukraine a déjà eu lieu le 21 février 2014.

Aujourd’hui, le 21 février 2015, vous appelez ouvertement à un coup d'État en Russie.

Écrit par : vlad | 21/02/2015

A ce sujet, j'ai lu une analyse dans la presse allemande, qui défendait le postulat suivant :
Ce n'est que sur le terrain militaire que la Russie est un pays fort, contrairement à l'Union Européenne.
Selon cet analyste, les USA n'auraient plus les ressources, ni la motivation d'aller guerroyer encore, après des décennies en Irak et Afghanistan, pour les résultats que l'on connaît.
Certes, il y a l'OTAN et c'est bien là qu'il y aurait un répondant possible, mais selon l'article, il ne faudrait pas se laisser attirer sur le terrain militaire, parce que ce serait le but recherché par le pouvoir en Russie. Et cela malgré les craintes fortes de pays baltes et de la Pologne. Si ces pays-là devaient être infiltrés par des forces anonymes et volontaires en provenance de l'Est, ce serait bien sûr un casus belli. Il faut peut-être patienter jusqu'à là.
Les provocations aériennes (vols militaires non-annoncés dans l'espace aérien d'Europe du Nord) feraient partie d'une sorte de guerre des nerfs, poussant les forces de l'OTAN jusqu'à devoir réagir.
Personnellement, je n'arrive pas à décider de la stratégie optimale à adopter et suis bien bien contente de ne pas avoir à participer à la décision...
Toutefois, je serais plutôt du côté de la doctrine "It's the economy, stupid !", parce que je crois que nous avons la capacité de résister plus longtemps sur ce terrain-là.

Écrit par : Calendula | 21/02/2015

Je me poserais la question dans l'autre sens :

Que va faire Poutine de la Russie (et accessoirement de l'Europe ?)

Écrit par : Corto | 21/02/2015

L'UE est à bout de souffle (Grèce, chômage, finances) et à part la France belliqueuse personne n'est prêt à s'engager dans une confrontation.
Les USA en ont marre de se battre partout au nom d'une liberté qui n'est pas la leur car ils ne comprennent rien aux cultures locales.
De plus il y a l'EI et ses diverses factions avec les menaces terroristes planétaires.
Et Poutine le sait bien. Il le sait d'autant plus que la Chine ne dit rien et se contente d'absorber peu à peu l'économie européenne.
Sa tactique est simple : titiller l'OTAN pour voir jusqu'où il peut aller. Et il n'ira pas plus loin.

Écrit par : Lambert | 21/02/2015

Cher Monsieur Hayoun,

Lorsque vous évoquez l'attitude de l'Amérique, vous écrivez qu'elle serait plutôt aux abonnés absents, au lieu, je vous cite " au lieu de frapper un grand coup. "

Ce genre de propos est très dangereux. Vous incitez ouvertement à ce qu'il y a ait un grand coup contre la Russie, mesurez-vous réellement la portée de vos écrits?

Je ne pense pas que vous disposeriez d'un abri suffisamment serein et protégé pour le cas où l'une au l'autre de ces deux super-puissances nucléaires engageaient des hostilités dépassons - disons - le stade des mondanités, comme c'est le cas actuellement.

Plus est, je vois dans votre écrit une très malsaine vision qui ne peut qu'envenimer les choses.

A l'heure où les rares et utiles échanges entre les USA et la Fédération de Russie sont la coopération spatiale, des recherches scientifiques et du sport, je vous demande vraiment d'avoir une vision un peu plus constructive.

Avec mes meilleurs messages,

S. Fontana

Écrit par : Silvia Fontana | 21/02/2015

Lambert, nous ne sommes à l'abri de surprises venant de la part d'Obama.

Ce qui semble par contre plus que certain, c'est qu'il a des revanches envers les républicains et également envers ses ennemis au sein du parti démocrate.

Il reste un an à Obama pour parfaire son travail de sape au niveau international et il ne va se gêner, il a commencé en annonçant la couleur en décrétant sans faire passer ses décrets par le Congrès et le Sénat, ce qu'un Juge fédéral à déclaré contraire à la constitution, alors il décrète, maintenant, c'est bien joli de décréter sans obtenir les financements, mais au point de vue militaire, ça pourrait être une autre paire de manches !!

Ce qui semble par contre indéniable, c'est que ce sera l'Europe qui en payera les frais !!!

Écrit par : Corto | 21/02/2015

Silvia Fontana,

Savez-vous vraiment qui dirige la Russie ?

Pensez-vous qu'ils soient vraiment suicidaires ?

Vous parlez d'aller se planquer dans des abris, serait la menace que la Russie laisse planer si ses voisins ou autres ne se soumettent pas à ses frivolités ?

Ils envahissent l'Ukraine et nous devrions applaudir et attendre que la sainte Russie passe à la Pologne etc...

Vous n'y songez pas ?

Nous avons vu, comment de simples mesures de rétorsions financières mettent les ploutocrates russes à genoux, et pensez-vous que les capacités balistiques vielles de 60 ans de ce pays soient plus efficaces que son économie ?

Non, la Russie et ses totalitarismes historiques sont plus soucieux de leurs économies planquées que vous ne le pensez et comme le dit M. Hayoun, il faut taper beaucoup plus fort et unanimement et vous verrez comment l'ours va se calmer !

Le plus dangereux serait de le laisser continuer de grignoter le monde civiliser comme il le fait depuis bien trop longtemps.

Les russes ne fonctionnent qu'à la soumission, donc ce ne sera que par ce biais que l'occident civilisé arrêtera ce lourdaud un peu trop gourmand d'aller butiner trop loin de son empire déjà bien trop vaste pour les petits cerveaux qui le dirige !!!

Écrit par : Corto | 21/02/2015

Juste avant un match du championnat suisse de football opposant le FC Lucerne à celui de Saint-Gall, des supporters lucernois ont « symboliquement » fait dimanche la chasse à un supporter « juif » du club adverse.

Les supporters nazillons du FC Lucerne ont déguisé un des leurs en « Juif », une écharpe saint-galloise autour du cou, et l’ont fait marcher en tête de cortège.

« Ce qui s’est passé est très grave. Je n’ai encore jamais vu en Suisse un tel comportement antisémite dans le monde du sport », a dénoncé le rabbin Chaim Drukman, de la communauté juive de Suisse centrale.

Embarrassée, la direction du club lucernois s’est désolidarisée de ses supporters antisémites. Toutefois, ce n’est pas la première fois que ces supporters lucernois antisémites se « distinguent » par leur comportement raciste. Du virage des supporters lucernois s’échappe parfois un chant contre les « Juifs de Saint-Gall ».

Écrit par : Corto | 22/02/2015

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