20/05/2013

L'apprentissage de l'anglais, un recul de la francophonie?

L’apprentissage de l’anglais, une atteinte à la francophonie ?

C’est bien connu et on ne reviendra pas là-dessus, ce serait enfoncer une porte ouverte : les Français se prennent pour la huitième merveille du monde. Leur langue leur semble être celle que parlaient Adam et Eve au paradis ! Et l’on se souvient des récriminations justifiées des touristes à Paris, ces dernières années, butant sur des interlocuteurs qui ne comprenaient pas un traître mot d’anglais. Heureusement, les choses se sont améliorées ; même les policiers, notamment les plus jeunes, comprennent un peu l’anglais, jamais l’allemand, mais nos voisins d’outre-Rhin sont largement bilingues…

La langue anglaise ! Voilà le prétendu corpus delicti. Or, il faut apprendre l’anglais sans que cela ne fâche contre le français. Voyez ici même à Genève, tout le monde parle français mais tout le monde parle aussi l’anglais et parfois même l’allemand comme à Berne et à Zurich… Mais en France, il y a un certain nombre de gens qui développent un point de vue antinomique : chaque progrès de l’anglais serait, selon eux, une défaite pour le français et un recul de la francophonie.

Il faut se rendre à l’évidence : l’anglais s’est acquis des positions presque inexpugnables. Il faut regagner des parts de pays et de locuteurs sans dénigrer la langue de Milton. Cela ne sert à rien.

En revanche, ce qu’ l’on pourrait faire, sans contrarier personne : c’est enseigner le français, soigner l’écriture des journaux, corriger les journalistes, couronner les bons écrivains. Ne jamais confondre le succès avec le talent.

J’ai remarque que les Africains parlent le plus souvent un français plus correcte que les Français de France. Même à Kigali, j’ai un jour suivi une interview sur France 24 où un jeune manager exposait dans un français châtié les objectifs de son usine. En Normandie, les paysans locaux ne parlent pas aussi bien…

On observe aussi un phénomène que j’ai relevé même sur les télévisions satellitaires arabes : l’introduction de néologismes en langue arabe, à partir de l’anglais, comme : salle de presse, droits de l’homme, chute du régime, etc…

Ce qui montre que toutes les langues sont sœurs. En France, contrairement à l’Allemagne et à la Suisse ou aux USA, on ne lit guère la Bible. Revoyez les passages du livre de la Genèse où Adam nomme les choses ; relisez l’épisode mythique de la tour de Babel et de la confusion des langues, présentée comme une véritable plaie de l’humanité…

 Et comme le disait un poète ancien : toutes les langues sont étrangères, la traduction n’étant qu’ un processus de naturalisation en direction de l’humain.

08:58 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Que l'on fasse quelques efforts pour les touristes en leur répondant en anglais lorsqu'on nous interroge dans cette langue, soit !
Je ne vois en revanche aucune raison particulière de parler l'anglais avec les étrangers - particulièrement fonctionnaires internationaux et cadres de grandes sociétés internationales - qui ne font aucun effort pour apprendre notre langue. La moindre des politesse consisterait au moins à montrer une certaine disponibilité vis-à-vis du français.

En revanche vous avez raison de souligner que les plus ardents défenseurs du français - je devrais dire les plus ultras ! - sont ceux qui la tueront à force de nous faire croire qu'eux excepté, personne ne pratique un français correct !

Les langues vivent et évoluent et s'enrichissent mutuellement. Et votre proposition de corriger les journalistes et leurs tournures fautives ou tout au moins donnerait probablement du travail à de nombreuses personnes...

Vous avez certainement remarqué, comme moi, que le français s'appauvrit, malheureusement par la faute des médias. Un exemple ? Basé ! Les mots sis, établi, etc., n'ont plus cours. Même les agriculteurs sont basés quelque part...Navrant.

Écrit par : Michel Sommer | 20/05/2013

Les commentaires sont fermés.