27/05/2014

La place de la France en Europe après le score du FN

La place de la France en Europe après le score du FN……

Quand vous regardez les manchettes des journaux d’hier, en France comme dans le reste de l’Union Européenne, le même mot revient en grosses lettres noires : séisme ou tremblement de terre…

Cela est indéniable. Mais ce qui accroît notre perplexité et donc notre inquiétude, c’est la faillite sans réserve des partis traditionnels et notamment de celui qui gouverneme présentement en France. C’est un recul historique, une faillite innommable et une désespérance sans égale tant les citoyens ne croient plus en rien. Un reportage sur la Picardie, diffusée par I-Télé a fini de me convaincre du bien fondé de cette analyse : dans un agréable petit village situé à moins d’une heure et demi de Paris, un lieu quasi paradisiaque où il n y a ni immigrés, ni rom, ni délinquants ni fraudeurs sociaux (RSA, etc), oui, rien ne contrarie les gens ni de jour ni de nuit, eh bien, plus de 60% ont voté pour le FN et le reconnaissent bien volontiers à la télévision. Ils défient même le regard réprobateur des autres (et des journalistes) et s’assument en clamant leur volonté de changement.

J’ai regardé hier attentivement l’allocution du président de la République. Par respect je m’abstiendrai de faire des commentaires de mon cru mais répercuterai ceux de journalistes, commentateurs professionnels de la politique intérieure. Aucun, je dis bien aucun, n’en pense du bien, selon eux, le président a survolé les problèmes et n’a pas apporté la bonne réponse aux attentes des Français.
Mais, si j’ose dire, ce n’est pas le problème car les institutions de la Ve république protègent de manière incroyable le président. Il peut continuer à exercer ses fonctions, même si son parti ne remporte que moins de 14% à des élections. Voilà pour la question vue de l’intérieur.

Mais quid de l’extérieur ? Ce soir, comment le président français se justifiera t il devant ses pairs européens qui ont tous, tous quoique diplomatiquement, manifesté leur profonde inquiétude sur l’état de santé de ce pays ? Madame Merkel a parlé la première, auréolée de son score impressionnant aux élections avec une SPD qui obtient un score qui est plus du double de celui de son parti frère (le PS) en France. En tout près de 65%, en France on en est à 13,80%. Les chiffres sont têtus mais ils sont là et indéniables. Ils nous renvoient à la réalité, une réalité qu’on cache aux Français depuis des décennies : il faut regarder la réalité en face, la France se repose sur ses lauriers, elle n’a plus les moyens de sa politique, une certaine idée de la France etc, cela fait partie des oripeaux d’une autre époque.

Aujourd’hui, c’est l’Allemagne de Madame Merkel qui décide, c’est encore elle qui a érigé une muraille protectrice autour de l’Euro afin de dissuader les attaques  des marchés. Si nous avions été livrés à nous-mêmes, l’Euro ferait partie de MMS (mes meilleurs souvenirs). Certes, la chancelière a donné, pour la forme, un satisfecit à la France, mais il était assorti d’une sérieuse mise en garde. Quant aux hommes politiques de moindre importance et aux journalistes d’outre-Rhin, ils considèrent que l’Allemagne ne peut plus vraiment compter sur la France et sur ses convictions pro européennes. LA situation leur paraît instable et ils sont conscients de la déconnexion entre le peuple et le pouvoir.

C’est tout de même curieux pour un pays fondateur de l’UE.. Cette évolution était hélas prévisible depuis que l’Allemagne avait pu conserver son triple A alors que la France l’avait perdu. On a l’impression que le pays est en roue libre. Le plus grave est que les gens de l’extérieur partagent cette impression.

Que faire ? Certains avancent que le  président aurait dû attendre les résultats des dernières élections pour nommer un nouveau premier ministre. Car aujourd’hui, il ne peut plus rien faire, sinon maintenir le cap. Or, c’est ce même cap qui déplaît souverainement aux Français et contre lequel ils se sont levés…

On est dans une impasse : une politique économique et sociale qui ne peut plus changer et un corps électoral qui veut qu’elle change…

Tout le monde a entendu ce matin chez J-J. Bourdin Marine Le Pen réclamer la dissolution de l’Assemblée nationale. Mais une telle mesure serait suicidaire pour le pouvoir. Un journaliste a même prédit qu’en cas de dissolution, le PS n’aurait plus que quelques dizaines de députés au Palais Bourbon.. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, l’UMP est traversée par une grande crise.

Les plus cyniques parmi les hommes politiques disent que dans quelques jours, il y aura la coupe du monde, déjà il y a les tournois de Roland Garros, après le tour de France, ensuite le défilé du 14 juillet. Et puis, les Français vont se changer les idées en partant en vacances. Oui, certes, puissent ils être entendus !

Mais au retour en septembre ils trouveront leurs feuilles d’impôts et tous les problèmes de la rentrée se poseront avec une acuité redoublée. Cette méthode qui consiste à pousser les miettes ou la poussière sous le tapis ne marche plus.

Je le répète : il fallait écouter les habitants paisibles de ce petit village picard, véritable France en miniature, s’exprimer et dire leur ras le bol.

La France a changé. La crise est passée par là. Et elle a fait des ravages.

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