07/01/2014

La Centrafrique et la France: bourbier ou guêpier?

La centrafrique et la France : bourbier ou guêpier ?

On ne peut plus ignorer ce problème, tout en souhaitant que la France ait fait le bon choix en Centrafrique : la quasi totalité des commentateurs considère que l’intervention dans ce pays, intervention profondément généreuse et humanitaire, n’a pas été bien dimensionnée. Il fallait au moins 5000 hommes bien équipés comme le sont les troupes françaises sur place et non point 1600. Par ailleurs, il s’agissait d’une opération de police à effectuer par des policiers et des gendarmes et non pas par des forces combattantes même si une certaine présence de ces dernières s’imposait. Enfin, il ne fallait pas se faire d’illusions sur la présence ou l’efficacité des contingents africains qui semblent toujours avoir l’éternité devant elles, ne sont pas équipées et ne disposent pas d’avions de transport pour se rendre in situ. La France le savait et elle a fait comme si elle l’ignorait.

En revanche, il faut louer la France pour la célérité de sa réaction tant au Mali qu’en Centrafrique, même si les deux interventions ne sont pas comparables. Au Mali, les troupes françaises ont victorieusement neutralisé les djihadistes, ont empêché la création d’un Afghanistan en pleine Afrique noire et sauvé des vies humaines, même si ce qui se passe à Kidal n’avait été vraiment prévu. En termes clairs : les autorités maliennes considèrent avec une certaine méfiance les négociations ourdies par les Français avec des forces centrifuges… Toutefois, si le drapeau noir des islamistes ne flotte pas sur les bâtiments officiels de Bamako, c’est à la France qu’on le doit.

Mais alors pour quelles raisons n’a t on pas prévu de telles difficultés à Bangui et pourquoi avoir sous-estimé à ce point les besoins sur place ? Je ne m’en réfère plus aux commentateurs mais au rapport qu’un haut représentant de l’ONU a lu hier à New York devant le conseil de sécurité : la moitié de la population de ce pays, plus grand que la France, est menacée. Et là aussi, c’est la France qui a réagi la première, ses partenaires européens se sont contentés de l’écouter avec intérêt, un e certaine aide financière a été octroyée et seule la Pologne a fait un geste (dérisoire ?) en mettant à disposition un avion de transport et des pilotes..

Bourbier ou guêpier ? Le ministre de la défense Jean-Yves Le Driant a dit qu’il n’y avait pas de danger d’enlisement. Soit. Mais comment les soldats français peuvent ils gérer ce qui se passe près de l’aéroport où plus de 100 000 personnes vivent dans une extrême précarité et une sécurité toute relative ? La responsable d’une ONG a affirmé hier sur LCI chez Michel Field que les humanitaires ne passaient plus la nuit dans ce camp près de l’aéroport car la violece y sévissait. Que faire ? Partir et laisser les ethnies rivales s’entretuer ? Rester malgré cet état d’impuissance et la montée d’une indéniable méfiance à l’égard de la France ?

Cette position inconfortable ne pourra pas perdurer. Soit les Français partent, soit ils restent mais pour rester ils doivent soit augmenter le volume du contingent pour en faire un véritable corps expéditionnaire, soit recevoir une aide extérieure. Mais voilà, les Européens ne sont pas disposés à mettre le doigt dans cet engrenage africain où les problèmes sont immenses…

Ma position, vous la connaissez, je n’ai donc pas besoin de l’exprimer de nouveau.

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