26/07/2014

Israël-Hamzs; trois semaines de combat et toujours pas d'accord en vue..

 

Israël-Hamas : trois semaines de combat et toujours pas d’accord en vue…

 

 

 

On ne peut pas parler d’élément décisif ni d’événement marquant. Tsahal s’applique à détruire méthodiquement l’arsenal et les machines de guerre du Hamas, sans faire de tapage ni publier d’éclatants bulletins de victoire. La parade du dôme de fer (kippat barzél) est la fierté de tous mais pourtant les missiles et les obus de mortier du Hamas tombent  du ciel et font aussi quelques victimes.

 

 

 

Faisons une petite rétrospective : au début, la guerre a commencé par des tirs de missiles du Djihad islamique et de la branche armée du Hamas. Benjamin Netanyahou a paru hésiter et a préféré faire donner l’avion et la marine de guerre afin de calmer les assaillants de son pays. Cela n’a pas suffi et les bombardements se sont intensifiés. Mais parallèlement à cela, et bien avant le déclenchement de l’opération terrestre, Tsahal a repéré un élément nouveau qui l’a tant intrigué : les tentatives quotidiennes d’infiltrations de terroristes ayant pour objectif de prendre l’armée israélienne à revers, faire le plus de victimes possible et kidnapper des soldats ou des civils, ce qui aurait permis au Hamas de mener la danse et de focaliser sur lui tous les regards du monde et du monde arabe en particulier. Après un court effet de surprise, le haut commandement a pris la mesure du danger en changeant du même coup l’objectif majeur de la guerre : il n’importait plus de se limiter à la neutralisation des sites de lancements des missiles, il fallait avant toute autre chose, détruire les tunnels souterrains menaçant Israël d’infiltrations sanglantes. Le génie militaire de Tsahal s’est donc concentré sur cette seconde tâche, qui se poursuit, même aujourd’hui, au cours de la trêve de 12 heures de ce matin.

 

 

 

Ce sont les militaires qui ont imposé leurs vues alertant l’échelon politique qui aurait permis, par une trêve aventureuse de plusieurs jours, au Hamas de se restructurer et de rendre encore plus risquée la tâche prioritaire de Tsahal : détruire les voies d’accès aux kibboutzim de la zone de Gaza par  des souterrains… On peut dire que cette affaire de tunnels a changé le cours de la guerre et donc de l’histoire immédiate.

 

 

 

La guerre a aussi connu un redéploiement grâce aux renseignements livrés par la capture de gens du Hamas et aussi par la découverte dans ces mêmes tunnels de plans précis coordonnant ce que devait être une vaste offensive aux alentours des grandes fêtes juives de septembre, au cours desquels l’armée est généralement au repos et non sur le pied de guerre. Je rappelle que huit soldats israéliens avaient été tués dans leur jeep par un groupe de terroristes vêtus et armés comme une unité régulière de Tsahal !! D’après les prisonniers du Hamas, d’une dizaine de souterrains devaient surgir des dizaines d’assaillants qui auraient semé la destruction et la mort sur leur passage.…

 

 

 

C’est donc une véritable catastrophe à laquelle a échappé Israël dont les frontières sont certes surveillées et bien gardées mais qui n’auraient pas supporté un choc et une surprise d’une telle violence.

 

 

 

Ceci explique le revirement de l’opinion publique israélienne et son refus de tout cessez le feu avant la neutralisation définitive des tunnels et le désarmement du Hamas. Certes, Israël entretient un certain flou sur l’avancement de ses objectifs, sur ses intentions profondes et sa façon de procéder .

 

 

 

Une chose est claire : Tsahal n’est pas en difficulté dans la bande de Gaza et le Hamas lutte pour sauver ce qui peut encore l’être. Ses entrepôts d’armes sont détruits, le nombre de missiles tirés contre Israël décroît, ses chefs se terrent car Tsahal les cible après avoir détruit leurs habitations, le monde arabe manifeste en sa faveur mais les gouvernements se tiennent coi , même si seuls le Qatar et la Turquie, pour des raisons opposées, font mine de se démener pour lui.

 

 

 

Même le Hezbollah se nourrit de paradoxes savoureux puisque son chef reste l’arme au pied tout en réitérant dans des discours enflammés que la cause palestinienne est sa raison d’être… Il faut dire qu’il est englué en Syrie où ses forces subissent de lourdes pertes et il a eu le loisir de contempler à la télévision ce qui pourrait lui arriver s‘il venait à bouger. Israël semble lui avoir signifié qu’il subirait un sort encore plus dur que le Hamas s’il venait à embraser la frontière nord.

 

 

 

Une nouvelle configuration va naître avec un cessez le feu digne de com. Lequel n’interviendra pas avant la première semaine d’août, hélas, car cela signifie encore des morts et des blessés des deux côtés, même si le Hamas est l’agresseur, ce que les USA, la Grand Bretagne et l’Allemagne ainsi que l’UE reconnaissent clairement. On eût aimé une voix plus forte de la France dans ce chœur qui reconnaît à Israël le droit à la légitime défense.

 

 

 

Tant les états arabes que les grandes puissances espérent un lendemain de crise sans le Hamas, ou alors sous la forme d’un simple parti politique, désarmé, administrant une bande de Gaza démilitarisée. C’est cette arrière-pensée qui explique pourquoi le Conseil de sécurité de l’ONU ne vote aucune résolution contraignante, notamment pour Israël. C’est que, même en cas de cessez le feu, Tsahal restera encore sur place pour détruire ce qui reste des capacités militaires du Hamas.

 

 

 

Et après tout ce déchaînement de violence ? J’ai presque envie de dire qu’il faut réciter des prières en faveur de la paix tant celle-ci me paraît lointaine et insaisissable dans cette région.

 

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