12/10/2013

L'Afrique noire et le Tribunal Pénal International de La Haye

L’Afrique noire, incomprise ? De la noyade des réfugiés aux protestations de l’Union Africaine contre le Tribunal Pénal International.

Je voudrais faire un rapprochement entre deux faits de l’actualité ce matin : d’une part, encore un drame de réfugiés noyés en haute mer entre la Sicile et Malte, et les états de l’Union Africaine qui s’estiment maltraités par le TPI de la Haye qui, selon eux, ne s’en prendrait qu’aux Africains. En gros, ces chefs d’Etat dont la plupart ont été mal élus ou simplement des auteurs de coups d’Etat, accusent le TPI de préjugés racistes… Voire.

Je ne comprends pas la protestation des ces chefs d’Etat noirs. Ils ont sous les yeux, au moment même où ils protestent, le cas de centaines d’hommes, de femmes et d’enfants qui préfèrent braver une mort quasi certaine dans le fond des océans plutôt que de mener une vie qui n’en est plus une depuis longtemps, dans ces mêmes Etats dirigés par ces mêmes hommes su lesquels planent de graves chefs d’accusation du TPI.

Où donc se passent les graves restrictions des droits de l’homme, les assassinats politiques, les prises du pouvoir par la violence et tant d’autres choses, sinon dans ces mêmes pays ? A la rigueur, on pourrait évoquer le cas de certains dirigeants russes qui tordent le droit et contournent la loi, mais rien de comparable avec ce qui passe en Afrique et dans certains pays du Proche Orient. Comment voulez vous qu’on inculpe des Finlandais, des Suédois ou des Belges, alors que tous ces régimes sont démocratiques et se soumettent à des élections régulières dont ils acceptent le résultat sans problème ? Les Africains se sont fourvoyés en s’en prenant à une juridiction internationale qui est le seul moyen d’instaurer un tout petit peu de justice et d’équité dans ces pays… C’est à l’unanimité que ces Africains ont soutenu le leader soudanais et le leader kenyan, accusés de crimes très graves. Que la justice passe et s’ils sont reconnus innocents, justice leur sera rendue.

Je le répète : quels autres pays voient leurs nationaux braver la mort au lieu de continuer à vivre sur place ? Il faut se rendre à l’évidence. Mais lorsqu’on tient un tel discours, bien disposé à l’égard de ces populations accablées par tous les maux de la terre, on prend en pleine figure l’accusation de racisme, etc… Ce n’est pas la bonne méthode d’aider au développement ni de favoriser l’émergence de régimes démocratiques dans ces pays. Certains observateurs vont jusqu’à susurrer  que ces mêmes pays, jadis des colonies européennes, ne sont toujours pas mûrs pour l’indépendance et l’autonomie, plus d’un demi siècle après la fin du colonialisme. Henri Guaino avait bien raison de dire que tous les maux qui frappent l’Afrique ne viennent pas hors d’Afrique… Et vous vous souvenez des protestations qu’une telle affirmation avait soulevées.

Je reviens donc à ma question initiale : comment faire pour que des populations entièrement déshéritées n’aillent pas mourir cruellement au fond des océans, abandonnées de tous ? Songez qu’en moins d’une semaine, il y a eu plus de quatre cents noyades ! Il y a nécessairement quelque chose à faire. Si les Africains s’en prennent au TPI, qu’ils nous expliquent alors pourquoi leurs populations respectives profèrent mourir sous les flots plutôt que de continuer à vivre chez eux une existence qui n’en est pas une…

L’Union Africaine a commis une grave erreur. Les citoyens de pays comme le Soudan ou le Kenya ont le droit de savoir si leurs dirigeants actuels ont bien ou mal agi.

Et cela, seule une cour de justice internationale peut le dire. Même si on ne comprend pas toujours certains revirements de cette haute cour, notamment en ce qui concerne des prisonniers détenus en Libye.

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