02/08/2014

Titre de la noteMême en temps de guerre, même en période de forte tension, l’attachement déraisonnable des juifs tunisiens à leur ancienne patrie…

Même en temps de guerre, même en période de forte tension, l’attachement déraisonnable des juifs tunisiens à leur ancienne patrie……

Entre deux communiqués de guerre sur J24News, je viens de voir un reportage de Stéphane Calvo sur les visites récentes de touristes israéliens à Djerba et à la Ghriba, réputés être des sites juifs parmi les plus anciens du monde. Le reportage est, comme d’habitude, bien fait, les commentaires pertinents et mesurés, mais l’effet produit sur moi l’est nettement moins.

Résumons la situation pour être le plus objectif possible : du temps du président Ben Ali, les choses étaient plus simples entre Israël et la Tunisie car l’ancien potentat alliait une rigueur de façade à un grand pragmatisme qui lui permettait de ménager l’allié américain et de faire de son petit pays un havre ensoleillé pour les touristes d’Europe. L’arrivée du soi disant printemps arabe a changé la donne en portant au pouvoir des islamistes qui ont fini par se faire renvoyer dans leurs foyers par le peuple tunisien. Un exemple du fanatisme de ces gens : ils voulaient inscrire au troisième ou quatrième alinéa de leur constitution l’exclusion de toute normalisation avec Israël qui entretenait pourtant  avec leur pays des relations discrètes mais bien réelles, notamment au plan touristique.

Cette année, en dépit des événements (non pas présents mais anciens) une agence de voyage israélienne a tout de même organisé ce pèlerinage sur ces sites juifs réputés fort anciens.. Jusqu’ici tout va bien. Mais quand on voit les effusions, l’émotion de ces dames et de ces hommes sur la terre où ils ont vu leur jour, on ne comprend pas que des citoyens israélien d’origine judéo-tunisienne se comportent de la sorte. Surtout, quand on se souvient des circonstances de leur départ précipité de ce pays et des menaces pesant jadis sur eux.

On ne comprend pas cet attachement déraisonnable à un pays qui clame encore haut et fort cet amour et cet attachement à une terre, venant de personnes qui durent quitter précipitamment leur pays natal, laissant tout derrière eux. Et qui reviennent clamer, la larme à l’œil, leur attachement à ce pays qui les a rejetés en raison de leur religion..

Que l’on me comprenne bien : on peut comprendre de tels sentiments et il est même bon de les éprouver. Mais de toutes les communautés exilées (galouyot), les juifs tunisiens sont les seuls à nourrir un attachement  aussi déraisonnable à un pays qui les a rejetés. Et qui continue de le faire. La Tunisie tirait du tourisme et de la cueillette des olives, donc de l’huile, l’essentiel de ses revenus. Le geste fait tient donc compte, au plus haut point, de cet intérêt vitale pour le pays.

Je dois néanmoins rendre hommage à cette ministre tunisienne du tourisme, accusée en pleine session du parlement local presque de collusion avec l’ennemi sioniste (sic) : je ne fais que citer. Certes, elle est venue saluer les touristes israéliens mais a refusé de se montrer avec l’organisatrice à la télévision. Elle aussi, je la comprends et tiens à lui rendre hommage car seuls les êtres de bonne volonté peuvent rétablir la confiance et la fraternité entre les hommes. Elle s’est bien défendue dans sa réponse, arguant qu’on ne pouvait pas discriminer des gens, des visiteurs, en raison de leur appartenance religieuse. Il est vrai que cette talentueuse jeune femme a été formée en Allemagne et n’a donc pas d’œillères.

Mais j’avoue, quand je relis les discours des gens d’Ennahda et même de l’actuel président tunisien, ne pas comprendre cet attachement étrange pour un pays qui poursuit Israël d’une haine quasi inexpiable. Et qui a maintes fois, dans passé récent, exprimé sa solidarité avec le Hamas, ennemi juré de l’Etat hébreu.

Ce sont des mémoires brisées, des vies déchirées, des destins brisés. Mais tout de même, il faut cesser de dire que ces sites sont les plus anciens et remonteraient à l’époque de la déportation en Babylonie ou après la destruction du second temple.

Je me souviens de quelques déclarations bien senties d’Ernest Renan sur l’ignorance qui fait le lit de la légende. Et le public non cultivé offre à son âme non pas des pâturages de rêve mais un rêve de pâturage. Mais les briques à l’œuf ou le complet poisson sont profondément enracinés dans l’imaginaire culinaire des uns et des autres.

Renan disait qu’on lit sa foi dans les textes sacrés plus qu’on ne l’y puise……

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Commentaires

"Je me souviens de quelques déclarations bien senties d’Ernest Renan sur l’ignorance qui fait le lit de la légende. Et le public non cultivé offre à son âme non pas des pâturages de rêve mais un rêve de pâturage."

J'adhère totalement à votre point de vue et j'ajoute que la lecture du dernier livre de l'historien Georges Bensoussan (Juifs en pays arabes (2012)qui relate, de manière documenté, le calvaire qu'ils auront enduré de 1850 à 1975 dans 5 de ces pays arabes aura fini d'enterrer le dernier mythe auquel j'accordais encore, par romantisme et par empathie, un minimum de crédit. Je crois qu'aujourd'hui seule la psychiatrie pourrait fournir une explication quant 'à l'attitude de ces juifs tunisiens.

Écrit par : Giona | 02/08/2014

ce que vous dites n.est pas tres juste je suis juif ne en tunisie et j.y est vecu 30ans jusqu.a mon depart ds les annees 60 on ne peut pas comparer la tunisie de cette epoque a ce ql est aujourd.hui a qq exceptions pres aucun juif n.a ete spolie en tunisie ni expulse nous sommes partis de nnotre plein gre et pour mempoire ds les annees 50 des bateaux pataient de tunis charges de juif qui se rendaient en israel alors qd vous dites que vous ne comprenez pas cet engouement qu.on certains juifs pour ce pays il faut avoir vecu labas a cette epoque pour le comprendre

Écrit par : hai | 02/08/2014

Cher Hai, mais pourquoi donc avez-vous quitté (vous ou vos parents) ce pays du lait et du miel où les juifs y étaient chez eux depuis plus de mille ans, avant l'Islam. Avez-vous tous reçu en même temps un signal par ondes génétiques vous intimant l'ordre de le quitter ou bien était-ce juste l'appel du large, l'envie de connaître le monde qui se sera emparé de toute cette communauté millénaire ? Ne seriez-vous pas en train de fantasmer, d'offrir à votre "âme non pas des pâturages de rêve mais un rêve de pâturage"* qui pour l'écrasante majorité de cette communauté juive n'était en réalité qu'un pâturage de misère absolue raison pour laquelle je persiste à penser que seule la psychiatrie peut fournir une explication à l'attitude, aujourd'hui encore, d'une infime partie des juifs Tunisiens.

Je vais essayer de me faire mieux comprendre à l'aide d'une métaphore en utilisant les mots de Guitry qui se morfondait, non pas d'être cocu plutôt mais à la perspective que l'amant de sa femme ait découvert le peu dont il s'était contenté.

* emprunt à MRH

Écrit par : Giona | 02/08/2014

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