31/05/2013

L'intérêt bien compris de la France: vers une relation apaisée avec l'Allemagne

L’intérêt bien compris de la France :Vers une relation apaisée avec l’Allemagne… Les observateurs les plus attentifs de ce que l’on nommait jadis, en des temps meilleurs, le couple ou le moteur franco-allemand, respirent et reprennent confiance. Et ce changement positif, bénéfique pour les deux pays, est à porter au crédit d’un homme, plutôt discret mais persévérant et efficace, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault. Une brève rétrospective s’impose pour situer le contexte. Il faut noter un élément qui fait figure de préhistoire : depuis quelques années, la situation socio-économique de la France qui n’a pas voulu ni pu engager des réformes structurelles à l’instar de son voisin, a tenté de changer d’alliance ou de camp, à mettre en sourdine la relation franco-allemande, pour y revenir par la suite, en prenant enfin conscience de l’intérêt bien compris du pays. Même Nicolas Sarkozy n’y a pas échappé, tant et si bien que par la suite, on a parlé du fameux Merkozy et que l’ancien chef de l’Etat a érigé publiquement l’Allemagne en modèle à suivre. Pourtant, je me souviens avoir été jadis reçu à Bercy par un très important personnage, lorsque Nicolas Sarkozy y était : je me suis entendu dire que la relation franco-britannique pourrait avantageusement remplacer la relation franco-allemande. Cela me parut assez saugrenu mais parfaitement envisageable en raison de l’aplomb de mon interlocuteur. Mais après avoir élu à la présidence de la République, le même Nicolas Sarkozy finit par revenir dans le giron de la relation privilégiée avec l’Allemagne. On a de dire que le président François Hollande a connu la même tentation, parcouru le même itinéraire pour s’en remettre enfin à la même alliance avec notre voisin, la seule voie porteuse d’avenir. Et c’est à un homme peu médiatisé mais travailleur et efficace que nous le devons, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault. Il a fini par imposer contre vents et marées la solution la plus sage, montrant ainsi qu’il était animé d’une vision et porteur d’un projet. Qui ne se souvient des attaques absolument imprévisibles et tout aussi infondées contre l’Allemagne, voire contre la chancelière elle-même ? Qui ne se souvient des appels à la confrontation, lancés par des leaders politiques que l’on aurait imaginés plus sages et mieux informés ? Depuis hier, le Président Hollande a ramené tout ce petit monde dans le droit chemin en accueillant la chancelière fédérale à Paris et en remettant la coopération entre les deux pays à l’ordre du jour. Certes, ce n’est qu’une bonne intelligence des situations, ce ne sont plus les débordements d’amitié, ce n’est plus la complicité d’antan, en tout cas pas ce que j’ai constaté avant-hier à l’Hôtel de Beauharnais entre VGE et l’ancien chancelier Helmut Schmidt. Mais cela reviendra et le Premier Ministre s’y emploiera sûrement. Sans tintamarre médiatique ni postures exagérées, Jean-Marc Ayrault a fini par convaincre le président de la justesse de ses vues. On ne peut pas incriminer notre voisin ni s’en prendre à lui au motif qu’il se trouve dans une bien meilleure position que nous. Certes, le gouvernement de Madame Merkel a adopté des mesures qui ne sont pas transférables en France Vous ne pourrez jamais payer un ouvrier français à quelques Euros de l’heure. Mais de l’autre côté du Rhin on a pris conscience qu’il valait mieux avoir un emploi, médiocrement rémunéré que pas d’emploi du tout… Il y a un peu plus de dix ans, l’Allemagne était l’homme malade de l’Europe (quand je pense qu’on parlait ainsi de la Turquie avant la première guerre mondiale…) et elle a eu l’intelligence de s’infliger l’amère potion du docteur Schröder. Et aujourd’hui, les résultats sont là. Je me souviens d’il y a quelques années lorsque j’étais professeur associé à la FU de Berlin, avant la réunification. Les autorités de l’université avaient demandé de faire des économies. Et la FU avait tellement bien appliqué (konsequent durchgeführt) les mesures d’économie (Sparsamkeitmaßnahmen) qu’il fallut dire, en peu de mois, que les objectifs avaient été atteints et reprendre un fonctionnement normal… Ce n’est pas en France qu’une telle chose arriverait ! La chancelière va très probablement gagner les élections de septembre et ne changera pas de politique, c’est ce qu’elle a dit clairement hier lors de la conférence de presse à l’Elysée. Il faut savoir gré à Jean-Marc Ayrault d’avoir su raison garder et de ne pas s’être rallié à ceux qui criaient haut et fort qu’il fallait fausser compagnie à l’Allemagne….

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