15/09/2013

L'accord de Genève sur la Syrie, un leurre de soi-même?

L’accord de Genève : marché de dupes ou règlement sérieux ?

C’est la question qui agite à la fois les chancelleries et les salles de rédaction du monde entier. Cet accord ressemble à s’y méprendre à un compromis que les deux parties avaient en tête depuis le début de la crise. Et ce serait, selon certaines sources, une mise en scène orchestrée par les USA et la Russie pour dégonfler le problème tout en faisant peur à Bachar.

Selon des journaux américains généralement bien informés, des unités d’élite de l’armée syrienne auraient dissimulé une quantité non négligeable d’armes chimiques à travers le pays, rendant leur découverte quasi impossible aux inspecteurs de l’ONU qui, de toutes façons ne pourront pas se déplacer tranquillement en Syrie, car la résistance et l’ASL se considèrent un peu comme les dindons de la farce. Leur chef l’a dit hier sans ménagement : les USA se soucient très peu des morts à l’arme chimique, il n’est plus question d’enquêter ni de traduire Bachar devant un tribunal pénal international, plus question de frapper, plus question d’armer la résistance, Bachar ayant qu’il ne désarmerait qu’à deux conditions : a) que les USA cessent de menacer son pays, b) que les USA ne livrent plus d’armes aux rebelles……

Voici un accord qui sera irréalisable sur le terrain, les Russes agissant au nom de la Syrie comme s’ils en exerçaient un protectorat auto- proclamé. Ils n’ont pas promis de ne pas exercer leur droit de veto si la Syrie ne respectait les décisions de Genève. Une nouvelle fois, les gens qui ont fait confiance à l’Amérique se retrouvent seuls et déçus, les USA ne retenant que leurs intérêts et rien d’autre. La politique international n’est pas liée à l’impératif catégorique de Kant.

A mon sens, c’est  l’enseignement majeur de la crise que l’on vient de vivre : la crédibilité US s’est évanouie, les Américains ayant entamé un désengagement général malgré les apparences, notamment au Proche Orient. Ce qui les intéresse, c’est l’Asie et la Chine dont ils redoutent l’émergence qui leur fera une concurrence sérieuse ; ils sont sauvegardé leurs fournitures en pétrole chez eux, ils n’ont donc plus besoin du Proche Orient..  Leur reste du monde se débrouillera bien tout seul. Une administration républicaine n’aurait jamais agi de la sorte…

Mais les USA ont commis une lourde erreur en négligeant les suites de leur dérobade : l’Iran sait désormais que les USA ne le frapperont jamais, la Corée du Nord a déjà remis en activité l’un de ses réacteurs nucléaires. Les Arabes modérés savent que les USA ne voleront pas à leur secours en cas de guerre et Israël a compris qu’il lui faudra agir seul…

Je pense aux Syriens de la résistance qui ont cru jusqu’au bout en l’Amérique et qui se retrouvent seuls, face à un Bachar renforcé et plus sûr de lui que jamais.

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