31/10/2014

Le messianisme juif peut il encore se faire entendre?

 

 

 

Le messianisme juif peut-il encore se faire entendre ?

Maurice-Ruben Hayoun <hayounmauriceruben@gmail.com>

10:42 (Il y a 19 minutes)
   
À debats, cci : Guénois

Le messianisme juif peut-il encore se faire entendre ?

La situation actuelle à Jérusalem conduit à se poser la question, une question un peu angoissante puisque pour la première fois depuis 1967, l’esplanade des mosquées a été fermée, mais que grâce au ciel elle vient d’être rouverte sur décision du gouvernement israélien. Je pense qu’une réflexion de nature essentiellement politique sur ce problème posé par Jérusalem est devenue une véritable quadrature du cercle, tant les positions des différents protagonistes sont très éloignées les unes des autres et tant les gens s’arcboutent sur leurs certitudes qui sont, hélas, mutuellement exclusives les unes des autres. Mais Jérusalem et son statut ne sont que la pointe d’un iceberg qui englobe un conflit d’une très grande ampleur. Depuis presque soixante-dix ans l’Etat d’Israël qui se veut un Etat juif, reconnu comme tel , reste violemment contesté par la majorité de ses voisins, même si deux traités de paix ont été conclus avec l’Egypte et la Jordanie. Mais il s’agit de paix froides, entre des états et des gouvernements mais pas entre des peuples. Certes, il y a des lignes aériennes entre Tel Aviv, d’une part, et Le Caire ou Amman d’autre part. Il y a des touristes mais pas en nombre suffisant. Dans ce conflit, la ville de Jérusalem, la cité du roi David selon la Torah et les prophètes, cristallise les oppositions et aussi les frustrations. Il ne faut pas caricaturer les positions des uns et des autres, et s’il faut avoir quelque compréhension pour la religion musulmane qui tient à ses biens sacrés il ne faut pas reprocher aux autorités israéliennes de prendre toutes les mesures  en vue d’assurer la loi et l’ordre. La liberté de culte est assurée au sein de l’Etat d’Israël qui est un Etat démocratique et où une cour suprême particulièrement vigilante veille au respect des droits de chacun, et il n’est pas rare qu’elle force le gouvernement israélien, quel qu’il soit, à revoir sa copie. Mais, comme je le laissais entendre plus haut, les réalités politiques sur le terrain obéissent à des considérations intrinsèquement différentes de la nature réelle de l’objet, à savoir la volonté d’hommes et de femmes d’adresser à Dieu leurs prières à partir d’un lieu à il a choisi de se manifester plus qu’en d’autres. Ernest Renan notait dans son Histoire du peuple d’Israël que le Sinaï n’est pas si éloigné du mont du Temple. Les hommes de bonne volonté et auxquels tout fanatisme reste étranger savent que Dieu parle toutes les langues et exauce toutes les prières. Les grands prophètes d’Israël l’ont dit bien avant l’apparition du christianisme et de l’islam, et le Psalmiste leur fait écho pas plus tard que le troisième siècle avant l’ère usuelle : il dit ceci : proche est Dieu de tous ceux qui l’invoquent, mais il prend soin d’ajouter une précision : de tous ceux qui l’invoquent en vérité (bé-émét), donc avec sincérité… Ce verset des Psaumes brille par son universalisme, il rejette tout sectarisme. Mais là aussi, l’enseignement des deux derniers millénaires, depuis la chute de l’ancien Etat de Judée, s’impose à nous : pendant tout ce temps, les droits des juifs ont été bafoués, niés, détruits. L’actuel Etat d’Israël qui se veut un Etat juif ne doit sa survie qu’à sa grande puissance militaire, c’est sa seule assurance-vie… Alors quid du messianisme juif dont les vieux prophètes hébreux ont fait l’apostolat à l’humanité tout entière ? Déjà Jésus s’est trouvé confronté à la violence nue, celle des lances des légionnaires romains. On connaît la suite, il en est mort mais ses idées, sa cause, lui ont survécu. Peut on réanimer le messianisme juif à ce prix ? Peut on appliquer la doctrine de Renan selon laquelle un peuple chargé d’écrire l’histoire de l’avenir de l’humanité doit disparaître, en tant que peuple spécifique, afin de le faire ? En d’autres termes, l’élection d’Israël porte-t- elle en germe sa disparition si sa mission auprès des nations l’exige ? Il est fort improbable que le peuple juif souscrive à de telles conditions niant sa survie en tant que tel, à la seule fin de ressusciter des idéaux qu’il a portés à l’attention de l’humanité dans son ensemble. Le peuple d’Israël veut avoir une histoire, un avenir, il ne veut plus que sa vie soit un calvaire et son histoire une martyrologie. Jérusalem, omniprésente dans les toutes les prières juives quottidiennes doit redevenir un lieu authentiquement saint or la sainteté exclut radicalement la violence d’où qu’elle vienne… Je sais bien que les décideurs politiques de tout bord se moqueront de telles déclarations et de telles idées qu’ils taxent abusivement d’utopies ou d’aimables rêveries. Ils ne se trompent hélas que partiellement, ils ont raison de porter sur la nature humaine une appréciation aussi cynique, mais ils ont tort de négliger l’aspect à la fois spirituel et religieux du combat qui se livre actuellement dans cette cité du roi David, ce berceau du peuple juif mais aussi cette ville trois sainte. Combien de temps faudra t il attendre pour que la résurrection du messianisme juif redevienne d’actualité et que se réalise la belle prophétie d’Isaïe qui remonte au milieu du VIIIe siècle avant Jésus ?

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30/10/2014

L'engagement des troupes françaises au Mali

 

L’engaement des troupes françaises au Mali

L’armée française a enregistré hier au nord du Mali sa dixième victime dans sa lutte contre le terrorisme. Ce qui frappe, ce n’est pas qu’il y ait des pertes, cela fait partie, hélas, de toute confrontation armée, ce qui est inquiétant c’est qu’il s’agit d’une hydre à dix têtes, voire plus. La désorganisation régnant dans ces régions reculées, difficiles d’accès et à la lisière de la frontière algérienne, facilite le développement de bandes qui sèment la mort et la destruction dans cette région. On apprend aussi que les Français ont intercepté la semaine dernière tout un convoi d’armes en provenance de Libye, pays livré à l’anarchie et à la guerre entre groupes armés qui n’obéissent à aucune autorité centrale. Les premiers ministres se succèdent, mais aucun gouvernement ne réussit à rétablir le calme et l’ordre. A tel point que le ministre français de la défense a évoqué il y a quelque temps la nécessité pour l’Occident d’intervenir dans le sud de la Libye afin d’en déloger les groupes de terroristes. Est ce que la France peut, seule, mener à bien cette mission ? Les budgets de l’armée ne sont pas élastiques et la menace demeure. Le problème tient aussi à la nature de ces pays africains qui, en un demi siècle d’indépendance, voire plus, sont toujours en proie à la mal gouvernance et à la corruption.  Ces Etats qui n’en sont pas vraiment ne sont pas sortis du tribalisme ni du népotisme. Ils n’ont pas d’armée digne de ce nom mais simplement des gardes prétoriennes qui servent à faire des coups d’Etat. Que serait il advenu du Mali si la France n’était pas intervenue massivement pour stopper les terroristes ? Eh bien, le drapeau d’al-Quaida aurait flotté sur Bamako et des milliers de Français, résidant et travaillant dans la capitale malienne, auraient été pris en otages… On imagine la crise qui s’en serait suivie. Les  Occidentaux devraient procéder comme ils le font en Syrie et en Irak. S’unir pour vaincre. Pour le moment, la France poursuit son action, mais pour encore combien de temps ?

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29/10/2014

La mort de Rémi Fraisse, les dangers d'une radicalisation

 

La mort de Rémi Fraisse, les dangers d’une radicalisation

La disparition tragique d’un jeune homme de 21 ans dans des circonstances qui restent à éclaircir risque d’assombrir encore plus le ciel électoral de François Hollande qui n’y est pour rien mais dont la position institutionnelle fait qu’il est, aux yeux de ses administrés, responsable de tout ce qui se passe dans ce pays. Les investigations s’annoncent très compliquées et les autorités semblent marcher sur des œufs. Certains commentateurs ont tenté hier, visiblement gênés, d’imaginer la présence de substances explosives dans le sac à dos du jeune homme, ce qui aurait provoqué, directement ou indirectement, sa mort.. Au fond, on n’en sait rien, et même si tel était le cas (je dis bien même si), cela n’exonérerait pas les forces de l’ordre, auxquels l’opinion reproche l’usage de telles armes (grenade offensive). Pour être neutre, il faut aussi pointer du doigt la dangereuse radicalisation des mouvements protestataires qui semblent  prendre un caractère de plus en plus éruptif. La crise y est sûrement pour beaucoup. Les gens semblent surexcités, la peur de lendemains incertains,, l’immobilisme politique et le procès en illégitimité -en filigrane- fait à l’actuel chef de l’Etat : c’est bien lui qu’on vise en réclamant, comme le fait le front gauche, le départ du ministre de l’intérieur…  Ses adversaires font flèche de tout bois pour l’affaiblir. Certes, c’est un drame qui aurait pu se produire sous un autre régime ou même dans le cas –fort improbable- où François Hollande aurait caracolé en tête des sondages. Mais on en est loin, bien loin. Et déjà les journalistes en sont à supputer le rôle de ce drame dans une éventuelle candidature de l’intéressé en 2017. Ce drame montre aussi qu’on ne maitrise plus les événements. J’en veux pour preuve le désarroi des membres du gouvernement qui ont mis près de deux jours avant de réagir, se voyant reprocher un évident manque de compassion. Même Nicolas Sarkozy s’est senti obligé d’y faire allusion lors d’un meeting à Marseille où il a vanté son action à la tête du ministère de l’intérieur et même de l’Etat. Je disais plus haut que les nuages s’accumulent à l’horizon du chef de l’Etat qui aurait pu saisir cette opportunité pour s’adresser à l’opinion et tenter de changer l’atmosphère. Il ne l’a pas fait alors que sur les conseils de personnalités diverses il était intervenu dans le cas de Léonarda.. Certains  ont fait le rapprochement. Il faut être très prudent en France, les folies de mai peuvent très bien se produire en automne ou en hiver…

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28/10/2014

Une nouvelle intifada a t elle commencé à Jérusalem?

Une nouvelle intifada a t elle commencé à Jérusalem ?

Les nouvelles en provenance de la cité du roi David, la ville-sanctuaire qui a accompagné les premiers pas du peuple d’Israël vers le monothéisme éthique dont il fit l’apostolat à l’humanité, ne sont pas bonnes. Il y a quelques jours, un palestinien a lancé sa voiture contre un groupe d’usagers attendant un moyen de transport en commun, tuant une jeune maman et son bébé de trois mois ! Les forces de l’ordre l’ont immédiatement neutralisé. Mais le plus grave est que ce nouveau terrorisme s’inspire d’un modus operandi qu’on a vu à l’œuvre au moins deux fois au Canada, lorsqu’un terroriste a lancé sa voiture contre deux soldats, tuant l’un d’entre eux et  blessant l’autre. D’autres capitales redoutent les mêmes crimes sur la voie publique ou ailleurs. On assiste donc à un durcissement de la lutte qui s’explique peut-être par le recul de l’Etat Islamique sous les coups de boutoir des aviations alliées en Irak et en Syrie. Quant à Jérusalem, ce qui risque de raviver la tension, c’est la réponse du gouvernement qui a décidé d’accélérer la construction de mille logements supplémentaires dans la partie orientale de Jérusalem, non loin de Bethléem. La réaction des Arabes de la ville sainte ne s’est pas fait attendre, ils manifestent violemment. La question qui se pose est la suivante : allons nous vers une nouvelle intifada ? C’est probable mais cette fois ci le gouvernement israélien a tout prévu et ne compte pas se laisser déborder. Toutefois, ces actions et ces réactions de part et d’autre nous éloignent toujours un peu plus de l’espoir d’un règlement au cours duquel les Palestiniens et les Israéliens pourraient vivre, en paix mais séparément. Au fond, ce problème de logements construits n’aurait dû qu’un cas discutable de question immobilière, mais comme on est au Proche Orient et que les communautés ne se parlent guère, sinon par la voie des armes, cette question prend une toute autre ampleur, une autre nature. Ceci cache un aspect fort lendemain. inquiétant : les gens de bord et de religion différents ne veulent pas vivre ensemble en paix. Et ça, ça ne disparaîtra pas du jour au

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27/10/2014

NOTE 3000 Vers une dissolution de l'Assemblée Nationale?

NOTE 3000

Vers une dissolution de l’Assemblée nationale ?

Ce n’est pas d’actualité, mais un certain nombre de données convergentes ont tendance à accroître la vraisemblance d’une telle mesure. Jusqu’ici, seule Marine Le Pen et son père réclamaient énergiquement une dissolution de l’Assemblée, au motif que l’échec de la première moitié du quinquennat de François Hollande rendait nécessaire une telle décision. Dans certains milieux parisiens on avançait prudemment la même idée, mais sans trop insister, surtout du côté de l’UMP où l’on se défend, fidélité aux principes de la Ve République oblige, de favoriser je ne sais quel coup de force institutionnel. Depuis hier dimanche, les choses ont évolué et c’est François Bayrou qui a le plus enfoncé le clou en réclamant fortement une telle dissolution. Cela est un peu étonnant puisque c’est vers lui que Manuel Valls a fait les débuts d’une ouverture politique ; il semble donc que le centriste Bayrou refuse de servir de roue de secours (sic). Selon le président du Modem, les Français n’accepteront pas cette situation jusqu’en 2017… Dans la foulée, c’est Alain Juppé qui évoque cette hypothèse tout en finesse en reconnaissant que ni le président ni sa majorité actuelle se résoudraient à ce suicide collectif. Alors que va t il se passer ? Dans les instituions actuelles, seul un homme le sait, car lui seul est la clef de voûte de l’ensemble, le président de la République : la décision ne dépend que de lui. D’un trait de plume au bas d’un décret publié au journal officiel, il a le droit, pour peu qu’il en décide, de renverser l’assiette sur son bord. Le fera t il, ne le fera t il pas ? Tout dépend des événements qui vont se produire dans les semaines et les mois qui viennent. Les partisans d’un renversement font valoir que M. Hollande qui en appelle au rassemblement de la nation, ainsi que sa fonction lui en fait l’obligation, n’est peut-être pas le mieux placé comme rassembleur car, ajoutent ils avec cruauté, moins de deux Français sur dix ont de lui une opinion favorable et souhaiteraient qu’il se représente. Les autres le refusent . La fébrilité a augmenté depuis l’annonce des mauvais chiffres du chômage du mois de septembre, imprudemment accompagnés par un aveu d’impuissance du ministre du travail. Qui ne prévoit d’embellie, et encore hypothétique, que vers le milieu du second semestre de 2015. Tout ceci n’est pas de nature à rendre les Français optimistes. Mais il y a aussi l’image d’un président qui inaugure les chrysanthèmes, qui semble déconnecté des réalités, souffrant d’une solitude personnelle grandissante. Que faire ? Et même s’il y avait une redistribution des cartes et que la droite revenait au pouvoir, ferait elle mieux ? La question se pose vraiment, même si la réponse est difficile à trouver.

A l’occasion de cette trois millième note, je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui fréquentent ce blog hébergé par la Tribune de Genève (MRH)

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26/10/2014

L'inquiétante situation sécuritaire en Egypte

L’inquiétante situation sécuritaire de l’Egypte

C’est désormais avéré, l’Egypte n’est pas encore sortie de la crise institutionnelle qui a permis de chasser les Frères musulmans du pouvoir. Que des bandes d’islamistes armés, probablement en cheville avec le Hamas de Gaza aient réussi à annihiler près d’une trentaine de soldats égyptiens dans le nord du Sinaï, non loin de Gaza et d’Israël, voila qui en dit long sur la crise que le pays du Nil traverse depuis plus de deux ans. Or, la stabilité de ce grand pays, le plus peuplé et le plus fort de tous les pays musulmans (excepté l’Indonésie qui se trouve, elle, dans un autre continent), commande la stabilité de toute la région. Visiblement éprouvé par cette catastrophe, le président égyptien a laissé entendre qu’une telle action avait été minutieusement préparée et que des puissances étrangères se trouvent derrière pour financer et mettre en œuvre une telle opération. Visait-il l’Iran ou le Hamas ou les deux ? Ce n’est pas impossible. En tout état de cause, Israël ne peut pas être soupçonné puisque l’Egypte actuelle est sa meilleure alliée dans la région. Quand on a les mêmes ennemis, on est forcément amis… Depuis la révolution qui a renversé le président Hosni Moubarak, l’armée égyptienne ne contrôle plus vraiment le Sinaï où pullulent les trafiquants et les djihadistes de toutes sortes. Il y a des contrebandiers qui prospèrent même dans les enlèvements d’êtres humains, d’autres qui font dans le trafic d’armes et d’autres qui essaient de préparer des infiltrations en Israël. Tous ces groupes disparates ont un ciment unificateur, la haine d’Israël et la détestation du régime égyptien, accusé d’entretenir une étroite coopération sécuritaire avec l’Etat hébreu. Mais ce qui est encore plus inquiétant, ce sont les attentats en plein centre du Caire contre les forces de l’ordre ou des bâtiments officiels. Or, cette situation d’insécurité éloigne les touristes des bords du Nil alors qu’une importante partie des revenus du pays émane justement des visiteurs étrangers. Le même constat est fait au sujet des investisseurs occidentaux. Comment voulez vous attirer les capitaux si le régime n’a pas la situation bien en main ? Quelle sera la réaction des masses des Frères musulmans lorsque l’ancien président déchu Mohammed Morsi sera jugé et très probablement condamné, vu les lourdes accusations qui pèsent sur lui ? Sauf erreur de ma part, une forte flambée de violence est à redouter et les forces de l’ordre seront contraintes de réagir avec détermination. Cela ne ramènera pas le calme. Ce qu’il faut craindre par dessus tout, c’est un embrasement général de la région, d’autant que des troubles sporadiques secouent la Cisjordanie et la vieille ville de Jérusalem… Les nouvelles ne sont guère meilleures au Liban où l’armée peine à déloger des groupes armés de la vieille ville portuaire de Tripoli. Les Libanais n’ont pas l’armée qu’il faudrait pour faire respecter l’ordre et maintenir le calme. Et comme d’habitude, le Proche Orient déjoue toutes les logiques, toutes les approches sensées du conflit. Dans son bel ouvrage, Les désorientés, l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf fait dire à l’un de ses personnages que la paix mondiale ne sera pas instaurée tant que ce conflit n’aura pas été résolue. Il a malheureusement raison. Car comment le résoudre, ce conflit aux racines religieuses ?

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25/10/2014

François Hollande, l'irrévocable récusation?

François Hollande, l’irrévocable récusaltion ?

L’observateur superficiel et presse pourrait croire que l’on s’acharne impitoyable sur ce pauvre président de la République qui est loin de caracoler dans les sondages. E, réalité, on souhaite intensément son succès car de son succès dépend la remise à flots du pays, la France. Ce sont les sondages qui se suivent et se ressembelent avec une persistance d’une indicible cruauté, tant et si bien qu’avant janvier 2014 le président actuel devra prendre une décision. Deux faits vont l’y contraindre : les déclarations de son ministre du travail qui baisse les bras, parle d’échec et ne prévoir d’amélioration qu’au milieu de 2015, et encore, seulement si la croissance revenait. Or, aucun expert sérieux, pas  même gouvernemental, ne prévoit une telle reprise. L’autre élément n’est autre que le dernier sondage réalisé pour I-Télé et le Parisien : seuls 4% des sondés souhaitent que François Hollande se représente en 2017. Même les membres du PS sont plus de 60% à souhaiter qu’il s’abstienne et ne se représente pas. En revanche, Manuel Valls a plus de 48% d’opinions favorables, devant Martine Aubry et Arnaud Montebourg. Enfin, plus de 82% des sondés souhaitent que M. Hollande ne se représente plus.  Il faut dire que l’homme paraît impuissant, s’est trompé en s’entêtant à répéter que la courbe du chômage s’inverserait, que la reprise serait au rendez vous, etc… Il eût fallu changer de langage et dire la vérité aux Français, on aurait alors pu espérer une sorte de sympathie, de commisération, Rien n’est venu. Le président s’est contenté de faire le gros dos ; après le livre de son ancienne compagne, après les critiques des membres du PS, après le désaveu de ses anciens ministres.. Et rien n’a changé. Les diplomates étrangers susurrent en privé lors de réceptions en vase clos qu’ils ne comprennent pas qu’il n y ait pas en France de référendum révocatoire pour remettre le pays en marche, pour qu’il cesse d’être à l’arrêt.  On ne peut pas écarter l’hypothèse d’une grave mécontentement populaire. Rendez vous compte : dans els familles, les parents ont peut-être perdu leur emploi ou ont vu leur pouvoir d’achat amputé ; les enfants, parvenus à l’âge de travailler, ne peuvent pas trouver un emploi, ne se marient pas, ne s’installent pas.. Et face à ces malheurs, le pouvoir lève les bras au ciel. On parle d’une légère amélioration vers l’été 2015, et encore elle est très aléatoire : les gens vont ils attendre jusqu’à cette date ?  Le président devrait prendre une décision, soit remettre son mandat en jeu, soit dissoudre. Après tout, la seconde solution pourrait être la bonne. Mais la nouvelle majorité issue des urnes acceptera t elle de gouverner avec M. Hollande ? Involontairement, la dernière ouverture faite à M. Bayrou en donne une idée… Le maire de Pau parle de dernière onction donnée au PS. Cela ne promet rien de bon. Et on en est au même point : que faire ?

 

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24/10/2014

L'appel déguisé de M. Valls à une union nationale

L’appel du pied de Manuel Valls au centre

C’est indéniable, le gouvernement et sa majorité actuelle sont en parfaite inadéquation, l’un avec l’autre. Mais depuis quelques jours, la crise se précipite et tous se rejoignent dans la discorde, le PS de son côté, le premier ministre de l’autre. Je dis le premier ministre car on ignore ce que pensent les membres du gouvernement. Le fait que Manuel Valls ait été rappelé à l’ordre, même par le chef du PS, montre la profondeur de la ligne de fracture. Mais cela va bien plus loin, puisqu’on peut désormais parler d’une crise de régime ou au moins de gouvernement. Car que vient de faire M. Valls ? Il a, ni plus ni moins, menacé d’ouvrir la porte au centre, menaçant ainsi de changer la composition de la majorité. Il faut vraiment être sourd ou aveugle, ou tout simplement de part pris, pour ne pas reconnaître la situation. Certains pensent que cet appel au centre, auquel seul un dirigeant a timidement répondu, est une façon déguisée d’avancer à pas comptés vers un gouvernement d’union nationale. Les autres leaders du centre ont, quant à eux, franchement repoussé l’offre, parlant d’un «gouvernement socialiste en perdition», condamné par ses propres contradictions et au sauvetage duquel ils ne voulaient pas participer. La situation, il est vrai, n’est guère réjouissante. Il est même surprenant que le gouvernement s’en étonne, regrettant amèrement que l’on ne parle que de ce qui ne va pas. Mais voilà, que l’on nous indique donc ce qui va, nous serons alors les premiers à en parler et à lui donner la place qu’il mérite. Mais aujourd’hui, il faudrait être sourd ou aveugle (voir supra) pour réagir autrement. On nous reproche de dénigrer le pays, de se plaindre, bref d’être des professionnels de la rouspétance, mais comment faire autrement ?  De plus en plus de voix s’élèvent pour dire que la fin de ce quinquennat est sérieusement compromise, certains se demandant même de manière récurrente si son titulaire ira jusqu’au bout. C’est une atmosphère malsaine dont il convient de sortir au plus vite. Comment ? En disant la vérité aux Français. En reconnaissant que la lettre de Bruxelles au sujet du budget de la France n’est pas un message de félicitations mais de critique. La demande de précisions est un véritable euphémisme. Je trouve que l’éditorial matinal de M. Christophe Barbier n’était pas d’un ton exagérément alarmiste : il a parlé d’humiliation. Je me souviens d’une phrase de Georges Pompidou qui établissait un distinguo entre un scandale et le scandaleux : ce n’est pas scandaleux de parler d’un scandale lorsque ce scandale existe réellement… En d’autres termes, ceux qui se lamentent d’une situation lamentable n’en sont ni les responsables ni les auteurs. Que le gouvernement adopte enfin l’idée claire et nette d’une union nationale, il trouvera sûrement une oreille favorable et pourra nouer une authentique alliance avec des forces politiques désireuses d’œuvrer en commun au redressement de ce pays.

Une occasion à ne pas laisser passer. Même au sommet de l’Etat.

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23/10/2014

Orthodoxie et libéralisme

Comment est née l’idée même de réforme ou de libéralisme au sein du judaïsme ?

Historiquement dans l’aire culturelle germanique, sous l’impulsion, volontaire ou involontaire, de Moses Mendelssohn (mort en 1786) et de la science du judaïsme qui domina les esprits juifs du XIXe siècle. Mais des théologiens et des rabbins libéraux veulent voir en des sages renommés du Talmud les véritables initiateurs du mouvement, notamment rabbi Yohanan ben Zakkaï, d’une part, et rabbi Akiba, d’autre part.

Le premier est à l’origine du judaïsme rabbinique puisqu’il réunit autour de lui le fameux synode de Yabné (90-100 de notre ère) où le culte sacrificiel en vigueur au Temple, désormais détruit, ne pouvait plus se poursuivre et fut donc remplacé par la prière et le culte intérieur. Ce qui suffit à faire de cet homme un réformiste, aux yeux des rabbins libéraux du XXe siècle. Et le second, rabbi Akiba, contemporain de Bar Kochba (vers 130 de notre ère), a lui aussi contribué à substituer les Docteurs des Ecritures aux prêtres puisque le temple était détruit. Akiba aussi pouvait donc faire figure de sage réformiste et de lointain ancêtre de la réforme et du libéralisme.

 Mais ma préférence va aux  explications plus solidement historiques car elles sont plus vraisemblables et ne tentent pas de substituer leurs propres idées à celles des sources juives anciennes..

En deux siècles d’évolution, les réformistes se sont, pour ainsi dire, assagis et ont opéré un recentrage en direction d’une tradition juive rénovée, mieux adaptée à son temps. L’Europe n’est plus la roue motrice du mouvement après avoir été, pourtant, son berceau et son creuset.

Les Etats Unis d’Amérique, terre promise de la réforme ? Oui, assurément. C’est bien dans le nouveau monde que le judaïsme libéral et réformé a connu sa finalisation, c’est là qu’il s’est développé, reprenant, du moins à ses débuts, l’héritage germanique des pères fondateurs tout en l’acclimatant aux nouvelles réalités. En d’autres termes, le judaïsme allemand a été l’humus du mouvement américain qui le dépassa en en élargissant considérablement les perspectives.

En deux siècles d’existence, ce judaïsme libéral implanté aux Etats Unis a nettement changé par rapport aux sources et à l’humus qui lui ont servi de terreau.  Abraham Geiger, l’âme du mouvement, a tout fait pour favoriser l’émergence non pas d’une religion entièrement nouvelle, mais d’une autre sensibilité religieuse qui s’étendrait à tout le judaïsme. Le  mouvement dont il fut l’initiateur a fini par abandonner cette prétention un peu irréaliste. L’ambition de Geiger englobait la totalité du judaïsme, un peu comme le protestantisme de Luther visait toute la chrétienté. Aujourd’hui, beaucoup d’idées du judaïsme réformé se sont naturellement imposées à la communauté juive dans son ensemble. Un exemple : en Israël, c’est le grand rabbinat orthodoxe lui-même qui a renoncé, de son propre chef, au second jour des fêtes de pèlerinage car il en connaissait, mieux que quiconque, la motivation : lorsque la cause n’existe plus, l’effet n’a plus de raison d’être…

 Il faut s’arrêter un instant sur l’immigration juive d’Allemagne vers les USA. Les  premiers jalons d’une émigration juive vers ce pays avaient déjà commencé du temps de Moïse Mendelssohn. A toutes ces familles expatriées il fallait des guides spirituels. Certes, les représentants de l’orthodoxie étaient, eux aussi, bien implantés sur place mais leur conception religieuse n’attirait plus de nouveaux adeptes ; leurs collègues réformés furent mieux partagés. Et ces derniers n’avaient, en guise de modèle, que le paradigme allemand d’un judaïsme réformé ou libéral. Le rabbin David Einhorn, grand admirateur du rabbin Samuel Holdheim (1806-1860) et futur collègue du plus modéré Isaac Mayer Wise, avait immigré aux USA où il prononçait ses sermons en … allemand, car c’était la langue maternelle de toute sa congrégation.

Les conditions étaient donc réunies pour faire des USA la terre promise de la réforme. Les premières graines semées en Amérique y ont donné leurs plus beaux fruits et ont pris racine sur place puisque la communauté libérale américaine est la plus puissante et la plus dynamique au monde. Toutefois si l’on veut examiner sérieusement les tout premiers débuts du mouvement sur le sol américain, il faut remonter aux timides tentatives de quelques juifs de Charleston, en Caroline du sud, qui, dès 1826, bien avant l’arrivée des leaders européens, se constituèrent en un petit groupe de quarante-sept personnes, issues de la communauté de Beith Elohim (en hébreu la maison de Dieu) et demandèrent respectueusement à leurs dirigeants des réformes concernant le déroulement du culte.

Voici un bref résumé de leurs principales demandes : Rien n’est plus cher, écrivaient ils, à notre cœur que le respect de notre religion et le bien-être de notre nation. En qualité de membres de la grande communauté d’Israël, nous ne voulons pas transmettre à nos enfants un exemple obscurantiste ni les priver des bons moyens d’adorer rationnellement le Dieu de vérité. En demandant que le ministre officiant (le hazan) répète les prières en anglais, nous fortifions l’attention des orants qui ne comprennent pratiquement plus l’hébreu et renforçons leur ferveur religieuse. Les pétitionnaires reconnaissent que tous n’ont pas les moyens ni le temps de se consacrer à l’étude de l’hébreu. Ils demandent donc avec raison : n’est ce pas le but de toute société religieuse de diffuser les bases de la foi parmi les pauvres et les ignorants ? Du haut de la chaire, on nous expose les fondements de notre religion dans une langue que nous ne comprenons pas.

Mais les pétitionnaires de Charleston ne s’arrêtaient pas là, ils exigeaient aussi que l’on gardât l’essentiel et que l’on supprimât l’accessoire… Ce qui constituait une réelle révolution. Pour que la prière atteigne ses objectifs, il faut que les passages essentiels soient lus en anglais et que tous puissent les comprendre. Une dernière réclamation portait sur la lecture hebdomadaire de la péricope biblique le samedi matin : cette lecture devrait se faire en anglais afin que tous pussent en tirer profit et en être édifiés. Enfin, les pétitionnaires suggéraient que cette péricope biblique fît l’objet d’une sorte de prêche le samedi après midi afin que les fidèles pussent se faire une idée claire de ce que la Tora recommandait d’accomplir dans un certain nombre de situations.

Dans ce livre qui vient de paraître Le judaïsme libéral, on examine aussi l’implantation de ce mouvement  en France. Mais en gros, depuis l’apparition de l’ULIF (Union Libérale Juive de France) d’autres communautés libérales ont vu le jour et voient leurs rangs grossir de manière constante et régulière.

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Le PS français brûle-t-il?

Le PS brûle t il ?

Tout ce qui se passe aujourd’hui était prévisible et s’explique par l’attitude de l’actuel président de la République qui refuse de prendre le taureau par les cornes, fidèle à ses habitudes d’ancien premier secrétaire du PS, ce même PS qui ne croit plus en lui-même et dont les adeptes et adhérents se déchirent de plus en plus publiquement et férocement. Il faut bouger, il faut changer, prendre une initiative fracassante et l’exécutif actuel semble paralysé, mais ce qui est très inquiétant, c’est le hiatus qui s’élargit entre le Président et son Premier Ministre.

Faisons un bref récapitulatif :

a)    la crise aidant, si je puis dire, quelques dizaines de députés socialistes se constituent en faction contre les mesures du gouvernement, jugées inadéquates par eux. Leur dernière initiative fut de s’abstenir lors du vote du volet recettes du budget de la France.

b)    Quelques jours auparavant, mine de rien, Martine Aubry lève l’étendard de la révolte et clame son désaccord et ses exigences dans le JDD. Au lieu de saisir la perche et d ‘ouvrir le dialogue, Fr. Hollande et son Premier Ministre campent sur leurs positions, suscitant l’ire de leur contradictrice qui réplique de façon cinglante.

c)     Dans cette abstention vis à vis du budget, trois anciens ministres font partie des abstentionnistes, ce qui provoque l’indignation des hiérarques socialiste. Ce n’est pas tout, le précédent ministre de l’éducation nationale, Benoit Hamon est allé nettement plus loin puisqu’il a dit que la politique menée par l’exécutif menaçait l’avenir démocratique du pays. En clair , en agissant comme on le fait depuis deux ans et demi, on fait le lit du F.N. L’attaque était si frontale que des voix au sein du PS intiment à Hamon l’ordre de quitter le parti…

d)    Lors d’une cérémonie de décoration à l’Elysée, François Hollande fait de son Premier Ministre un nouveau Grand Croix de l’ONM, mais ce qui frappe c’est la pique dans le discours : Clémenceau, dit le chef de l’Etat, a bien servi son pays mais sans jamais être président de la République. On remarqua aussitôt que les traits du visage de l’impétrant se sont crispés. Cela sonnait comme un rappel à l’ordre, voire comme une mise en garde.

e)    Dans une interview au Nouvel Observateur, le Premier Ministre lance une offensive générale pour la mue du PS et sa conquête, en prévision des Etats Généraux et de l’élection de 2017 dont les socialistes semblent penser qu’elles ne concernent plus l’actuel président.. Tous se mettent en position d’attaque, afin de ne pas être marginalisés et d’infléchir le PS dans leur propre direction. D’où l’offensive de Manuel Valls..

Dans cette interview, M. Valls a traité de paléographes les gardiens du temple socialiste dont il propose de changer le nom. Il va encore plus loin en écartant l’épithète socialiste de son discours, oubliant que lorsqu’il succéda à son prédécesseur, il avait clamé : je suis socialiste ! Et voilà qu’aujourd’hui, il dit vouloir en finir avec la gauche passéiste…

Que pouvons nous tirer de tout cela ? D’abord, l’inadéquation grandissante entre la politique menée et l’attitude de la majorité parlementaire. Ensuite la défiance croissante à l’égard de François Hollande dont les socialistes se demandent de plus en plus fortement s’ils doivent se ranger sous sa bannière. Enfin, une possible scission du PS menace. Et si rien n’est fait, elle finira par avoir lieu…

Le problème qui se pose est double : les deux partis de gouvernement, de gauche comme de droite, traversent une crise qui les fait trembler sur leurs bases. Quand on réalise que M. Valls tend la main au Modem de François Bayrou, on imagine le désarroi des militants socialistes de base… La même remarque s’impose du côté de la droite : alors que dans ses précédents meetings, Nicolas Sarkozy se voulait rassembleur, lors de son passage à Nice, il a entièrement changé de registre.. La confusion règne partout.

Et si vous ajoutez à tout ceci la défiance des Français à l’égard de leurs élites, vous comprenez que le pays a vraiment besoin d’un profond changement.

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