17/11/2014

Abroger la loi Taubira?

Abroger la loi Taubira ?

La portée de cette proposition va bien au-delà de ce cas d’espèce et pose un problème nettement plus grave : faut il que les hommes politiques suivent les masses, se mettent à la remorque des positions de groupes de pression, ou faut il, au contraire, qu’ils suivent leur propre raisonnement, en gros leurs convictions ? La question est de savoir s’ils en ont, des convictions, et si, en gros, le principal objectif n’est pas, uniquement et exclusivement, de se faire élire et réélire ? Cette attitude touche tous les hommes politiques de droite comme de gauche. J’en viens à la proposition de Nicolas Sarkozy qui, devant une aile conservatrice de l’UMP (qu’il va conquérir dans moins de deux semaines) a lâché la phrase suivante : en cas d’alternance, le loi Taubira concernant le mariage pour tous, sera abrogée. Ce qui frappe c’est que les critiques fusent, à droite comme à gauche ? Ses propres lieutenants, les anciens, et les concurrents d’aujourd’hui, relèvent que la forme est démagogique, qu’elle installerait une dichotomie entre deux types de citoyens et qu’elle poserait le problème des couples homosexuels déjà mariés. Faudrait il prononcer la dissolution de telles unions ? C’est impossible ? Pourrait on instaurer deux types de mariages ? Le Conseil constitutionnel ne le permettra jamais. Alors, pourquoi donc NS a t il suivi la vox populi au lieu de tenir un discours politique réaliste et raisonnable ? C’est la question posée : les vrais hommes politiques doivent tracer la voie, montrer le chemin et ne pas céder à des demandes pressantes. C’est la ligne frontière séparant l’homme politique responsable du démagogue. Aujourd’hui, il y a tant de problèmes à régler, qu’on pourra classer ainsi : le chômage, l’insécurité et l’immigration. Selon certains secteurs de l’opinion, ce dernier point mériterait la toute première place et en effet, il prend de l’ampleur, si l’on regarde les scores emmagasinés par Marine Le Pen, c’est bien le cas. On en est venu à voir dans une immigration non maîtrisée une menace pour l’identité nationale. Certains ont même conçu la théorie dite du remplacement. Où un autre culture, une autre religion pendraient le pas et l’ascendant sur la culture française. En gros, la position de François Fillon paraît plus raisonnable et plus réaliste : on pourrait réécrire cette loi Taubira pour peu que les Français en décident par leur vote. Mais NS a surtout été poussé par la volonté de faire un très large score lors de l’élection à la présidence de l’UMP. Une fois solidement installé à la tête du parti, on verra bien. Ce ne sera pas la première fois que les Français feront face à des promesses non tenues. Souvenez vous de ce que Jacques Chirac disait des promesses…

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Commentaires

Vous oubliez les fondements de la démocratie ...

N'oubliez tout simplement pas quelles hommes politiques ne sont là que pour représenter ceux qui les ont élu.

Si la majorité de leurs concitoyens désirent l'abrogation .... ils n'ont d'autre choix car on espère toujours être en démocratie ... que tout faire pour que cette volonté aboutisse.

Écrit par : Cardon | 17/11/2014

A propos de l'abrogation de la loi Taubira vous écrivez : "La portée de cette proposition va bien au-delà de ce cas d’espèce et pose un problème nettement plus grave : faut il que les hommes politiques suivent les masses, se mettent à la remorque des positions de groupes de pression, ou faut il, au contraire, qu’ils suivent leur propre raisonnement, en gros leurs convictions ? La question est de savoir s’ils en ont, des convictions, et si, en gros, le principal objectif n’est pas, uniquement et exclusivement, de se faire élire et réélire ?"

La question est pertinente ! Souvent le goût du pouvoir masque mal la vacuité des convictions. Et les candidats sont prêts à toutes les manœuvres pour s'asseoir sur un siège de la République en oubliant - toutes convictions évaporées - qu'ils s'assoient de la sorte aussi sur le peuple.

C'est assez précisément ce que nous dit M. Décaillet - grand défenseur de la démocratie directe - dans son dernier billet, en affirmant son goût inébranlable pour le "pouvoir d'en bas".

Écrit par : Michel Sommer | 17/11/2014

Parfois, hélas, préfère rester à l'abri (croit-il du moins) sous le séant d'un dictateur, malgré les odeurs pestilentielles, que d'aspirer ou de se battre pour une liberté et ses dangers.

Écrit par : Mère-Grand | 17/11/2014

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