06/05/2014

François Hollande chez Jean-Jacques Bourdin

François Hollande a t il réussi son passage chez Jean-Jacques Bourdin ?

Difficile de répondre à cette question, même si l’impression de rattrapage pèse nettement sur cet exercice dans lequel les politiques, de tout bord excellent : expliquer que ce qu’ils ont fait était nécessaire, qu’ils auraient dû en faire plus, mais que justement le pays n’était pas prêt. Bref, que ce n’était pas de leur faute…

L’impression qui prévaut et qui n’est guère positive pour François Hollande, c’est qu’il est trop tard, que le mal est fait, que les dégâts occasionnés à personne et à son action semblent irréparables. Certes, il a essayé de réagir, de reprendre son fameux couplet moi président et en disant six fois amateurisme…… Mais cela ne suffit pas : aucune des personnes interrogées n’a déclaré être satisfaite ou reprendre confiance. Alors que c’est ce que souhaite l’actuel président très ardemment.

Au moment où je compose, les commentateurs dissèquent sans pitié le décalage, voire le déphasage, le hiatus entre le programme sur lequel le candidat fut préféré à NS et les grandes lignes de la politique actuelle : en d’autres termes, le président n’est pas libre de pratiquer la politique qu’il juge bonne pour le pays au motif que sa majorité ne pense pas comme lui. La majorité actuelle devient un handicap pour le président.. Ce qui expliquerait largement la nomination de Manuel Valls à Matignon. Mais cela a accentué ce qu’il faut bien nommer un divorce entre le président et la majorité socialiste au parlement.
Quel paradoxe ! Evidemment, François Hollande ne l’a jamais dit clairement, mais il l’a laissé entendre. C’est ce qu’il avait dit le 14 janvier en soulignant que ceux qui n’ont pas encore vu qu’il était social démocrate n’ont vraiment rien compris. Mais voilà ce ne fut le teneur du discours politique de sa propre campagne. Inadéquation entre un homme devenu pragmatique par la force des choses et une majorité qui veut traduire concrètement son programme économique et social..

On en est là. Un président que sa majorité à l’Assemblée empêche de faire la politique qu’il juge bonne pour le pays. D’où tous ces atermoiements et ces moments d’hésitation..

A t il réussi à convaincre ? Les prochains sondages ne le diront très sûrement. Mais ne nous leurrons pas : il ne faut pas s’attendre à des miracles.

10:21 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

J’ai écouté l’interview.

Débit haché comme à son habitude, jouant faussement à l'ingénu dès lors qu'il s'agit d'enfoncer avec force énergie une porte pourtant déjà ouverte, donnant à entendre à chaque intervenant ce qu'il a besoin d'entendre pour ne pas qu'il craque en ligne. De-ci delà, un petit coup de refrain sur l'héritage Sarkozy alors qu'il n'a cessé de nier la crise pendant toute sa campagne et bien évidement, en finale, la figure de style répétitif et interrogatif traditionnelle sur l'amateurisme qui se voudrait mettre en exergue sa vision politique de sphinx, la preuve de son courage au Mali et en Syrie (comprendre à l'inverse de ces couards de Obama, Merkel, Ligue arabe)et son amour sans borne pour la France (il n'a pas osé jouer le couplet sur le don de sa personne à la France car de mauvais esprits auraient plutôt pu y entendre une ode à Casanova encore plus maladroite).

Bref, Hollande transpire le mauvais Mitterrand de tous ses pores. C'est tartarin qui se rêve en Florentin. Vivement que ce quinquennat grotesque finisse

Écrit par : Giona | 06/05/2014

"(,...) "Mais ne nous leurrons pas: il ne faut pas s'attendre à des miracles.":

Homme de peu de foi!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/05/2014

Les commentaires sont fermés.