04/10/2013

Le Front NAtional

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La nature du Front National ?

 

 

 

Depuis la publication d’un très récent sondage plaçant Marine Le peine en troisième position, avec trente-trois pour cent d’opinions favorables, juste derrière Nicolas Sarkozy, la question est sur toutes les lèvres. Mieux : depuis hier la présidente du F.N. fait part de son intention de poursuivre en justice tous ceux qui utiliseraient l’expression parti d’extrême droite pour parler de son mouvement. La question se pose donc : Est ce que le F.N. est un parti d’extrême droite ou bien qu’est il au juste ? Puisque les partis dits traditionnels le jugent essentiellement (au sens philosophique du terme) différent d’eux depuis sa création.

 

 

 

Pour juger de la nature d’un parti politique ou de tout autre phénomène socio-politique ou culturel il faut se pencher sur ses fondements idéologiques et sur le programme qu’il entend promouvoir s’il venait à exercer le pouvoir.

 

 

 

Depuis que j’étais jeune étudiant à la Sorbonne, je voyais des affiches dénonçant ce parti qui, selon ses détracteurs, promouvrait des idées d’extrême droite, en l’occurrence une certaine xénophobie, un repli sur soi, le rejet de tout ce qui ne lui ressemblait pas, bref une volonté de rester entre soi et de préserver la France de deux choses, l’immigration incontrôlée (on dit aujourd’hui : choisie) et la criminalité puisque l’on semblait établir un rapport de cause à effet entre ces deux points. Le F.N. avait alors, à la suite d’autres défunts parti de l’entre deux guerres, adopté un slogan très porteur : la France aux Français. Mais peut on puiser chez les adversaires d’un parti politique la bonne définition de sa nature ? C’est un peu comme si on voulait déterminer la nature de la gnose valentinienne d’après des citations de son ennemi juré, Clément d’Alexandrie ?

 

 

 

Le problème est qu’aujourd’hui ces deux thèmes (immigration, insécurité) sont repris par un nombre croissant de Français qui voient en Marine Le Pen une femme d’avenir, une dirigeante prometteuse ;  il ne sert donc à rien de chercher à la diaboliser comme on le fit stupidement pour son père. Si l’on veut que cela change, il suffit de prendre les mesures souhaitées ardemment par de plus en plus de Français. Or, les partis traditionnels, ceux là mêmes à l’aune desquels on classe le FN à l’extrême du spectre poltique, n’ont pas agi, peut-être par crainte, peut-être par ignorance ou simplement parce qu’ils pratiquaient une politique de l’autruche. Mais leurs électeurs qui les quittent vivent chaque jour que Dieu fait les mêmes problèmes d’insécurité, d’incivilité, en une phrase se trouvent confrontés à des situations intolérables sans que les autorités, qu’elles soient de droite ou de gauche, ne réagissent.

 

 

 

Tous les gouvernements successifs, toutes tendances politiques confondues, ont échoué dans leur politique de la ville. Les petites gens qui peuplaient jadis les banlieues ne sortent plus de chez elles et voient prospérer au grand jour des trafics en tous genres ; elles sont même parfois contraints de déménager suite aux exactions de malfaiteurs d’origine étrangère. Et ces mêmes citoyens ne trouvent personne vers qui se tourner, si ce  n’est ce même parti qui semble, par ses discours et ses slogans, prendre leurs protestations en considération.

 

 

 

La question n’est donc plus, est ce que le F.N. est un parti d’extrême droite mais plutôt comment s’est opérée cette lepenisation (Robert Badinter) des esprits au point que plus d’un Français sur quatre se dit prêt à accorder son suffrage à Marine Le Pen ? Peut-on encore parler d’extrémisme lorsque le corps électoral d’un pays démocratique comme la France se trouve dans une telle situation ? Comment se fait-il que certains Français de souche (voici un néologisme qui a fait florès) disent ne plus se sentir chez eux dans certaines régions ou banlieues du pays ? Et surtout, comment se fait-il qu’un ministre de l’intérieur, particulièrement lucide, soit si populaire, même dans des milieux de droite ou du centre droit, alors qu’il appartient depuis des années au parti socialiste ? L’explication est que, comme l’affirme l’intéressé en personne, la sécurité, l’ordre public, la bonne gouvernance, ne sont ni de droite ni de gauche, mais relèvent d’une analyse saine et objective de la situation.

 

 

 

Partant, la question semble mal posée, c’est la société qui semble, dans des proportions plus grandes, appeler de ses vœux une politique plus ferme, voire autoritaire, en vue de remédier à une situation qu’elle juge inacceptable.

 

 

 

Le problème n’est pas la nature de tel ou tel parti mais l’état de la société. Tout le monde se souvient de l’infléchissement, on a parlé de droitisation, de la campagne de M. Sarkozy quelques semaines seulement avant le vote : et un tel changement avait permis à l’ancien président d’améliorer un petit peu son score…  L’explication est simple même si elle est un peu inquiétante : une fraction plus importante du corps électoral a été sensible à ce changement de ton.

 

 

 

En somme, le F.N. qui s’en est tenu, durant des décennies, à un comportement purement protestataire, veut aujourd’hui et de manière claire, assumer le pouvoir, voire exercer des responsabilités gouvernementales. Et au train où vont les choses, ce n’est pas un débat académique sur la sémantique qui l’en empêchera.

 

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