17/08/2013

L'Egypte: ne pas confondre chaos et guerre civile

 

L’Egypte : ne pas confondre chaos et guerre civile

 

 

 

J’ignore si vous éprouvez le même sentiment que moi, mais au cours de ce mois d’août, on a l’impression que les grands moyens d’information sont tombés entre les mains de jeunes journalistes, certes charma,ts et sympathiques, mais largement inexpérimentés et peu rigoureux. Ce n’est pas une critique méchante ni une remarque désobligeante, mais les commentaires et les analyses laissent maintes fois à désirer. J’ajoute que ce mal du mois d’août frappe la France depuis des décennies et lui est spécifique puisque aucun autre pays n’est ainsi à l’arrêt comme la France en août, et ce depuis le président de la République jusqu’à l’O.S. de chez Renault…

 

 

 

Il ne faut donc pas s’étonner que les commentaires sur la situation en Egypte soient si peu précis et que l’on en retire une impression d’inachevé, de superficiel et d’imprécision. Et je me limiterai ce matin à l’usage manquant de discernement du terme : guerre civile (en arabe harb ahliya). La situation est grave dans ce pays, le sang coule à flots, c’est affreux, mais ce n’est pas une guerre civile car l’écrasante majorité de la population égyptienne se tien aux côtés de l’armée qui s’est lancée dans la bataille contre les islamistes après s’être assuré de son soutien. Souvenez vous des dizaines de millions d’Egyptiens qui défilaient il y a un mois et demi dans les rues pour réclamer le départ de M. Morsi. Aujourd’hui, ceux qui veulent le retour du président destitué se compte par dizaines de milliers et non par millions. Je ne nie pas la présence de Frères musulmans dans les rues, mais je relève qu’ils sont une minorité. Cette remarque ne vise pas à laver l’armée de toute faute dans cette répression, mais ses chefs admettent qu’il leur faut recourir aux grands moyens pour remettre le pays en ordre et au travail…

 

 

 

Les jeunes journalistes inexpérimentés se sont mis à parler de guerre civile, en pensant inconsciemment à la situation syrienne qui est radicalement différente, tant par ses causes que par le nombre de ses victimes : chez Bachar, il y a vraiment une guerre civile, mais pas en Egypte.

 

 

 

Encore un exemple : le téléspectateur qui veut être informé de la situation sur le terrain à l’heure où nous rédigeons, n’y parviendra pas car les journaux se suivent sans grand discernement et les invités interviewés peuvent réciter une leçon apprise par cœur sans être vraiment interrogés par le journaliste qui leur fait face…

 

 

 

Alors que se passe-t-il vraiment en Egypte ? L’armée, seule force organisée du pays, a senti que les Frères qu’elle a combattus des décennies durant, n’ont pas changé, que l’exercice du pouvoir ne les avait pas placés devant leurs responsabilités et que leur seul objectif n’était pas de sauver l’Egypte mais de noyauter l’administration et l’armée à tous les échelons. M. Morsi que l’armée a surveillé depuis le premier jour, comme on surveille le lait sur le feu, n’a pas compris car il n’a pas l’étoffe d’un homme d’Etat. Il n’a pas les qualités nécessaires pour diriger un si  vaste pays qui nécessite une grande présence d’esprit et un grand savoir-faire : notamment naviguer entre les différents écueils…  Au lieu d’être un rassembleur, il a agi comme un petit chef de faction : songez qu’il avait nommé au gouvernorat de toute une province un ancien repris de justice, un terroriste poseur de bombe !!!

 

 

 

L’armée ne pouvait pas ne pas réagir. Et je ne parle même pas de l’asphyxie économique.

 

 

 

Le combat est inégal et les pays, tant arabes qu’occidentaux, qui protestent contre la répression, sont en fait ses partisans secrets. Le Figaro a eu l’intelligence dire que M. Obama condamne mais ne sanctionne pas. D’ailleurs, lui et son secrétaire d’Etat à la défense se sont répartis les rôles : après le discours de M. Obama suspendant les manœuvres conjointes, Ch. Hagel a bien précisé qu’il n’était pas question de rompre avec l’Egypte et son armée. Quant à l’Arabie saoudite, son roi vient de dire qu’il soutenait l’armée dans sa lutte contre les terroristes. Seul le petit Qatar, petit mais très riche, s’entête à pratiquer une politique étrangère à la Guillaume II, en zigzague  (Zick-Zack-Kurs) …

 

 

 

Et l’on sait où l’a mené cette politique aventurière…

 

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