25/08/2014

Politique intérieure française: gouvernement d'union nationale?

 

La politique intérieure française reprend ses droits : les déclarations de A. Montebourg

Décidément, on peut dire que Arnaud Montebourg suit sa voie sans se soucier du reste et ce reste, ce sont les déclarations du président de la République et de son Premier Ministre, lesquels, soit dit en passant, enregistrent des chutes vertigineuses dans les sondages. Ce que j’ai entendu ce matin même sur France 2 : M. Hollande est à 16% (du jamais vu, pas même dans les périodes les plus creuses de la République), quant à Manuel Walls, il perd 9 points. A l’origine, on croyais pourtant qu’il tirerait son patron vers le haut et voici que c’est le contraire qui se produit. Peut on continuer ainsi et Montebourg peut il rester au gouvernement ?

Et c’est là qu’éclate une nouvelle fois au grand jour l’irrésolution et l’indécision que l’opinion reproche amèrement au président de la République qui gère le pays comme il le faisait jadis du temps où il dirigeait le PS… Il veut voir venir, il s’abstient d’agir, faisant confiance à sa bonne étoile.. Ce n’est plus tenable.

Montebourg qui voudra sûrement, dans les jours et les heures qui viennent, se désolidariser du gouvernement et de sa politique car il a de grandes ambitions, partira pour se refaire une virginité et déclarera sa candidature à la présidence de la République, que ce soit en 2017 ou en cas d’élections anticipées.

La grande question que tout le monde se pose est la suivante : que va enfin faire François Hollande ? Il semble qu’il ait mis ses conseillers au travail leur demandant d’envisager toutes les hypothèses, même les plus extrêmes et les plus insolites.

Il en est une qui est parvenue à mes oreilles et que je juge irréalisable tant elle renverserait totalement l’assiette sur son bord. Elle me paraît relever de la politique fiction, mais comme en politique tout est possible, pourquoi ne pas l’exposer ici ?

Il y a désormais un homme-clé dans le dispositif de Fr. Hollande, c’st l’actuel secrétaire général de la présidence, un homme en lequel l’actuel président a une confiance totale. Or, cet homme a siégé dans le gouvernement de N. Sarkozy aux côtés des ténors de l’UMP. Il les connait tous, il sait ce qu’ils veulent et ses liens passés avec eux lui permettent de les appeler, de leur parler et de leur faire des propositions. Vous l’avez compris : on se dirige vers un gouvernement d’union nationale que j’ai déjà maintes fois, ici même, dans ces colonnes, appelé de mes vœux. Fr. Hollande a enfin compris qu’il ne peut plus redresser le pays qui continue de s’enfoncer dans la crise, avec les vieilles recettes de la gauche. Je ne voudrais pas citer ici les propos prêtés à Fr. Rebsamen qui dénotent un certain état d’esprit marqué par une totale désillusion, un total dégrisement. Il faut voir aussi les moqueries dont sont victimes les propos, tous les propos de l’actuel ministre des finances : quelqu’un a même imaginé un échange épistolaire entre ce même ministre et Steeve Jobs.. C’est dire.

Le plan du secrétaire général de l’Elysée, s’il existe même spiritualiter, repose entièrement sur un homme de l’UMP, Alain Juppé qui brigue la présidence de l’UMP avec l’aval de l’Elysée. Vous aurez compris que Fr. Hollande veut empêcher une candidature de N. Sarkozy en 2017. Sans l’UMP ce serait un homme seul. Si ce plan réussit, d’ici Noël, on pourrait avoir un nouveau premier ministre, Alain Juppé, l’actuel, M. Walls reviendrait à l’intérieur. Les quadragénaires et les quinquagénaires de l’UMP feraient une entrée en force dans le nouveau gouvernement..

Tout ceci est bien beau, mais que diront les députés PS à l’Assemblée ? Voteront ils la confiance ? Y aura-t-il une implosion au PS ? Et l’UMP acceptera t elle de voler au secours d’un président totalement discrédité, voire démonétisé à ses yeux ?  Cela me paraît très difficile.

Mais si un tel gouvernement était constitué et que l’assemblée lui refusait la confiance, la solution serait la dissolution. Dans ce cas, le PS serait réduit à 50 députés, le reste raflé par l’UMP, l’UDI et le FN qui ferait son entrée avec des dizaines de députés.

Mais même dans ce cas, sommes nous sûrs qu’une droite revigorée et ayant le vent en poupe, accepterait elle de gouverner avec Fr. Hollande ? Ce n’est pas sûr.

Je ne vois qu’une solution : elle pourrait gouverner avec François Hollande si celui-ci promet solennellement de ne ps se représenter en 2017.. Le fera t il ?

C’est peu probable. Mais la réalité dépasse parfois la fiction. En tout cas, on aura constaté une nouvelle fois que la politique, ce n’est pas la loi et les prophètes. Bénis soient ceux qui s’en tiennent éloignés.

08:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.