30/04/2014

Le Premier Ministre Manuel Valls et le PS

 

 

Le premier ministre Manuel Valls et le PS

Il est difficile de nier le caractère un peu contrasté de la situation politique en France. Visiblement, le Premier Ministre actuel n’est pas unanimement accepté par les députés PS, c’est-à-dire par la gauche de la gauche. Que 67 députés de la majorité actuelle aient choisi de s’abstenir lors du vote alors que le Premier Ministre se plie en quatre depuis plusieurs jours pour les convaincre de le suivre, ne peut laisser indifférent et augure plutôt mal de la suite. Qu’ont fait ces députés du PS ? Ils sont simplement montré au chef du gouvernement que leur soutien serait désormais contingent et non plus automatique, ni absolu. En claire, cela signifie que chaque grande loi, chaque nouvelle orientation du gouvernement sera examinée au microscope et que le groupe au parlement est désormais traversé par des courants bien plus centrifuges que centripètes.

Pourquoi donc les députes du PS ont –ils durci leur position ? A l’évidence, c’est le sort de leurs camarades, les maires PS, éliminés lors des élections municipales, qui leur ont fait craindre de subir prochainement le même sort. Ils sont aussi constaté que la politique du chef de l’Etat visait d’abord à le préserver lui-même et à lui garantir des chances pour sa réélection en 2017. L’instinct de survie ou la volonté de la continuité a fait le reste : ils savent que les élections européennes seront perdues car aucun sondage, pas un seul, ne laisse la moindre chance au PS qui est à la traîne derrière le FN et l’UMP… A l’automne, le Sénat passera automatiquement à droite, par un simple effet de balancier : le résultat des municipales ne laisse aucun doute là-dessus .. Si l’on y ajoute les régionales, cela finit par faire beaucoup et l’on comprend mieux la réaction brutale des députés PS : ils ne veulent plus suivre aveuglément le président qui, au bout de deux ans, se résigne à changer de politique et à reconnaître enfin que ce sont les entreprises qui créent des emplois et non un dirigisme économique..

Tout ceci est bien compliqué. La France ne se redressera vraiment que s’il y a un gouvernement d’union nationale. D’ailleurs, les 50 milliards d’économie ne suffiront pas. Il faudra faire un nouveau plan. Que les classes moyennes n’accepteront pas. On va donc vers des difficultés réelles…

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29/04/2014

Le vote de cet après midi à l'Assemblée Nationale française

Le vote de cet après midi à l’Assemblée Nationale française

Certains se demandent avec gravité si le premier ministre Manuel VALLS ne s’est pas trop imprudemment engagé en demandant un vote, même si ce n’est pas vraiment un vote de confiance à la représentation nationale. IL est indubitable qu’il aura la majorité mais il va donner, ce faisant, donner à certains l’occasion de se distinguer et de se faire remarquer de leurs électeurs et de l’opinion.

Certains créditent le couple de l’exécutif d’un calcul presque sordide : ils veulent montrent, le président et son premier ministre, que les bonnes vieilles recettes de la gauche classique sont périmées et qu’il convient, au gouvernement, de faire preuve de réalisme, c’est-à-dire de se conduire comme des social-démocrates, voire des social-libéraux ! Et si certains paléo-socialistes veulent se compter, libres à eux de le f aire.

Le problème est qu’à ce petit jeu, nul ne sera vraiment entièrement gagnant : cela pourrait conduire à une scission au sein du PS dont les militants et les députés les plus à guache rejoindraient peut-être le Front de gauche, puisque le PC n’existe pratiquement plus. De fait, c’est Mélenchon et le secrétaire général du PC qui fait le plus parler de lui.

Plus en profondeur : c’est aussi la position de François Hollande qui est menacée car certains au PS n’hésitent plus à dire qu’en 2017 le parti n’a pas encore désigné son candidat et que d’autres que le tenant du poste pourront se présenter et tenter leur chance. Ce sera une redistribution des cartes.

Nul n’aurait jamais pensé que l’exercice du pouvoir conduirait ainsi à une fracture du PS. C’est pourtant ce qui va se passer. L’exfiltration de gentil garçon qu’était Harlem Désir en était le prodrome. L’installation de M. Cambadélis peut réserver quelques surprises. Il est moins malléable que son prédécesseur et représente une réelle intelligence politique.

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28/04/2014

Stefan ZWEIG et S.Y. AGNON: vingt-quatre heures de la vie d'une femme et Tehilla: étude d'un contraste..

Tehilla d’Agnon et Vingt- quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig :

                                               Contraste entre deux nouvelles 

                                                                                                         Pour Monsieur Claude SARFATI

   Peut-on vraiment parler d’un rapprochement entre ces deux nouvelles ?

Effectivement, le rapprochement peut sembler curieux, voire hasardeux, pourtant à bien scruter les époques, à mieux analyser certains aspects biographiques des deux écrivains, certes très différents mais non dépourvus d’origines communes, on peut relever des sensibilités et des valeurs semblables, voire des similitudes. Commençons par les différences car elles sautent aux yeux et sont absolument indéniables.

Stefan Zweig naquit en 1881 à Vienne dans une opulente famille juive largement assimilée à la socio-culture autrichienne. Le père, Moritz Zweig, avait fondé une véritable industrie textile qui devançait par ses installations modernes les techniques contemporaines. Ce fut un pionnier de cette industrie textile dont il proposa les produits à des prix défiant toute concurrence. C’est son fils aîné qui se destinait à reprendre l’affaire familiale tandis que son cadet, Stefan, préférait, depuis son plus jeune âge, la compagnie des muses,  la fréquentation de la poésie, des théâtres et des opéras. Chaque fois qu’il le pourra, il tentera d’entrer en contact avec les célébrités vivantes de Vienne et d’ailleurs. Notamment Rainer Maria Rilke, Gustav Mahler et Romain Rolland, sans omettre Martin Buber et Théodore Herzl. Il mènera une vie à la fois oisive et productive au plan littéraire, n’ayant pas besoin d’exercer un métier rémunéré tant il se trouvait richement doté par des parents très fortunés. Ces derniers, contrairement à ceux d’Agnon, qui étaient, eux, plongés dans la misère, logeaient dans les plus beaux quartiers de la ville impériale, Vienne ; et le père, Moritz, ne sortait jamais dans la rue sans son impeccable redingote sombre et son haut de forme, alors que la famille d’Agnon déambulait en guenilles, ou presque, dans les bourgades, les shtetel d’Europe de l’est..

La famille d’Agnon, qui vivait en Galicie orientale, là où le futur prix Nobel de littérature (1966 avec Nelly Sachs) allait naître en 1888, n’avait donc pas du tout le même statut social que les parents de l’auteur Du monde d’hier. Mémoires d’un Européen. Alors que la voie de Zweig était, pour ainsi dire, toute tracée. Né, comme on l’a déjà dit, à Vienne en 1881, il soutiendra, pour la forme, une thèse sur Hippolyte Taine, après avoir fébrilement voyagé, et s’être rendu dans tous les pays d’Orient, d’Extrême-Orient et d’Occident. Pour le plus grand plaisir de ses parents, il était don un Herr Doktor, le symbole d’une reconnaissance tant espérée au sein de la république des lettres. Ses parents en étaient comblés de joie..

Songez que Stefan a même visité Algérie pour étancher sa soif de connaissances et de découvertes. On a l’impression qu’il avait vécu son enfance et son adolescence derrière des barreaux, certes, dorés, mais des barreaux tout de même. D’où sa volonté de sortir, de tout quitter et de se frayer un chemin vers la liberté comme son compatriote, Arthur Schnitzler dont le livre bien connu (Der Weg ins Freie : Le chemin de la liberté) porte ce même titre.

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27/04/2014

Glanes de l'actualité dominicale

Glanes de fin de semaine, l’église catholique superstar..

Difficile en ce jour de parler d’autre chose que de la canonisation de deux papes en un même instant Et la presse a titré justement, le jour des quatre papes.. Le catholicisme, auquel je n’appartiens pas mais que je respecte profondément car il est constitué du même héritage biblique, c’est-à-dire vétérotestamentaire, n’est pas mort. Loin de là. En Suisse, en France et ailleurs, on le croyait plongé dans une inquiétante léthargie et voilà qu’il anime les foules, raffermit les genoux de ceux qui tremblent et renforcent ceux qui doutent. Surtout, lorsque certains croyaient qu’une autre foi, qui fait beaucoup parler d’elle ces derniers temps, avait définitivement pris le dessus dans des terres originellement chérifiennes ou judéo-chrétiennes.. Pour ma part, je ne puis que me féliciter de cette démonstration de force, de cette jeunesse galvanisée, de ces hommes et de ces femmes qui ont parcouru de longues distances pour vivre ce grand moment de haute spiritualité. Finalement, c’est la preuve par neuf que la foi peut déplacer des montagnes !

Certains amis, protestants ou juifs, m’ont faire remarquer, à la suite de mon précédent papier ici même, que la sainteté n’appartient qu’à Dieu et que les prophètes le disent bien en s’adressant à Lui en ces termes : le Saint d’Israël (Qedosh Ysraël). C’est très juste, mais il faut bien s’adresser à la foule des croyants, à ceux qui ne sont docteur ni en théologie ni en philosophie et qui ont besoin de symboles forts : une telle cérémonie pénètre le cœur autant qu’elle défie l’esprit. Et c’est bien l’objectif recherché. Je rappelle un verset des Psaumes qui résume toute ma pensée : Les cieux, les cieux sont à Dieu, mais la terre il l’a donnée aux fils de l’homme . Il me semble inutile de faire du Talmud là-dessus, l’intelligent comprendra (ha-mévine, yavine).. Le tout dit sans le moindre zeste d’arrogance intellectuelle

De la canonisation de deus grands serviteurs de Dieu, aurais je le toupet de passer, sans transition, à l’acte éhonté de quelques policiers qui, par leur action, déshonorent tout un corps de fonctionnaires qui veillent sur la sécurité des Français ? Impossible, mais cela reste incroyable, inimaginable, que ceux qui sont censés protéger les gens, les faibles, en soient les prédateurs.. Mais cette infamie ne touche, heureusement, qu’une infime minorité.

Une initiative très noble et qui mérite d’être soulignée, c’e sont les excuses du Premier Ministre sud-coréen qui demande pardon pour l’horrible catastrophe ayant entraîné la mort de plus de trois cents enfants et adultes en mer, et qui offre sa démission pour cela. Ah, si les politiques de nos pays civilisés agissaient de même. Ce serait l’époque messianique !

Enfin, le Proche Orient nous réserve un de ses feuilletons sans fin dont il le secret. Le chef palestinien Mahmoud Abbas réaffirme sa reconnaissance d’Israël mais pas comme Etat juif…  Je n’arrive pas à comprendre : tous les états arabo-musulmans sont islamiques et croient en la Oumma. Mais le seul Etat juif de la planète qui fait face à près de 22 ou 23 états musulmans, lui, n’a pas ce droit.

Comprenne qui pourra.

Voilà qui va faire avancer le processus de paix..

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26/04/2014

La béatification de Jean XXIII et de Jean-Paul II, une impossible sainteté dans un monde impur?

La béatification de Jean XXIII et de Jean-Paul II demain par le pape François : Une impossible sainteté dans un monde devenu impur ?

Quand on examine, si on en a le temps et les moyens, l’enchaînement des événements qui scandent les jours de notre vie, on ressent parfois quelque étonnement. Le hasard ou la divine Providence (si l’on y croit) confie à d’humaines mains le soin d’introduire des rencontres, des concomitances dont on cherche vainement l’organisateur. Les croyants y voient la main ou le doigt de Dieu (pour parler comme la Bible) tandis que les esprits forts, les philosophes généralement, y discernons ces recoupements qui défient notre esprit sans jamais le conduire à s’en remettre à une intelligence cosmique, préposée au gouvernement de notre bas monde, et dont le mode de fonctionnement nous sera scellé à tout jamais..

Pour les croyants, la parole divine est l’alpha et l’Omega de ce monde. La Bible, elle-même, présentée comme le réceptacle d’une Révélation, est une lecture théologique de l’Histoire, une Histoire que ne connaît ni ne reconnaît qu’un seul agent, Dieu. On est très loin de la philosophie grecque, et notamment d’Aristote aux yeux duquel l’essence première est un simple Premier moteur, situé à l’extérieur d’un monde qu’il met en mouvement et qui est dépourvu de tout acte volitif. La meilleure preuve de cet enchaînement à la mécanique céleste est le fait qu’Aristote démontre l’existence de ce Premier moteur, non point dans sa Métaphysique, mais dans le livre VIII de sa Physique…… Le message est clair : pas de transcendance, pas d’éthique supra-humaine : tout se passe au sein de notre monde et nulle part ailleurs. Il n y a pas d’au-delà.

Cet Aristote dont les grands théologiens chrétiens du Moyen Age, d’Albert le Grand à Maître Eckhard, mais aussi juifs (comme Maimonide et ses commentateurs) ont fait le fonds de leur pensée, se situe aux antipodes de la religion, juive ou chrétienne. Et pourtant, les théologiens des trois monothéismes ont tenté de le «convertir» à leurs besoins, de l’instrumentaliser.

Cet avant-propos est indispensable à mes développements à venir : comment l’Eglise catholique peut-elle songer à béatifier, à déclarer bienheureux, oui à sanctifier des hommes (certes grands serviteurs de Dieu et hommes de foi et de devoir = sans le moindre doute) dans un monde, le nôtre, où la moindre once de sainteté est impossible, tant l’impureté envahit tous ses recoins. Le dernier événement en date qui nous rend conscient de cette perdition, c’est évidemment l’innommable agression dont fut victime une jeune mère de famille dans le métro de Lille, au vu et au su d’autres passagers, sans qu’aucun ne songe à réagir, ne serait ce qu’en tirant la sonnette d’alarme.

Un monde où un être humain assiste, sans réagir, à l’agression d’un autre être humain ne peut pas connaître, pas même de très loin, la sainteté. Je sais bien que certains lecteurs ici ne goûtent que très modérément mes renvois à la Bible hébraïque ou aux Evangiles, pourtant, dans le cas présent, c’est bien ce qu’impose. On se souvient de la réponse de Caïn, l’assassin de son frère Abel, à la question de Dieu : Suis je le gardien de mon frère (ha-shomer ahi anokhi) ? Mais que voulait-il dire ? Simplement ceci : Seigneur, pourquoi voulez vous que je prenne soin de mon frère ? C’est à vous de le faire, c’est votre travail, pas le mien…  Lorsque Freud s’est penché sur l’injonction biblique contenue dans le livre du Lévitique, tu aimeras ton prochain comme toi-même, il l’a déclarée impossible, irréalisable. Il a dit, en substance, ceci : comment voulez vous que j’aime mon prochain ? Je rêve plutôt de l’occire, de le bannir, de m’en débarrasser par tous les moyens. Exactement ce que fit Caïn avec son frère Abel…

La nature humaine n’aurait donc rien d’humain. Eh bien, c’est ce paradoxe que le geste du pape François va transcender  ce dimanche : montrer que deux hommes de grand qualité et à la foi parfaite, méritent d’être inscrits dans ce halo de sainteté et de béatitude. C’est l’acte de foi le plus pur, le plus désintéressé, le plus exaltant que je connaisse. Peut-être même, aux yeux de ma religion qui n’est pas le christianisme, une annonce pré-messianique, à caractère supra confessionnelle.

 Qu’un million d’hommes et de femmes se précipitent place Saint-Pierre à Rome pour cet acte d’un autre âge, d’un autre monde, i.e. la béatification, que des millions d’autres suivent cet événement rare à la télévision, voilà une nouvelle que plus personne n’attendait dans le monde impur au sein duquel nous vivons.

A titre personnel, j’ajouterai ceci : hier soir, à l’invitation de S.E. Madame Wasum-Rainer, Ambassadeur d’Allemagne à Paris, il fut question, en présence des deux ministres allemands des affaires étrangères, (Frank Walter Steinmayer et Laurent Fabius), de l’échec de la diplomatie et des pertes colossales en vies humaines. Rien que du côté français, au moins un million quatre cent mille morts, sans compter les centaines de milliers de mutilés et de blessés des deux bords.

Pour désigner dans leur langue ce désespoir en l’homme, nos amis allemand disent : wir scheitern am Menschen… Et pourtant, malgré cette crise de confiance en l’Homme, malgré les actes de barbarie qui jalonnent l’histoire de notre monde, l’Eglise catholique a continué d’être la seule à accorder le statut de saint à quelques uns de ses serviteurs. Cela rappelle la notion d’horizon infini de la foi dont parle Sören Kierkegaard dans son livre Craintes et tremblements.

Il était normal qu’un philosophe qui n’est pas l’un de ses fils mais qui reconnaît l’importance d’un commun héritage avec l’Eglise, lui en rende hommage…

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25/04/2014

Le jeu très dangereux de M. Poutine en Ukraine

Le jeu très dangereux de M. Poutine en Ukraine

Il m’est déjà arrivé ici même de souligner que M. Poutine voyait en Barack Obama un homme incapable, indécis, peu courageux et pour tout dire, manquant d’audace. M. Poutine est conscient de la faiblesse de son pays, de sa perte de puissance et d’influence dans le monde. Il sait aussi que l’économie russe est fragile, que le rouble peut perdre beaucoup de sa valeur et que ses amis oligarques ne sont pas dignes de confiance : à la première secousse menaçant leurs intérêts, ils s’expatrieraient avec leurs capitaux, le laissant aux prises avec une population mécontente et agressive au plan politique.

Mais, en dépit de toutes ces faiblesses, M. Poutine a choisi d’avancer ses pions, de se jouer des Occidentaux en signant un accord mort-né à Genève avec les Occidentaux sur l’Ukraine. Aux frontières orientales de ce pays il a massé des troupes prêtes à agir, si, comme il le dit, ses intérêts vitaux sont menacés. Voilà un prétexte qui ouvre la voie à tous les abus et expose les anciennes républiques à toutes les interventions russes. Et c’est M. Poutine, seul, qui en décidera.

Si le nouveau Tsar de toutes les Russies se montre aussi arrogant et aussi insatiable, c’est précisément parce qu’il sait qu’Obama est au bout du rouleau, qu’il part dans moins de deux ans, qu’il est faible comme tous les présidents démocrates en politique étrangère et que la Russie a besoin de redorer son blason.

M. Poutine se dit floué par les Occidentaux car lors des jeux de Sotchi, son représentant avait signé un accord prévoyant le maintien de Yanoukovitch et dès le lendemain, ce dernier a dû fuir son palais de Kiev… Et M. Poutine n’a pas oublié le coup du Kosovo. Il s’est donc vengé en Syrie en mettant son veto et aujourd’hui il menace l’Ukraine de démembrement..

Le sang a déjà coulé en Ukraine et M. Obama s’est enfin décidé à envoyer une poignée de soldats en Pologne, dans les républiques baltes et ailleurs, lorsque la demande en est faite. Mais ce n’est pas cela qui fera reculer l’ancien agent du KGB. Il faut faire un pont aérien avec Kiev, un peu comme J.F. Kennedy avait  fait pour Berlin.. Même le discours de John Kerry menaçant la Russie fait penser à un tigre en papier…

Les choses se seraient passées autrement avec un président républicain. D’ailleurs, cette perte d’autorité se manifeste aussi au Proche Orient où les Palestiniens, les Saoudiens et les Egyptiens ne croient plus en M. Obama..

Mais comment faire pour qu’un nain se hisse au niveau d’un géant ? Comment comparer Obama à un Kennedy ?

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24/04/2014

La fin de l'anarchie palestinienne?

La fin de l’anarchie palestinienne ?

Je ne comprends pas très bien l’émoi qui s’est emparé du gouvernement israélien et même de la Maison Blanche après les annonces fracassantes de l’unité des factions palestiniennes. Personnellement, je pense que tout ce qui va en direction de la paix et de l’abandon de la guerre, est un progrès, mais je ne renonce pas à examiner la situation objectivement : cela fait je ne sais combien de tentatives avortées de rapprochement entre les frères ennemis, le Hamas de Gaza rt le Fatah de Ramallah. Après toutes ces années de persécutions réciproques, toutes ces tentatives de médiation effectuées tant par l’Egypte de Hosni Moubarak que par l’Arabie Saoudite, la montagne a toujours accouché d’une souris. Même si l’unité palestinienne devrait, en bonne logique (mais le Proche Orient ne reconnaît pas Descartes et ignore superbement le principe fondamental de la pensée occidentale : le principe de l’identité et de la contradiction. 1 est égal à 1 et 1 n’est pas égal à 2), être un élément positif,  les intérêts et surtout les arrière-pensées sont trop éloignés les uns des autres.

Vous savez sûrement ce que Jean Genêt disait méchamment de l’Allemagne : j’aime tellement l’Allemagne que je suis ravi qu’il en existe deux…  Il ne faut évidemment pas tenir ce même langage en ce qui concerne les belliqueux voisins d’Israël. Mais la réalité est là et elle est très têtue.

Voyons objectivement ce qui a poussé les deux frères ennemis à se livrer à cette grande mise en scène si médiatisée. Commençons par le Hamas qui a soigné son effet en prenant de grands airs. J’ai, a t il dit à la télévision, une grande nouvelle pour le peuple palestinien… Mais qu’est ce qui se cache derrière cette annonce ? En fait, pas grand’chose, sinon le constat d’une situation politique, économique et même sécuritaire catastrophique pour le Hamas. Si des élections avaient lieu demain dans la bande de Gaza, le mouvement islamiste les perdrait. Enfin, la manne du Qatar s’est presque tarie et l’Egypte du maréchal Abu l Fatah al Sissi éprouve une méfiance totale pour le Hamas qu’elle soupçonne de déstabiliser le Sinaï et même les rues du Caire où les forces de sécurité subissent des attaques récurrentes. N’oublions pas que l’armée égyptienne a neutralisé la quasi totalité des tunnels reliant Gaza  au pays des pyramides. Il était évident que si une telle situation perdurait, elle serait insupportable pour la population. C’est donc un ballon d’essai, une bouffée d’oxygène que le Hamas recherche, presque désespérément.

Du côté de Ramallah, Mahmoud Abbas qui n’est pas un nouveau venu en politique et qui n’a plus fréquenté les électeurs depuis près de huit ans ( !) se trouve dans une impasse : d’un côté, le Hamas conteste sa légitimité, de l’autre, il ne parvient pas à arracher à Israël des concessions qu’il s’entête à exiger tout en sachant que l’Etat ne pourra jamais les lui offrir.. Au fond, toute autorité palestinienne n’osera jamais signer un accord digne de ce nom avec l’Etat d’Israël, au motif que les masses arabes, nourries par des siècles d’antijudaïsme, ne le permettront jamais. Du temps du président Clinton, d’énormes concessions avaient été faites à Yasser Arafat qui a usé de tous les artifices pour se dérober. Mis au pied du mur par ses amis avides d’obtenir enfin la paix, il a expliqué que s’il signait aujourd’hui, le lendemain il serait victime des sicaires de son peuple.. Avec Abbas, les choses se présentent autrement mais avec un arrière fond sensiblement équivalent à ce qui se passait il y a une quinzaine d’années.

Et rien ne semble indiquer que cela va changer. C’est bien dommage. Dans la plupart des milieux extrémistes, on compare (à tort) l’Etat d’Israël au royaume latin de Jérusalem qui, au bout d’un petit siècle d’existence, a fini par disparaître.

Il n’en sera sûrement pas ainsi pour Israël qui ne cesse de se renforcer, de grandir, face à un camp ennemi divisé, empêtré parfois dans de sanglantes guerres civiles (Syrie, Libye, Tunisie, etc) ou gravement déstabilisé comme l’Egypte. Or, chaque fois que l’on se rend en Israël, on constate un dynamisme et une foi en la vie et en la paix qui me laissent bouche bée … Les immeubles sortent de terre comme des champignons, le pays, à lui seul, dépose bien plus de brevets que tous ses voisins réunis…

En fait, tous ces pays devraient procéder à un réexamen de leur attitude dans ce conflit qui n’a plus de raison d’être. Les Palestiniens continueront ils de peser si lourdement sur le destin des autres Arabes, au point d’en stopper le développement et d’en déterminer les orientations internationales ? C’est là toute l’erreur, laquelle remonte aux fameux «quatre non» de Khartoum…. Or, le monde a changé depuis ce temps là. Un grand nombre de pays arabes entretiennent, en cachette, des relations de tout type avec l’Etat juif. Même l’Iran des Mollahs ne répugne pas, dans certaines circonstances, à faire des choses avec l’Etat juif…

En conclusion, il faut souhaiter que les Palestiniens comprennent enfin où se situe leur intérêt bien compris. Mais, franchement, l’unité des factions rivales n’est pas pour demain. Et c’est dommage.

Avec du ressentiment, on peut tout faire, sauf de la bonne politique internationale.

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23/04/2014

La belle leçon d'un ex otage en Syrie, ce matin sur I-Télé

Retour sur place, retour à la politique intérieure française..… Les leçons d’un ex otage Il est regrettable que les gens n’aient pas vraiment le temps ni le loisir, peut-être même pas la capacité, de saisir convenablement ce déluge d’informations qui s’abat sur nous chaque jour que Dieu fait, avec un peu de recul et d’approfondissement… C’est un constat un peu décevant, sans être triste ni arrogant. En renouant avec l’actualité brûlante dès ce matin, en remettant de l’ordre dans les papiers et tout le reste, j’ai pu écouter, non point l’interview-confession de Madame Anne Sinclair sur France 2, mais celle, joyeuse, rafraichissante, humaniste et altruiste du grand reporter d’Europe 1, Didier… Quel homme, quelle décontraction sans jamais tomber dans la légèreté, et ce rire, ce visage débarrassé d’une barbe si tristement évocatrice ! Il y avait aussi le ton enjoué, l’amour de la vie, l’absence totale d’esprit vindicatif, d’esprit de revanche, deux choses qui eussent été parfaitement légitimes, venant d’un être arraché aux siens, à son pays, à son travail, bref retenu en otage.. Pas un mot contre ses geôliers et lorsque les questions du journaliste intervieweur d’I-Télé se faisaient plus précises, l’ancien otage bottait élégamment en touche, se gardant bien de commettre des déclarations qu’il aurait pu regretter plus tard. En l’écoutant, je n’ai pu m’empêcher de penser aux phrases de Charles de Gaulle dans ses Mémoires de guerre… Il y écrivait en substance que le papier supporte tout et le microphone diffuse n’importe quoi. Ce grand reporter de guerre d’Europe 1 a fait preuve d’une parfaite maîtrise de soir dont nous devrions tous nous inspirer. Mais ce n’est pas cela que je voulais mettre en exergue ce matin dans le présent papier. Ce journaliste a dit qu’après toutes les misères qu’il avait vécues (le froid, la faim, les simulacres d’exécution, les violences physiques) après tout ce qu’il a vu durant toutes ces années de reporter de guerre, la vie en France n’est pas si mal. Il a parlé des hôpitaux, des écoles, de la sécurité sociale, de la beauté de la France, du bien vivre sur place…… Et il a comparé tous ces bienfaits à l’interminable cortège de malheurs et de malédictions qui accablent une bonne partie de l’humanité. Aves sagesse et mesure, il a ajouté, pour ne froisser personne, qu’il n’ignorait pas les problèmes qu’une grosse majorité de ses concitoyens rencontrait dans leur vie quotidienne. Cet homme qui est un simple journaliste, qui n’a pas fait l’ENA ni l’école Polytechnique, ni soutenu un doctorat d’Etat, nous a donné une belle leçon de vie. Puissions nous tous, à commencer par l’auteur de ces lignes fort imparfaites, nous inspirer d’un si haut exemple.. Ce n’est pas tous les jours que nous recevons des paroles d’une telle sagesse.

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22/04/2014

Vladimir Poutine veut ressusciter la défunte URSS

Vladimir Poutine veut ressusciter la défunte Union Soviétique…


Où donc M. Poutine s’arrêtera t il ? Apparemment, il a souverainement décidé de tout faire pour regagner d’une manière ou d’une autre, l’ancien glacis de l’URSS dont il ne se console pas de la disparition. Depuis quelques jours, il a décidé d’aller encore plus loin que ce qu’il fait en Ukraine depuis des mois. Non content d’envoyer des soldats russes, dépourvus d’insignes mais dont les véhicules sont bien ceux de l’armée russe, il envoie son ministre des affaires étrangères signer un pseudo accord, mort né dès sa signature, il vient de proclamer son intention de conférer presque automatiquement la nationalité, un passeport russe à tous les russophones qui en feraient la demande et qui résident dans les anciennes républiques satellites…… En clair, M. Poutine s’invite dans les affaires internes de toutes les anciennes colonies de l’URSS en se créant des minorités plus ou moins fortes dans ces différentes républiques. En clair, cela revient à réintroduire par des moyens détournés l’ancienne théorie de Brejnev de la souveraineté limitée. Pratiquement cela veut dire aussi que M. Poutine interdit à toutes ces anciennes républiques le droit de mener une politique qu’il jugerait, lui, agressive ou hostile à la Russie. Si ce n’est pas une menace contre la souveraineté des états, cela y ressemble fort..

On comprend mieux les craintes de pays comme la Pologne et la Hongrie, sans oublier l’Arménie, qui veulent croire que l’OTAN à laquelle ils adhèrent les défendra contre cette Russie, le cas échéant. Que faire contre cette grave remise en cause de la souveraineté des Etats de l’ex URSS ? Il faut que l’OTAN montre le bout de son nez en déployant des forces militaires, notamment aériennes pour bien montrer à M. Poutine qu’il ne peut pas faire tout ce qu’il veut : démembrer l’Ukraine et faire trembler les satellites d’hier.

Pour cela, il faudrait que les USA et les Occidentaux se conduisent comme des hommes et  non comme des lâches qui ont peur de leur ombre. Il ne faut jamais oublier qui est M. Poutine ni d’où il vient. La réponse à ces deux questions explique tant de choses..

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21/04/2014

L'affaire Aquilino Morelle

Aquilino Morelle et ses répercussions sur François Hollande

Impossible en ce lundi de Pâques de parler d'autre chose. J'ai fait ce que je ne fais jamais; regarder les répercussions de toute cette affaire sur le chef de l'Etat. Et j'ai de sérieuses inquiétudes. Trop, c'est vraiment trop. Je laisse évidemment de côté les attaques outrancières, celles qui visent à déstabiliser un pouvoir déjà sérieusement mis à mal. Mais la charge est rrop lourde, trop dévastatrice et je juge très improbable que l'échelon supérieur soit épargné. Si on pousse l'exploitation de ce malaise le plus loin possible, ce qui n'est pas mon cas, on aboutit à un changement au sommet. Le président a trop insisté sur les défauts, réels ou supposés de son prédécesseur pour qu'on lui pardonne ce qui se passe dans son entourage le plus immédiat.

Je peux comprendre qu'un homme qui a besoin de chaussures ortjopédiques soit chaussé avec recherche et délicatesse pour des raisons de santé. Les pieds sont des organses hyper sensibles: demandez aux pologues et vous comprendrez.

Mais cele ne s'arrêtait pas là et on lui reproche d'avoir fait venir à l'Elysée je ne sais quel cireur de chaussures et de s'être conduit avec une certaine arrogance. Sur ces derniers points, la plus grand prudence est de mise: il faut pouvoir distinguer le vrai du faux. Mais une chose ne fait pas l'ombre d'un doute, A. Morelle était détesté à l'Elysée: certains départs du cabinet présidentiel lui sont imputables directement. Je ne souhaite pas donner plus de détails Lorsque vous détenez une parcelle de pouvoir, il vous faut être très prudent et faire preuve d'esprit d'quité car l'envie et la jalousie sont les sentiments les plus partagés au sens de l'humanité.

Venons en à la sape des principes qui ont fait élire l'actuel président et qui lui furent soufflés par son conseiller aujourd'hui gisant au fond de l'abîme. Je n'aurai pas la cruauté de les rappeler mais vous les connaissez tous. Du coup, le roi est nu et le peuple français se rend compte de tant de choses. Et c'est la démocratie qui y perd. Un de mes amis préfets me disait, lui qui a servi sous tous les régimes que nous n'avons pas quitté la monarchie et que tant de choses dans cette république sont des survivances de l'ancien régime.

Pour finir, un mot de ce journalisme d'investigation qui fait mal. Les péchés de l'ex conseiller sont plutôt graves, mais la charge est d'une violence extrême. Je faiais allsuion en t^te de cet éditorail à mon inspection de la chose sur internet. Incroyable! Même des membres de sa amille sont à présent dans le collimateur de la presse. Il faut être prudent, il faut éviter les amalgames.

Mais cette affaire aura des suites et ne restera pas sans conséquences graves pour l'Etat Avant l'été, ou, au plus tard, à la fin des vacances, le paysage politique de ce pas aura changé de fond en comble.

Et c'est triste. Pour une affaire de chaussures...

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