30/01/2014

L'avenir économique de la France

L’avenir économique de la France

Si l’on en croit les récits et analyse de la presse étrangère, la situation de la France n’est guère brillante. Mais ce n’est pas tout, ce qui inquiète les milieux gouvernementaux, c’est que l’avenir n’est guère mieux.. Et cela tient à la mentalité française prise comme un tout : trop de rigidité, trop d’indiscipline, trop de grèves pour un oui ou pour un non, laxisme coupable des autorités qui n’aiment marcher contre les manifestants ou les chômeurs qui séquestrent leurs dirigeants ou menacent de faire sauter l’usine qui va fermer…… Un grand patron américain disait récemment que les ouvriers de Goodyear qui avaient séquestré deux cadres dirigeants toute une nuit en les humiliant devant les caméras de télévision seraient déjà en prison aux USA… En France, ils sont regardés comme des gens qui sont en légitime défense. On pourrait multiplier les exemples.

Contentons nous de signaler un simple chiffre qui en dit long sur l’état économique de l’Hexagone : les investissements étrangers en France ont baissé de 77% alors qu’en Allemagne ils explosent. Même l’Espagne et l’Italie se portent mieux de ce point de vue là, comparées à leur voisin français. Toujours les mêmes motifs et les mêmes explications : trop de charges, trop de réglementations, coût du travail trop élevé, autant d’éléments dirimants qui repoussent les investisseurs étrangers qui ne sont pas des philanthropes……

Tous ces éléments sont justes mais qui aura le courage ou simplement le cœur de demander aux employés et aux ouvriers d’accepter simplement une baisse de leur niveau de vie ? Tout le monde est attaché à un modèle social français qu’il faudra bien un jour faire évoluer vers plus de rudesse et de rigueur. Imaginez ce que coûte une personne âgée qui doit soigner ses teux, en une semaine, cela peut atteindre mille Euros ! Et qui oserait dire qu’il ne faut pas prodiguer les soins nécessaires ? En revanche, il y a des économies à faire, des fraudes à réprimer et des simplifications à introduire.

Pour le moment le gouvernement de ce pas retraite autant que faire se peut les choses. Mais cela ne durera pas indéfiniment.

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29/01/2014

Que reste t il des «printemps arabes»? Tunisie, Egypte, Libye..

Que reste t il des «printemps arabes» ? Egypte, Tunisie, Libye, etc…

Oui, que reste t il de ces événements qui ne furent que des soulèvements sociaux et auxquels la paresse conceptuelle des journalistes occidentaux (prenant leurs désirs pour la réalité) ont accolé un qualificatif prestigieux, le printemps de Prague, qui lui, en était un et produisit de magnifiques fruits. J’en parle aujourd’hui car tout le monde ne parle plus que de la nouvelle constitution tunisienne dont les douleurs d’enfantement ont duré pas moins de deux ans et demi…

Il serait injuste de dire que, dans ce cas précis, la montagne a accouché d’une souris, on n’ira pas jusque là, mais un examen attentif de ce texte montre qu’il est la résultante d’innombrables compromis laborieux. Il y a de prime abord ces annonces redondantes qui vont de soi, tant elles sont évidentes mais que les Arabes éprouvent toujours le besoin de poser alors qu’elles relèvent de l’évidence. Que la Tunisie soit musulmane et que l’islam soit sa religion, tout le monde le sait. Quel besoin de le répéter ? Personne n’a jamais songé à nier ces données de base ni à déislamiser ce pays. De telles répétitions attestent une certaine faiblesse et un manque de confiance en soi. En revanche, la question qui se pose est la suivante : l’islam est il, doit il être la religion de tous les Tunisiens ? La question se pose depuis l’époque de Habib Bourguiba, ce despote éclairé qui fit plus de bien que de mal à son pays mais qui, comme tous les gouvernants arabes s’était cru indispensable, jusqu’au jour où son homme de confiance, un général, le destitua sans peine et régna sans partage sur le pays jusqu’au jour où il fut contraint à fuir , à la suite à un soulèvement populaire.

Il y a donc des caractères inhérents à cette réalité politique, culturelle et religieuse que sont ces pays qui ne réalisent toujours pas que pour avoir une vie sociale harmonieuse, la religion doit être une affaire privée, séparée hermétiquement  de la politique. C’est l’une des clés du décollage de tous ces pays où la socio-culture est imprégnée, voire imbibée de notions théologiques et religieuses.

La Tunisie a tout de même une grande valeur paradigmatique : le sang n’y a pratiquement pas coulé, comparé à ce qui se passe en Egypte ou, pire encore, en Libye. Sans même parler de la Syrie où rien n’est réglé ou où le dictateur sanguinaire semble, hélas, avoir encore de beaux jours devant lui, grâce à la très coupable bienveillance de Vladimir Poutine.

Le parti islamiste Annhda a échoué et il m’étonnerait fort qu’il puisse revenir en force au parlement au terme d’élections législatives qui ne manqueront pas de nous étonner. Certes, comparés aux autres forces politiques naissantes dans le pays depuis la chute du président Ben Ali, ces islamistes étaient mieux organisés car soit ils étaient dans la clandestinité, soit ils vivaient en exil, d’où ils pouvaient organiser la lutte. S’ils ont été choisis par la population, c’est parce que celle-ci aspirait à tourner la page de la dictature au plus vite, tout en ignorant qu’elle passait de Charybde en Scylla : les islamistes n’avaient aucune idée de ce que signifie diriger un pays : au début on sert de l’idéologie creuse mais au bout de peu de temps, le peuple réclame à boire et à manger, du travail, un avenir, quoi, un futur qui sourit. Impossible avec ces messieurs qui rêvent d’enfermer les femmes, de renforcer la main mise religieuse sur la vie politique du pays, de noyauter la société et de faire la guerre à l’impérialisme mondial, et, dernier mais non moindre, à Israël.. Il suffit de se reporter aux épures précédentes de la constitution pour s’en convaincre.

Aujourd’hui, toutes ces étourderies sont passées et si la nouvelle constitution est si longue, c’est parce qu’elle dit un peu tout et son contraire : parler de liberté de conscience et revendiquer le bras armé de l’Etat pour défendre le sacré ! Les rédacteurs auraient dû consulter de bons constitutionnalistes avant de décider. De même, j’ai l’impression, en tant que non juriste, que les constitutionnels tunisiens ont allégrement confondu constitution et code civil. Rendez vous compte : près de 200 articles !! Pourtant, ce pays a un président qui a une formation scientifique de premier ordre, c’est un ophtalmologiste reconnu, qui a même formé en France d’excellents étudiants. C’est dire que ce sympathique petit pays a des potentialités qu’il tarde à mettre à profit. Car le problème est là : il faut remettre la Tunisie au travail. Or on a perdu toutes ces  années au cours desquelles les investisseurs ont déserté ce beau pays ensoleillé : savez vous combien de touristes sont allés en Grèce, en Espagne et en Italie au lieu de se rendre en Tunisie ou en Egypte ? Des millions !! Et précédemment, ils se rendaient pourtant à Hammamet. Al-fahem yafhem. A méditer. (Ha-mévin yavin)

Et l’Egypte ? Elle s’en sort moins bien que sa petite sœur tunisienne puisqu’on ne dénombre plus les victimes d’attentats chaque jour. Hier, les  télévisions ont montré un spectacle attristant : le président déchu M. Morsi marchant dans sa cage (oui, une cage !!) dans le tribunal qui doit le juger. Quel retournement de situation ! Il y a quelque temps, c’était le président Hosni Moubarak qui était alité dans cette même cage. Quand je pense que le verdict pourrait être la peine capitale, je frémis littéralement d’horreur.

Dans ce contexte au moins, à part de condamnables assassinats dans l’ancienne Carthage, le sang n’a pas coulé en Tunisie. L’Egypte, c’est autre chose, c’est le plus grand pays du monde arabe avec sa population de plus de quatre-vingt millions d’habitants. Et on se rend compte que le passage d’un civil élu démocratiquement n’aura été qu’une parenthèse : l’armée, seule force organisée du pays, reprend les choses en main. Le général Abdoul Fattah al Sissi vient d’être promu maréchal (al-Mouchir) et se prépare à devenir le président de la république.

Est ce un mal ? Pas nécessairement car ce pays a lui aussi besoin de stabilité pour retrouver une vigueur économique. Et puis, reconnaissons que les islamistes ont offert à l’armée une occasion rêvée de revenir au pouvoir. Toujours cette absence de formation politique, cette volonté de renforcer la main mise de la religion sur la vie politique et sociale du pays. Et tant d’autres choses d’un autre temps et d’une autre époque.

L’avenir n’est écrit nulle part. Ce sont les hommes qui le façonnent avec l’aide de D-, qu’ils soient croyants ou pas. Il est grand temps que le monde arabo-musulman regarde la réalité en face et cesse de confondre les discours enflammés avec d’authentiques réformes. L’idéologie n’a jamais nourri personne, exceptés ceux qui en vivent au dépens de leur compatriotes. Ce monde arabo-musulman, héritier d’une grande civilisation et d’une grande culture, ce monde dont les Lumières ont éclairé des siècles d’obscurantisme et de barbarie médiévale, cet islam des Lumières (Islam al-Anwar), devrait resurgir, s’assagir et reprendre la place d’honneur qui fut la sienne. Je rappelle qu’un médecin-philosophe musulman, du XIIe siècle, Ibn Badja, l’Avempace des Latins, fut le premier à parler de la critique philosophiques des traditions religieuses et de la Révélation. Il fut suivi quelques décennies par le célèbre médecin-philosophe ibn Tufayl et sa magnifique épître Hayy ibn Yaqzan.

Le monde judéo-chrétien a dû attendre quelques siècles pour accéder à ce niveau

Il n’est pas trop tard.

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28/01/2014

Faire confiance aux Mollahs iraniens?

A propos d’un récent article de Régis Debray sur l’Iran…

Certains d’entre vous ont peut-être lu, tout comme moi, dans Le Monde, un article, véritable récit de voyage du philosophe français Régis Debray, sur un bref séjour en Iran. Je connais un peu ce philosophe, pour l’avoir rencontré il y a quelques années au ministère de l’éducation nationale, du temps où M. Luc Ferry en était le patron. Nous avions de bonnes relations et j’avais recensé élogieusement certains de ses livres. Je ne le regrette nullement, mais j’ai été largement déçu de lire dans cet article que celui que je considérais comme un esprit avisé avait été abusé par la rhétorique mensongère de ses hôtes, la takiyya : l’art de dire à un interlocuteur le contraire de ce que l’on pense, car on veut l’enfumer du fait qu’il est un incroyant.

Sans le dire vraiment mais en distillant un message subliminal entre les lignes, R.D. plaide –et c’est son droit- pour la bonne foi du pays des Mollahs et pour sa réintégration dans le concert des nations fréquentables. Certes, ce n’est pas le petit télégraphiste de Téhéran, mais c’est nettement un texte en faveur d’un pays dont la direction politique tente désespérément de redresser la barre (ce qui est louable, car mieux vaut tard que jamais), tout en continuant à opprimer sa population, puisque le régime est tout sauf démocratique. N’étaient les sanctions touchant durablement la vie quotidienne des citoyens et ayant fait fondre dans leurs poches la monnaie nationale, jamais le guide de la révolution n’aurait consenti à faire des concessions, même de façade. Car la question cruciale reste toujours la même : si l’Iran n’a rien à cacher pourquoi s’entêter à refuser des années durant tout contrôle sérieux de ses installations ? Et pourquoi donc l’AIEA a-t-elle retrouvé des traces suspectes ?

Certes, Régis Debray dont la bonne foi ou la naïveté est insoupçonnable, a donné à son plaidoyer un aspect salonsfähig (présentable) : ainsi la jeunesse est mieux éduquée que dans les pays arabes avoisinants, ainsi les jeunes filles sont plus nombreuses à réussir leurs examens universitaires que les garçons, ainsi le règne d’Ahmaninedjad est loin et oublié, ainsi la Palestine est bien loin, etc, etc.. Mais ce qui m’a frappé, c’est que l’auteur, qui n’est guère suspect du moindre antisionisme ni du moindre antisémitisme, ait pu écrire, même sans reprendre l’argument à son compte, qu’on n’ennuyait pas tant Israël avec ses munitions atomiques (si tant est qu’elles existent). Je  le répète : il ne le dit pas lui-même mais reprend complaisamment à mon goût, les critiques de certains de ses hôtes iraniens..

En fait, Régis Debray qui a oublié d’être simple, aurait dû, avant d’accepter de faire du tourisme dans ce pays, se souvenir des commentaires positifs, mais prématurés, de Michel Foucault qui avait commencé par louer l’avènement inattendu d’une révolution à caractère religieux qui ambitionnait de mettre à bas un régime corrompu, dictatorial et détesté.. On sait ce qui en est advenu.

Mais je ne veux pas me confiner au seul aspect négatif. Régis Debray aurait tout de même pu dire à ses interlocuteurs que prêcher la disparition d’un Etat, en l’occurrence l’Etat d’Israël, relève d’une démarche qui sied exclusivement à un Etat criminel et que depuis le temps d’Adolf Hitler on n’avait pas connu pareille chose, si ce n’est dans la bouche de politiciens arabes……

Les Iraniens sont, après les juifs, les meilleurs virtuoses de l’exégèse. Comme chacun sait, les juifs ne sont pas le peuple DU livre, mais d’UN livre… Et cela remonte à un passé immémorial. Même dans l’Antiquité judéenne, la rencontre avec la Perse dont les Iraniens, même islamisés sont les descendants, avait profondément séduit les grands prophètes d’Israël. Mais tout de même ! On trouve dans les Evangiles, notamment de Saint Matthieu, que Régis Debray a relu un certain nombre de fois depuis qu’il s’intéresse à Dieu, l’injonction suivante : que votre oui soit un oui et votre non un non ! Et la phrase revient maintes fois dans cette littérature chrétienne fondatrice. Or, les Iraniens d’aujourd’hui n’ont probablement pas fait leur profit de ce sage conseil.

Mais Régis Debray, lui, a dû le faire. Peut-être devrait-il faire un séjour parallèle en Israël où il pourra se rendre compte du nombre de juifs d’Iran qui ne nourrissent aucune haine à l’endroit du pays qui les a vus naître..

Tout cela dit avec amitié mais aussi une certaine franchise.

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27/01/2014

Valérie Trierweiler (VT) a t elle réussi sa sortie?

Valérie Trierweiler (VT) a t elle réussi sa sortie ?

Je pense que cette femme que peu de gens aiment dans l’Hexagone a vraiment réussi sa sortie puisque ses premiers mots sur le sol indien où la population lui fait bon accueil, sont dédiés à l’avenir, sans amertume ni esprit vindicatif. En fait, elle vient de perdre un royaume au plan matériel et un homme qu’elle était censée aimer, sur le plan sentimental. Il faut être très fort pour rebondir après une telle série de revers, mais elle semble tenir le coup et nous le lui souhaitons du fond du cœur. C’est que l’adversité vous rend plus sympathique aux yeux des autres qui ne peuvent pas s’empêcher de s’apitoyer, plus ou moins sincèrement, sur votre sort, si peu enviable, après qu’ils vous ont envié durant des mois…

Il fallait réagir et François Hollande l’a fait. Je dis son nom et non sa fonction puisqu’il prétend être double : d’un côté le président, de l’autre l’homme… On veut bien mais à ce niveau il me semble qu’on est président 72 heures sur 24. Mais je veux bien. Examinons les retombées de la décision de l’homme qui prend lui-même son téléphone pour dicter à une rédactrice de l’Agence France-Presse son communiqué signé de son nom et non précédé de sa fonction. C’est l’homme Fr. H. qui se sépare d’une femme, qui n’a aucune titre et qui, d’ailleurs, n’aurait jamais dû en avoir. Le titre de première dame, quelle qu’en soit la titulaire, est littéralement ridicule. En revanche, il est indéniable qu’une présence féminine aux côtés d’un chef d’Etat humanise la fonction, facilite les contacts et adoucit l’image. Mais on peut opposer à cette vue lénifiante des choses des contre exemples : les autres chefs d’Etat européens s’en passent volontiers (Merkel, Cameron, etc… sans même parler des dictatures arabo-musulmanes où les femmes sont littéralement mises au placard)

La question qui se pose concernant Fr. H. porte sur l’électorat féminin ; déjà des voix s’élèvent pour dénoncer ce communiqué d’une  sécheresse incroyable portant sur une femme qui vous a accompagné pendant sept ans, vous donnant son amour, son temps et partageant votre vie. Il est vrai, par contre, que VT a toujours été autoritaire, insensible,  arrogante, voire même cruelle. Souvenez vous du twitt contre Ségolène Royal. Cette attitude était impardonnable et faisait penser à une femme mettant à mort sa rivale ancienne ou à venir.. Et aujourd’hui les rôles sont inversés.

Mais dans leur majorité les femmes peuvent s’identifier au sort malchanceux de VT et en tenir rigueur à Fr. H. qu’elle puniront cette fois en tant que président. Certaines femmes politiques de l’opposition ont même parlé de licenciement, en examinant les 18 mots par lesquels Fr. H. a mis fin à  cette relation. Pout les initiés, cela rappelle le renvoi de certains hauts fonctionnaires car la formule est très ressemblante : à partir d’aujourd’hui midi, il est mis fin aux fonctions de Monsieur le préfet un tel ou un tel……

En écoutant cette femme nous parler depuis un lointain pays, j’ai bien noté qu’elle avait hélas perdu de sa superbe et de son arrogance. Elle est en train de se reconstruire et pour l’y aider ses proches ont opté pour les organisations humanitaires, ce qui permettra aux journalises de s’y intéresser et à l’intéressée de ne pas se faire oublier…

L’opinion, les gens n’aiment pas les geignards, les pleureuses, les inconsolées et VT le sait. Elle a compris que l’on pouvait transformer une cuisante défaite en une victoire morale. Elle sait faire d’une épreuve une force. Souhaitons lui beaucoup de courage et de force. Et de sérénité.

Mais rappelons lui, au sujet de Ségolène Royal qu’elle avait voulu crucifier, un vieux principe éthique venu de l’Orient ancien : on applique à l’homme la même mesure qu’il a lui-même appliquée…

Bonne chance, VT !

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25/01/2014

Le cas Trierweiler

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Le cas Valérie Trierweiler

 

il semble, en ce cas d’espèce, que la méthode de François Hollande qui consistait jusqu’ici à faire le gros dos et à attendre que l’orage passe, butte contre ses limites. Je dis cela sans mauvais esprit et sans la moindre animosité. L’affaire est difficile et surtout douloureuse pour deux êtres qui se sont trouvés, aimés et qui aujourd’hui ne vont pas tarder à se déchirer. Cela est regrettable mais cela se comprend. En revanche, si l’on veut passer à tout autre chose et si le président veut que cesse ce handicap qui le poursuit  partout où il va, alors il faut trancher, dans un sens ou dans un autre.

 

 

 

De qui s’agit-il du président ou de l’homme ? Mais toute l’évolution de l’affaire prouve que ce qui touche le président touche l’homme et vice versa. Alors à quoi bon finasser car chaque jour qui passe apporte son lot de nouveautés et de rumeurs. Des éclaircissements, une clarification semble urgente et nécessaire.

 

 

 

Voici un exemple : hier soir, au restaurant, dans une table voisine, les clients se passaient l’un à l’autre le tirage papier d’un article paru dans un site d’internet. Il s’agissait de la folie destructrice qui se serait emparée de la première dame, ce fameux vendredi, lorsqu’elle découvrit dans Closer les fameuses photocopies prouvant la nature des relations de son compagnon présidentiel avec une actrice bien plus jeune qu’elle. Si l’on en croit les indications d’un haut fonctionnaire du mobilier national et des gardes républicains appelés à la rescousse pour maîtriser une dame en proie à une crise de folie, on a vraiment frôlé la catastrophe : la dame aurait fait irruption dans le bureau présidentiel, jeté par terre les dossiers et les documents ultra confidentiels du président, brisé des vases précieux, arraché des appliques, bref, et toujours selon les confidences de la personne en question (sous toutes réserves), une sérieuse bousculade aurait opposé les deux partenaires du couple. Au point que le médecin du palais fut appelé afin d’injecter un calmant à la dame..

 

 

 

Je souhaite du plus profond de moi-même qu’un démenti soit publié pour infirmer de telles informations, je souhaite ardemment que ce soient des rumeurs car sinon la fonction présidentielle n’en sortira pas indemne. Or, toujours à la table voisine, l’un des convives assura qu’un grand quotidien de la presse nationale allait reprendre cet article d’internet dans son édition dominicale.. Suspense …

 

 

 

En tout état de cause (et je le répète, je prie pour qu’il n’en soit rien), une clarification sera le bienvenue. Sur I-Télé Christophe Barbier faisait preuve d’une grande sévérité (méritée ?) en évoquant la nécessité pour François Hollande d’ ouvrir une page nouvelle dans sa vie amoureuse.. Je serais pour ma part, plus prudent et ne m’aventurerais pas à prophétiser. Le Talmud dit que depuis la destruction du deuxième de Jérusalem, seuls les enfants et les fois se mettent à prophétiser. Deux catégories de personnes que les gens qui ont un esprit rassis ne prennent jamais au sérieux.

 

 

 

Nous devons tous, et les commentateurs en premier lieu, faire preuve de compassion ou, au moins, d’humanité dans cette affaire : ces deux êtres se sont aimés, ont vécu ensemble un certain nombre d ‘années… Quoiqu’il arrive, ils ne doivent pas détruire ce qu’ils ont vécu.

 

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24/01/2014

Pierre Nora et ses Recherches de France

 

 

                                       Pierre Nora et ses Recherches de France

 

 

 

                                             La quête d’une France éternelle

 

 

 

Quand on entame la lecture d’un ouvrage de cette importance, on le fait toujours avec une certaine attente qui n’est pourtant pas une idée préconçue. Mais on en attend quelque chose. C’est évidemment le cas avec ses Recherches de France  Pierre Nora, l’un des plus grands historiens français de notre temps, reprend près d’un demi siècle de réflexions sur les notions constitutives de nation, d’identité, de mémoire , de république et de révolution. Mais le fil rouge de l’ouvrage est, sans conteste, l’idée ou la notion de mémoire, de lieux de mémoire. Ce thème est récurrent dans l’ouvrage, c’est un véritable Leitmotiv : on le sent affleurer dans les dix-huit études ou articles du livre. Et la dernière partie porte un titre hautement révélateur, Les chemins de l’identité. Or de quoi fait-on le plus mémoire, sinon de son identité ? Il est légitime, et même hautement recommandé, de chercher à savoir qui on est, d’où l’on vient et de quel legs nous sommes porteurs…  Et les toutes premières lignes de la 14e étude l’attestent largement. Pierre Nora y souligne la différence fondamentale entre les peuples qui se souviennent, et les autres. Les uns, écrit-il, enracinent le plus proche dans le plus lointain tandis que les autres  (p 359)

 

 

 

Que cherche-t-on durant toute sa vie, sinon à percer le mystère de ses origines et de son identité profonde ? Si je prends des exemples célèbres dans l’histoire de la philosophie, notamment médiévale, mais aussi moderne ou contemporaine (Maimonide, Thomas d’Aquin, Averroès, Spinoza,  Fichte , Hermann Cohen, Martin Buber, etc…) je réalise que derrière les spéculations les plus fouillées se profile une lancinante quête identitaire. Je ne dis pas d’emblée que c’est aussi le cas de Pierre Nora, mais cela pourrait bien l’être car derrière ces Recherches de France se cachent, me semble-t-il, les questions suivantes : qu’est-ce que la France et qu’est ce qu’être français ?

 

 

 

Cet ouvrage est véritablement inspiré de la première à la dernière ligne. Cela commence dès la présentation qui révèle autant de choses sur le contenu de l’ouvrage que sur la personnalité de l’auteur. Bien que la recherche historico-critique soit menée avec une grande rigueur, l’âme de l’auteur transparaît : Pierre Nora suit pas à pas ce qu’il décrit comme «les entrelacs de la nation, de la République et de la Révolution.» Et après avoir noté que la France réunit à l’état le plus pur  les différents éléments qui ont permis l’émergence de l’Europe moderne, il souligne qu’il a cherché à produire un portrait de la France qui soit au service de la France qui vient.. Ce n’est pas peu dire. Mais l’auteur pousse encore plus loin ce qu’il faut bien nommer son amour de ce pays, en se demandant si la France n’a pas existé avant la France.. Et c’est à la fin du dernier paragraphe que Pierre Nora se livre entièrement : il avait, dit-il, conçu jadis le projet de rédiger une thèse, jamais écrite, sur L’idée de nation depuis l’affaire Dreyfus jusqu’à la guerre de 1914… Mais le présent ouvrage constitue peut-être la réalisation de cette promesse non tenue à ce jour. Et Pierre Nora d’ajouter de manière significative : il n’est décidément pas si facile d’échapper à son destin. Déjà apparaît, avant même la première étude, l’idée que les interrogations du début de la vie sont une incontestable quête identitaire, pas seulement celle d’une France chérie, mais aussi la sienne propre, ou bien l’histoire de leur recherche à travers toutes ces décennies. Nous aurons l’occasion d’y revenir en analysant l’avant-dernier texte, La France et les Juifs, destins mêlés. Existerait-il meilleure illustration de notre propos ? Cette dernière subdivision s’intitule justement, Les chemins de l’identité..

 

 

 

Sans chercher à soumettre cette expression à une exégèse talmudique ni à confiner l’auteur à ses origines ethniques ou religieuses, je dois souligner qu’un auteur si éminent, un historien si réputé, n’utilise pas les mots à la légère. On n’échappe pas à son destin, écrit-il, et un peu plus haut, il évoque l’affaire Dreyfus, le drame de tout le judaïsme français, ce fameux franco-judaïsme qui a failli faire naufrage à cause de cet antisémitisme enragé. Il suffit de s’en référer à l’ouvrage de Hannah Arendt (même si ne je ne suis pas toujours d’accord avec elle) pour s’en convaincre.

 

 

 

Mais tout le livre qu’on a sous les yeux dans ce compte-rendu ne saurait être réduit à un quelconque débat autour d’une référence occultée ou signalée au judaïsme ou à la judéité. Ce serait au sens propre comme au figuré trop réducteur.

 

 

 

Dans un autre contexte, différent mais proche, je pense à une phrase du défunt philosophe Jacques Derrida avec lequel j’avais échangé une correspondance et que je devais rencontrer pour discuter avec lui. L’entretien n’eut pas lieu car l’homme était gravement malade et la mort le surprit avant notre rencontre. Dans une longue interview accordée, des années auparavant, à un journaliste du Monde, Christian Delacampagne, qui le rendait attentif à sa propre mentalité exégétique similaire à celle du Talmud, le philosophe fit une réponse en forme de pirouette qui m’avait jadis beaucoup intrigué : je ne connais pas le Talmud mais le Talmud, lui, s’ y connaît en moi… La langue allemande use d’une expression qu’elle est pratiquement la seule à connaître pour parler d’une intimité qui nous dépasse et qui s’inscrit en nous dès notre plus jeune âge : mit der Milch der Mutter gesogen (j’ai sucé cela avec le lait de ma mère).  Cela fait aussi penser au superbe ouvrage de Joseph Hayyim Yerushalmi, Le Moïse de Freud : judaïsme terminable et interminable.

 

 

 

Lorsqu’on diffère quelque peu, par ses origines ou ses convictions religieuses (qu’on en ait eu ou pas), de la masse de la population, on ressent des difficultés à se définir. Si les racines de l’individu ne sont pas profondément enfoncées dans le sol du pays qui l’a vu naître, il se pose aussitôt, consciemment ou inconsciemment, la question de l’appartenance. Relisons cette phrase en haut de la page 24 : le lieu du même, un symbole d’appartenance, un instrument d’enracinement à la terre, et au sol… De telles expressions méritent que l’on s‘ y arrête.

 

 

 

Dans la première étude consacrée à l’avènement de la nation, une formule de Rousseau retient l’attention ; il s’agit d’un projet de profession de foi à soumettre aux habitants de l’île de beauté. On y lit une déclaration qui rappelle étrangement la profession de foi du livre du Deutéronome (le fameux Shema Israël) avec le commandement d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa puissance (mé’odékha)… Ce rapprochement n’aurait peut être pas plu à Rousseau, ne plaira pas plus, probablement, à Pierre Nora, mais il s’est imposé à moi, en raison de ma lecture toute talmudique des textes..

 

 

 

Une chose continue de frapper l’observateur interne ou externe : l’adjonction systématique de l’adjectif national à toutes les institutions françaises depuis la chute de la monarchie : contrairement à Louis XIV qui s’estimait l’incarnation unique et exclusive du pays et de sa population, la Révolution et, dans son sillage, la république parle d’éducation nationale, d’assemblée nationale, de fête nationale, de communauté nationale, de représentation nationale, de deuil national, et dernier mais non moindre, de souveraineté nationale etc… Donc d’une réalité qui émane de la nation et lui appartient en propre. Pierre Nora montre bien les prétentions exclusivistes de chaque parti qui revendiquait pour lui seul la nation, notamment ( p 31) l’identification révolutionnaire de celle-ci…, réduisant au silence toute autre prétention venant d’ailleurs. On pense au mot terrible de Hegel selon lequel toute conscience poursuit le meurtre d’une autre conscience.

 

 

 

De la nation nous passons à la république qui a doté l’expérience démocratique d’un cadre institutionnel : la souveraineté monarchique a fait place à la souveraineté nationale. A l’aide d’une analyse diachronique très fine, Pierre Nora montre que ce qu’il nomme à juste titre la stabilisation de la république, a pris beaucoup de temps, alors qu’à ses origines, elle se confondait parfois avec une justice expéditive et des tribunaux d’exception. En somme, elle était très loin de respecter  la séparation des pouvoirs.

 

 

 

Après cela, nous lisons une brève étude sur Marx et la révolution de 1848 en France.  La déception de l’auteur du Capital n’a d’égale que sa haine et sa fureur.

 

 

 

Mais c’est l’article suivant qui a retenu toute mon attention, notamment lorsque je pris connaissance des confidences de Jules Michelet, l’éminent historien, sur lui-même et sur son rapport à la France. P.N. est vraiment fondé à parler d’hystérie..  Certes, le grand historien du XIXe siècle avait des raisons de réagir de la sorte, suite, notamment à son incroyable intimité avec les gisants et surtout en raison des drames survenus dans sa propre vie familiale. Et cela m’a rappelé une phrase d’un de mes professeurs d’histoire à la Sorbonne selon lequel l’Histoire… de Michelet nous en apprend plus sur Michelet que sur la France.

 

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23/01/2014

Par amour de la liberté et pour rejoindre l'Europe, Kiev s'embrase

Par amour de la liberté et pour rejoindre l’Europe, Kiev s’embrase… La révolution ukrainienne a déjà ses martyrs, au nombre de cinq, dont quatre tués par balles. L’opposition au président actuel soupçonne des tireurs embusqués sur les toits entourant la place de l’indépendance. Comme tous les anciens apparatchiks communistes, M. Janoukovich a toujours deux fers au feu : d’un côté il aggrave la répression policière, de l’autre, il reçoit les révoltés durant près de trois heures. Mais sur les places de Kiev, la police déploie un char ( !) et a déjà fait fait plus de trois cents blessés parmi les manifestants. L’Occident n’a pas tenu ses promesses ni n’a honoré les valeurs en lesquels il croit. Souvenons nous : depuis la révolution léniniste, l’Occident a laissé une partie de l’Europe, orientale et centrale, enchainée derrière un rideau de fer. Les gouvernements démocratiques ont concédé à la défunte URSS le droit –reconnu- de retenir captifs et d’asservir des millions d’hommes. Souvenus nous de la répression de Budapest en 1956, du coup de Prague en 1968. Jamais personne n’a volé au secours de ces hommes qui ne réclamaient qu’une chose : la liberté, la possibilité de vivre debout et non plus à genoux. Et aujourd’hui, hormis les USA qui ont retiré leurs visas à des hommes du pouvoir à Kiev, l’UE ne fait rien. Alors qu’il faudrait contraindre Janoukovich à la démission et arrimer l’Ukraine à l’Europe livre. Car que réclament les manifestant ? Pour quelle cause sont ils prêts à donner leur vie ? La cause d’une Europe libre qu’ils aspirent à rejoindre . Evidemment, M. Poutine ne peut ni veut le permettre car l’Ukraine est trop près la Russie et si elle rejoignait l’Europe, elle accomplirait automatiquement un second pas, fort dangereux pour tout le glacis russe, rejoindre l’OTAN. M. Poutine avait déjà agi de la sorte avec la Géorgie qui souhaitait faire le même choix… Mais l’Ukraine, c’est autre chose. Il faut aider ce pays à se dégager de la tutelle de la Russie qui exerce un chantage économique. L’économie de ce pays est encore sous développée, il lui faut du gaz pour se chauffer et pour produire. L’actuel maître du pays a su faire monter les enchères mais a dû, pour cela, payer le prix fort. Si l’Europe comptait vraiment, elle aurait dû faire une offre plus alléchante à l’Ukraine dont les citoyens rêvent de la rejoindre. Bien plus que la Hongrie et que la Roumanie dont les citoyens posent, dans certains cas, des problèmes à l’UE, l’Ukraine a vocation à se rapprocher de l’UE.

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22/01/2014

Le Premier Ministre turc à Bruxelles

Le premier ministre turc à Bruxelles

M. Erdogan n’a pas laissé un souvenir impérissable de son passage à Bruxelles. Celui que ses nombreux adversaires politiques nomment en Turquie le sultan, pour bien montrer qu’il gouverne le pays comme jadis on gouvernait l’empire ottoman, aura montré au président de la Commission Européenne de quel bois il se chauffe. Alors que la police judiciaire de son propre pays enquête durablement sur des scandales politico-financiers qui l’ont contraint à remanier profondément son gouvernement, tant ils impliquaient ses proches, le sultan a réagi conformément à sa nature : il a mis à pied des dizaines de policiers et de magistrats, les accusant d’instrumentaliser contre lui un complot ourdi depuis l’étranger. Et comme l’Etat d’Israël est devenu sa bête noire, il y voit la main du sionisme et de milieux qui lui sont proches. Ce ne sont pas encore les protocoles des sages de Sion.. mais soyons patients. C’est vraiment désolant. Je me souviens qu’il y a quelques années un premier ministre de la Malaisie avait assisté impuissant à la chute catastrophique de la monnaie de son pays ; eh bien, au lieu de s’en prendre à une économie mal dirigée, il s’en prit à la juiverie internationale qui, dit il, domine les milieux bancaires internationaux.

Nous n’en sommes pas là avec M. Erdogan, mais comme le soulignait le journal Le Monde dans un récent éditorial, le premier ministre turc qui fut jadis joueur de football fait le match de trop (verbatim)… Le cours en zigzag de la politique étrangère turque montre que l’homme est trop impulsif. Alors que son armée (dont il se méfie) coopérait fructueusement avec l’Etat hébreu où s’entraînaient ses aviateurs et ses parachutistes, il met fin bruyamment à ces échanges dont son pays a pourtant grand besoin et s’allie avec les ennemis d’hier, la Syrie, qu’il finit par vouer aux gémonies, traitant son leader actuel de boucher. Alors que les USA protègent son pays, membre de l’OTAN, depuis des lustres, il les accuse de pactiser avec un célèbre opposant particulièrement puissant en Turquie, M. Güllen. Pour M. Erdogan, un pays qui abrite son adversaire politique et qui ne fait que respecter le droit des gens, est nécessairement contre lui et devient son ennemi.

Comment voulez vous admettre son pays au sein de l’Europe ?

Que l’on nous comprenne bien : la Turquie est un grand pays et les Turcs une grande nation. Mais l’Europe, c’est autre chose, c’est plus une culture qu’un continent. Ce pays peut jouer un rôle en Asie centrale où d’anciennes républiques soviétiques musulmanes seraient ravies de coopérer avec elle. Pour adhérer à l’Europe, il faut partager un minimum de valeurs communes. Alors, encore un effort, Monsieur le Premier Ministre !

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21/01/2014

La conférence dite de Genève II ne sert à rien

La conférence de Genève II à Montreux sur la Syrie ne sert à rien

Quel cafouillage ! Nous dénoncions dès hier la bévue incroyable du secrétaire général de l’ONU qui songeait à inviter l’Iran, un pays dirigé par des fanatiques religieux et qui commet des actes inqualifiables en Syrie, à cette conférence. Le secrétaire général de l’ONU pensait ligoter ainsi les Iraniens en faisant croire qu’ils admettaient le possible départ de Bachar du pouvoir ? Ce n’est évidemment pas le cas : les Iraniens tiennent à Bachar car c’est à travers son pays que leurs armes parviennent au Hezbollah, mouvement terroriste libanais chiite. Renoncer à la Syrie, c’est, pour les Iraniens, perdre toute leur zone d’influence au Proche Orient. C’est aussi perdre la guerre que l’Arabie Saoudite mène contre eux à travers la résistance syrienne.

Certes, un jour ou l’autre, le peuple syrien l’emportera et les Iraniens seront boutés hors du pays. Cela prendra du temps mais cela arrivera car on ne connaît pas de cas dans l’Histoire où un tyran a réussi à se maintenir au pouvoir contre son peuple. Le dossier syrien aurait déjà été réglé dans le bon sens si l’actuel locataire de la Maison Blanche n’avait pas flanché à la dernière minute et s’il n’avait pas été circonvenu par les Russes : les frappes d’objectifs militaires syriens étaient désignées, la France était prête ainsi que d’autres initiatives qui auraient considérablement affaibli le régime. En faisant faux bond, M. Obama a involontairement renforcé le régime en place.

Cette reculade ne s’explique pas uniquement par l’inexpérience et l’impéritie de M. Obama dont le second mandat peine à trouver un nouveau souffle. Ce qui a calmé les ardeurs guerrières de la Maison Blanche, ce sont les victoires inquiétantes sur le terrain des djihadistes dont le but ultime est d’installer un califat islamiste en Syrie. Du coup, Bachar apparaissait comme un moindre mal.

Mais ce qui se joue à Montreux dépasse, et de loin, la Syrie. Les USA veulent négocier avec l’Iran, même si le sénat rassemble une majorité des deux tiers pour imposer à ce pays de nouvelles sanctions. M. Obama a en vue un désengagement général, tant du Proche Orient que d’Afghanistan, afin de se concentrer sur l’Asie et sur la Chine qui cherche à se hisser au même niveau de développement stratégique. Or, pour se retirer d’Afghanistan, il faut s’assurer d’un modus vivendi avec l’Iran qui a une frontière commune avec ce pays.

Sur le long terme Washington mise sur un assagissement des Mollahs dont la population aspire désormais à vivre confortablement après toutes ces années de disette économique imposée par les sanctions. Ce n’est pas un calcul déraisonnable mais il reste risqué. Les valeurs ne sont pas les mêmes des deux côtés de la table des négociations. Les Américains seront toujours de grands enfants, il suffit de voir leurs films pour comprendre leur structure mentale profonde. Ils sont cyniques comme toute autre grande puissance à travers l’Histoire. Ils savent que l’Histoire est tragique, que les peuples peuvent disparaître mais il font confiance à des gens qui ne le méritent pas.

Ils l’ont appris à leurs dépens dans le monde arabe, ils ne vont pas tarder à le comprendre chez les Iraniens. La conférence dite de Genève II accouchera d’une souris. C’est bien triste et la coalition syrienne a raison de ne compter que sur ses propres forces.

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20/01/2014

C'est une erreur majeure d'inviter l'Iran à Genève II

C’est une erreur majeure d’inviter l’Iran à Genève II sur la Syrie

On est parfois en droit de se demander si les gens qui nous gouvernent ou sont à la tête de grands organismes internationaux, comme l’ONU, la Banque mondiale, le FMI etc… ont vraiment le sens commun. Je suis, révérence gardée, contraint de me poser la question en voyant que M. Ban Kimoun dans sa joyeuse inconscience  est allé jusqu’à inviter les Iraniens à la conférence dite Genève II sur la Syrie. Du coup, les Américains qui avaient pourtant amorcé un rapprochement avec le pays des mollahs comprennent que c’en est trop, tandis que les membres de l’opposition syrienne menacent tout simplement de ne pas venir s’il y a des Iraniens en face d’eux.

Ces pauvres syriens sont déjà obligés de se mettre autour d’une table avec les représentants du boucher de leur peuple et voici qu’on leur impose les âmes damnées de ce même tourmenteur, ces Iraniens, alliés du Hezbollah, sans lesquels l’armée syrienne se serait déjà effondrée. L’actuel secrétaire général de l’ONU aurait dû, tant qu’il y était, inviter aussi les membres du Hezbollah libanais qui ne cachent plus leur présence militaire sur le terrain. J’ai même entendu un responsable de la résistance armée anti Bachar dire en arabe : nos enfants tombent sous les balles de supplétifs iraniens..

Et après, on s’étonne que personne prenne au sérieux l’ONU, bafoue ses résolutions, se manque de sa lenteur et déplore constamment sa paralysie..

Cette conférence était déjà très mal partie et à présent le secrétaire général de l’ONU lui a tiré une nouvelle balle dans le pied.

Mais comment donner un fauteuil à des agresseurs du peuple syrien qui n’ont rien à faire en Syrie ?

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