16/02/2015

L'antisémitissme en En Europe, une fatalité?

L’antisémitisme  en Europe, une fatalité?

Ce qui trouble profondément les citoyens français de religion juive, c’est surtout la régularité, la récurrence des actes antisémites graves qui se soldent par la mort de certains de leurs coreligionnaires. C’est aussi cette successivité que rien ne semble pouvoir arrêter au point de rendre hautement incertains les jours à venir : que va-t-il se passer ? Qui donc vont ils de nouveau attaquer ? A quel lieu de culte, à quel lieu de rencontre communautaire, à quel magasin de produits cachers les terroristes islamistes vont ils s’en prendre ?

Dans ce contexte, on entend des enfants dire à leurs parents qu’ils ne souhaitent plus vivre dans un pays, la France qui est pourtant le leur, où les Juifs sont obligés de se bunkériser, de prier ou de poursuivre leur scolarité derrière des soldats ou des policiers équipés d’armes automatiques et de gilets pare-balles, bref de vivre dans des blockhaus…

La récurrence de crimes (car il ne s’agit plus de délits puisqu’il y a mort d’homme) a fini de compromettre l’avenir des juifs dans ce pays mais aussi en Europe puisqu’il y a eu Bruxelles et depuis avant-hier Copenhague. Il y eut le meurtre horrible d’Ilan Halimi que chacun croyait être un simple accident de l’Histoire : des délinquants illettrés pensant gagner de l’argent facilement là où ils pensaient le trouver. Ensuite il y eut les meurtres tout aussi abjects d’enfants à Toulouse sous les yeux de leur père qui allait les suivre dans la mort. L’instant axial, le point tournant fut, sans conteste, l’assassinat des journalistes de Charlie-Hebdo suivi du meurtre de la jeune policière municipale et des otage du magasin d’aliments cachers du cours de Vincennes. Les deux précédentes années pouvaient faire croire à une interminable série noire ou à l’existence d’un chef d’orchestre clandestin programmant de tels crimes afin de mettre les services de l’Etat en échec et les citoyens juifs de ce pays sur la défensive.

Tout en ne confondant pas la vigilance, nécessaire, avec l’alarmisme, exagéré ou trompeur, il faut bien admettre que des citoyens qui se sentent menacés à cause de leur origine ethnique ou religieuse, ont du souci à se faire ou, à tout le moins, s’interrogent sur leur avenir.

Nul n’insinuera valablement que les services de police n’ont pas été à la hauteur, nul ne pourra critiquer la réaction des plus hautes autorités de l’Etat ; c’est bien plus grave, il s’agit de s’interroger sur le refus d’intégration d’éléments qui transitent par le crime et la délinquance avant de se jeter dans les bras d’un fanatisme meurtrier. Comment faire pour assainir la situation dans certaines banlieues ? Comment faire pour saisir toutes ces armes de guerre qui semblent remplir certaines caves et appartements de certaines cités ? Il est tout de même incroyable qu’une fusillade ait pu se produire alors que le Premier Ministre se rendait en visite à Marseille… Au cours du mois d’août, un manifestant criant dans les rues de notre capitale, mort aux Juifs, a pu impunément brandir un fusil AK 47. Interrogées, les autorités de la police ont répondu qu’elle n’étaient pas certaines d’avoir bien vu et qu’il s’agissait peut-être d’une arme factice… La réponse, la vraie, celle qui ne fait aucun doute, est arrivée le 7 janvier à Paris, près du boulevard Richard Lenoir.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, on apprend que des tombes ont été profanées, des stèles renversées dans cimetière juif de l’est de la France. Les gens se posent cette angoissante question : même les morts ne peuvent plus reposer en paix dans ce pays au seul motif qu’ils sont juifs ? Et les mêmes personnes se disent : mais comment peut-on vivre dans un pays où même les cimetières ne sont plus sanctuarisés ? Alors les synagogues, les cimetières, les magasins, les restaurants,  les écoles, les centres communautaires, toutes et tous requièrent une garde statique pour pouvoir fonctionner : est ce une vie ?

Qu’ils soient proches des institutions juives ou qu’ils refusent l’embrigadement communautaire, les Juifs qui vivent en France n’ont pas être inquiétés. Il suffit que les autorités de l’Etat portent le fer là où il faut pour que le calme revienne.

Certes, cette maladie qu’est l’antisémitisme ou la judéophobie ne date pas d’hier. Déjà Hécatée d’Abdère, Apion, le conservateur de la bibliothèque d’Alexandrie, Tacite, et plus près de nous, un philosophe comme Arthur Schopenhauer s’illustraient tristement dans ce domaine de la haine du Juif.

Je ne crois pas que l’on soit à la veille d’un nouvel exode massif. Certes, de nombreux Juifs partiront s’ils ne l’ont déjà fait. Mais dans leur écrasante majorité, les autres n’ont pas peur et se battront. Le peuple juif a su surmonter de bien plus graves crises, il a échappé à de bien plus terribles dangers. De tous les peuples de l’Antiquité, il est l’un des seuls à avoir déjoué les pièges mortels de l’Histoire et à avoir survécu.

Les Juifs sont une partie intégrante de la communauté nationale. La seule victoire que les islamistes pourraient remporter, c’est de singulariser les Juifs, les isoler du reste de leurs compatriotes. Le danger, c’est de dire les juifs français, les concitoyens juifs, les juifs de nationalité française, etc… Pas de communautarisme : des Français !

Les Juifs resteront en France, tout en aimant Israël, c’est leur droit. Tout en nous est français, la culture, les manières, la gastronomie, la langue. Et les paysages.

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Commentaires

Je ne partage pas les mêmes idées quant à "tout en nous est français"
Ça dépend de chacun.
Je serais plus tentée de dire
Tout en nous est juif et de ce fait c'est bien en Israël qu' est notre place independemment de l'antisémitisme

Écrit par : dana | 16/02/2015

On peut suivre des terroristes, connaître leur parcours mais il est impossible de savoir comment où et quand il commettront un nouvel attentat.
On se pose la question de savoir ce que l'on pourrait faire.
Depuis peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale on laisse se former des groupes de néonazis: comment comprendre quelque chose de pareil? Puis nous avons vu des musulmans complètement malades, hystériques, détraqués piétiner ou brûler des symboles concernant Israël. En hôpital psychiatrique face à de tels malades le corps médical cherche-t-il à les exciter plus encore ou à les calmer? "Liberté d'expression": caricatures (je sais que je vais faire râler, peu importe) ou autres messages constituant "sciemment", avec détermination (que de mauvaise foi de la part de ceux qui défendent une telle "liberté d'expression", mauvaise foi, irresponsabilité, amusement à voir tout aller de plus en plus mal... ou stupidité, crétinisme?)! Offenser à jet continu,, provoquer, détraquer ces "malades" ? On provoque donc leur rage: loin de "freiner" on provoque toujours et encore par nouvelles ou rappels d'anciennes caricatures ce qui permet à ces malades de "fonder" leurs attentats, leurs "motivation"! Dans les évangiles Jésus est présenté offensant un pharisien (lesquels pharisiens contrairement à l'opinion générale étaient tolérants et éclairés). Le pharisien, blessé, fait observer à Jésus qu'il n'est pas conforme à son enseignement: amour, donc respect de l'autre, du prochain. Loin de "freiner", s'arrêter, dire un mot d'excuse Jésus, par des mystiques de l'Inde comme un "miroir" présenté à l'homme pour le renvoyer à lui-même s'interroger sur lui-même! Jésus-miroir offense son hôte plus encore.
Le pharisien évangélique non "historique" enseigné par le christianisme correspond, quoique sans humour, au Tartuffe de Molière. En généralisant: les "tartuffes" sont des hypocrites qui se disent religieux. Tartuffe caricature théâtrale d'hypocrite soi-disant religieux. Caricatures désignant le prophète Mahomet, propos publiés, articles (sous couvert de "liberté d'expression")! propres à provoquer la rage de personnes qu'il faudrait premièrement apaiser...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17/02/2015

Il est malsain de provoquer pour blesser. Il peut être sain de provoquer afin d'inviter à réfléchir différemment.

Par contre, il est toujours assassin d'assassiner...

Écrit par : archi-bald | 17/02/2015

@ archi-bald: vous avez raison. Il "peut être sain de provoquer afin d'inviter à réfléchir" mais si la provocation ne produit pas l'effet qu'il faudrait? que par expérience (conjoncture, actualité) on sait qu'il y aura rage, fureur destructrice ne sera-t-on pas coupable pour avoir "en toute connaissance de cause" (rage, fureurs à venir) provoqué de nouveaux crimes, dégradations de cimetières, consulats ou synagogues? (énumération non exhaustive)?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17/02/2015

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