10/06/2014

Au Front National Le Pen contre Le Pen?

Au Front National, Le Pen contre Le Pen ?

Ce qui se passe encore aujourd’hui au Front National est une sorte de phénomène de nature météorologique dont la survenue est incontournable : l’ancien contre le nouveau, les idées reçues contre les promesse de l’avenir. En d’autres termes, le vieux leader, agacé par une mise à l’écart progressive mais ferme, a fini par ruer dans les brancards et se livrer à son passe-temps favori : le calembour douteux, même si dans certains cas, et seulement certains, il ne faut pas lui prêter de noires arrière-pensées qu’il n’a pas… toujours.

Une phrase en guise d’introduction mais aussi pour être bien clair : ce qui m’inquiète dans ce parti, ce n’est pas vraiment ce qu’il est car comme tous ses frères jumeaux il s’adapte et sa nature est plutôt fuyante. Non, ce qui me préoccupe, c’est que les Français dans une proportion croissante et face à l’incurie et à l’impéritie des autres forces politiques, lui accordent leurs suffrages. Il est stupide de prétendre que la France est devenue fasciste ou d’extrême droite à 25% !!  Ce qui est vrai, c’est que de vastes secteurs du corps électoral ne font plus confiance aux partis traditionnels qui ne se sont pas renouvelés et n’ont pas apporté de réponse convaincante  à deux problèmes qui semblent cristalliser la crainte et les phantasmes de nos concitoyens : l’immigration et le chômage. Oserai-je ajouter que pour ces mêmes électeurs, dans immigration il faut ajouter insécurité, que cela soit fondé ou non…

Qu’a dit le président fondateur du FN ? Il s’est insurgé contre ceux qui clament urbi et orbi leur opposition à son parti et, pour ce faire, il a utilisé une métaphore, en soi inoffensive, mais dont l’arrière-plan politico-historique est des plus sensibles.. Et qui rappelle cette terrible petite phrase qui a sans doute mis fin à sa carrière politique en le stigmatisant à tout jamais, le fameux détail de la seconde guerre mondiale. On peut dire, sans mauvais jeu de mots que ce détail est de taille et qu’il a fait une nouvelle victime, Le Pen père en personne.

Voilà un homme qui est largement octogénaire, qui semble assez diminué  par rapport aux années précédentes, qui ne fréquente pratiquement plus les plateaux de télévisions ni les studios des radios et qui trouve le moyen de se rappeler à notre mauvais souvenir en émettant publiquement des appréciations aux conséquences dévastatrices pour lui-même… Est-ce une dégénérescence nerveuse ? Sont-ce les prodromes d’une sénilité prochaine ? Toujours est il que la jeune garde qui l’a évincé en est aujourd’hui à réclamer son départ. D’autres hommes politiques ont même proposé sa déchéance du parlement européen… C’est dire les conséquences incalculables d’un mot dont le chef vieillissant aurait pu s’abstenir s’il avait encore le sens des réalités.

Que va t il se passer à présente ? Au train om vont les choses, et eu égard à l’incroyable capacité de nos sociétés à digérer tout ce qui survient dans le monde, ce nouvel écart de langage sera vite oublié et surtout il ne freinera pas l’inexorable progression électorale du F.N. En revanche, cela aura servi de révélateur : Marine Le Pen aura compris de la manière la plus claire que son père est désormais un obstacle à écarter d’urgence si elle veut progresser. Toute la jeune garde entourant la président du FN a condamné cette sortie verbale. Quant aux Français, ils continueront à voter dans le même sens car ce qui se passe ne répond toujours pas à leur attente : moins d’impôts, moins de chômage, moins d’insécurité et moins d’immigration.

C’est peut-être injustifié mais c’est ainsi : on ne peut pas dissoudre le peuple car c’est lui qui a le dernier mot.

09:02 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.