25/01/2015

Dé ghettoïser les banlieues, les cités et les quartiers

Dé ghettoïser les banlieues, les quartiers et les cités

Je préfère de loin le terme ghetto au terme apartheid qui signifie développement séparé de deux communautés, tel que codifié par une loi nécessairement raciste puisqu’elle institue une séparation quasi hermétique entre deux types d’êtres, conformément à la couleur de leur peau. Mais les effets sémantiques ne changent rien au fond du problème. Ce qu’il faut faire, c’est intégrer dans toute la mesure du possible. Mais comment ? Une bonne partie de la population française jette un regard de plus en plus méfiant sur cette partie de la population qu’elle considère comme étant allogène et criminogène. Il y a des banlieues entières, notamment toute la Seine Saint-Denis qui s’est vidée de ses sujets français, laissant ainsi place à  des regroupements, volontaires ou involontaires, de populations immigrées, qu’elles soient française par naturalisation ou par naissance. Cette acquisition quasi mécanique de la nationalité française ne s’est pas accompagnée d’une politique d’intégration volontariste. Mais toutes les fautes ne sont pas imputables à l’Etat. Un certain nombre d’indices marquant le repli identitaire sur soi sont indéniables. Ces comportements ont été jugés asociaux et sont, en partie, responsables du rejet dont cette population a été l’objet. Cela a commencé par le foulard islamique, la nourriture au collège et pour couronner le tout, la burka. L’intégration c’est comme l’amour, il faut être deux : comment voulez intégrer des gens qui refusent les valeurs de la société intégratrice ? C’est une mission impossible. N’ayant pu stopper ce reflux vers des comportements d’un autre âge, tous les gouvernements de droite comme de gauche, ont démissionné devant ce désastre citoyen et même civilisationnel. Il faut reconnaître qu’il y a parfois de la discrimination à l’embauche. Mais il faut aller plus loin: tout en condamnant ces attitudes  humiliantes, il faut en chercher la cause et celle-ci n’est pas exclusivement imputable aux discriminants. C’est une évidence que les bien-pensants feignent d’ignorer. Et cette attitude n’arrange pas les choses. C’est un peu comme le testing devant les boîtes de nuit ou dans des agences immobilières. Les jeunes femmes exigent qu’on respecte certaines règles que certains foulent allégrement aux pieds : d’où le rejet. Que faites vous lorsque des copropriétaires ou des colocataire se disent indisposés par un voisinage qui n’a pas les mêmes valeurs, pas les mêmes référents… C’est aussi ce qui se passa à l’école : le Français de souche ou autre ne veut pas laisser son enfant régresser dans une classe où l’on compte douze ou quinze nationalités, parfois plus ? Et le rétablissement de la carte scolaire n’y changera rien. Il y aura comme d’habitude un afflux vers l’école privée. Légiférer ne servira à rien : il suffit de voir le nombre de jeunes enseignants qui demandent une mutation lorsqu’ils se trouvent au contact de ces populations qu’il faut, je le répète, intégrer/

Il faut dé-ghéttoïser, prendre le taureau par les cornes, expliquer à ces populations qui se disent marginalisées qu’elle ont un immense progrès à faire, que cela prendra du temps et que la délinquance, le terrorisme ou l’islamisme ne règleront rien. Bien au contraire, ils creuseront encore un peu plus le fossé qui les sépare du monde civilisé et bien intégré.

Mais les pouvoirs doivent souscrire un contrat moral : ne plus se désintéresser de ces banlieues devenues des zones de non droit (no go zone).

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