22/10/2014

Nicolas Sarkozy et son discours de Nice

Le retour de Nicolas Sarkozy. Le discours de Nice

Il existe, c’est indéniable, une défiance croissante à l’égard des hommes politiques et de la politique en général. Ceci s’est considérablement renforcé par la visible incapacité du gouvernement français actuel à redresser la situation. Je viens même d’entendre un commentateurs politique avisé dire que François Hollande gère (je cite) le crépuscule de son propre mandat, sachant qu’il ne peut rien faire de décisif… Immédiatement après cela, on a rendu compte du dernier meeting de Nicolas Sarkozy à Nice où l’ancien président a renforcé singulièrement la droitisation de son discours. On sait que dans la France méridionale, le problème de l’immigration maghrébine se pose avec une acuité particulière et NS n’a pas eu de mal à enflammer son public en insistant sur le fait que les Français veulent se sentir chez eux. Donc, on tient un discours qui convient à la sensibilité du moment. Et plus tard, quand il s’agira de rassembler et de ratisser large, on n’hésitera pas à modérer son propre discours pour rallier des électeurs centristes… Peut on faire de la politique avec des sondages d’opinion ? Non point. Et il existe aussi un autre élément qui ruine la crédibilité des hommes politiques, ce sont les luttes intestines, les guerres des chefs, les leaders qui se déchirent mutuellement les entrailles. A droite, c’est connu, il suffit d’ouvrir les yeux pour voir. A gauche, cela devient franchement alarmant : après Martine Aubry qui prend la parole, ce sont des ministres démissionnaires qui ne votent pas le budget. Dans les semaines qui suivent, NS sera élu à la tête de l’UMP et chaque jour que Dieu fait sera l’occasion de critiquer Fr. Hollande. Ce sera un véritable enfer d’autant que les experts prévoient une année 2015 d’une extrême difficulté : aggravation de la crise, du chômage, augmentation des impôts etc… Que se passera t il lorsque Fr Hollande sera pris entre deux feux ? Surtout si la lutte qui s’engage avec Martine Aubry vise le long terme. En effet, si l’on comprend bien ce qui se passe, bien au-delà du sort de M. Hollande, c’est l’avenir du PS qui est en jeu. M. Aubry a compris que le seul vrai danger était Manuel Valls. Elle mise donc sur son renvoi vers le début de 2015. Si elle laisse la ligne Valls Macron libéraliser le PS, elle se retrouvera isolée, rejetée vers les marges. C’est ce qui a motivé sa sortie dans le JDD. Elle ne peut pas supporter François Hollande, ce qui explique qu’elle ne brigue point le poste de Premier Ministre… Et il est évident que sa critique dominicale a cristallisé les députés dits frondeurs… On le voit, malgré les efforts de NS, la droite ne se porte guère mieux que la gauche.

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