29/06/2014

Vers un affrontement Sarkozy-Juppé vers 2017?

Vers un affrontement Sarkozy-Juppé en 2017, voire avant?

On peut se poser la question, bien que l'on ne sache rien de certain, hormis quelques petites phases assassines dont les hommes politiques ont le secret. On a eu une remarque méprisante de l'un sur l'âge de l'autre et cet autre a répondu de manire tput aussi cinglante. Il est vrai qu'un contentieux existe entre les deux hommes, au temps où Juppé condamné, dut partir au Canada et abandonner la direction de l'UMP à son rival qui réussit à se faire élire à la présidence de la république. Depuis beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et les choses ont changé.

Les deux hommes vont ils faire perdre leur camp en divisant une nouvelle fois la droite? Vont ils enfoncer davantage la France dans la crise au lieu de tenter de capitaliser le mécontentement face à  la gauche au pouvoir? Ce ne sera pas la première fois

On prêté à Fr/ Hollande l'analyse suivante: MArine Le Pen sera présente contre moi au second tour et je serai élu. Les témoins de la scène, relatée dans Le Monde, en furent éberlués! Alors que son propre parti hésite à le reprsenter, voire le fera subir des primaires, d'où il ne sortirait pas vainqueur...

Philosophiquement, cette mentalité de chef de meute qu'ont les hommes politiques est assez stupéfiante! Tout le monde a maintes fois entendu l'actuel chef de l'Etat dire qu'il inverserait la courbe du chôamge. Ce n'est pas fait. Ensuit, il a dit qu'il n'oserait guère se représenter si le bilan était aussi accablant qu'il l'est présentement..

Et aujourd'hui, voila ce que nous lisons dans Le Monde! Il faut être prudent car il ne se passe pas de jour que l'on n'entende des mots désabusés et désagréables sur le système démocratique et parlementaire... Et encore je ne dis rien de la bévue d'un secrétaire d'Etat dans sa déclaration de patrimoine.

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28/06/2014

3La cote de popularité de l'équipe de France enviée par François Hollande..

La côte de popularité de l'équipe de France de foot ferait pa^lir d'envie un chef de l'Etat bien en peine et incapable, sauf miracle de dernière minute, de remonter tant elle paraît plombée par les résultats ou plutôt l'absence de résultats sur le front du chômage.

Cette comparaison qui tient le plus grand compte du caractère sacré de la focntion présidentielle attire aussi l'attention sur l'inadaptation des institutions politiques actuelles. Il y a, objectivement parlant, une majorité à l'Assemblée qui ne veut plus rien dire et qui elle même se déchire. Or, elle continue de diriger un pays qui ne se reconnaît plus en elle. Le pricnipal intéressé dit que les institutions sont fortes en d'autres termes qu'elles le protègent, mais il existe un autre qui est plus intéressé encore, le peuple, et rien ne nous dit que ce dernier supportera sans mot dire des années de restriction économique et de déconfiture financière. Tout 2014, tout 2015 et peut être un léger frémissement en 2016! Il est peu probable que cela marche.

Que faire? Dissoudre ou convoquer un gouvernement d'union nationale.

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27/06/2014

Les bouleversements au Proche Orient et la situation d'Israël

Les bouleversements au Proche Orient et la situation d’Israël

Dans ce bas monde, rien n’est immuable, mais dans le globe terrestre, la règle s’applique bien plus à une certaine région, le Proche Orient où rien ne tient plus. Pourquoi ? Dans la réponse à apporter, les puissances occidentales ont commis une erreur grave dont elles paient aujourd’hui les incalculables conséquences. D’abord, l’antagonisme entre les puissances européennes, de nature judéo-chrétienne, face à un monde arabo-musulman, en proie au déclin, pour ne pas dire à la décadence. Ces puissances, Grand Bretagne, France et USA en tête, ont fait des découpages territoriaux qui s’apparent plus à un charcutage qu’à un respect des aspirations de ces différents peuples. Evidemment, le pétrole a joué un certain rôle dans cette triste affaire dont nous recueillons aujourd’hui les fruits amers : Anthony Eden ne disait il pas cyniquement que le monde ne repose pas sur l’équité, mais bien sur le pétrole ? C’est un fait, surtout dans un monde où le cynisme était roi..

Hormis les grands états comme l’Egypte, les frontières ont elles aussi ce caractère artificiel que les intégristes d’al-Quaida et d’al-Nosra contestent aujourd’hui par la violence armée. Si on continue sur cette lancée, aucune frontière du Proche Orient ne sera plus intangible. Et Saddam avait commencé par donner l’exemple en s’en prenant au Koweït, ce qui a fini par provoquer sa chute et sa mort par pendaison. Tous ces émirats arabes unis ont été créés sur un tas d’or et l’on espérait bien les tenir en laisse par différents moyens. Symbole de ces déséquilibres en chaîne : la cité état du Qatar qui envisage d’acheter des dizaines d’avions de chasse dernier modèle alors qu’elle a un territoire infime mais un pactole énorme. Vous me direz qu’il s’arme contre les menées subversives de certains voisins comme l’Iran, mais tout de même… Même l’Arabie Saoudite ne peut pas dire que son territoire ou sa raison d’être sont au dessus de toute contestation. Mais le fait le plus marquant et qui fait parler de lui depuis des décennies, c’est évidemment le Liban…

Loin de moi l’idée de contester le droit à l’existence de ce charmant petit pays qui aurait pu ressembler à une Suisse du Moyen Orient et sa capitale à une Genève du monde arabe. Ce petit pays a été imposé par la puissance coloniale française, soucieuse d’aménager aux chrétiens d’Orient un espace reconnu par les lois internationales. Mais cela a toujours buté sur les revendications des partisans de la grande Syrie. Jadis, au XIXe siècle, on parlait dans les livres d’histoire de Syrie-Palestine, mais jamais du Liban. On peut mentionner une faillite complète de la diplomatie de l’époque. On a imposé des choses quand on était en situation de le faire, sans jamais se dire que cette situation ne durerait pas éternellement…

Mais ce qui se passe en Irak aura des répercussions encore plus graves : il y a l’implication de l’Iran en Irak, l’alliance de fait entre Bachar de Syrie et al-Maliki de Bagdad et pour tout arranger, voilà que le fougueux ministre des affaires étrangères d’Israël propose, ni plus ni plus moins, d’aider militairement les Arabes modérés contre leur ennemis radicalisés… C’est tout de même assez incroyable ! Je sais que le livre des Proverbes affirme que lorsque Dieu aime quelqu’un, il transforme ses ennemis en amis… Mais quel renversement…

Vous avez aussi l’alliance de fait entre les USA et leur ennemi juré, l’Iran. Il n’est pas exclu que ce dernier pays, se voyant enfin concéder un rôle en tant que puissance régionale, conclue in petto une alliance de fait avec les USA, se désintéresse des Palestiniens et du Hezbollah pour se concentrer sur la satisfaction des besoins urgents de sa population, assoiffé et affamé après tant d’années d’embargo et de récession économique.

La liste des bouleversements serait si longue. Mais un enseignement reste d’actualité, bien plus que les autres : les puissances occidentales n’ont pas encore vraiment pris la mesure de ce qui est en train de se passer. Les secousses tectoniques qui ravagent actuellement ces mondes arabo-musulmans ont des répercussions partout. On voit ce qui se passe au Mali, ce qui se passe au Maghreb avec Aqmi  et depuis peu au Proche Orient. Le seul pays qui tienne la route, qui soit démocratique, ait un niveau de vie élevé et avance d’un pas vif et déterminé, n’est autre qu’Israël.

N’y voyez pas, je vous prie, une sorte d’égocentrisme ou une arrogance de supériorité intellectuelle ou morale ; c’est tout simplement un fait. Certes, si Dieu avait envoyé Moïse en Amérique ou au Canada, cela se serait nettement mieux passé. Mais voilà, il lui a ordonné de faire traverser le Jourdain à tout le peuple, mais lui-même dut rester sur place, prendre de la distance et de la hauteur.

C’est tout à fait symbolique, l’artisan de la libération de tout un peuple qui reste sur la mauvaise rive du fleuve sans pouvoir traverser, car traverser , dit-on, c’est transgresser. Cela permet d’approfondir ce qui est généralement présenté comme le produit de l’insondable volonté divine. Les esprits simples s’arrêtent là, les autres vont un peu plus loin.

Une Terre promise n’en reste pas moins à conquérir, si vous voyez ce que je veux dire. Une terre qui suinte de lait et de miel, ce n’est pas le point de départ mais d’arrivée. Si vous voulez qu’elle soit saturée de ces deux produits vitaux, eh bien retroussez vos manches et produisez les. En fait, l’oracle divin n’est rien sans l’inébranlable volonté humaine. La meilleure leçon nous en est fournie par les vieux prophètes d’Israël, notamment lorsqu’ils s’en prennent à des rois, jeunes et incompétents. Ils leur disaient d’être plus regardants en matière d’alliances avec les puissances voisines, de se garder de faire étalage de leurs richesses car cela exciterait la cupidité, l’insatiable appétit de puissance de leur environnement. Mais ces monarques ne leur prêtaient pas une oreille attentive.

Aujourd’hui, le prophète, le visionnaire des nations de notre monde contemporain, c’est Israël qui se bat pour tant de valeurs. Certes, il n’est pas irréprochable, mais dans l’ensemble et globalement, il est sur la très bonne voie.

Le drame, c’est que lui aussi n’est pas écouté.

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26/06/2014

Le mondial, le FLNC et le marasme économique

Le mondial, le FLNC et le marasme économique…

Selon vous, de ces trois sujets d’actualité, lequel cannibalise les deux autres ? Evidemment, c’est la coupe du monde de football ! Et pourtant, l’équipe des bleus a montré ses limites hier soir en décevant largement les attentes de la France et les espoirs placés en eux. Un match nul contre une équipe très moyenne, celle de l’Equateur.

Vous avez dû lire, je pense, l’article de Luc Ferry paru la semaine dernière dans Le Figaro, intitulé le nouvel opium du peuple. Songez qu’hier, les gens ont déserté les cinémas, les lieux publics et les restaurants pour assister à un match bien décevant.

Et même bien au-delà : alors que nous sommes peut-être à un tournant historique de l’affaire corse, puisque le FLNC prend la décision de cesser la lutte armée qui a empoisonné la vie sur l’île de beauté, la presse signale cela en quelques minutes mais s’appesantit des heures entières sur l’inaction ou les ratages de tels ou tel joueur de la sélection française, quand ce n’est pas pour critiquer les choix peu avisés de l’entraîneur de l’équipe nationale.

Les chiffres fournis par l’INSEE sur l’état de l’économie française sont passés inaperçus : c’est le football qui vole au secours de M. Hollande. On n’attend plus d’embellie économique ni de baisse d’impôts, mais une victoire des bleus au mondial.

Curieux pays, curieux Français. On ne prend même plus soin de faire rêver les gens. Le foot est là pour ça. Pour se casser la tête ? Comme l’écrivait Luc Ferry le nouvel opium du peuple est là pour ça…

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25/06/2014

Alain Juppé volera t il au secours de François Hollande?

Oui, c'est la question que la classe politique se pose depuis le disocurs cet après midi d'Alain Juppé à la Sorbonne devant des ministres du gouvernement actuel, dont Christiane Taubira.

Dans ce blog, ici même, on évoquait la possibilité d'un appel adressé à l'ancien Premier Ministre de Jacques Chirac. Mais Juppé avait rencontré hier encore son ancien patron, Nicolas Sarkozy. Pour lui dire quoi? Ce serait intéressant de les avoir.

Mais il est peu probable que cet hommage de camp. D'autant que le navire prend l'eau de toutes parts: le taux de croissance publié par l'INSEE est nettement moins optimiste que celui du gouvernement. L'INSEE prévoit aussi une aggravation du chômage cette année jusqu'en 2017, ce qui semble réduire à n"anat les espoirs de se représenter de M. Hollande.

Ènfin, les financiers internationaux regardent la France avec des yeux rodns car elle a du mal à économiser 50 milliards d'Euros alors que la dette se monte à deux mille milliards d'Euros..

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24/06/2014

Maimonide enseigné à Beyrouth?

Le Guide des égarés de Maimonide, enseigné à l’Université américaine de Beyrouth

Comment l’ai je appris, et pour quelle raison ? J’ai décidé de partager avec vous cette évolution assez extraordinaire bien qu’elle ne soit pas la fin du conflit, car une hirondelle ne fait pas le printemps. Cette histoire de Maimonide enseigné à Beyrouth a une préhistoire qui eut lieu en France, très exactement à l’Université d’Aix en Provence.

Il y a un peu plus de deux ans, un collègue arabisant m’a prié de participer à un jury de thèse de doctorat dont le sujet est le suivant : La prophétologie dans le Guide des égarés de Maimonide. J’ai évidemment accepté, étant le spécialiste de Maimonide, ce que n’étaient pas mes collègues du jury. Et le collègue d’Aix m’a expliqué qu’il s’agissait d’un jeune Palestinien, né à Amman où son père, enfant, avait émigré en quittant le village arabe de sa naissance, au moment même de la création de l’Etat d’Israël.

J’ai évidemment maintenu mon accord et reçus quelques jours plus tard par DHL, depuis Amman, un volumineux paquet de plusieurs centaines pages, en français, sur le sujet. Au même moment je reçus par mel une demande très respectueuse du candidat.

J’ai évidemment rédigé un rapport très favorable, étonné que j’étais de voir un jeune Arabe, de surcroît palestinien par ses parents, choisir dans une université française un sujet de thèse «juif».

Je rappelle pour ceux qui ne le savent pas que Maimonide (1138-1204) , de son nom d’état civil Moussa ben Maimoun ibn Abdallah al kortoubi al israeli, était un écrivain judéo-arabe car dans le Moyen Age juif de son temps, la langue philosophique était l’arabe qui avait récupéré tout les legs intellectuel et spirituel de l’hellénisme tardif. Ce qui veut dire que pour Maimonide et la totalité de ses devanciers, tout le corpus aristotélicien avait été traduit, présenté et commenté par des auteurs comme al-Farabi, Avicenne et Averroès, sans oublier ibn Badja et ibn Tufayl. Et Maimonide, né dans la sphère culturelle, linguistique et philosophique de cette civilisation arabo-musulmane, en fut imprégné. Quand il quitta sa ville natale sous la pression et la menace de la secte fanatique des Almohades il se réfugia avec sa famille à Fès où il suivit les cours d’un disciple d’Ibn Badja, l’un des plus remarquables philosophes musulmans du XIIe siècle. Cette imprégnation de Maimonide par la culture arabo-musulmane a même mis en circulation un mythe, celui de sa prétendue conversion momentanée à l’islam, conversion qui n’eut évidemment jamais lieu. Un élément absolument incontestable plaide pour cela : chacun sait que les juifs ne se font pas de cadeaux entre eux, et si tel avait été le cas, les adversaires de Maimonide lors des controverses suscitées par son enseignement, n’auraient pas hésité une seconde à le compromettre à tout jamais… Rendez vous compte : l’auteur du Mishné Tora,, un apsotat, même repenti !! Une telle accusation n’a trouvé place que dans les cercles des historiens de la médecine arabe, jaloux de voir la place occupée par leur collègue juif très envié à la cour de Saladin. Maimonide était aussi le médecin traitant de la mère du roi, dite la sultane validée (al-soulatana al walida)… Cela pouvait aider !

Maimonide fait allusion à cette grave accusation calomnieuse qui a failli le coûter la vie. Il put bénéficier de l’intelligente clémence du roi qui débouta les accusateurs en disant qu’il ne devait pas y avoir d e coercition en matière de croyance religieuse..

Au cours de la soutenance à Aix, je demandai au thésard comment il avait pu accéder au texte de Maimonide, il me répondit ce que je viens d’expliquer : le Guide des égarés fut écrit en langue arabe avec des caractères hébraïques, lesquelles sont au nombre de vingt-deux : il lui a suffi d’apprendre ces caractères en un après midi, le reste coulait de source.

Et je dois dire que le jeune candidat connaissait son affaire et qu’il fut reçu docteur avec la mention très honorable. Cet nouveau docteur se nomme Abdul al-Hamid al-Kayyali. C’est lui qui vient de m’envoyer d’Amman cette nouvelle : on donne des conférences à Beyrouth sur le Guide des égarés de Maimonide. La nouvelle n’a pas manqué de me surprendre.

La conférencière qui s’en occupe note qu’alors que des avions de combat d’Israël survolent Beyrouth à intervalles réguliers, cela n’empêche pas els étudiants sunnites, chiites, ou druzes de suivre avec intérêt un penseur juif qui, il y a plus de 820 ans, rédigeait dans leur langue, l’arabe, langue du Coran, son œuvre philosophique majeure, l’œuvre la plus importante du Moyen Age juif. L’enseignante ne cache pas sa surprise de constater que dans ce cas particulier, les étudiants acceptent volontiers de dissocier la philosophie juive de leur puissant et encombrant voisin, tant il est vrai que la sagesse, l’intelligence et l’ingéniosité peuvent parfois (pas toujours) venir à bout de la haine et de la culture de mort.

Cet événement, car c’en est un, nous donne l’occasion de dire un mot de la fraternité linguistique entre ces deux langues, l’arabe et l’hébreu. L’hébreu compte un peu plus de 1500 racines, l’arabe plus de 3500… C’est Louis Massignon lui-même qui nous le dit.

Maimonide et ses devanciers (Ibn Gabirol, Juda Ha-Lévi) ont écrit leurs œuvres philosophiques ou spirituelles majeures en langue arabe : l’original arabe du Meqor Hayyim de Gabirol est perdu et le Cusari de Ha-Lévi fut lui aussi rédigé en langue arabe avant d’être traduit en hébreu par Juda ibn Tibbon, ancêtre d’une lignée de traducteurs.

Quant à Saadia Gaon, qui marque les débuts du rationalisme juif, son ouvrage Sefer Emounot vé déot donnait ceci en arabe originellement : Kitab al-amanat wal i’tiqadat

Si vous regardez la traduction française du Guide par Salomon Munk, vous verrez dans les notes que l’œuvre n’aurait pas existé sans les sources arabes. C’est encore plus évident si vous utilisez la traduction anglaise de Shlomo Pinès et les sources sont magistralement exposées dans l’étude de Léo Strauss, How to begin the study of the Guide ?

Je me demande ce qui peut bien se passer dans l’esprit de ces jeunes étudiants de Beyrouth, découvrant que leur puissant voisin en lequel ils voient le diable et la quintessence du mal a pour philosophe majeur, un homme qui parlait et écrivait leur langue, l’arabe, avant que ses successeurs ne procèdent à une ré-hébraïsation de la philosophie juive. Ce qui est logique et normal.

Plus proche de nous, un écrivain franco-libanais, nouveau membre de l’Académie Française, Amin Maalouf, a évoqué ce sujet dans on livre, Les désorientés. Il dit avec sagesse qu’il ne faut surtout pas rappeler aux Libanais chrétiens ou musulmans que Moïse Maimonide avait écrit son Guide des égarés en arabe avec le titre suivant : Dalalat al-Hayyirin, le Doctor perplexorum.  Soit ils n’admettront jamais ce  fait en leur croyance, soit ils en minoreront l’importance .

Le jour où l’esprit retrouvera tous ses droits, où la culture n’aura plus la portion congrue, ce jour là se réalisera la prophétie du vieux prophète hébraïque Isaïe qui parle d’une connaissance de l’Eternel qui occupera alors la première place comme l’eau couvre la surfaces des océans. Or, comme le dit le psalmiste, le principe de tes propos O Seigneur, c’est la vérité (Rosh devarékha émét)

Mais il a dit cela il y a un peu plus de 2700 ans. Et on attend toujours… Mais Maimonide, dans l’intervalle, s’est élargi à ceux qui furent aussi les siens, il y a tant de siècles, lui qui mourut en Egypte en 1204. Mais son œuvre lui survit.

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La France en panne?

La France en panne ?

Paradoxalement, la crise morale et financière  de l’UMP ne profite guère au PS, parti au pouvoir mais qui traverse lui aussi une crise non moins préoccupante que celle de son concurrent. Les analystes politiques jugent que même si le PS s’effondrait, suite à une scission ou à une dissolution, ou en cas de départ prématuré et volontaire de l’actuel président, l’UMP n’est pas en situation de diriger le pays. Ce qui reviendrait à dire que le pays est en passe……

Le problème de la gestion sociale et financière des partis politiques en France ne date pas d’hier. Et l’on feint de s’étonner de l’action de M. Christian JACOB vis à vis de son parti. Au fond, rien d’illégal n’a été commis, mais les parlementaires dont c’était l’argent, n’ont pas été prévenus.

Mais le plus grave, c’est la crise morale : un groupe de petits ambitieux, désireux de faire parler d’eu et sachant pourtant qu’ils n’ont aucune chance de passer à la présidence se mobilisent pour profiter d’une médiatisation leur permettant de quitter l’obscurité où ils se trouvent. M. Jean-Pierre Raffarin a eu raison de dénoncer cette folie qui rend l’UMP incapable de régler ses affaires internes.

Comment voulez vous que la France normalement lorsque les deux partis principaux, au pouvoir et dans l’opposition sont incapables d’agir, certes pour des raisons différentes mais tout aussi nocives ?

Le groupe socialiste à l’Assemblée est de plus en plus opposé à la politique du gouvernement. Les députés frondeurs sont au courant des sondages et scrutent avec inquiétude la stagnation de la popularité du chef de l’Etat : que faire ? A leurs yeux, il faut changer de politique. Mais la France doit tenir sa parole vis à vis de Bruxelles, ce qui se révèle impossible, sans faire des économies. Parallèlement, on trouve que 50 milliards, ce n’est rien par rapport aux 2OOO 000 000 000 de la dette nationale.

On comprend alors que le chef de l’Etat, comme le signale le Monde, se complaise dans les commémorations et les inaugurations.

Sans même parler de la coupe du monde de football…

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23/06/2014

La victoire de l'Algérie au Brésil et les dessous d'une allégresse dans les rues de PAris

La victoire de l’Algérie au Brésil : les dessous d’une allégresse populaire dans les rues de Paris.

Ceux qui eurent la malchance de se retrouver hier dans le périphérique de Paris ou place Maillot ont été pris dans des embouteillages monstrueux où des Maghrébins ou des Français issus de l’immigration ont défilé bruyamment avec des drapeaux de l’Algérie, leur pays d’origine. En soi, cela n’a rien de dérangeant mais quand on réfléchit à tête reposée sur les réponses des manifestants aux journalistes qui les ont interviewés, on se rend compte que la nature de cette allégresse est tout autre que celle, généralement ressentie par des amateurs de sport ou de bon football…

Il y a là une contradiction et aussi une source de malaise : d’un côté, les intéressés se plaignent de ne pas être intégrés dans la société française qui a accueilli leurs parents, voire leurs grands parents, d’un autre côté, dès que leur patrie d’origine réalise quelque chose, ils se reconnaissent et s’identifient à elle sans réserve. Que se serait il passé si c’était la France qui avait été en compétition avec son ancienne colonie ? On se souvient d’un certain match de football au grand stade de France où le Premier Ministre de l’époque, Lionel Jospin, avait été un peu secoué par des supporters déchaînés…

En soi, cela n’a rien de choquant et personnellement cela ne me dérange guère, mais quand j’entends ce qu’en disent ces bons Français moyens, éberlués de voir cette floraison de drapeaux étrangers dans les rues parisiennes, on peut se poser quelques questions.

Mais le philosophe voudrait plutôt méditer sur certaines déclarations recueillies en arabe à Alger : les gens ont dit que c’était une victoire pour les musulmans du monde entier !! Mais le sport ne connaît pas d’appartenance confessionnelle ni de dénomination religieuse. Lorsque l’équipe de France (qui n’est pas une équipe française) remporte une victoire dans les stades, nul ne se réclame de sa religion ni de son ethnie..

Cette victoire, chez le supporteur moyen, avait des goûts de revanche : mais contre qui et sur qui, sur quoi ?

Dans mon esprit, j’ai rapproché cela des pages intelligentes que Amin Maalouf développe dans son livre, Les désorientés. Les uns trouveront que l’auteur est réaliste, d’autres qu’il est pessimiste. Etant lui-même un libanais chrétien, c’est-à-dire un arabo-chrétien, il sait très bien de quoi il parle. Et à présent, je comprends mieux ce qu’il veut dire, lorsqu’il évoque les humiliations, les échecs et le ressentiment accumulés par tous ces peuples au cours de leur histoire. Cela a créé une déchirure qu’il est très difficile de guérir.

Selon moi, le sport doit rapprocher les hommes et leur permettre de se dépasser tout en respectant des règles de loyauté et d’estime mutuelle. Quand on gagne ou quand on perd dans un sport quelconque, on n’a pas à s’estimer grandi dans un cas ou humilié dans un autre. Cette discrépance entre Orient et Occident ne date pas d’hier. Certes, la colonisation est passée par là. Certes, les humiliations subies, consciemment ou inconsciemment par les grands pères, sont jugées injustifiables ou insupportables par les petits enfants. Tout le problème est là ; mais on peut tout faire avec du ressentiment, sauf un mode de vie ou une politique.

Il ne suffit pas d’habiter dans un pays, il faut aussi y vivre, s’identifier à son histoire et lier son propre destin au sien. Cela peut être difficile lorsqu’on a un contentieux avec lui ; mais dans le meilleur des cas, il faut dépasser ce différend en bâtissant un avenir.

Les sportifs ne sont pas des revanchards aigris mais des bâtisseurs qui construisent un monde à la foi nouveau et meilleur.

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22/06/2014

Le retour annoncé de Nicolas Sarkozy et la situation politique en France

Nicolas Sarkozy, le retour?

On se demande si c'est la presse qui se cherche un nouveau sujet paolpitant, de nature à vendre un peu plus de journaux et d'informations ou s'il s'agit bien d'un retour. En effet, la coupe du monde du football commence à faiblir malgré les victoires récentes des bleus et il est sage de brancher l'opinion sur d'autres thèmes à l'annonce des vacances estivakes, période d'étiage pour la presse.

Mais la situation est plus préoccupante: pourquoi sortir de son silence sitôt? Il reste encore trois ans à François Hollande. Trois années au cours desquelles tant de choses peuvent se passer, sauf un redressement spectaculaire de la situation et une remontée de M. Hollande dans les sondages. Cei signifie que de plus en plus de gens se disent que des changements graves pourraient bien se produire avant la fin du quinquennat. En d'autres termes, une crise institutionnelle. Pour être plus clair: une interruption de la présidence Hollande sous sa forme actuelle. Soyons encore plus direct, selon certaines officines politiques: une dissolution de l'Assemblée Nationale puisque la majorité actuelle ne correspond plus à la réalité dans le pays.

Mais même cela n'est plus aussi simple: des gens envisagent que la droite sortie largement vainqueur aux élections refusera de gouverner avec l'actuel président. Bref, un vrai cauchemar!

Toujours selon ces mêmes milieux, ceci expliquerait que N. Sarkozy soit pressé de prendre les choses en main. Mais qui peut bien souhaiter une telle crise institutionnelle, la plus grave grave depuis 1968?

Et d'abord pourquoi la côte de popularité ne peut pas remonter et restera à 18%? Selon des experts indépendants il faudrait 5 années entières à un taux de croissance de plus de 2% pour que le chômage commence à refluer…… Il faudrait un miracle, comparable à la division de la Mer rouge ou au don de la manne dans le désert pour que cela se produise.

La grande question n'en demeure pas moins celle-ci: les Français accepteraont ils de vivre encore trois dans une telle situation?

La plus grande prudence s'impose. Il faudrait qu'Alain Juppé soit appelé à la rescousse pour diriger un gouvernement d'union nationale. Mais la classe politique aura t elle le courage nécessaire pour éviter un nuafrage ou une crise institutionnelle?

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Franz Rosenzweig, Il est grand temps... (suite et fin)

 

Il sera aux côtés du rabbin, autonome, formé théologiquement et aussi compétent que lui. Mais il sera différent de lui dans la plupart des cas puisque son activité scientifique soutenue au sein de l’académie suscitera  en lui une certaine fécondité intellectuelle. Comme ses obligations d’enseignant, comparées à celles d’un professeur de lycée, lui laissent pas mal de temps libre et ne le mobilisent que les après midis, il sera donc particulièrement disponible pour le travail scientifique. Son activité externe reposera moins sur sa charge d’enseignant attaché à un établissement scolaire que sur son appartenance à une éminente corporation d’érudits englobant l’ensemble du Reich, voire même, si la paix réglait enfin la situation de notre continent, la totalité de l’Europe centrale. En sa qualité de membre de l’académie il pourra prendre en main l’ensemble des conférences au sein de la communauté, soit en les donnant lui-même soit en les organisant ; et ainsi, sera introduit dans les cercles littéraires l’air frais et vivifiant d’une puissante activité scientifique. Il pourra même irradier sur les communautés avoisinantes en y prononçant des conférences ; et au fil des ans, on verra émerger un public  intéressé et vivant, constitué par ses propres élèves qui auront profité de son enseignement. On assistera alors partout au développement de bibliothèques communautaires pourvues de salles de lecture qui nous donnerons l’impression d’être chez nous, comme c’est le cas ici à Berlin,  la capitale du Reich qui a pris beaucoup d’avance sur les autres centres juifs. Et cela est d’autant plus facile, que ce qui fait problème ici ce n’est pas le manque d’infrastructure mais plutôt la volonté et l’envie de participer; car, aujourd’hui, on a surtout besoin d’un regroupement courageux des stocks d’ouvrages, d’une bonne politique d’acquisition des fonds, d’un aménagement intelligent des heures d’ouverture et de consultation, avec des bénévoles pour assurer la surveillance et les prêts à domicile, si l’on veut, m$eme modestement pour commencer, suivre l’exemple berlinois. Ainsi, le maître sera à même de représenter la communauté vis-à-vis de l’extérieur, au plan spirituel, il sera donc en meilleure position que le rabbin pour s’acquitter de cette tâche. Dans la plupart des villes moyennes non dotées d’universités, il pourra faire fonction d’«orientaliste» aux yeux des élites scientifiques locales : voilà une position qu’il pourra occuper, précisément parce qu’il n’est pas totalement accaparé par son activité d’enseignant, aux côtés  des directeurs de la galerie d’art, du musée mocal, de la bibliothèque municipale, peut-être aussi aux côtés de tel professeur de lycée ou de tel autre,, d’un pasteur intéressé par l’activité scientifique,  voire du directeur du théâtre municipal ou du chef des chœurs. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, le maître  pourra insuffler une vitalité nouvelle à l’existence communautaire.

 

 

 

Nous avons besoin de cette vitalité nouvelle. L’espoir des juifs d’Allemagne qui avaient vu dans la déclaration de guerre l’aube d’une ère nouvelle, s’est évanoui, emportant avec lui tout optimisme. Si l’on considère avec sérieux ce fait d’un point de vue juif, c’est plutôt une bonne chose. Pour l’homme vaillant, les grandes mutations ne tombent pas du ciel ni ne proviennent de l’extérieur. L’époque ne pourra jamais lui offrir ce à quoi il ne s’est pas lui-même préparé. Cette apparente égalité des droits sur laquelle on avait fondé tant d’espoirs aurait été un cadeau de cette nature. Nous aurions alors reçu en tant qu’individus ce qui aurait fait défaut à la communauté ; ce qui signifie en fait que la situation en Allemagne n’aurait pas changé, à cette différence près que ce qui n’avait été accordé qu’à un petit nombre, est aujourd’hui accessible à beaucoup de juifs, voire à la majorité d’entre eux. Mais beaucoup d’individus, voire même l’ensemble de ces individus, cela ne constitue toujours pas la communauté.[1] A certains moments, cette dernière est en de meilleures mains quand il s’agit d’un petit nombre plutôt que d’un grand. Contrairement à ce qu’elle pense, la communauté n’a pas à acquérir ou à ne pas acquérir cette égalité des droits par le combat mais bien par le travail et l’effort.  Si nous commençons par obtenir une égalité des droits  pour la communauté, pour le judaïsme, l’égalité des individus, de tous les juifs suivra d’elle-même. Mais voilà le chemin de l’égalité des droits pour toute la communauté passe par l’organisation. Elle constitue le point par lequel le travail ciblé de l’individu accède enfin à l’esprit de la communauté. Lorsqu’on commença, dès la première moitié du siècle passé, à nous inviter à prendre part à la vie commune du peuple et de l’Etat, les choses furent organisées de la manière suivante : on commença à annuler par des dispositions juridiques les barrières qui empêcherait le juif de participer à la vie publique. Mais le fait que l’individu qu’on cherchait à émanciper était lui-même empêtré dans des liens provenant de sa propre vie ou existence communautaire, passait, dans le meilleur des cas, pour une difficulté mineure.  Il suffisait de lui donner accès aux grandes institutions nationales pour que les chaînes, le reliant à  sa vieille appartenance à une communauté raciale et spirituelle, tombent d’elles-mêmes. Jadis, seules les forces réactionnaires étaient d’un avis différent. Les lois régissant les juifs, conçues par Frédéric Guillaume IV, avaient elles aussi l’intention,  selon sa propre idée, d’offrir aux juifs de participer à la vie publique, mais sur la base d’un droit ouvert à l’individu mais selon une constitution corporative de la «juiverie». Ceci était conforme à la pensée politique de tous ces cercles désireux de réorganiser le peuple en groupes corporatifs ; concernant  les juif s et la voie  librement suivie en vue de s’instruire, et choisie au cours des dernières décennies, les manœuvres pour ralentir tout ce processus étaient trop visibles en dépit  de l’habillage fourni par une pensée politique.. Ces plans là n’ont pas été couronnés de succès jadis. Aujourd’hui encore, aucun juif avisé ne voudrait les voir ressusciter.

 

 L’époque a aussi pris ses distances avec  ces idées visant à émanciper l’individu, bien qu’elles aient donné l’impression d’avoir eu gain de cause, du moins sur le papier. Nous avons appris que la consécration des droits de l’individu n’apportait pas grand’ chose. Aussi lo,ngtemps que l’on voudra faire participer un individu en tant que tel, sous certaines conditions, mais tout en ignorant consciemment son appartenance communautaire, tout ce que  cet individu obtient, même sans renier son appartenance à notre groupe, ne représente pas, matériellement, un avantage pour la communauté mais idéalement un dommage,.  Grâce à sa cohésion impressionnante, la communauté doit être efficace à l’intérieur, et déployer une grande visibilité à l’extérieur, afin que nous ne soyons pas considérés par le monde extérieur, dans le meilleur des cas, comme une tare sans gravité, et ce, aussi bien en cas de fidélité ou de défection. Certes, ce n’est pas la juiverie qu’il convient de transformer en corporations, comme le souhaitaient les forces réactionnaires du milieu du XIXe siècle, mais bien le judaïsme. Ce sont des organisations spirituelles juives qu’il faut créer et non des corporations. L’esprit du judaïsme réclame des foyers et des établissements caritatifs juifs. Le problème de l’éducation juive à tous les niveaux et sous toutes ses formes, telle  est la question vitale du judaïsme de notre temps. Oui, de notre temps, car le verset (Psaume 119 ; 126) dit bien : il est temps d’agir pour D-, ils ont renversé ta loi.

 

Franz ROSENZWEIG en 1917

 

 

 

Traduit de l’allemand et annoté par Maurice-Ruben Hayoun (uin 2014)

 



[1]  Dans tout ce passage, Rosenzweig veut nous expliquer que l’on a émancipé les juifs en tant qu’individus isolés sans jamais en faire de même pour le judaïsme. En somme, sans le dire, on espérait émanciper les juifs de leur judaïsme. Ce qui explique le désert juridico-légal entourant les communautés en tant personne morales..

 

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