30/11/2014

L'élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP

L’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP

Ce n’est le score qui compte, même si le principal intéressé attendait bien plus. Le score reste honorable même s’il est loin du plébiscite qu’on attendait. Ce qui signifie que la chose se révèle plus laborieuse qu’on ne le pensait généralement. C’est aujourd’hui ou plutôt demain que les difficultés commencent. Mais jetons un petit coup d’œil sur les score et les intentions de l’élu et de ses deux concurrents moins heureux. Bruno Le Maire n’a pas déçu mais il n’a pas réussi à mettre son adversaire en ballotage. C’est donc d’une certaine manière un échec. Et il ne pourra pas, à la longue, éviter la marginalisation. Or, les hommes politiques, les hommes d’appareil en général, s’y entendent quand il s’agit de mettre leurs rivaux sur la touche. Certes, Bruno Le Maire est tout feu tout flamme au lendemain d’une élection qui ne l’a pas laissé étendu raide sur le tapis, mais il ne pourra jamais contenir le rouleau compresseur sarkozyste. Quant à Hervé Mariton, il représente cette naïve et vieille droite catholique dont on n’arrive pas à se convaincre qu’elle vit vraiment avec son temps. Et même les idées du candidat, ses efforts intellectuels n’y ont rien changé : inadéquation presque totale entre l’homme, ses idées et le poste à conquérir. Mais au moins, ce matin, la lucidité commence à reprendre tous ses droits puisqu’il annonce ne pas se mettre sur les rangs pour 2017. Ouf, on est soulagé. Mais revenons à NS qui va s’exprimer ce soir pour s’adresser au plus grand nombre. Que va t il dire ? Va t il réellement rassembler, comme on lui en prête l’intention ? Ne va t il pas régner sans partage ? Il est difficile de lutter contre son propre tempérament et son propre caractère. NS a un problème avec la sérénité et le calme. Il connaît rarement l’apaisement. Certes, l’élection présidentielle n’est pas une affaire d’enfants de chœur, elle exige la férocité des grands fauves, des tueurs spiritualiter : pour y arriver, il ne faut pas être gentil ni tendre. C’est une dure école. Mais sauf accident de parcours que nous ne souhaitons nullement, 2017 c’est encore loin. Et cela pourrait signifier qu’on va vivre dans une campagne électorale permanente, au moment où il faut rassembler toutes les forces vives du pays. Il ne faut pas quitter une élection pour se précipiter dans la suivante. D’autant que la classe politique a du mal à se renouveler, à explorer des horizons nouveaux et semble obsédée par un seul impératif : celui de la continuité, se faire réélire. Peut importe sur quoi et comment : conserver son fauteuil. En vérité, il faudrait limiter le cumul des mandats et le droit de se représenter aux mêmes charges. La classe politique doit être restructurée. Mais les caciques ne céderont pas leur place aisément. On l’a vu pour la parité : il a fallu légiférer et même des grands partis ont préféré payer de lourdes amendes plutôt que de céder. C’est dire…

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