09/12/2013

Sarkozy-Hollande, l'impossible décrispation?

 

 

 

 

 

Sarkozy-Hollande : l’impossible décrispation ?

 

 

 

On peut vraiment se poser la question à la lumière d’un fait qui aurait dû aller de soi et n’entraîner aucun commentaire alors que ce matin  la presse s’en fait largement l’écho. J’en fais le résumé pour les lecteurs peu familiers de la scène intérieure française : Pour les obsèques de Nelson Mandela, un homme à l’immense mérite qui a évité un véritable bain de sang dans son pays, le président Hollande a adressé une invitation à son prédécesseur afin de faire le voyage dans le même avion, ensemble. Comme on pouvait s’y attendre, les uns et les autres avaient peut –etre de noires arrière penses et au final l’ancien président Sarkozy a donc décliné l’offre de son prédécesseur……

 

 

 

Il n’ y a qu’en France que de telles choses se produisent : aux USA,  et partout ailleurs en Europe, les chefs d’Etat se font un devoir d’inviter leurs prédécesseurs anciens ou immédiats car chacun d’eux a, à un moment précis, représenté toute la nation. En France, c’est chose impossible ou presque. Certes, dans cette occurrence précise, voir les deux hommes côte à côte aux obsèques de Mandela ou voyageant dans le même avion aurait entraîné des spéculations et il se murmure que l’actuel chef de l’Etat ou son entourage aurait pu instrumentaliser un tel voisinage, un tel co-voiturage, pour éveiller l’idée d’un éventuel gouvernement d’union nationale ou, simplement, redorer le blason deM. Hollande qui accuse une baisse vertigineuse dans les sondages. Il faut bien comprendre la puissance à la fois évocatrice et dévastatrice de l’image…

 

 

 

Mais l’essentiel est ailleurs : je me souviens de mes années d’étudiant, Valéry Giscard d’Estaing était alors aux affaires et il avait parlé de décrispation de la vie politique et du statut de l’opposition. Il n’en est rien sorti et une certaine presse nous avait endoctriné au point de semer une véritable haine à l’encontre du président de cette époque. Cette démarche fut outrancière.

 

 

 

Or, nous sommes tous tombés dans ce travers et le successeur de VGE n’a guère mieux fait que son prédécesseur. Chaque fois que je m’entretiens aujourd’hui avec VGE soit lors de réceptions à la nonciature ou dans une grande ambassadeur, comme l’Hôtel de Beauharnais, je découvre un homme qui ne méritait pas, mais alors pas du tout, cet excès d’indignité, ce surcroît de détestation.. Mais voilà, la décrispation n’est pas là, sera t elle un jour au rendez-vous ?

 

 

 

On se souvient de la profonde méfiance de M. Hollande à l’égard des hauts fonctionnaires de l’Elysée et d’ailleurs. En somme, de tout de ce qui évoquait, à ses yeux, de près ou de loin, l’action de son prédécesseur. Je comprends que l’on change le préfet de police de Paris car c’est un poste sensible à ne confier qu’à un haut fonctionnaire sûr… En effet, un ancien ministre de l’intérieur m’a confié que chaque soir, après 18 heures, il s’enfermait dans son bureau avec le préfet de police de la capitale pour faire le point. Et que certains documents ultra sensibles étaient mis par lui-même dans le coffre fort de son bureau… Mais tout de même, la haute fonction publique offre suffisamment de gages de sérieux et de fidèlité. Cela s’appelle le service de l’Etat.

 

 

 

Mais pour le voyage en Afrique du sud n’aurait on pas pu agir autrement et instaurer une sorte de courtoisie républicaine traditionnelle ? En France, l’antagonisme gauche-droite est trop fort et dessert les intérêts du pays. N.S. a été détesté de manière excessive même s’il en fut un peu responsable car il s’était trop mis en avant. Certains disaient qu’il aurait même souhaité présenter le 20 heures de TF1 !!

 

 

 

Mais l’actuel chef de l’Etat reconnaît aujourd’hui lui aussi qu’il est très difficile de diriger un pays comme la France. J’en veux pour preuve les résultats des sondages. Certes, on ne gouverne pas avec les sondages, mais il serait imprudent de ne pas en tenir compte.

 

 

 

Il faut porter remède à cette fracture du pays. Ce mot fracture  a fait son apparition dans le vocabulaire politique ors de l’élection de Jacques Chirac qui avait évoqué la fracture sociale, mais une fois élu il a pratiqué une politique aux antipodes des idées développées dans sa campagne. Il est vrai que le même personnage avait fourni une illustration insurpassable du cynisme en politique : les promesses, a dit ce grand homme, n’engagent que ceux qui les écoutent…

 

 

 

Rendez vous compte ! Et il fut réélu, c’est à désespérer de la formation politique des Français…

 

 

 

Cette fracture me fait penser à une autre expression qui fit florès du temps de Raymonde Barre : la France est coupée en deux ! Et pas seulement dans les bulletins de météorologie nationale……

 

 

 

Il y a moins d’un an, lors d’un déjeuner à Matignon à l’invitation d’un membre important du Cabinet, je fis l’éloge d’un très haut fonctionnaire de l’Elysée sous N. Sarkozy. Mon interlocuteur en fut très surpris, mais après que j’avais argumenté, il me dit ceci : vous avez raison, il ne faut pas être sectaire.

 

 

 

En effet, pas de sectarisme : tous ont servi la France et chacun l’a fait à sa façon.

 

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