31/03/2014

Le désaveu, une impopularité historique

 

 

Le désaveu, une impopularité historique

On parle, bien évidemment, du résultat des élections municipales en France. C’est une lourde sanction qui ne touche pas que les maires PS battus mais qui va bien plus haut. On a l’impression que ce pays s’est dressé comme un seul homme pour dire non. Non à une politique qui ne tient pas compte des difficultés des citoyens. Prenez l’exemple des retraités qui n’étaient pas imposés et qui le sont devenus sans distinction aucune. Il y a quelques mois, la presse a même parlé d’une remise en question du consentement à l’impôt, c’est dire. Mais le pouvoir, face à cela, est resté sourd. Excédé par ce déni, les citoyens l’ont sévèrement sanctionné. Que va faire le pouvoir ? Loin de changer radicalement de méthode, d’être moins secret, moins opaque, au point que même la pythie de Delphes n’y arriverait pas, il continue d’user d’artifices, ceux là mêmes que le corps électoral a condamnés sans appel. Au lieu d’apparaître au grand jour, de dire qu’il a entendu le cri du peuple, le président de la République (dont certains n’hésitent plus à souhaiter le départ) finasse et joue avec les nerfs de la nation. Il aurait dû, dès hier au soir, annoncer qu’il changeait la donne profondément ou prévoir une sorte de référendum pour redonner la parole au peuple. Ainsi il aurait puisé dans cette consultation une nouvelle légitimité. Mais apparemment, son tempérament politique le pousse à agir autrement.

Enfin, les citoyens de ce pays veulent une autre politique. Au fond, l’UMP ne présente pas un programme plus alléchant, mais, tout comme le Front National, ceux deux partis d’opposition ont bénéficié d’un rejet total du parti socialiste et de ses représentants. Ces derniers ont été injustement sanctionnés et ils ont payé pour d’autres, à savoir pour le gouvernement et les plus hautes autorités de l’Etat. En effet, les citoyens ont saisi la première opportunité qui s’offrait à eux pour exprimer leur mécontentement qui est historique.

Au début de cette aventure, certains commentateurs politiques avaient mis en garde contre l’inexpérience des deux têtes de l’exécutif, qui n’avaient jamais eu la moindre vie gouvernementale auparavant. Aujourd’hui, c’est la preuve par neuf qui s’impose à tous…

Même le FN sort nettement revigoré de cette consultation. Regardez l’exemple de Marseille où le PS ressort en guenilles de cette élection. Et le FN conquiert pour la première fois une mairie d’arrondissement : il y a déjà des tensions avec certains secteurs de la population qui se plaint d’être oubliée, sans sécurité, sans travail et sans avenir.

Ce qui frappe aussi et qui ne laisse pas d’être inquiétant, c’est la versatilité du corps électoral qui, moins de deux ans après avoir voté, se déjuge et rejette ses favoris d’hier. Cela peut toucher tous les bords du spectre des opinions politiques. Aujourd’hui, c’est la gauche qui paye les pots cassés, demain cela pourrait bien changer. On ne le redira jamais assez : il faut un consensus national, il faut une entende nationale. Une France contre une autre France, cela ne marche plus..

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30/03/2014

Les élections municipales en Turquie

Les élections municipales en Turquie

Décidément, c’est la saison des élections municipales, porteuses de grand changement. Et pas uniquement en France puisque la Turquie vote elle aussi dans un climat qui n’est pas favorable au gouvernement en place. L’actuel premier ministre Erdogan commence à voir les limites de son pouvoir Il y a un parfum de scandale et de corruption qui embaume l’atmosphère politique. Le Premier Ministre islamiste, fidèle à son comportement, s’emporte, menace ses adversaires qui réclament sa démission pour je ne sais quelles affaires de corruption… Une cassette, enregistrée on ne sait comment prétend, à tort ou à raison, que la voix qui parle serait celle du premier ministre demandant à l’un de ses proches (son fils ?) d’être sur ses gardes et de faire disparaître des traces de je ne sais quel argent…… Bref, on le voit, de grosses inquiétudes de la part du gouvernement et une agitation croissante de la part de l’opposition, ce qui ne favorise la sérénité d’un choix politique. Dix ans de pouvoir pour ce parti, c’est peut-être un peu trop. Mais , chose plus grave, M. Erdogan s’en est aux règles laïques du fondateur de la Turquie moderne, il a autorisé maintes choses qui ne l’étaient pas précédemment et s’est mis l’armée turque à dos en faisant condamner son ancien chef d’Etat major à la prison à vie et en procédant à des nominations qui, croit-il, le mettent à l’abri de mauvaises surprises, c’est-à-dire de coups d’Etat. On le dit même, ce Premier Ministre, obsédé par le cas égyptien où l’armée a fini par mettre à bas un régime islamiste pourtant démocratiquement élu. Et dans ce cas aussi, le président déchu Morsi avait pourtant cru s’être entouré de toutes les précautions du côté de l’armée, et en fin de compte, celle-ci n’a écouté que soi même. Dans ces pays là, le seul corps vraiment organisé, constitué et discipliné est et reste l’armée. Toucher à ses chefs, même retraités, est toujours mal vécu. Mais il n’est pas impossible que l’opposition remporte les élections, préparant alors un prochain changement de majorité. Il faut dire rappeler que M. Erdogan a jugé d’interdire la libre circulation des réseaux sociaux qui ont divulgué les affaires dans lesquelles il était compromis. La justice turque lui a donné tort et a condamné ces mesures d’exception Que va t il se passer ? Les résultats des élections nous le diront. Mais il est certain que le peuple turc ne supportera pas plus les sautes d’humeur de M. Erdogan…

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29/03/2014

Réflexions sur le devenir politique de la France

Réflexions sur le devenir de la France

Les résultats des élections municipales en France nous dispensent des enseignements qui dépassent nettement l’enjeu local, même dans les métropoles comme Paris, Lyon et Marseille. Nous ne nous arrêterons plus aux mauvais signaux donnés au pouvoir qui essuie ici une cinglante défaite. Il est de bonne guerre que les perdants minimisent l’étendue de leur défaite et pour les vainqueurs d’en magnifier l’éclat. Première conséquence palpable : la droite va regagner la présidence du Sénat. Est ce le commencement d’une ère nouvelle ? Il est trop tôt pour le dire. Mais l’enseignement premier, au niveau national, est que les citoyens sont mécontents de la politique suivie qui les écrase sous le poids des impôts de toute sorte, asphyxie la croissance et ne parvient toujours pas à juguler le chômage. Les citoyens commencent aussi à stigmatiser l’inexpérience, voire l’impéritie (Matthieu Pigasse) du gouvernement actuel dont les deux chefs, président et premier ministre, n’ont jamais eu d’expérience gouvernementale antérieure.

En d’autres temps, de telles critiques n’auraient pas eu le même retentissement. Dans certaines manifestations et dans certains commentaires, quelques uns demandent sans fard le retrait pur et simple du président actuel, ce qui bouleverserait la situation et créerait une crise institutionnelle dont personne de responsable ne veut. Les gens simples et les partis politiques demandent un coup de barre à droite, un changement de politique. François Hollande est donc dans une impasse.

Mais la nouveauté à laquelle tous sont sensibles et réclament des changements, c’est que le locataire de l’Elysée finasse, joue avec les nerfs de ses interlocuteurs, accroissant ainsi le manque cruel de lisibilité de sa politique. Quand les sondeurs demandant aux personnes sondées  que veut le président, la réponse obtenue est : on n’en sait rien.

Jeudi soir, France 2 a proposé une grande émission avec un large débat, comme les Français les aiment. Le premier enseignement de ces confrontations parfois vives est le désenchantement des Français, leur refus et leur rejet du politique, leur condamnation sans appel des hommes et des femmes politiques. Je n’avais encore jamais entendu les Français mettre aussi directement en cause le caractère intéressé de l’engagement de leurs hommes politiques. Et ces derniers, pourtant présents sur le plateau n’ont rien pu dire, tant la vague du mécontentement, une véritable lame de fond, était puissante…

Ce que les citoyens ne supportent plus, c’est qu’on leur mente, qu’on les enfume, pour reprendre un néologisme à la mode. Les Français ont compris que le bipartisme ne les sauverait pas et ils ont décidé de donner sa chance au Front National. Ici aussi règne un certain flou qu’il serait bon de dissiper : ou bien le FN est un parti anti républicain et dans ce cas, on l’interdit, ou bien il est licite et on cesse de s’étonner, voire de s’alarmer de sa progression dans l’opinion, dans les sondages et dans les votes.

Ce dernier point est le plus important, celui sur lequel doit se porter la réflexion des Français et de leurs hommes politiques. Henri Guaino avait eu raison l’autre soir de souligner que gauche et droit n’ont pas trouvé de réponses adéquates à apporter aux problèmes des Français qui ne se sentent plus chez eux en France, en raison d’une immigration non choisie, subie et d’une criminalité pas assez combattue. Ce n’est pas le fruit du hasard si c’est le sud de la France qui est le plus touché et que le FN y consolide ses positions.

Il faut faire preuve de lucidité : le monde a changé, l’économie n’est plus ce quelle était et la société française a perdu son homogénéité. Les racines spirituelles de ce continent sont recouvertes d’une subculture et l’identité culturelle de la France risque de ne plus être qu’un souvenir. Tel est le raisonnement que se tiennent à eux mêmes les citoyens.

Face à cette situation, l’actuel pouvoir finasse, joue au plus malin, brouille les cartes, au lieu de jouer franc jeu et de dire clairement qu’il changera de politique,  va revoir le modèle social français, stopper l’immigration, lutter contre la fraude aux allocations etc…

Ce sont exactement les points sur lesquels le FN porte toute son attention et tous ses efforts et c’est pour cela qu’il réussit.

La France doit penser aux Français et les écouter. C’est ce que tous les gouvernements se sont gardés de faire depuis 35 ans.

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27/03/2014

La situation politique en France

La situation politique en France…

On prête à Jacques Chirac une expression un peu triviale, digne d’un officier de cavalerie : Les emmerdes volent en escadrille… En bon français ; un malheur n’arrive jamais seul… Lucide réflexion sur l’action politique, ses hauts et ses bas, ses périodes fastes et néfastes ! C’est bien la seconde hypothèse qui caractérise sans conteste la situation politique de François Hollande. On se défend mal de l’impression d’une certaine impéritie, voire de désarroi de la part du chef de l’Etat qui a du mal à forcer sa nature et à trancher dans le vif. Son prédécesseur n’aurait pas manqué de le faire.

C’est que jusqu’au dernier moment, le chef de l’Etat a espéré que cette improbable inversion de la courbe du chômage finirait par arriver. Un peu comme le Messie qu’on attend mais dont on nous explique qu’il ne viendra que plus tard. Comme le chamelier dans le désert qui espère la plus fine rosée qui suit une grande sécheresse mais qui tarde à arriver..

Non seulement les élections municipales ont été perdues et bien perdues (aucun institut de sondage ne prévoit de ressaisissement des électeurs de gauche) mais le coin de ciel bleu auquel il s’accrochait n’est pas visible : le taux de chômage n’a pas baissé, il s’est au contraire aggravé. L’horizon est entièrement bouché…… Et dernière chose mais qui n’est pas la moindre : près de 80% des Français, de droite comme de gauche, exigent un remaniement rapide et profond. Ils redoutent que le chef de l’Etat se contente d’un simple remaniement cosmétique. Certains, comme les députés PS, n’hésitent plus à réclamer ouvertement un départ du Premier Ministre actuel. C’est un peu la recherche d’une victime expiatoire, une sorte de bouc émissaire  chargé de tous les péchés d’Israël… Jean-Marc Ayrault a fait ce qu’il a pu et le chef de l’Etat lui-même a changé de politique au milieu du gué, le 14 janvier. Mais il n’a pas mis ses mesures en application.

Quel est l’enjeu ? Laurent Fabius vient de le définir sur I-Télé avec la grande clarté qui le caractérise : baisser un peu les impôts des ménages afin de relancer la consommation, baisser de manière significative les dépenses publiques, baisser les charges des entreprises qui sont les seules à créer de vrais emplois et non des Ersatze d’emploi..

Le problème est que le chef de l’Etat ne veut pas provoquer une crise en optant clairement pour de telles mesures. Il est à la fois l’otage de la gauche du PS et des écologistes qui ont osé s’opposer publiquement à l’entrée de Manuel Valls à Matignon : du jamais vu sous la Ve république.

François Hollande pourrait se passer de l’appoint de ces supplétifs de la majorité que sont les écologistes. Mais voilà il redoute la candidature de C. D. en 2017 qui lui ferait perdre quelques pourcents sur sa gauche. D’où son obsession de la ménager et de ne pas la sanctionner. Or, de grandes décisions s’imposent pour le bien du pays.

Et plus on retarde les grandes décisions et pire sera la situation. Il faut donc d’abord remanier largement et en profondeur, et ensuite appliquer franchement les bonnes mesures. Les deux années écoulées prouvent qu’il en est ainsi.

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26/03/2014

Les tristes résolutions du sommet arabe du Koweït

Les tristes résolutions du sommet des Etats arabes au Koweït

Il est difficile de croire à un printemps arabe lorsqu’on prend connaissance des résolutions adoptées ou plutôt des irrésolutions survenues lors du sommet arabe à Koweït city. On se défend mal de l’impression d’un vaste retour en arrière, une replongée dans une époque que l’on croyait définitivement révolue. Cela rappelle les quatre non de Khartoum qui tournaient le dos au réel. On sait ce que cette politique est devenue…

En effet, sur aucun point d’actualité brûlante, les Arabes enfin réunis, n’ont pris de décision marquante ni fait d’avancée significative. Je relève ici trois sujets : la clarification de la position du Qatar qui fait une politique en zigzag, la situation en Syrie où l’opposition armée réclame une pleine reconnaissance et des armes sophistiquées et enfin les négociations de paix entre la Palestine et Israël.

Le Qatar avec sa télévision al-Jazeera joue double jeu, peut-être même bien plus. Il encourage les intégristes au Mali et ailleurs, s’en prend au régime syrien, fréquente Israël dans les coulisses tout en aidant le Hamas à survivre à Gaza, pactise avec les USA tout en soutenant leurs ennemis, bref une sorte de finasserie élevée au niveau d’une diplomatie d’Etat… Comprenne qui pourra, et même le changement d’émir n’a pas apporté de clarté, notamment aux yeux du puissant voisin, l’Arabie Saoudite, qui scrute l’œil inquiet de telles dérives…

Les relations avec le régime de Bachar el Assad sont empreintes d’une ambiguïté encore plus grande. On se souvient des déclarations tonitruantes du père de l’Emir actuel qui rêvait de fêter la fin du ramadan à Damas, sur les ruines fumantes du palais de Bachar… Aujourd’hui, le sommet accueille l’opposition et lui permet de s’exprimer sans toutefois lui accorder le siège réservé au régime. C’est que Bachar s’est révélé plus coriace qu’on ne le pensait. Il a regagné du terrain, il reconquiert les positions perdues les unes après les autres et il n’est pas déraisonnable de penser qu’il se maintiendra au pouvoir en juin prochain. L’appui irano-palestino-russe se révèle décisif. Il y un peu moins d’un an, ce blog a été l’un des premiers à signaler que Bachar reprenait confiance et que les atermoiements des USA avaient prolongé sa longévité. Le recul US s’explique par la même attitude des Arabes à l’égard des mouvements de contestations armées : on ne veut pas confier des armes sophistiquées à des groupes islamistes comme al-Nosra. A quoi  bon remplacer un extrémisme par un autre qui serait bien pire ?

La troisième inconséquence de ce sommet dont les Etats arabes semblent avoir le secret : ils ont dit non à la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat-nation du peuple juif. En agissant ainsi, les membres de ce sommet ne rendent pas service à la paix ni même aux Palestiniens. L’Etat d’Israël a toujours été considéré comme un Etat juif, c’est la raison de sa création et de son existence. Méconnaître une telle vérité est très grave et dénote un refus du principe de réalité (Realtätsprinzip). C’est donc un mauvais signal. Mahmoud Abbas avait déjà des difficultés, non seulement financières mais aussi politiques, notamment avec le Hamas, eh bien le sommet du Koweït lui complique singulièrement la tâche…

C’est regrettable.

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25/03/2014

Douloureux lendemains de défaite au PS

 

Douloureux lendemains de défaite au PS

Comme cela était prévisible, l’allocution absolument décalée du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a été sévèrement jugée par les ténors du PS qui cherchent un père à la défaite. On connaît l’adage, la victoire a plusieurs pères, seule la défaite est orpheline.

C’est après plusieurs jours que l’on réalise l’étendue des dégâts causés par une défaite électorale. Un élément majeur domine l’ensemble, la volonté de continuité, voire de survie des candidats dont la réélection est menacée. Lorsque l’état major parisien ordonne aux équipes locales de se retirer afin de faire échec aux listes du Front National, la plupart des colistiers refusent d’obéir.

Comment en est on arrivé là ? C’est évidemment la faute du gouvernement et du chef de l’Etat qui n’ont pas voulu écouter les cris de désespoir des citoyens. Souvent, les hommes politiques, de droite comme de gauche, ne prennent qu’une chose au sérieux, leur maintien au pouvoir, leur situation personnelle.

Il est de notoriété publique qu’on ne peut pas avoir raison seul contre tous. Or, même les électeurs de gauche ont déserte leur camp, ne se reconnaissent pas dans la politique menée et cela va s’aggraver. Oui, la situation est très difficile et on comprend les hésitations du président qui tarde à remanier : qui va-t-il mettre à Matignon et pour quelle politique ? S’il change de cap comme il le fit le 14 janvier, est il sûr d’être suivi par les députés PS ?

En fait, on se trouve dans une impasse. Il faudrait tout changer et cela est impossible. L’écrasante majorité du PS à l’Assemblée ne reflète plus la sensibilité générale du pays. Mais qui oserait conseiller au président de la république de dissoudre ? Et si, d’aventure, il s’y risquait, ce sont 400 députés de droite et d’extrême droite qui se retrouveraient au palais Bourbon …

La seule possibilité raisonnable est de faire un gouvernement d’union nationale. Mais sera t il admis par l’Assemblée ?

Il faut de solutions claires et innovantes. Nous en sommes encore loin. Les hommes politiques sont souvent bridés par des considérations subalternes. Mais comment faire autrement ? Les hommes ont leurs faiblesses. Ce ne sont pas des morceaux de bois.

Il est tout de même incroyable de constater que les mêmes électeurs qui ont fait un triomphe à la gauche la rejettent aujourd’hui sans la moindre nuance. Dans aucune grande ville, le PS n’est arrivé à une position de ballotage favorable. Et le cas de Marseille est très instructif : le PS t est devancé par le FN.

C’est ce parti qui est le véritable vainqueur des élections municipales en France. Et la droite comme la gauche n’ont toujours pas trouvé la parade. Les vieilles recettes ne marchent plus. Il faut trouver autre chose.

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24/03/2014

MArtin Buber, la monarchie de Dieu

Martin Buber, la monarchie de Dieu*

Voici un ouvrage qui a probablement le plus occupé l’esprit de l’auteur lequel le publia au milieu des années trente et le réédita deux fois, notamment à la fin des années cinquante, en y intégrant des ajouts et surtout des réponses aux critiques dont il fit l’objet, de la part de biblistes confirmés comme Otto Eißfeld et Gerhard von Rad, pour ne citer que les représentants les plus connus de la haute critique.

Buber n’a pas voulu reprendre dans ce contexte le néologisme de Flavius Josèphe, théocratie pour qualifier le règne de Dieu en Israël. Il a préféré s’en tenir au terme monarchie (Königtum Gottes) car il voulait mettre en exergue le vocable sémitique malk et son adaptation hébraïque mélékh.. L’auteur cherche à savoir à quand remonte cette désignation du Dieu-roi et ce qu’elle recouvre : s’agissait il, aux débuts de l’histoire israélite, d’un commandeur, d’un capitaine, une sorte de divinité tutélaire dont l’appui était indispensable en temps de guerre ? On se souvient qu’aux origines de la monarchie hébraïque se trouve la volonté d’avoir un roi dont la fonction première est de livrer les combats et de conduire l’armée à la guerre. On se souvient que c’est bien ce qu’on lit dans le premier livre de Samuel. Mais on peut se demander si cette notion de Dieu-roi n’est pas une adaptation du vieux mythe oriental de Baal ou de Mardouk …

Comme il l’avait fait précédemment dans son livre intitulé La foi des prophètes (je cite l’édition allemande de 1984, pp 55-68), Buber s’intéresse de très près au hiatus détecté par la critique biblique, entre, d’une part, la divinité qui s’était révélée aux patriarches (El ou El Shaadaï), et, d’autre part, le Dieu tétragrammate (YHWH) qui s’est révélé à Moïse sur le Mont Sinaï (Ex. 6)… C’est ce que l’on nomme l’hypothèse kénite, du nom de la tribu de Jethro, le beau-père de Moïse qui aurait, selon cette hypothèse, réalise une double opération : donner sa fille comme épouse à Moïse et lui transmettre aussi le nom de sa propre divinité… En somme, le Dieu que Moïse aurait apporté aux Hébreux ne serait pas celui de leurs ancêtres mais une divinité madianite, étant entendu que le Sinaï se trouve bien sur le territoire de cette même tribu.

Il est impossible de nier ce problème magistralement exposé par l’ancien bibliste Albrecht Alt, le maître de Martin Noth : dans le chapitre 6 du livre de l’Exode, les rédacteurs ont indéniablement tenté d’établir un raccord en spécifiant ceci : je me suis révélé à tes pères Abraham, Isaac et Jacob mais je ne me suis pas fait connaître d’eux par mon nom YHWH…

L’enjeu ici est de montrer à quand remonte la relation  de divinité tutélaire et de clan protégé par elle, en l’occurrence le Dieu-roi et son peuple, le clan de Jacob, devenu, par la suite, le peuple d’Israël. Les spécialistes ont relevé que la monarchie incarnée, pas celle de Dieu, a toujours posé problème à Israël qui ne reconnaît qu’n seul roi, son Dieu tandis que tous ceux qui revêtent les vêtements royaux ne sont jamais que des vicaires de Dieu sur terre. Buber commence d’ailleurs son livre par des développements sur Gédéon-Yeroubaal qui, fait exceptionnel, refuse le pouvoir royal alors qu’on l’offre à ce général victorieux. La réponse est claire mais inattendue : ni moi, ni aucun de mes descendants ne régneront sur vous… Seul Dieu est votre roi. ! Voilà un couplet antimonarchiste bien clair. Un peu plus loin, au chapitre 9 du livre des Juges, il y a cette fameuse parabole orientale de son fils Yotam qui ridiculise les gens de Sichem portant à leur tête un incapable, voire même un vaurien. Les arbres de la forêt proposent, entre autres, à la vigne et à l’olivier de régner sur eux. Tous les arbres fruitiers ou utiles à la vie déclinent l’offre, à l’exception du buisson qui leur promet désastre et ruine (qu’un feu sorte de moi et consume la forêt). Il n’existe pas condamnation plus dure de la royauté humaine. Certains spécialistes ont nuancé leur jugement arguant que la condamnation ne vise que les rois impies… Je ne le pense pas car l’idée qui gît au fondement de cela est toujours la même : c’est Dieu seul qui règne sur Israël. Mais les critiques ont parlé non d’un livre mais de LIVRES des Juges, tant les histoires qui y sont relatées proviennent de contextes divers et ont été enchâssées dans une gaine univoque qu’on nomme le pragmatisme à quatre termes : Israël se conduit mal, pour le punir de ses manquements Dieu envoie un oppresseur qui le soumet, Israël se repent et Dieu envoie un libérateur, i.e. un juge qui boute l’envahisseur hors de ses frontières. Le première partie de ce livre des Juges est foncièrement antimonarchiste tandis que la seconde, du chapitre 17 à  21 est orientée dans un sens inverse.

Cette notion d’un Dieu-roi, voire des dieux ou de divinités mineures, qui règne sur la terre comme un souverain sur ses domaines, est peut-être esquissée dans un commandement du Lévitique (25 ;23) lequel stipule :  Car la terre m’appartient et vous n’êtes pour moi que des étrangers et des hôtes… Buber se livre aussi à une vaste rétrospective de cette notion dans le Proche Orient sémitique ancien afin de voir comment cette idée a cheminé pour parvenir aux textes bibliques où il a fini par s’imposer.

Avant l’installation de la politie, c’est-à-dire à l’époque tribale lorsque l’entité politique n’était qu’une amphictyonie de tribus qui s’étaient mises d’accord sur la fréquentation et l’entretien en commun d’un sanctuaire, le malk (en hébreu mélékh) était une sorte de divinité tutélaire cheminant aux côtés d’une horde en marche, des nomades dont les pérégrinations ne cessaient jamais. On comprend mieux les passages bibliques retraçant les voyages d’Abraham, l’exode hors d’Egypte et la traversée du désert pour parvenir en Terre promise. Lors de ces pérégrinations, une colonne de lumière ou une simple nuée accompagne les migrants pour les guider et les protéger : c’est là l’une des fonctions du malk.

Dans le chapitre intitulé, YHWH le mélékh, Buber retrace le cheminement du Dieu tribal en vue de devenir le Dieu de l’univers, celui que la Bible dénomme le Dieu des cieux et de la terre. Mais ce Dieu n’est pas confiné dans les cieux, il accompagne sa créature sur cette terre, étend sur elle sa main protectrice et va même au devant de ses désirs. Ceci est bien illustré par le cas du patriarche Jacob qui se livre à une très naïve profession de foi dans les chapitres de la Genèse. Voir le verset 46 ;2 où ce Dieu dit à Jacob : je descendrai avec toi en Egypte et c’est moi qui t’en ferait remonter… Il s’agit donc d’un Dieu conducteur, qui chemine aux côtés de celui qu’il a choisi. Ceci est encore plus évident en Exode 13 ;17, un verset auquel nous avons fait allusion plus haut : de nuit comme de jour, Dieu veille et guide.

Mais que signifie au juste l’expression Adonaï Tséva’ot, généralement traduit par le Dieu des armées ? S’agit il d’une formation au génitif, le Dieu des armées ? De quelles armées parle-t-on? Célestes ou terrestres ? On se demande si cette expression qui s’est taillée la part du lion dans la Bible hébraïque était vraiment telle quelle à l’origine ou s’il s’agissait d’un autre syntagme, Elohé tséva’ot ? Il existe aussi une autre expression qui ne laisse pas d’étonner et qui connaît une occurrence remarquable dans le livre de Samuel (I 17 ;45) lorsque David affronte Goliath, El ma’arékhot Israël, ce qui signifierait, le Dieu des guerres d’Israël La connaissance du nom d’un dieu, le théonyme, revêtait une importance cruciale dans l’Egypte ancienne car cela conférait un certain pouvoir sur la divinité concernée. D’où la notion d’invocation du Nom qui vous répond si vous utilisez  la bonne méthode, le bon Nom. Mais cette manière de conjurer la divinité n’ouvre pas la voie à la magie, même si cela ne manquera de se produire tardivement dans l’histoire religieuse d’Israël. En fait, en livrant son nom, Dieu se fait connaître, donc se révèle. Mais son essence intime est incognoscible: cela rejoint la question que les kabbalistes du XIIIe siècle se poseront : qu’est ce qui se révèle de ce Dieu, au cours de sa théophanie du Sinaï ?

On assiste à une sorte de fusion entre le Dieu tribal des esclaves sortis d’Egypte et l’image d’un roi que ces hommes observent chez d’autres peuples. C’est la raison pour laquelle, le seul vrai roi d’Israël a toujours été Dieu, même à l’époque royale. Il reste que le terme mélékh (roi) connaît une étonnante proximité avec un terme très ressemblant qui se situe pourtant aux antipodes : le moloch, cette divinité cananéenne sanguinaire, dont le nom est formé sur la même racine MLCh et qui exigeait des sacrifices de nouveau-nés ; or, les rédacteurs bibliques ont voulu établir un cordon sanitaire infranchissable, hermétique entre le Dieu d’Israël et ce Moloch contre lequel même le prophète Jérémie (7 ;31 19 ;5 et 32 ;35) élève la voix. Pourtant, cette notion de sacrifices humains, notamment d’enfants, transparaît dans d’autres contextes, lors de la plaie d’Egypte visant les premiers nés... On garde aussi en mémoire  le passage (kaddésh li kol békhor…) qui clame que tout premier né est à YHWH qui le revendique, tant chez l’homme que chez l’animal. Certains traits du Moloch sont indéniablement entrés dans le culte du Dieu unique, même si la conscience juive ancienne s’est affinée au fil des siècles et a tourné résolument le dos à tout sacrifice humain. Sans même remonter à la ligature d’Isaac au chapitre 22 du livre de la Genèse, les tentatives de baalisation (la divinité Baal), voire même de molochisation (le Moloch) n’ont pas manqué. En tout état de cause, il y eut un long processus de purification de l’idée du divin car Israël avait fondé l’intégralité de son existence sur la relation à son Dieu. Et ce ne fut pas un long fleuve tranquille.

Cette idée de royauté de Dieu est si fondamentale que même dans la liturgie des fêtes de tichri,  (Le nouvel an et le jour des propitiations) dites austères, on insiste singulièrement sur elle (malkhouyot).  D’ailleurs, la théophanie du Sinaï et l’alliance entre Dieu et son peuple Israël exclut purement et simplement que quiconque puisse jamais prétendre à un pouvoir royal sur lui, hormis son Dieu-roi.

C’est le paradoxe de toute l’histoire d’Israël en tant que peuple et en tant que religion. Au terme d’une lecture attentive d’un ouvrage si instructif on se demande pour quelles raisons les critiques bibliques n’ont jamais vraiment considéré Buber comme l’un des leurs. Pourtant, il se confronte sans cesse à la littérature spécialisée de son temps. Cela tient probablement à ses interprétations philosophiques, aux références à sa traduction si personnelle de la Bible avec Franz Rosenzweig et au fait qu’il ait tenu à préserver le noyau de l’essence d’Israël et se tradition écrite, la Tora.

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Les élections municipales en France

Les élections municipales frnçaises : cinglant désaveu pour le pouvoir

C’est ce que titrent tous les grands journaux français ce matin. Les télévisions et les radios le clamaient depuis hier à 20 heures : le PS et le gouvernement sont lourdement sanctionnés par les électeurs qui expriment un ras le bol inquiétant. Non seulement ils rejettent la majorité en place mais ils accordent leurs voix, et donc leur confiance, au Front National. Et comme un malheur pour la majorité n’arrive jamais seul, la mairie de Hénin-Beaumont est ravie par le FN dès le premier tour alors qu’à l’inverse aucune ville importante n’est gagnée par le PS et ses alliés verts.

La presse s’en donne à cœur joie ; désaveu, punition, rejet, sanction… Et ce n’est pas tout. Je crois que le président porte une certaine responsabilité dans ces résultats. Il y a d’abord sa politique et ses conséquences sur le pouvoir d’achat : la pression fiscale a indisposé même les électeurs de gauche. Il y a ensuite l’impression qu’ils ont de parler à un mur. Fr. Hollande a été étrangement absent et les Français n’ont pas apprécié cette attitude. Des voix se font entendre au sein de la majorité pour réclamer des changements qui ne soient plus cosmétiques. La gauche n’a plus confiance en la gauche. Il est vrai qu’objectivement la situation est très difficile et la droite n’aurait peut-être pas mieux fait. Mais il y a des erreurs, des fautes d’appréciation  que l’on aurait pu éviter.

Regardez la liste des ténors de la droite élus dès le premier tour, et aucun du côté du parti de la majorité. J’ai sérieusement regardé ce qui s’est passé dans cette ville remportée par le FN : on y voit des Français comme les autres, ni racistes ni antisémites, ni xénophobes mais qui veulent se sentir en France chez eux. Les deux partis majoritaires UMP et PS ont mis du temps à réaliser que l’immigration était, pour certains, devenue le pivot, le marqueur de la politique : ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Un repli sur soi, voire une crispation, prend place, c’est indéniable. Beaucoup de Français se demandent pourquoi tant d’immigrés avec leurs problèmes, leurs revendications, leurs conceptions et leurs modes vie différents des leurs, viennent ici chez eux.. Bien entendu, ce schéma est simpliste, mais il reflète le mode de pensée d’une majorité croissante d’électeurs. Voyez l’exemple de Marseille où la droite et le FN totalisent une grande majorité qui rejette la gauche…

Plus qu’une tendance lourde, le Front National a réussi à imposer une dynamique, c’est plus et c’est plus grave :  une dynamique c’est plus qu’une lame de fond, une vague géante, c’est quelque chose qui persiste et dure. En clair, les choses vont s’aggraver pour le gouvernement d’ici aux  élections européennes où le FN est donné premier parti d e France.

Certains commentateurs ont ce matin stigmatisé l’autisme, réel ou supposé, du président de la République. Il est vrai que certaines initiatives ou absences d’initiative lui sont sévèrement reprochées.. En fait, la France va mal et même s’il y a des responsabilités individuelles, c’est la situation globale qui est en cause. C’est pourquoi un gouvernement d’union nationale avec des objectifs et une durée bien définis serait indiqué. Dans une quinzaine de jours, la France aura changé.. Le bipartisme droite / gauche aura vécu. Il y a, qu’on s’en félicite ou s’en lamente, un autre, un troisième parti qui s’est enraciné dans le paysage. Le mandat du maire dure six ans. Le FN va avoir plusieurs villes, il aura des milliers de conseillers municipaux, donc des  maires et des sénateurs. Ni la droite ni la gauche n’ont trouvé la bonne recette.

C’est bien là la leçon que viennent de leur administrer les électeurs, tant ceux qui ont voté que ceux qui se sont abstenus…

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23/03/2014

La Crimée est déjà russe

 

La Crimée est déjà russe…

 

 

 

C’est en voyant ce matin sur les écrans de télévision ces pauvres soldats ukrainiens livrés à leur triste sort, pieds et poings liés, que je me suis demandé ce que les anciens pays de l’Est pouvaient bien attendre de nous. Les Russes de M. Poutine agissent précisément comme leurs parents soviétiques de l’armée rouge. Avec un cynisme stupéfiant.

 

 

 

Les USA ont agi comme ils le font depuis la guerre d’Indochine. D’ailleurs, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ils n’ont plus gagné une seule guerre : ni en Corée, ni en Chine, ni au Vietnam, ni au Camdobge, ni en Afghanistan, ni en Irak, nille part. Et ce sont ces gens que l’on considère comme l’unique hyper puissance. Ils sont obsédés par la moindre perte en vie humaine, oubliant que leur statut de super puissance leur fait obligation d’intégrer cette donnée dans leur politique.

 

 

 

Quant à l’Europe, c’est encore une non puissance aux plans politique et militaire, et ce ne sont les quatre avions de chasse que la France dépêche en Lettonie pour dissuader d’éventuels débordements de M. Poutine qui y changeront quelque chose. En fait, il y va de la crédibilité de l’Europe et de sa capacité à empêcher tout changement arbitraire et unilatéral des frontières sur ce continent. Que l’on retienne bien ceci : le principe invoqué par M. Poutine pour justifier l’injustifiable a été de se prévaloir de la présence de minorités russes ou russophones plus ou moins fortes pour revendiquer le rattachement de ces territoires à la mère Russie.

 

 

 

Si on ne lui oppose pas un sabot d’arrêt (en allemand : Prellstein) M. Poutine ne s’en tiendra pas là. Cet homme s’est mis à lancer des bravades à la Saddam Hussein ou à la Bachar el Assad : je vais demander le virement de mon salaire dans cette grande banque russe soumise aux sanctions… Façon de dire, sanctionnez, sanctionnez, je m’en fiche… Mais lorsque les banques de son pays ne pourront plus emprunter ni financer des projets internationaux, ni même investir sur place, il comprendra comme les Iraniens, étranglés par les sanctions.

 

 

 

Mais une erreur a été commise par l’UE en raison de l’inexpérience, voire de l’impéritie de Lady Ashton : il fallait garantir à la Russie un statut respectable en Europe, ne pas lui donner l’impression qu’on voulait l’encercler. Comment un homme comme Poutine pouvait il admettre une Ukraine en Europe et intégrée à l’OTAN ? N’oublions pas, non plus, l’exemple du Kosovo. Un aspect des discours de Poutine n’a pas été assez relevé, c’est la référence constante à la culture religieuse, à l’orthodoxie, religion de la Russie depuis toujours..

 

 

 

Mais cela ne justifie en rien les agissements de M. Poutine

 

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22/03/2014

L'appel du pape à la conversion des mafieux

 

 

 

 

 

L’appel du pape François à la conversion des mafieux

 

 

 

Dans une époque comme la nôtre où personne ne s’intéresse plus aux valeurs morales ni à la solidarité interhumaine, la souffrance d’autrui laisse indifférent. C’est le fruit d’un apprentissage d’insensibilité quasi quotidienne= chaque jour que Dieu fait nous recevons les pires catastrophes, les pires nouvelles, les événements les plus cruels, alors que nous prenons nos repas, que nous écoutons de la musique ou que nous nous réunissons avec nos familles. Ce qui est grave, c’est que cela ne nous étonne plus.. Alors, évidemment, l’appel du pape exhortant les criminels d’Italie et d’ailleurs a se convertir, à cesser de faire le mal, pourrait faire rire les gens. Certes, dans notre monde tel qu’il est, c’est fort possible, mais si l’on y réfléchit, un tel appel revêt une importance capitale.

 

 

 

C’est une façon de dire que la conversion intérieure est supérieure aux sanctions judicaires, à la prison ou à toute autre privation de liberté ou saisie de ses biens.

 

 

 

C’est aussi un acte de foi en l’homme dont il ne faut pas désespérer. Comment traiter les criminels ? Doit-on les punir ou les convertir ? Certes, ceux qui représentent un danger pour leurs congénères doivent être neutralisés, mais les grands malfaiteurs mis à part, la masse des délinquants peut être rédimée.

 

 

 

Il existe un Psaume (37) dont la traduction a posé un problème. Il s’agit du verset suivant (v. 35-36) : yttamou hatta’im min ha-aréts u-resha’im ‘od éynam = que disparaissent les péchés de la surface de la terre, les impies ne seront plus là…

 

 

 

Les deux termes hatta’im et resha’im veulent dire la même chose : les péchés, les impies.. Et l’on sait demander pour quelle raison la Tora s’est répétée, elle qui évite toute redondance… En fait, le texte ne pose pas de problème puisqu’on lit hatta’im et non hot’im qui seraient de stricts synonymes. Mais comme chacun sait, la Tora recherche des enseignements éthiques et non des explications philologiques…

 

 

 

Les sages (en fait la fille de l’un d’entre eux : Brouria) ont donc proposé l’explication suivante : si les péchés disparaissent, il n’y aura donc plus de pécheurs ni d’impies sur cette terre. En clair, ne faisons pas disparaître les hommes malfaisants mais leurs méfaits et ainsi on aura assaini l’univers tout en réformant et en épargnant l’humanité.. C’est donc un message de paix et d’amour qui est ici dispensé.

 

 

 

Vaste programme, séduisant mais un peu utopiste. Mais le pape François est dans son rôle lorsqu’il lance un tel appel.

 

 

 

Sera t il entendu ? L’avenir nous le dira.

 

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