31/05/2014

Les djihadistes américains qui se battent en Syrie, un danger grave pour les USA

 

 

 

 

 

Les djihadistes américains qui se battent en Syrie

 

Apparemment, les défaillances de Barack Obama ne sont plus exclusivement perceptibles dans le domaine de la politique étrangère mais touchent aussi, par ricochet, la politique intérieure. Tous les observateurs impartiaux reconnaissent que l’actuel président US qui n’a plus que deux ans à passer à la Maison Blanche, peine gravement à trouver un rythme de croisière, tant les grandes lignes de sa politique sont difficiles à définir. On a déjà maintes fois évoqué ici même la perte d’influence, voire de confiance dont souffre l’Amérique aux yeux de ses alliés traditionnels, Israël et les régimes arabes modérés.

 

 

 

Ce qui a porté un coup fatal à la crédibilité des USA, c’est le défaut face à la Syrie, alors que M. Obama avait solennellement mis Bachar el Assad en garde. Et puis, il y a les résultats de cette politique mollassonne : Bachar va être tranquillement réélu lors de la prochaine consultation électorale en Syrie. Alors qu’on approche les 200 000 morts dans ce pays. Bien pire : Bachar a reconquis de larges portions de territoire occupées il y a encore peu par les insurgés, ces insurgés qui sont, il est vrai, débordés par les islamistes. Ce qui constitue le seul motif acceptable pour justifier l’attentisme d’Obama.

 

 

 

Les islamistes, parlons en. Depuis hier soir, les nouvelles parlent d’un jeune Américain qui a commis un attentat suicide en Syrie en se faisant exploser avec un camion dans un restaurant fréquenté par les soldats de Bachar. Outre les USA qui subissent ainsi une grave défaite morale, on peut même parler d’une victoire posthume de Ben Laden. Car les islamistes ont réussi à recruter partout en Europe et maintenant aussi aux USA ; ils se sont donc introduits sans peine au sein même des entités humaines de leurs ennemis : en retournant des citoyens occidentaux et chrétiens contre leur propre pays, ils ont donné à leur combat une dimension nouvelle. C’est dans le cœur d’une partie (marginale) de la jeunesse qu’ils livrent leur combat.

 

 

 

Mais tout ceci aurait pu être évité, ou considérablement réduit, si M. Obama avait su appliquer la bonne politique au lieu de pratiquer une politique de renoncement et de repli sur soi. Voyez l’exemple de l’Afghanistan= en 2016 il ne devrait plus y avoir de soldats US sur place, mais cela signifie eo ipso le retour des Talibans qui referont de ce pays une base du terrorisme international. Avec une direction républicaine, une telle attitude eût été inconcevable.

 

 

 

L’Amérique est menacée, on l’a vu, avec ce major US qui a tué plus d’une dizaine de ses camarades quand il a reçu sa lettre d’affectation en Afghanistan… On l’a vu avec les deux Tchétchène qui ont terrorisé le marathon de Boston.. Et il y a tant d’autres exemples…

 

 

 

Mais aujourd’hui, le danger menace, notamment lors du retour de ces jeunes Américains aux USA. Ils seront indétectables et pourront frapper leur pays, devenu leur ennemi, quand ils le voudront. Certes, on rétorquera qu’il y a le même problème en Europe, en France et en Belgique. Mais ces pays n’ont pas les mêmes moyens que les USA.

 

 

 

Mais tant que Barack Obama est là, les USA sont paralysés.

 

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30/05/2014

Prier pour la paix au Vatican

 

Prier pour la paix au Vatican : une résurgence de la fraternité abrahamique

 

 

 

L’initiative du pape François avait commencé par faire sourire, un peu comme si des gourous proposaient de guérir des maladies graves et contagieuses par la contemplation d’un jet d’eau ou la méditation transcendantale.. et finalement cela a pris. Lorsqu’il était en visite en Israël et chez les Palestiniens, le pape avait invité les deux hommes politiques les plus importants à venir prier avec lui, chez lui, au Vatican pour la paix. Je me souviens avoir été choqué par le ton moqueur et ironique d’un journaliste de radio qui annonçait cette proposition comme si elle venait d’une autre planète. Et pourtant, c’est une excellente initiative. Je ne dis pas que cela va déboucher sur la paix mais cela y contribuera indéniablement.

 

 

 

Commençons par tenter d’appréhender cette vague de scepticisme, si caractéristique de notre temps, chaque fois qu’il s’agit d’une manifestation de spiritualité ou de croyance à l’invisible. Cette époque où nous vivons a totalement exclu et banni l’idée même de transcendance. Elle ne croit plus en rien, pas même en ce qu’elle fait. Tant le désenchantement est profond et la foi en l’être suprême ou simplement en l’être humain, est labile.  Ce journaliste qui se gaussait du pape et de son initiative n’est pas entièrement responsable de son incrédulité gouailleuse ni de son scepticisme affiché. Chaque jour que Dieu fait, il nous annonce des malheurs, des injustices, des guerres, bref des horreurs de par le monde.. Il promène donc sur le monde qui l’entoure, un regard qui ne rencontre jamais la vertu, l’espérance et l’équité. Je n’aurai aucun mal à énoncer je ne sais combien d’horreurs annoncées à la chaîne ce matin même : quatre jeunes gens morts la nuit dernière dans une course poursuite, un jeune homme dans le coma à Marseille après avoir été poignardé, quinze morts dans une église de Bangui, attaquée etc… Sans oublier, sur la scène politique française, la chute infernale de l’actuel président dans les sondages : les journalistes se complaisent à appeler François Hollande, Monsieur 3%… Et je laisse de côté, par charité, les moqueries des commentateurs de son déjeuner avec les Bleus à Clairefontaine…

 

 

 

Et voici que dans cet univers où plus rien ou presque ne fonctionne, un vieillard en invite deux autres à venir prier avec lui pour que les hommes réinstaurent entre eux des relations de paix.

 

 

 

La prière, que vaut elle, que représente t elle aujourd’hui ? Pas grand chose. Pourtant, elle est le lien quasi unique entre l’être humain et la transcendance ou Dieu. Même les païens ont adopté une forme de culte qui se rapproche de la prière en portant des offrandes dans leurs temps dédiés à telle ou telle divinité particulière ou dans un panthéon qui les réunit toutes.

 

 

 

Toutes les religions, toutes les spiritualités ont conçu des prières et formé des liturgies. Je m’en tiendrai ici aux prières monothéistes puisque les trois hommes qui vont unir leurs prières sont le catholique François, le juif Péréts et le musulman Abbas. Trois branches du monothéisme abrahamique, trois héritiers de la fraternité entre les hommes.

 

 

 

Le patriarche Abraham est la personnalité la plus consensuelle, la seule qui ait été acceptée sans réserve par les trois grandes églises du monde : judaïsme, christianisme et islam. Moïse ne jouit pas du même statut car c’est à lui que fut remise la Tora tandis qu’Abraham s’est contenté de découvrir l’idéal du Dieu unique. Ce n’est pas rien. Et c’est encore lui qui, dans le chapitre XXII du livre de la Genèse, n’a pas hésité à offrir son propre fils Isaac en sacrifice, ce que Dieu a refusé juste au dernier moment, après cette épreuve inhumaine à laquelle le patriarche fut soumis : on ne lui a pas demandé de mourir en martyre, mais bien pire, de sacrifier ce qu’il avait de plus cher au monde : un fils, son fils tant attendu et qui devait lui assurer une descendance nombreuse.

 

 

 

Louis Massignon, homme de foi et de science, personnalité controversée, a écrit un ouvrage intitulé les trois prières d’Abraham, montrant que le patriarche a fait de la prière pour les autres sa raison de vivre : la prière pour les villes pécheresses, pour Ismaël et pour Isaac. Mais surtout il n’était pas égoïste mais altruiste. La tradition juive compare l’attitude de Noé, le rescapé du Déluge, à celle d’Abraham : Noé n’a prié que pour lui et ses proches, Abraham a prié pour les autres, tous les autres. Ce qui l’installe dans une spiritualité nettement supérieure à celle de Noé. C’est pour cela que juifs, chrétiens et musulmans parlent d’un être aimé de Dieu…

 

 

 

Juifs et chrétiens ont élargi l’anneau en introduisant Moïse, porteur des tables de la loi, et l’église en introduisant Jésus. Les Arabo-musulmans ont parlé des prières abrahamiques (al salawat al ibrahimiya) et optent clairement pour la religion d’Abraham. La Bible hébraïque n’a jamais perdu de vue ce grand patriarche qui se situe aux origines de l’identité  religieuse d’Israël (Abraham ha-Ivri). La littérature prophétique adjure les enfants d’Israël de se souvenir d’où ils viennent : levez les yeux vers la mine d’où vous été extraits, regardez votre patriarche Abraham (habbitou el Abraham avikhém)…

 

 

 

Ce thème sera très probablement l’ossature de la prière des trois dirigeants pour la paix. Mais il y a une coïncidence qui est des plus heureuses : la journée du 8 juin, c’est le lendemain de la fête de chavou’ot (Pentecôte) qui marque le don de la Tora au peuple d’Israël.

 

 

 

Voilà un pape vraiment sensible aux symboles et qui a la main heureuse. Réussira t il ? Cela dépend de la ferveur des prières.

 

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29/05/2014

Franz Rosenzweig et le renouveau de l'éducation juive

Franz Rosenzweig et le renouveau de l’éducation juive au début du XXe siècle

                                                                                        A la mémoire du professeur Stéphane Moses  ZaL

Pourquoi évoquer en ce temps ci le souvenir d’un grand penseur judéo-allemand, fortement attaché à sa tradition ancestrale, l’homme qui, au terme d’une vie hélas abrégée par une implacable maladie, nous donna tout de même l’Etoile de la rédemption (1921), le Livret de l’entendement sain et malsain et d’innombrables contributions de plus petite taille, recueillies dans ses Opera minora ? Pour la bonne raison que la transmission de la tradition juive a toujours constitué un défi pour chaque nouvelle génération.

Franz Rosenzweig naquit à Cassel en Allemagne en 1887 dans une famille de la petite bourgeoisie juive assimilée. Comme tous les intellectuels juifs de son temps, il veut faire une carrière universitaire et devenir ein Akademiker.. Il jette alors son dévolu sur les idées politiques du plus grand philosophe de l’époque, mort un demi siècle auparavant, Hegel. Il soutiendra donc une belle thèse sur Hegel et l’Etat. Mais cet idéalisme allemand dont Hegel est le couronnement ne le satisfait pas. Il cherche autre chose.. Confusément, il a mal à son judaïsme et à son identité juive. L’Europe va bientôt entrer en guerre et tout l’ordre établi en sera chamboulé. Autour de lui, les juifs désertent la maison du judaïsme, jusqu’à son cousin Eugen Rosenstock-Huessy qui a franchi allégrement le pas et le presse d’en faire autant..

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Franz Rosenzweig et le renouveau de l'éducation juive

Franz Rosenzweig et le renouveau de l’éducation juive au début du XXe siècle
                    A la mémoire du professeur Stéphane Moses  ZaL
Pourquoi évoquer en ce temps ci le souvenir d’un grand penseur judéo-allemand, fortement attaché à sa tradition ancestrale, l’homme qui, au terme d’une vie hélas abrégée par une implacable maladie, nous donna tout de même l’Etoile de la rédemption (1921), le Livret de l’entendement sain et malsain et d’innombrables contributions de plus petite taille, recueillies dans ses Opera minora ? Pour la bonne raison que la transmission de la tradition juive a toujours constitué un défi pour chaque nouvelle génération.
Franz Rosenzweig naquit à Cassel en Allemagne en 1887 dans une famille de la petite bourgeoisie juive assimilée. Comme tous les intellectuels juifs de son temps, il veut faire une carrière universitaire et devenir ein Akademiker.. Il jette alors son dévolu sur les idées politiques du plus grand philosophe de l’époque, mort un demi siècle auparavant, Hegel. Il soutiendra donc une belle thèse sur Hegel et l’Etat. Mais cet idéalisme allemand dont Hegel est le couronnement ne le satisfait pas. Il cherche autre chose.. Confusément, il a mal à son judaïsme et à son identité juive. L’Europe va bientôt entrer en guerre et tout l’ordre établi en sera chamboulé. Autour de lui, les juifs désertent la maison du judaïsme, jusqu’à son cousin Eugen Rosenstock-Huessy qui a franchi allégrement le pas et le presse d’en faire autant..
Le moral est au plus bas, Rosenzweig s’interroge : doit-il lui aussi quitter le judaïsme au motif que celui-ci se trouve dans une passe fort difficile ? Il est ébranlé au plus profond de son être. Et c’est alors que survint une sorte de miracle, peut-être une sorte de légende, un récit hagiographique qui fera basculer la vie de ce jeune homme, en quête de fidélité et d’absolu.  Je ne sais pas si ce que je vais raconter s’est vraiment produit ainsi mais c’est ce qu’a légué l’histoire.

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28/05/2014

Erri de Luca, la profonde sensibilité juive d'un écrivain non-juif: ET IL DIT

La profonde sensibilité juive d’un écrivain non-juif, Erri de Luca. Son livre : ET IL DIT

La littérature est là pour nous faire oublier les vicissitudes du temps présent. Elle nous transporte dans l’imaginaire d’écrivains qui nous parlent de tout autre chose, décrivent sous nos yeux un univers différent, celui de leurs rêves, de leurs évasions et de leur espérance. C’est pourquoi ce matin au lieu de parler des aléas de la vie politique, j’ai jugé bon de rendre compte d’un petit livre savoureux, intitulé ET IL DIT, écrit par un excellent auteur italien, Erri de Luca. Cette fois encore, c’est M. Claude Sarfati qui me l’a fait découvrir : grâce lui en soit rendu…

De quoi s’agit-il ? D’un midrash sur le livre de l’Exode, de la réception par Moïse du Décalogue, le tout intimement mêlé à un épisode étrange de l’histoire biblique, le chapitre XXII du livre de la Genèse, la ligature d’Isaac que des esprits incultes traduisent par le sacrifice d’Isaac. En fait, tout ce chapitre étrange est justement une mise en scène qui vise à faire faire à l’humanité croyante un gigantesque pas en avant, à savoir le remplacement du sacrifice humain par un culte sacrificiel qui recourt à l’immolation d’animaux. Et non plus d’êtres humaines : il ne faut donc jamais parler de sacrifice qui n’eut pas lieu et qui aurait contredit à la promesse divine d’accorder au patriarche Abraham une nombreuse descendance, mais de ligature, destinée à tester, à éprouver la foi d’Abraham, une foi inébranlable en Dieu. Erri de Luca parle d’ailleurs d’un des dix commandements qui interdit l’homicide, même judiciaire, la condamnation à mort prononcée par un tribunal.

Passant en revue chaque ligne de ces dix commandements, l’auteur fait une remarque qui ne semble pas avoir été soulevée par d’autres avant lui, c’est la forme de l’impératif hébraïque au masculin et jamais au féminin. Par exemple, pour le tu ne tueras pas, le texte hébraïque (et je rends hommage aux traductions de l’hébreu de cet auteur, elles sont excellentes) dit LO TIRTSAH et non LO TIRTSEHI : et ceci vaut pour tous les autres commandements ! On  pourra en déduire ce qu’on voudra, mais c’est une trouvaille exégétique, un hiddoush pour reprendre l’expression traditionnelle. Ou peut-être considérait on que la femme n’était pas encore un sujet moral autonome, demeurée soumise à son père ou à son époux..

En fait cet auteur non-juif qui est animé d’une très profonde sensibilité juive, a écrit un beau midrash que ne renieraient pas même les plus grands maîtres de la tradition juive. Si j’étais un kabbaliste et si je croyais en la transmigration des âmes (guilgoul ha-neshamot), je dirais que  son âme est grosse d’une autre âme juive, ou en comporte des étincelles provenant d’une vie antérieure, comme dirait le fondateur de la kabbale de Safed, Isaac Louria.  J’ai rarement lu un si beau texte, si proche de l’exégèse traditionnelle, sans aucune visée christianisante ni prosélytisme.  Certes, on voit apparaître le Galiléen, allusion transparente à l’humanisme religieux de Jésus qui défend la femme adultère, condamné à mort par le tribunal. Mais le nom lui-même n’est jamais ciét. En bref, un auteur qui nous accompagne jusqu’au pied du Mont Sinaï mais qui, comme il le dit lui-même, à la fois avec solennité et humour, descend à l’avant-dernière station…

L’épilogue tient en deux textes aux titres clairs :  Adieu au Sinaï et en Marge du campement. On pourrait exprimer cela en hébreu rabbinique pour définir quelqu’un qui est justement hors du campement : mé-houts la-mahané moshavo, i.e. il est à l’extérieur, il n’est pas concerné.

Pas concerné, peut-être, mais profondément touché ! Je reviens au Décalogue. De Luca propose des traductions assez originales, presque littéralistes mais novatrices. Le commandement généralement traduit par Respecte ou honore ton père et ta mère est traduit d’une manière qui serre de très près le terme hébraïque KABBED : donne du poids ! Ce n’est pas mal, il fallait y penser.

On sait que la Tora écrite ne dit pas tout et que la Tora orale entend justement combler, remplir les interstices laissés par elle. Imagine t on l’état physique et psychologique d’un Moïse rejoignant son peuple après une absence de 40 jours, sans s’être alimenté ? Un homme n’ayant plus que la peau sur les os, les lèvres scellées l’une à l’autre par la soif, le corps déshydraté, les yeux brûlés par un soleil de plomb, incapable de parler, de se mouvoir, ni même de reconnaître ceux qui l’entourent…… C’est ce que décrit Erri de Luca avec bonheur. Or, la Tora se contente de citer deux ou trois versets lapidaires pour évoquer cette situation.  De Luca fait pour Moïse ce que  le luthérien danois Sören Kierkegaard avait fait, vers 1945, pour Abraham dans Crainte et tremblement… Les deux complètent le texte biblique, les deux écrivent un midrash…

Ensuite, ensuite de Luca reprend l’expression biblique décrivant l’inscription des commandements en lettres de feu à l’aide du doigt divin.. Il parle aussi des femmes, de leurs taches ménagères, de leur fabrication de la vie en donnant les enfants, etc… On se souvient que le Midrash rabba du livre de l’Exode signale que même les servantes les plus jeunes du peuple d’Israël ont perçu une vision prophétique, le jour de la théophanie, bien supérieure à ce que devaient percevoir les plus grands prophètes ultérieurs, Isaïe, Jérémie et Ezéchiel…

Ce qui est frappant avec cet auteur italien, c’est qu’il a lu ces textes et en a épousé les contours sans jamais en trahir l’esprit. Ceux qui nous font l’honneur de nous lire perçoivent bien des pointes critiques de nos propos mais chez cet homme on n’en trouve guère.

Je cherchais le mot, le voici, il a une empathie juive assez incroyable sans être lui-même juif. Il glorifie les fils d’Israël sans en être un lui-même.

Voyez comment il réécrit, à la lumière de la tradition, l’histoire de Moïse et notamment son mariage avec Tsippora que l’Italien traduit par… hirondelle ! Au fond, Tsippora vient de Tsippor qui désigne l’oiseau et est un substantif hébreu du féminin. Quant au beau-père, le fameux Jethro auquel la Bible donne aussi d’autres noms, l’Italien s’en tire par une pirouette : dans le désert, dit il avec ironie, mieux vaut avoir plusieurs identités !

Le trait le plus original de ce livret qui se lit en quelques heures, de ravissement et d’enchantement, est d’avoir mêlé intimement le chapitre XXII de la Genèse (Akédat Ytshaq) au chapitre XX de l’Exode (Mattan Tora). Ce sont deux points culminants de la spiritualité juive. Certes, ce ne fut pas Abraham mais Moïse qui reçut le Décalogue et les tables de la loi mais le patriarche fut le vrai découvreur du monothéisme hébraïque puisque la Bible parle bien d’Abraham l’Hébreu (Abraham ha-ivri).

La méthode de Erri de Luca ressemble à s’y méprendre à celle du midrash qui se libère des contraintes de l’histoire et de la chronologie. Il a aussi le mérite inestimable de s’identifier à l’approche traditionnelle, ce qui est extraordinaire pour un non adepte du judaïsme. Il souscrit à la vision biblique de l’Egypte ancienne, un empire du mal qui réduisait les réfugiés venus chez lui pour survivre, ainsi que tous ses voisins, à l’état d’esclaves. Or, ceci n’est corroboré par aucun témoignage scripturaire ni épigraphique d’aucune sorte. D’un autre côté, on peut tout de même s’interroger sur la nationalité et le statut social de ces milliers d’ouvriers sur le site des pyramides et dont on a retrouvé des ossements dans la fameuse vallée des rois.

Une dernière remarque : les juifs se sont toujours plaint d’une attitude hostile à leur égard et d’une déformation, d’une caricature de leur histoire (et cela remonte même à Manéthon, le bibliothécaire d’Alexandrie). Et ceux qui prenaient leur défense étaient souvent, très souvent issus de leurs rangs ou d’ascendance juive.
Avec Erri de Luca, cet écueil est évité puisqu’il descend à l’avant-dernière station. Juste avant la loi du Sinaï……

Lisez ce beau livre d’Erri de Luca !

Maurice-Ruben HAYOUN in TDG du 28 mai 2014

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27/05/2014

La place de la France en Europe après le score du FN

La place de la France en Europe après le score du FN……

Quand vous regardez les manchettes des journaux d’hier, en France comme dans le reste de l’Union Européenne, le même mot revient en grosses lettres noires : séisme ou tremblement de terre…

Cela est indéniable. Mais ce qui accroît notre perplexité et donc notre inquiétude, c’est la faillite sans réserve des partis traditionnels et notamment de celui qui gouverneme présentement en France. C’est un recul historique, une faillite innommable et une désespérance sans égale tant les citoyens ne croient plus en rien. Un reportage sur la Picardie, diffusée par I-Télé a fini de me convaincre du bien fondé de cette analyse : dans un agréable petit village situé à moins d’une heure et demi de Paris, un lieu quasi paradisiaque où il n y a ni immigrés, ni rom, ni délinquants ni fraudeurs sociaux (RSA, etc), oui, rien ne contrarie les gens ni de jour ni de nuit, eh bien, plus de 60% ont voté pour le FN et le reconnaissent bien volontiers à la télévision. Ils défient même le regard réprobateur des autres (et des journalistes) et s’assument en clamant leur volonté de changement.

J’ai regardé hier attentivement l’allocution du président de la République. Par respect je m’abstiendrai de faire des commentaires de mon cru mais répercuterai ceux de journalistes, commentateurs professionnels de la politique intérieure. Aucun, je dis bien aucun, n’en pense du bien, selon eux, le président a survolé les problèmes et n’a pas apporté la bonne réponse aux attentes des Français.
Mais, si j’ose dire, ce n’est pas le problème car les institutions de la Ve république protègent de manière incroyable le président. Il peut continuer à exercer ses fonctions, même si son parti ne remporte que moins de 14% à des élections. Voilà pour la question vue de l’intérieur.

Mais quid de l’extérieur ? Ce soir, comment le président français se justifiera t il devant ses pairs européens qui ont tous, tous quoique diplomatiquement, manifesté leur profonde inquiétude sur l’état de santé de ce pays ? Madame Merkel a parlé la première, auréolée de son score impressionnant aux élections avec une SPD qui obtient un score qui est plus du double de celui de son parti frère (le PS) en France. En tout près de 65%, en France on en est à 13,80%. Les chiffres sont têtus mais ils sont là et indéniables. Ils nous renvoient à la réalité, une réalité qu’on cache aux Français depuis des décennies : il faut regarder la réalité en face, la France se repose sur ses lauriers, elle n’a plus les moyens de sa politique, une certaine idée de la France etc, cela fait partie des oripeaux d’une autre époque.

Aujourd’hui, c’est l’Allemagne de Madame Merkel qui décide, c’est encore elle qui a érigé une muraille protectrice autour de l’Euro afin de dissuader les attaques  des marchés. Si nous avions été livrés à nous-mêmes, l’Euro ferait partie de MMS (mes meilleurs souvenirs). Certes, la chancelière a donné, pour la forme, un satisfecit à la France, mais il était assorti d’une sérieuse mise en garde. Quant aux hommes politiques de moindre importance et aux journalistes d’outre-Rhin, ils considèrent que l’Allemagne ne peut plus vraiment compter sur la France et sur ses convictions pro européennes. LA situation leur paraît instable et ils sont conscients de la déconnexion entre le peuple et le pouvoir.

C’est tout de même curieux pour un pays fondateur de l’UE.. Cette évolution était hélas prévisible depuis que l’Allemagne avait pu conserver son triple A alors que la France l’avait perdu. On a l’impression que le pays est en roue libre. Le plus grave est que les gens de l’extérieur partagent cette impression.

Que faire ? Certains avancent que le  président aurait dû attendre les résultats des dernières élections pour nommer un nouveau premier ministre. Car aujourd’hui, il ne peut plus rien faire, sinon maintenir le cap. Or, c’est ce même cap qui déplaît souverainement aux Français et contre lequel ils se sont levés…

On est dans une impasse : une politique économique et sociale qui ne peut plus changer et un corps électoral qui veut qu’elle change…

Tout le monde a entendu ce matin chez J-J. Bourdin Marine Le Pen réclamer la dissolution de l’Assemblée nationale. Mais une telle mesure serait suicidaire pour le pouvoir. Un journaliste a même prédit qu’en cas de dissolution, le PS n’aurait plus que quelques dizaines de députés au Palais Bourbon.. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, l’UMP est traversée par une grande crise.

Les plus cyniques parmi les hommes politiques disent que dans quelques jours, il y aura la coupe du monde, déjà il y a les tournois de Roland Garros, après le tour de France, ensuite le défilé du 14 juillet. Et puis, les Français vont se changer les idées en partant en vacances. Oui, certes, puissent ils être entendus !

Mais au retour en septembre ils trouveront leurs feuilles d’impôts et tous les problèmes de la rentrée se poseront avec une acuité redoublée. Cette méthode qui consiste à pousser les miettes ou la poussière sous le tapis ne marche plus.

Je le répète : il fallait écouter les habitants paisibles de ce petit village picard, véritable France en miniature, s’exprimer et dire leur ras le bol.

La France a changé. La crise est passée par là. Et elle a fait des ravages.

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26/05/2014

Les élection européennes en France, l'impasse

Les élections européennes en France : l’impasse…

Ce matin, aux premières lueurs de l’aube, la France se réveille sans y croire vraiment, elle a vécu hier soir un tsunami politique. Il était prévisible, il était attendu, mais une certaine incurie politique a tout fait pour endormir l’opinion au lieu de l’alerter sur l’imminence du danger. Avant d’aller plus loin, précisons certaines choses : il n’est pas question d’incriminer les électeurs qui ont exprimé librement leurs opinions, classant le parti actuellement au pouvoir aux marges extérieures de la vie politique : un parti qui a à l’assemblée nationale un peu moins de 300 députés mais qui ne pèse plus guère que 13,80 % dans la dernière élection en date. Peut on continuer ainsi ? Certes, non. Il faut réagir rapidement.

Mais revenons aux leçons de l’élection d’hier : ceux qui taxent le Front National de parti fasciste, extrémiste, xénophobe et autres délicatesses se trompent et sont en retard dans l’évolution de la société française. Il ne faut plus cultiver le leurre de soi-même : les gens qui ont ainsi voté viennent de tous les milieux, ils ont tous les âges, même la jeunesse a voté pour Marine Le Pen, même les ouvriers et les employés, jusques y compris le corps enseignant qui a les yeux fixés sur sa feuille d’impôts, sa fiche de paie et son pouvoir d’achat. Imaginez toutes ces familles françaises qui ne se sentent plus chez elles en France (61%), dont les fils et les filles cherchent désespérément un premier emploi, voire un simple stage, qui n’arrivent pas à se loger, qui s’expatrient, etc… Peut on traiter ces gens de fascistes, d’extrémistes ? Hélas, non ! D’ailleurs, même les personnalités officielles qui ont pris la parole hier soir ne l’ont pas fait. De vrai, la politique menée depuis 2 ans ne convient pas, tandis que le coup de barre du 14 janvier tarde à donner des résultats. Or, les gens ne croient plus, n’écoutent plus et doutent de tout.

On ne peut plus expliquer le succès du FN en arguant qu’il trompe les électeurs, on pourrait vous rétorquer que la droite et la gauche en font autant. On ne peut plus dire que le FN est xénophobe, cela signifierait qu’un Français sur quatre l’est aussi.. Alors que faire ? Le président actuel n’a pas été suffisamment à l’écoute de son peuple. Il a perdu un temps précieux. Il a nommé un nouveau Premier Ministre qui commence, lui aussi, malgré son allant et son énergie, à être atteint par la même impopularité. Certes, on promet de faire sortir de l’impôt, près de deux millions de gens, c’est bien, c’est une bonne mesure, mais les Français ont du mal à y croire, tant on leur a menti.

En fait, c’est un changement d’époque. Je relève que trois thèmes ont guidé les Français dans leur choix hier soir : l’immigration, l’insécurité, et le pouvoir d’achat (le chômage, les impôts, les retraites). Or, ces trois thèmes ont été l’épine dorsale de l’argumentaire du Front National. Il est indéniable que Marine Le Pen a entièrement rénové le parti fondé par son père il y a plus de 40 ans. Elle réalise, que cela plais ou non, un score très honorable dans sa circonscription. Quant à son père il en fait tout autant dans un lieu qu’il laboure et sillonne depuis des décennies…… Alors, qui a raison, et qui a tort ?

Aurions nous pu éviter ce désastre pour les partis traditionnels ? J’avoue que cela me paraît très difficile tant les politiques ont pris l’habitude ne pas répondre aux questions posées. Est il raisonnable de ne rien faire lorsqu’une majorité de Français ne veut plus d’immigration, notamment non européenne ? Est il raisonnable que les rues des grandes villes européennes soient envahies de mendiants professionnels venus d’un même pays de l’est ? Est il raisonnable de poursuivre un matraquage fiscal qui étouffe la consommation et conduit au désespoir ? Est il raisonnable  d’ignorer à ce point les demandes des gens ?

Ce qui est frappant et n’a pas manqué d’être relevé à juste titre, ce n’est que ce n’est pas l’opposition qui profite du cinglant désaveu infligé au pouvoir en place, mais bien le FN ; or, les Français sont un vieux peuple paysan, travailleur et sage et il faudra bien plus qu’un demi quinquennat pour les convaincre ou les regagner à sa cause. A cela s’ajoutent les risques d’implosion du PS dont certains députés n’hésitent plus à brocarder le président de la République. Certains ont même dit que François Hollande était out (verbatim) et qu’il était désormais le vrai problème (je ne fais que citer).

On est dans une impasse. Pour en sortir, il faudrait renverser l’assiette sur son bord . Aura t on le courage de la faire ?

La seule solution qui reste est la dissolution, comme le clament les adhérents du FN. Je ne parle pas de départ de François Hollande car cela provoquerait une crise institutionnelle. Je suis contre et cela n’arrangerait pas les choses. Mais si le président usait de la prérogative de la dissolution, ce seront 500 députés de droite qui iraient à l’assemblée nationale…

Au plan européen, le président n’aura pas plus d’échappatoire. Il ne pourra pas faire pression sur Angela Merkel qui sort renforcée de cette consultation  avec près de 36,5% de suffrages. Et la SPD, qui gère le pays avec elle, a dépassé les 27% : on ne peut donc pas demander au voisin allemand d’infléchir sa politique, d’oublier les 3%, le redressement des comptes publics, etc…

Il y a quelques années, les responsables français avaient tenté de jouer sur le chiffre 3%, disant que ce pouvait être 3,5, 3, 75 ou autre…… L’homologue allemand avait sèchement rétorqué : Drei Komma, Null N

ull : trois pour cent c’est trois, virgule zéro, zéro..

Cela veut tout dire.

Le FN est désormais bien installé dans la vie politique française. Je ne dirai pas qu’il est le premier parti de France, mais le premier parti de France pour le parlement de Strasbourg et de Bruxelles. Ce n’est pas exactement la même, mais c’est largement significatif.

On peut tout faire contre un peuple, sauf le dissoudre quand il vote contre vous…

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25/05/2014

Sainteté et diplomatie: le voyage du Pape François au Proche Orieny

Sainteté et diplomatie ; à propos du voyage du pape François au Proche Orient

Au moment où je commence à rédiger, le Pape François et son hôte palestinien viennent d’achever leurs brèves allocutions respectives.  En dépit de toutes les précautions oratoires, de toute cette volonté de ne froisser personne, de ne décevoir personne, de répondre aux attentes de chacun, on ne peut pas attendre des miracles de cette visite, si importante en soi et que de notre part, nous saluons avec respect. Sans en attendre grand chose.

Le pape François a prononcé une belle homélie sur la paix. Mais il a aussi insisté sur la nécessité de protéger les Chrétiens d’Orient, d’accorder la liberté à chacun de pratiquer son culte. Et il a maintes fois répété que les Chrétiens d’Orient doivent être traités de façon égale et équitable en terre d’Islam.

Voyez le titre sainteté et diplomatie, voilà un couple de termes absolument inconciliables, en latin on dirait contradictio in adjectio, une contradiction dans les termes mêmes. La diplomatie, c’est l’art de ne jamais dire non, de dire peut-être quand on pense non, de dire oui quand on pense peut-être, car si on dit non, on n’est pas diplomatique. Or, la sainteté représente tout le contraire, et comme ici bas nous avons affaire à une impossible sainteté, cela ne marche simplement pas. Comment dire aux Arabes ce qu’ils veulent entendre, sans se mettre à dos les Israéliens, qui, soit dit hélas en passant, viennent de perdre encore deux de leurs concitoyens, victimes d’un attentat dans le musée juif de Bruxelles, capitale de l’Europe ? Comment voulez vous commencer de bâtir de nouveaux rapports dans de telles conditions ?

Certes, si l’on écarte les bondieuseries et les pieuses naïvetés, on se rend compte que le pape poursuit aussi un objectif plus personnel (et qui pourrait le lui rapprocher ?), celui du sort des Chrétiens d’Orient dont la situation est déplorable tant en Irak, qu’en Syrie, en Palestine et ailleurs dans le monde islamique. Il vous suffit d’écouter discrètement les conversations de Libanais chrétiens dans des cafés de la place Victor Hugo à Paris pour comprendre leurs peines, leurs craintes et leur espérance.. Comme ils hurlent généralement dans leurs portables en parlant avec leurs familles demeurées à Beyrouth, on se rend compte, quand on sait bien l’arabe, que le pays du Cèdre n’est plus vraiment un paradis pour les Chrétiens.. Le pape François devait donc soigner les apparences et presque donner des gages aux Palestiniens qui, c’est de bonne guerre, tentent d’exploiter au mieux cette visite très médiatisée pour attirer l’attention de l’opinion publique internationale.

Mais si cela pouvait faire avancer l’espoir, nul n’y trouverait à redire. Hélas, ce n’est pas le cas.

Cette visite comporte donc des arrière-pensées qui montrent que même la diplomatie vaticane ne parvient pas à introduire victorieusement l’ingrédient de la sainteté dans sa démarche qui n’est pas toujours purement apostolique. Certes, nul n’a oublié la phrase provocatrice de Staline : Le pape, combien de divisions ? Il peut se retourner dans sa tombe aujourd’hui en voyant ce qu’est devenu son empire bâti sur le sang, la mort et l’oppression tandis que la parole du Dieu vivant continue de résonner d’une bout à l’autre de l’univers, d’émouvoir et de toucher au plus profond d’eux-mêmes des dizaines de millions de Russes…

Le Saint Siège a une voix et une voix qui porte. Mais dans ce problème du Proche Orient cela ne suffit pas, hélas. Depuis des décennies que ce conflit existe, on n’a pas vraiment avancé. Les Israéliens savent très bien qu’en cas de difficulté ils se retrouveront toujours seuls face à leurs ennemis qui, en dépit des apparences, ne font que retarder le moment décisif, celui où une marée étrangère tentera de les engloutir. Israël ne veut plus se retrouver seul à enterrer ses morts.

Que l’on me comprenne bien : je résume ce que pensent les Israéliens au fond d’eux mêmes et je ne crois pas qu’ils se trompent. Bien au contraire. Même les plus progressistes parmi eux ne comprennent pas que Mahmoud Abbas se mêle de la nature de leur Etat, un Etat-nation des juifs, donc un Etat juif. Face à ce micro Etat, certes devenu une super puissance régionale, il y a de nombreux Etat arabo-musulmans qui ne s’embarrassent  guère des règles de la séparation entre la politique et la religion.

Que peut faire le pape dans cet imbroglio ? Tout d’abord, s’intéresser aux Chrétiens d’Orient, principale motivation de son voyage, les encourager à rester sur place, ne pas quitter cette région qui vit naître Jésus (un Juif, l’Eglise l’a maintes fois oublié, hélas)) et où le christianisme fit ses premiers pas. Or, au train où vont les choses, ce territoire sera bientôt christenrein en raison du fanatisme de certains.. Seul l’Etat d’Israël constitue une heureuse exception.

Il y a aussi un autre élément qui sert d’arrière-plan à la visite du Saint Père : c’est le statut des Chrétiens en Israël. Ils sont de plus en plus nombreux, ceux qui considèrent qu’ils n’ont rien à voir avec l’arabité, qu’Israël les traite bien, que c’est leur pays et que, par conséquent, ils doivent le défendre les armes à la main, comme les Druzes et le Bédouins (deux types de citoyens qui forment l’ossature du corps des garde-frontières de Tsahal). Et il s’agit d’un corps d’élite de l’armée israélienne… De jeunes chrétiens veulent donc servir dans l’armée, ce qui ne fait pas l’affaire des Arabes israéliens lesquels y voient une tentative de division de leur camp, celui du refus et de la négation du caractère sioniste d’Israël…

Lorsqu’il sera à Jérusalem, donc dans la capitale de l’Etat d’Israël, le pape François que je trouve personnellement fort sympathique et qui a invité au sein de sa délégation son collègue et ami le grand rabbin d’Argentine, va tenir un autre discours, d’une autre teneur, tout en exhortant à la paix.

Le pape François a eu la sagesse de reprendre la belle allégorie du vieux prophète hébreu Isaïe (VIIIe siècle avant notre ère) qui recommandait aux nations de transformer leurs glaives en socs de charrues et leurs javelots en serpes. La guerre sera déclarée hors la loi, voilà le véritable ancêtre du pacte Briand-Kellog…… Cela prouve une nouvelle fois que le peuple d’Israël a toujours chéri et recherché la paix. Aujourd’hui, on ne saurait lui demander de s’autodétruire par amour de cette même paix…

Je ne pense pas que ce déplacement sera stérile, mais je n’en attends pas grand chose car on ne dit pas suffisamment aux Arabes ce que sont les droits inaliénables du peuple juif sur cette terre qui a vu naître Jésus qui y a vécu, prêché et trouvé hélas la mort, à la suite d’un verdict prononcé et appliqué par les Romains.

Une fois de plus, les juifs ont perdu l’un des leurs et pas n’importe lequel. Il ne serait pas inutile qu’on en portât aujourd’hui aussi témoignage.

Ou bien devons nous en conclure que la sainteté n’est vraiment pas de ce monde ?

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24/05/2014

L'élection présidentielle en Egypte

L’élection présidentielle en Egypte

Vendredi matin, j’écoutais attentivement un long reportage sur l’Egypte, diffusé par France-Info. On a même eu droit à une interview en français de la fille aînée de Nasser qui s’exprimait dans un excellent français, 44 ans après la disparition de son père. Elle a apporté son soutien au candidat , le maréchal al-Sissi. Il y eut d’autres commentaires sur la sécurité intérieure du pays et sur la nécessité d’introduire les ingrédients d’un redressement économique. L’en jeu est simple et clair : le pays est en crise, au bord de la faillite, le citoyen moyen, sans travail, vit avec un Euro et demi par jour, les jeunes ne peuvent ni quitter leurs parents ni fonder une famille et sans tourisme, le pays ne décollera pas. Or, sans sécurité sur le territoire, pas de touristes. Jusqu’ici, rien de nouveau, tout le monde est d’accord.

Mais ce qui a accru mon étonnement, c’est l’insistance que mettent les Occidentaux à exiger de la part de dirigeants de ces pays le respect de règles démocratiques fondamentales, alors que cela est largement impossible : il n’existe pas un seul pays de ces régions du monde a vivre dans un régime démocratique. Excepté Israël qui appartient par son histoire à la civilisation occidentales et aux valeurs judéo-chrétiennes.

Le maréchal égyptien qui se considère déjà élu l’a expliqué clairement : on ne peut pas avoir de telle exigences dans de tels pays, dont le sien, l’Egypte. Le maréchal a au moins le mérite de la franchise. Lui-même n’est apparu dans aucun meeting, aucune campagne et pourtant il est omniprésent. La raison officielle alléguée est étonnante : c’est la sécurité du candidat, menacé de mort par les islamistes ! C’est là tout le problème.

Dans quelques jours, al-Sissi sera officiellement le nouveau président égyptien, mais pourra t il assurer la sécurité ? Saura t il s’affranchir de l’armée ? Pourra t il compter sur autre chose que le financement des émirats du Golfe et des USA, à un moment où ces derniers commencent à être sérieusement critiqués par le peuple ? Ce n’est pas certain. Il y aura des problèmes de sécurisation et je ne pense pas qu’on pourra les résoudre par la répression. Or, le programme d’al-Sissi, c’est, selon ses propres termes : en finir avec les Frères musulmans. Ces derniers ont, certes, sur la défensive, mais restent assez fortement implantés dans des secteurs différents comme les chômeurs et la petite bourgeoisie. Alors que faire ? Il faut absolument éviter à l’Egypte de sombrer dans le chaos et le terrorisme, ce grand pays musulman doit assurer une partie d’un équilibre régional devenu très précaire. Il faudra donc trouver les moyens de réaliser une réconciliation nationale. Pour y arriver, il faut un dialogue. Aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies. Les Frères musulmans sont arrêtés ou pourchassés.

Les USA et l’UE devraient comprendre qu’on ne peut pas imposer à de tels régimes le respect des règles démocratiques ayant cours en Occident. Evidemment, nous aurions tous à y gagner mais comment demander l’impossible ? Regardez simplement les centaines de condamnations à mort prononcées par un tribunal d’Alexandrie ? Comment accepter pareille chose ? Et pourtant, c’est ce qui s’est passé. Il faut espérer que les condamnés sauront exploiter toutes les voies de recours et que de telles peines seront commuées en emprisonnements ou en travaux forcés..

En une phrase, l’élection présidentielle ne règle rien, les vrais problèmes commencent. Toutefois, les Occidentaux ne devraient pas pousser le maréchal-président dans les bras de forces obscurantistes qui placeraient le pays dans une orbite anti-occidentale. Il faut un minimum d’empathie. Et accorder du temps au temps.

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22/05/2014

Le terrorisme islmaique dans les provinces musulmanes de la Chine

Le terrorisme islamique dans les provinces musulmanes de la Chine

Ce qui s’est passé aujourd’hui en Chine ne laisse pas d’être hautement préoccupant. Depuis quelque temps déjà, la Chine est victime d’un terrorisme de masse qui a coûté la vie à bien des civils innocents. Ces actes de terreur aveugle sont le fait d’islamistes chinois, les ouïgours, qui n’acceptent pas que les autorités chinoises colonisent leur territoire en instant chez eux des populations allogènes.

Il est indéniable que les autorités communistes chinoises ont toujours pratiqué cette politique pour venir à bout de toute velléité nationaliste, religieuse ou identitaire. Voir l’exemple du Tibet. Mais au plan international, c’est grave car cela signifie que la Chine est elle aussi, à la suite d’autres secteurs d’instabilité et de révolte (la Russie, la Syrie, la Libye, l’Egypte, la Tunisie, l’Algérie, la Turquie, l’Irak, etc), touchée par ce type d’actions terroristes. On pensait que les forces de sécurité quadrillaient bien de tels territoires, prévenant toute contagion. Or, les attentats qui se succèdent bien vite ces derniers mois, prouvent qu’il n’en est rien.

Au plan intérieur, on peut faire confiance aux autorités pour étouffer dans l’œuf de telles tentatives  séparatistes, mais au plan international, il est grave que la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité, soit affectée par des troubles intérieurs.

On comprend mieux les raisons de l’opposition de ce pays à toute intervention de l’ONU en Syrie : même combat, même ennemi. Les Tchéchènes d’une côté,, les Ouigours de l’autre…

Il y a une autre conséquence de cette affaire, le rapprochement entre la Russie de Vladimir Poutine et la Chine. On parle d’un marché gigantesque de plus de 400 milliards de dollars en matière de gaz.. Alors que la Chine et la Russie se sont toujours méfiées l’une de l’autre, voilà qu’elles se rapprochent l’une de l’autre, faisant un pied de nez aux sanctions de l’UE et des USA…

On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve : la Bible nous dit de façon lapidaire que nous ignorons de quoi demain sera fait et, de son côté, Hegel avait raison de dire que l’Histoire est un gigantesque réel en devenir..

Mais un devenir en quoi ? C’est là toute la question.

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