14/08/2014

La France, homme malade de l'Union Eureopéenne?

La France, homme malade de l’Union Européenne ?

Certains se diront peut-être que le point d’interrogation est superflu et que le constat s’impose : constat de l’échec de plus de deux années perdues à inventer des solutions plus inspirées par des postures idéologiques que par une authentique efficacité économique. Ce qui déclenche cette broncha, ce sont évidemment les chiffres communiqués par l’INSEE ce matin et qui constituent tout sauf une surprise. Les milieux dits informés avaient déjà préparé l’opinion à de tels résultats qui s’annoncent catastrophiques pour l’avenir du régime français actuel. Le Premier Ministre, chargé d’introduire un pu plus de fermeté et de vigueur dans la politique économique de la France, reconnaît lui-même, alors que les Français sont en vacances au cœur du mois d’août, que la rentrée sera très difficile. A t il eu raison de l’annoncer ainsi ? Les réactions sont partagées : les uns rendent hommage au discours de vérité et les autres déplorent que de telles annonces contribuent à démoraliser un peu plus les Français.

Sans céder au marasme ambiant, il faut bien reconnaître que la situation de ce pays a rarement été aussi difficile que depuis l’accession de M. Hollande au pouvoir. Le 14 janvier de cette année était censé apporter un net correctif à la politique menée jusqu’ici par le pouvoir. Le pacte de responsabilité n’est toujours pas entré en vigueur et l’une des clauses sociales de cette loi, ajoutée à la hâte pour s’attirer les bonnes grâces de la gauche de la gauche, vient d’être censurée par le Conseil constitutionnel… L’Etat n’avait pas besoin de cela ! Selon l’opposition, cela confirme le caractère brouillon et inefficace de la politique gouvernementale.

Quoi qu’il en soit, la croissance nulle, annoncée ce matin, ne va pas arranger les affaires du pays qui devra expliquer à Bruxelles que 2015 ne verra pas l’arrivée des 3% exigés par l’Union Européenne. Du coup, la question de la crédibilité du leadership politique de Français Hollande se pose.

Et dans ce contexte, je m’en réfère à un feuilleton fictif publié avec régularité par Le Figaro sous le titre dénué de toute ambiguïté : Hollande s’en va !

Au début, j’ai commencé par trouver ce feuilleton amusant mais au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture des nouveaux épisodes, je fus saisi d’angoisse : et si cela se produisait ? Que ferait le pays avec une telle crise institutionnelle qui viendrait se surajouter au marasme ambiant ? Il ne faut pas dramatiser, mais il ne faut pas, non plus, se réfugier dans le déni ; un certain nombre d’indices ne trompent pas : plus de 20% de citoyens français sont dans l’impossibilité de payer leurs impôts, les professionnels du tourisme se plaignent de la baisse de fréquentation des hôtels et des restaurants, les vacanciers préférant être hébergés par de la famille et emportent avec eux leurs provisions sur les plages. Même les crèmes glacées en pâtissent, c’est dire, car s’il y a un aliment qui symbolise bien l’été, la chaleur et les vacances, ce sont bien les glaces. …  Et puis, il y a le risque de déflation qui aura des conséquences graves sur les rentrées fiscales de l’Etat, aggravant la situation de trésoreries déjà étriquées..

Que faire ? Changer de gouvernement, c’est déjà fait. Il ne reste plus que la dissolution de l’Assemblée nationale ? Et comme recours ultime, l’idée du Figaro. Si l’on veut s’éloigner des scénarii catastrophiques, il y a la possibilité d’appeler à Matignon une personnalité consensuelle de l’opposition, Alain Juppé. Mais même si cela se faisait, si M. Hollande appelait M. Juppé à Matignon, est ce que ce de dernier accepterait ? La majorité actuelle acceptera t elle de suivre ? La droite, elle-même, voudra t elle jouer les supplétifs d’un président acculé ?

Sombres perspectives. Je souhaite évidemment que les choses s’arrangent et qu’on évite une crise grave. Mais j’espère une chose : que le pouvoir actuel n’en profitera pas pour lancer une nouvelle réforme sociétale qui  aggraverait encore un plus les divisions déjà terribles qui traversent le pays.

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Commentaires

Contrairement à votre position, je dirais que la déconfiture française ne date pas de 2012 et qu'en plus, il s'agirait plutôt d'une dégringolade européenne dans les contours, ce qui ne veut pas forcément dire grand chose, mais disons que "LES" banques européennes ont abusées dans les dépenses inutiles et dispendieuses.

La gouvernance européenne n'est rien d'autre qu'une fuite supplémentaire et conséquente de devises si chères par les temps qui courent.

Ce qu'il faut craindre, si je suis mes cours d'autrefois avec ce que prédisait il y a bientôt 40 ans mon feu professeur d'économie que j'admirais pour sa parfaite connaissance de cette discipline, il ne s'agirait pas tellement dans la situation actuelle d'une déflation, mais plutôt d'une belle amorce de désinflation, comme si les axes de la mécanique avaient disparus alors que la machine continue de tourner.

Alors que tous les économistes de plateaux télévisés nous arrosent la devanture avec des antonymes et dissertent sur les origines structurelles ou conjoncturelles des passades d'un vieux continent pris en sandwich entre un modèle libéral et un autre modèle néo-libéral, l'Europe et la France continue de consommer comme à son habitude alors qu'elle n'est l'acteur de pas grand-chose au niveau mondial. Entre les brevets développés par les startup américaines et israéliennes et une main d'oeuvre sans cesse plus attractive mais ne valant pas un clou, l'Europe opine du chef une fois à gauche et ensuite vers la droite sans vraiment poser des jalons dans ce monde de plus en plus volatil.

Vous pointez la France, mais regardons la balance économique de l'Allemagne, seule étalon dans cette Europe plus divisée que jamais. Les salaires allemands sont bien plus bas que ceux imposés par les syndicats français et pourtant pas de grève et des entreprises, qui, par contre, partagent leurs dividendes avec les ouvriers lorsque les vaches se sont à peine engraissées, ce que vous ne verrez jamais dans le pays des gaulois, tout ça pour dire, que les allemands, malgré des milliards versés dans les trous européens vont supporter de plein fouet les baisses conjoncturelles pour finir avec un taux de croissance ou de décroissance voisin de la France, mais des investisseurs d'autant plus présents, ce qui ne risque pas d'arriver en France !

Nous l'avons vu avec le cas d'Arcelor-Mittal qui ne trouvait simplement pas de débouchés français, alors que la France est le deuxième consommateur d'acier d'Europe mais qui va puiser ses matières premières en grande partie transformée en Chine et cela suite à des investissements stratégiques dans l'empire du milieu, c'est à dire, des investissement très rentables pour du court terme.

Donc, ne parlons plus de "moteur de croissance" dans une pareille gabegie, c'est du masochisme. Mais ne pas mettre cette chute qui ne fait que commencer uniquement sur les épaules de Hollande, ce serait lui faire trop d'honneur !

Écrit par : Corto | 15/08/2014

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