28/03/2013

La France et la crise actuelle

La France et la crise actuelle

Il ne faut pas confondre alarmisme et vigilance. Mais les derniers développements concernant notamment la mise en examen du président Sarkozy sont nettement inquiétants : des irresponsables ont fait parvenir au juge bordelais et à ses assesseurs un courrier très menaçant, renouant avec des pratiques absolument condamnables et que l’on croyait révolues. Ce n’est hélas pas la première fois dans l’histoire récente de ce pays que des juges, des journalistes, des hommes politiques ou des industriels reçoivent de telles menaces. Raison de plus pour sévir sans faiblesse contre de telles pratiques.

Mais il ne s’agit là que de la partie visible de l’iceberg, il faut aussi considérer la partie immergée. Et celle-ci est des plus inquiétantes. Il est temps que le président de la République, M. François Hollande, fasse entendre sa voix dans le sens du rassemblement et de l’union nationale. Trop de projets de réforme ont heurté de larges secteurs de l’opinion : le mariage gay, la réforme de l’école, la fiscalité, la laïcité et, dernier mais non moindre, cette maladresse qui a consisté à mettre en examen un homme qui continue de compter aux yeux de l’opinion, laquelle s’est sentie bafouée et méprisée. D’où ce déchainement de violence verbale dont il faut empêcher par tous les moyens la traduction en violente physique..

Un mot sur la relation entre le corps judicaire et la nation. Depuis l’époque de la Bible jusqu’à nos jours, la justice a été la baromètre des sociétés libres et démocratiques. Aucun état de droit n’est ce qu’il veut être sans justice.  J’écoutais hier la télévision Al-Jaziera parler de l’indépendance des juges en Egypte (hourriyat al-Qada), face au pouvoir du président islamiste Morsi.

Mais il convient d’exercer la justice et de dire le droit avec beaucoup de finesse et d’intelligence. Les magistrats qu’il faut respecter sont des hommes et des femmes comme les autres, ils ont des opinions, des convictions, des phobies, des attirances, bref ils sont comme tout le monde. Et ils ne supportent pas toujours la critique, surtout quand on leur explique qu’ils ne sont pas seuls au monde, que leurs décisions ont nécessairement un impact sur la société dans son ensemble. Et qu’il serait fatal de ne pas en tenir compte. Nous ne sommes pas pour une justice qui détruit les fondements de la société. Cela vaudrait pour la justice de Dieu et encore, puisqu’on nous parle toujours de sa miséricorde qui œuvre à la mitigation des peines… Faute de quoi, nous dit le Talmud, le monde aurait déjà été maintes fois détruit…

Si un juge de province ou de Paris met en examen un homme politique de premier plan, notamment pour un chef aussi grave, il faut vraiment être très naïf pour croire que cela ne fera pas de vagues. Certes, il faut le dire, certaines réactions ont été excessives et quelques propos tenus ont dû dépasser la pensée de leurs auteurs. Mais le corporatisme existe aussi chez tout le monde. Il faut respecter les juges car ils incarnent l’institution judiciaire mais devons nous être réduits au silence lorsqu’ils rendent leurs verdicts ? Que dire de toutes ces graves erreurs judiciaires commises ces dix dernières années ? Ou alors faut-il parler de l’infaillibilité judiciaire comme on a jadis parlé d’un dogme de l’Eglise catholique ?

Il faut vite se ressaisir et retrouver un peu de sang froid. Le rôle du président est de rassembler, il doit être à l’écoute de la nation et sortir par le haut, comme on dit. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce n’est pas de réformer la société car cela peut attendre. Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est prendre la mesure du changement d’époque : car il ne s’agit pas de crise, les crises sont passagères, or ce que nous vivons depuis des années ne passe pas. C’est un signe.

Ce dont nous avons besoin –et qui ne tombera pas du Ciel- ce sont l’amélioration de l’emploi et de notre niveau de vie. Le reste est important mais peut attendre.

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27/03/2013

L'attaque du train de Grigny le 16 mars

L’attaque du train de Grigny le 16 mars 2013

Ce samedi soir là, une trentaine de jeunes cagoulés et armés de bombes à gaz lacrymogène ont attaqué un train de banlieue ( c’est le cas de la dire, comme dans les attaques de diligences dans les westerns), rudoyant les passagers et les dépouillant de leurs objets de valeur. La nouvelle ne fut connue que quelques jours plus tard afin de ne pas affoler la population mais aussi pour permettre à la police de faire efficacement son travail. Depuis ce matin très tôt, c’est chose faite : les policiers ont investi une cité et ont  arrêté un certain nombre d’individus connus des services de police ou d’autres, identifiés grâce aux caméras et aux systèmes de surveillance.

Heureusement que les forces de l’ordre ont fini par réagir, on se souvient qu’une histoire assez semblable était intervenue dans un TGV dans les Bouches du Rhône. Certes, les intrus n’avaient pas réussi à pénétrer dans les compartiments des voyageurs mais le train avait été stoppé.…

L’intégration de ces jeunes venus d’ailleurs et qui n’ont toujours pas trouvé leur place au sein de la communauté nationale suggère une comparaison avec le traitement du chômage : on a tout essayé, en vain ! C’est un peu la même chose : on ne compte plus les politiques de la ville, rien n’y fit. Comment réagir ? Je l’ignore. Sinon en veillant à ne plus laisser entrer dans le territoire national ceux qui n’ont rien à y faire..

On parle un peu du dernier livre d’un journaliste devenu très connu par ses interventions musclées sur les ondes et ses interventions bruyantes sur la place publique. Le regard qu’il jette sur la situation du pays est inquiétant, voire alarmiste : si cela continue, prophétise-t-il en substance, la France ressemblera à Marseille où les règlements de compte sanglants ne se comptent plus et où des quartiers entiers sont devenus des zones de non)droit… D’autres ajoutent l’Oise, l’Essonne et la Seine Saint-Denis.

Il faut réagir, sinon les gens iront vers le FN qui a enregistré un très haut score lors de la dernière élection législative partielle dans ces mêmes départements limitrophes de la capitale.

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26/03/2013

La fête de Pessah, la Pâque juive

La fête de Pessah, la Pâque juive.

Depuis hier soir, au crépuscule, les juifs du monde entier célèbrent Pessah, la Pâque juive, censée commémorer la sortie d’Egypte. Le terme hébraïque Pessah provient, selon l’étymologie fournie par la Bible elle-même, du verbe PSH qui signifie enjamber, sauter par dessus quelque chose. En l’occurrence, il s’agit ici de Dieu qui épargne en les enjambant les demeures des fils d’Israël lors de son élimination des premiers-nés des  Egyptiens, coupables de retenir son peuple Israël en esclavage. Là-dessus est venue se greffer la tradition de l’agneau pascal dont le sang devait maculer les linteaux des demeures d’Israël en Egypte afin que Dieu puisse épargner les siens. Il s’agit  ici assurément d’une représentation populaire d’un mythe fondateur voulant accréditer la présence protectrice de Dieu dans l’Histoire, et notamment dans celle d’un peuple qu’il s’est choisi et qu’il a élu. Ce sont là les racines de l’élection d’Israël, même si selon les philosophes modernes les plus profonds, Martin Buber et Emmanuel Levinas, la notion d’élection doit être prise dans le sens d’une mission. Non pas «missionarisme» comme le faisait à une certaine époque l’église catholique mais une charge consistant à se faire l’apôtre du Dieu unique auprès du reste de l’humanité.

Nos frères chrétiens ont changé entièrement la symbolique de cette fête qui renvoie dans la Bible à la sortie d’Egypte, conçue comme le premier événement national du peuple d’Israël en tant que peuple et non plus en tant qu’agrégat de bandes d’anciens esclaves en rupture avec tout le monde. C’est à une personnalité hors du commun qu’incomba la tâche redoutable d’unifier ces hordes rebelles sans foi ni loi mais que Dieu avait choisies pour en faire son peuple : Moïse, fils d’Amram et de Yochébéd.

Mais voilà, depuis des siècles, la critique biblique a sérieusement remis en question la nature de la mission de Moïse, voire même carrément douté de son existence historique. D’autres comme Ernst Sellin ( 1867-1948) n’ont pas douté mais émis la thèse de l’assassinat de Moïse dans le désert par ce peuple que lui-même qualifiait de peuple à la nuque raide  Au moins deux versets bibliques lui mirent la puce à l’oreille : Moïse lui-même qui se sent menacé et qui dit textuellement au sujet de ses opposants : Encore un peu et ils me lapidaient… (‘od me’at u-sékalouni) et un passage d’Osée, un prophète de le seconde moitié du VIIIe siècle avant Jésus, qui y fait une allusion transparente… Freud s’est, comme chacun sait, emparé de cette idée qui lui a permis de douter l’origine israélite de Moïse et d’en faire le fils illégitime d’une princesse égyptienne laquelle aurait, pour expliquer la naissance de cet enfant issu d’amours inavouables, inventé une nouvelle version : j’ai trouvé cet enfant, abandonné dans une corbeille flottant sur le Nil…

Yossef Hayyim Yeruschalmi a longuement et talentueusement pointé les faiblesses du raisonnement de Freud dans son ouvrage Le Moïse de Freud dont nous avons longuement rendu compte ici-même dans la Tribune de Genève… Mais l’hypothèse reste séduisante. Toutefois, si elle s’avérait, elle ruinerait les bases de la religion d’Israël, ainsi que celles autres religions monothéistes.

Mais Moïse, qu’il ait ou non existé, qu’il fût un Israélite ou un prince Egyptien, n’était pas pour autant sorti du creuset de la critique : même ceux qui admettent son existence historique jettent un regard soupçonneux sur la réalité de la théophanie qui lui fut accordée aux pieds du Mont Sinaï. On prête à son beau-père Jéthro, le grand prêtre de Madian, la paternité de la religion d’Israël. Moïse réfugié en pays madianite où il a trouvé une épouse Sepjora, aurait repris la divinité de son beau-père dont la Bible elle-même reconnaît que ce dernier offrit des sacrifices à Dieu et qu’il conseilla à son gendre comment introduire une réforme judiciaire au sein du peuple. C’est dire l’influence que cet homme dont la mont Sinaï faisait partie du territoire a pu exercer sur Moïse, le grand prophète-législateur d’Israël. Cette thèse ou plutôt cette hypothèse s’appelle l’hypothèse kénite et ferait de la religion, voir du Dieu d’Israël un sous produit de la divinité et du culte de Jéthro… Le problème est que ce Dieu là, devenu le Dieu d’Israël, était celui de la tribu kénite, les descendants de Caïn…

Dans son excellent ouvrage intitulé Moïse (Jérusalem, 1944 ; traduction française aux PUF en 1957, repris en 1986 dans quadrige), Martin Buber tente de s’en prendre à cette hypothèse madiano-kénite selon laquelle le Dieu du Sinaï ne serait plus celui des patriarches au motif qu’il scelle une alliance avec les enfants d’Israël. S’il les connaissait déjà, une alliance ne s’imposait plus… Buber répond qu’il ne faut pas confondre conversion et simple identification. Et qu’un homme qui croit en une divinité, lorsqu’il est témoin d’un prodige ou d’un miracle, en l’admettant en sa créance, a naturellement tendance à l’attribuer au Dieu en lequel il croit. D’où le phénomène de fusion ou d’identification.

On le voit, les questions soulevées par la Bible sont très nombreuses et le plus souvent insolubles. Pourtant, la foi des croyants a su se frayer un chemin et se maintenir au cours des siècles, voire des millénaires. Or, la foi, la croyance authentique crée, génère son objet.

Les chrétiens voient dans la Pâque le miracle de la résurrection qu’ils attendaient ardemment tandis que leurs frères juifs conservent le souvenir de la libération du joug de l’esclavage.

Difficile de rapprocher les deux points de vues en dépit d’un dialogue sincère et d’une amitié retrouvée. Il faudrait qu’un jour l’amour des hommes et la Grâce divine infligent un démenti salvifique à la phrase belle mais assez désabusée de Martin, aucune religion n’est un morceau de paradis tombé sur terre…

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25/03/2013

La manifestation contre le mariage pour tous d'hier à PAris

La manifestation contre le «mariage pour tous», hier à Paris

Images très frappantes hier soir à la télévision à propos des heurts entre la police et les manifestants dans le quartier de l’Etoile et des Champs Elysées. C’est la première fois depuis fort longtemps que de telles scènes de violence se produisent ainsi au cœur même de la capitale française.

Le ministère n’aurait pas dû confiner la manifestation dans des secteurs très étroits : c’est la cause principale des violences. Par ailleurs, tout en respectant la volonté de la majorité actuelle d’appliquer les réformes pour lesquelles elle a été élue, il faut aussi veiller à ne pas diviser le pays,  la minorité a elle aussi le droit de dire ce qu’elle pense, dans le calme et le respect de la loi.

Personnellement, je ne savais pas que les opposants à cette mesure étaient aussi fortement mobilisés. Etait ce une raison pour faire donner les CRS contre des femmes et des bébés dans des poussettes ? Il faut faire très attention à ne pas exciter les oppositions.

Cela dit, les gens ne comprennent pas très bien pourquoi on se focalise sur des thèmes sociétaux alors que la France est engagée dans une guerre contre les islamistes au Mali et que la situation économique est très délicate, les plans sociaux se succédant les uns aux autres. Ajoutez à cela la mise en examen d’un ancien président de la République et l’élection de justesse d’un député UMP, devançant d’à peine 8OO voix le candidats du Front national, et vous aurez la température exacte du pays. Et certains ajoutent même à ce tableau la côte de popularité anormalement basse du président de la République.

Ce pays, la France, est un vieux pays doté d’un solide bon sens et de beaucoup d’expérience. Il faut l’aider à évoluer sans le forcer ni le violer. Si l’on veut que les choses avancent sereinement il convient d’en tenir compte.

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24/03/2013

La Turquie et Israël, vers un rétablissement mais sans réchauffement

 

La Turquie et Israël : vers un rétablissement mais sans réchauffement.

 

Si l’on devait chercher désespérément  ou presque un élément constructif ou une retombée positive du voyage du président Obama au Proche Orient (hormis son aspect touristique à Bethlehem et à Pétra) ce serait sans conteste le rétablissement de relations normales mais non plus chaleureuses entre Jérusalem et Ankara. En effet, avec l’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe, il s’agit de deux alliés solides des USA dans cette région en proie à des soubresauts depuis toujours : M. Obama avait donc tout intérêt à pacifier les relations entre ces deux puissances régionales. Et Ankara est de surcroît membre de l’OTAN. Enfin, les difficultés de M . Erdogan tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de son pays l’on rendu moins récalcitrant.

 

DE son côté, Israël a fait un geste puisque M. Netanyahou a appelé son homologue turc pour lui présenter des excuses, suite à la riposte israélienne contre les convois turcs désireux de se rendre à Gaza malgré  l’interdiction de Tsahal.  Saül Liebermann s’y opposait avec quelque raison mais comme il est actuellement empêché, le premier ministre a pu agir.

 

L’affaire avait été préparée par les Américains et par quelques rencontres discrètes. Les ambassadeurs ont été envoyés à leurs postes respectifs et il semble que la situation en Syrie et les remous en Egypte aient convaincu le premier ministre turc que son meilleur allié, fiable, puissant et démocratique, n’était autre qu’Israël. M. Erdogan a pris son temps, il a fini par comprendre que les impératifs de politique intérieure ne devaient jamais peser sur les bons choix à l’extérieur.

 

C’est un bon signe pour la suite. M.Erdogan n’ignore pas que les USA et Israël vont sûrement agir en Iran dans les semaines qui viennent, eu égard au retour du beau temps et de la saison chaude.

 

La Michna, une partie du Talmud dit que celui qui vient se purifier doit bénéficier de toutes les facilités. On lui facilite la tâche. Ha-ba lehitthér, messsaye’im lo/

 

Maurice-Ruben HAYOUN

In Tribune de Genève du 24 mars 2013

 

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23/03/2013

Nicolas Sarkozy mis en examen…

Nicolas Sarkozy mis en examen…

 

La nouvelle continue de faire des vagues et l’expression est bien faible par rapport aux questions qu’elle soulève et à l’émotion qu’elle suscite. Je n’entrerai pas dans les détails même si depuis hier, les langues se délient et les fuites se font de plus en plus précises et substantielles. Que reproche le juge à l’ancien Président de la République ? Deux choses : de ne pas avoir dit la vérité sur le nombre exact de ses visites chez les Bettencourt  et d’avoir (je le dis sous toutes réserves, car cela reste à prouver) commis un «abus de faiblesse» à l’encontre de Madame Bettencourt, le tout en vue de financer sa campagne électorale . Cela paraît assez incroyable, mais tels sont les chefs d’accusation qui, selon le juge, rendaient nécessaire et justifiaient une telle mise en examen.

 

L’analyse qu’on va lire n’est pas tendancieuse ni orientée. Je n’ai pas pour Nicolas Sarkozy une affection particulière même si j’ai assez bien connu son entourage élyséen immédiat et quant au juge Gentil je ne sais de lui que ce que j’ai lu dans les journaux…

 

A mes yeux, plusieurs questions se posent :

 

A)           fallait-il confier à ce juge dont je ne me mets nullement en cause le professionnalisme un tel dossier alors qu’on savait que les deux hommes, le juge et le justiciable, avaient été opposés sur bien des points, notamment la suppression du juge d’instruction qui devait devenir le juge de l’instruction ?

B)           Pourquoi ne pas avoir dit à Nicolas Sarkozy qu’il serait confronté durant de longues heures non pas à un ni à deux mais à quatre anciens membres du personnel de Me Bettencourt ?

C)           Où sont les preuves tangibles et irréfutables justifiant cette mise en examen qui, rappelons le, reste en France singulièrement infâmante, même si l’on sait de la bouche même de certains anciens gardes des sceaux que 80% des mises en examen se soldent par des non lieux ? Et je parle même pas de la présomption d’innocence.

D)           Le juge dont la probité n’est à ce jour nullement remise en question par des fais matériels précis n’a t il pas été instrumentalisé (je ne dis pas manipulé) par certains milieux politiques désireux de neutraliser définitivement un adversaire politique en 2017 ?

E)           Enfin, certains analystes chevronnés établissent un parallèle entre le sort de l’ancien ministre du budget et celui de l’ancien président de la République, précisant qu’un tel contre feu a pris de court l’opposition et lui a infligé un camouflet bien plus sérieux ?

 

Après les interrogations viennent les réflexions qui ne sont toujours pas permises dans ce grand pays qu’est la France où des mythes comme la laïcité intransigeante, la justice impartiale et égale pour tous etc… continuent à être arborés à chaque occasion.

 

Ma question est : un ancien président de la République est-il dans les FAITS, un justiciable comme un autre ? La réponse est évidemment négative. En dépit de l’adage latin : fiat justicia pereat mundus : que la justice soit, le monde dût-il en périr… Au fond, pourquoi parle t on tant de cela alors que les tribunaux, dans leur travail quotidien procèdent à des mises en examen qui ne font pas le moindre bruit ? Mais parce que c’est un ancien président de la République !! On confond toujours sur les bords de Seine égalité et égalitarisme…

 

Avons nous oublié d’autres points ? Je ne veux pas croire que le juge en question ait cherché à faire un coup médiatique, ce serait trop gros et ne correspondrait pas à ce que mon ami Maître Lef Forster vient de dire à son sujet sur BFM Tv…

 

J’émettrai un vœu en conclusion : depuis Platon jusqu’à Heidegger, on s’en tient à la ligne suivante : la société veut et doit assurer le bonheur de l’homme. La justice, qui est un pilier essentiel de l’Etat (un Etat de droit), doit prendre garde à ne pas menacer cet équilibre. Que s’est-il passé véritablement à Bordeaux avant hier ?

 

Prions pour que la chambre de l’instruction qui doit être saisie lundi par l’avocat de NS Maître Herzog, rétablisse les choses et ramène la sérénité.

 

Souvenez vous du premier verset du livre des Juges. On y parle de l’époque «du jugement des juges» ? Deux exégèses de ce verset sont possibles :

 

a)     l’époque de la judicature où des hommes et non des rois, jugeaient le peuple.

b)    Mais la seconde exégèse est plus inquiétante : l’époque où l’on devait juger les juges, les faire comparaître devant les tribunaux…

 

Prudence !!

 

Maurice-Ruben HAYOUN

In Tribune de Genève du 23 mars 2013

 

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22/03/2013

La finalité de la visite de M. Obama en Israël

La finalité de la visite du Président Obama en Israël

 

J’ai écoute ce qui me semble être la vraie, l’authentique traduction de la pensée politique du président Obama à l’égard d’Israël, de sa politique et de son Premier Ministre Benjamin Netanyahou. Il s’agit du long discours prononcé devant une partie de la jeunesse israélienne qui lui a réservé un accueil enthousiaste, quelques standing ovations  et beaucoup d’applaudissements.

 

Qu’a dit le président ? D’abord, il s’est, comme toujours, présenté comme l’allié indéfectible d’Israël, entendez par là que les deux pays ont besoin l’un de l’autre, qu’ils disposent tous deux d’atouts convergents dans cette région du monde et que par conséquent ils ne peuvent qu’agir de concert, même si (et M. Obama) insiste là-dessus, ils ne sont pas toujours d’accord sur toute la marche à suivre.

 

M. Obama a, volontairement ou à son corps défendant, statué une différence entre l’alliance et l’amitié, et cela est certainement motivé par des relents de rancunes personnelles vis-à-vis de Benjamin Netanyahou qui a, avec d’autres, ouvertement soutenu l’autre candidat à la Maison Blanche. Cela était nettement perceptible vers la fin de l’allocution lorsqu’il a exhorté la jeunesse d’Israël a voter pour une autre majorité à la Kenését.  C’est de vous, leur a t-il dit, que dépend l’avenir d’Israël : votez autrement et l’avenir que vous dessinerez sera différent. Comprenez, vous aurez enfin la paix.

 

La paix, telle était le principe architectonique de ce discours qui ne manquait pas d’inspiration mais cachait difficilement de graves divergences d’appréciation de la situation actuelle au Proche Orient. Barack Obama a dit son admiration pour l’état juif, il a même rendu hommage à la sagesse proverbiale et à l’ingéniosité légendaire du peuple d’Israël. Il a aussi cité un mot de David Ben Gourion  que pour être réaliste en Israël, il faut croire au miracle.

 

Mais assez étrangement, le président a simplement cité ce bon mot sans en tirer les leçons : Ben Gourion considérait que le maintien en vie d’Israël était un acte d’héroïsme quotidien, relevait même du miracle en raison de la haine implacable que lui vouent ses voisins, ceux-là mêmes avec lesquels M. Obama exhorte les Israéliens à contracter une paix, juste et durable.

 

M. Obama a bien construit son discours puisqu’il a développé, sans notes, ces deux idées de justice et de pérennité. Mais a-t-il convaincu son auditoire ? C’est assez peu probable. Il a énoncé un catalogue de pensées et de propositions banales, sans aucune idée nouvelle. On se défend mal de l’impression que le Proche Orient n’est plus la priorité des USA qui sentent le centre de gravité du monde se déplacer vers l’Asie où les économies émergentes offrent de nouveaux marchés et où la Chine pose à l’hyperpuissance un certain nombre de questions…

 

Certes, ses conseillers juifs démocrates lui ont préparé quelques citations bien nommées en hébreu ; il y en eut trois : attem lo levad (vous n’êtes pas seuls), tikkoun ‘olam (restauration de l’harmonie cosmique) et toda rabba (merci beaucoup)… Mais ceci est assez mince pour songer résoudre un problème qui dure depuis 70 ans et qui perdurera encore quelques temps.

 

Il est presque certain qu’Israël ne va pas attendre que l’Iran se dote de l’arme nucléaire et agira seul, s’il le faut. Pour cet état il y va de la survie absolue, il ne peut pas voir venir une seconde Shoah. Le président US a certes dit qu’il fera tout pour que l’Iran des Mollahs n’accède pas à l’arme nucléaire mais les Israéliens ne semblent pas le croire.

 

Je laisse à d’authentiques experts le soin de dire si cette visite a été un succès ou pas. Ce que je relève ce qu’elle n’a pas permis de lever les ambiguïtés de la politique non pas des USA mais de M. Obama…… Décidément, les rancunes personnelles sont vivaces. Et les accolades ostentatoires n’ y changeront rien. Cela était nettement perceptible : le premier jour M. Obama a tenu des discours dictés par la réalité objective et la raison d’Etat mais au cours du deuxième il a ouvert son cœur. Et là il n y avait pas que de bonnes choses pour Israël.

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21/03/2013

Barack Obama, un ami d'Israël?

Barack Obama est il un ami d’Israël ?

Oui, la question demeure posée et cela a attiré et retenu mon attention depuis que j’ai entendu à la télévision les réponses de citoyens israéliens interrogés à ce sujet. Il n’est pas question d’interférer dans le débat ni de dire ce que je pense personnellement, même si je puis ajouter, sans crainte d’être injuste, que l’homme, jadis simple sénateur de l’Illinois, n’a pas vraiment la stature du grand homme et d’Etat et qu’il n’a été élu que parce que les intellectuels de côte est et de Hollywood ont eu assez de Georges Walker Bush. Et surtout des guerres en Afghanistan et en Irak.

 

Ce que les Israéliens interrogés reprochaient, pour certains avec véhémence, à Barack Obama, ce sont ces origines sur lesquels il a pendant un bref laps de temps entretenu un certain flou.

 

Je pense, pour ma part, qu’il n’a pas à avoir honte de ce qu’il est, mais il faut se souvenir de la réaction des Israéliens voyant qu’il n’a jamais mis les pieds en Israël pendant toute la durée de son mandat, alors qu’il s’était rendu dans de nombreux pays arabes limitrophes d’Israël, comme l’Egypte où il salua la foule par un tonitruant as salam aleikoum. Les Israéliens ont aussi relevé avec une certaine inquiétude la déclaration suivante : j’ai aussi quelques musulmans dans ma famille…

 

Rares sont ceux qui en Israël portent sur l’actuel président américain un jugement favorable. Pourquoi ? Il faut d’emblée se souvenir des difficultés de communication entre le président US et le Premier Ministre d’Israël Benjamin Netanyahou qui est pourtant le plus américain de tous les Israéliens, son père, éminent spécialiste de philosophie médiévale juive (il a écrit sur  Isaac Abrabanel) a fait l’essentiel de sa carrière aux USA… Benjamin est donc parfaitement bilingue et n’a pas cet accent chantant qui permet de repérer un Israëlien dès qu’il se met à parler en anglais…

 

Les Israéliens, même adversaires de leur Premier Ministre, n’ont pas admis que le président exerce d’insupportables pressions sur le chef de leur gouvernement allant jusqu’à dire qu’il commençait à perdre patience. Et puis, il y a la boutade de B. Obama disant que Netanyahou le harcèle au téléphone.  Sans oublier les encouragements prodigués aux Palestiniens qui auraient selon la presse de Tel Aviv, durci leur position.

 

Mais là où Israël a regardé l’actuel président US avec une forte curiosité, c’est dans le traitement du dossier iranien. Tant d’officiels US de très haut rang se sont succédés à Tel Aviv pour empêcher Tsahal d’agir et jamais B. Obama n’a voulu reprendre la notion de ligne rouge à ne pas franchir. Il est vrai que depuis hier, le président US a recentré son discours, il se montre plus conciliant et n’espère plus grand chose de l’Iran ni même des régimes arabes modérés…

 

Est-ce suffisant pour redresser cette image plutôt négative dans l’opinion de l’Etat juif ?

 

Alors, Barack Obama, un ami d’Israël ? Difficile de répondre de manière tranchée car aujourd’hui, toute l’élite juive du parti démocrate US, jadis rassemblée en un front uni autour du président-candidat, se fissure. Ces gens se rendent compte que M. Obama n’a pas tenu toutes ces promesses, même s’il dit aujourd’hui une phrase étonnante du style, l’alliance avec Israël est éternelle…

 

Les Israéliens attendent de M. Obama qu’il neutralise avec eux l’Iran, favorise le changement de régime à Damas et paralyse la menace que représente le Hezbollah libanais pour leur pays. De la réponse du président US à ces questions dépendra son classement parmi les amis et les soutiens d’Israël.

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20/03/2013

La politique, l'argent et le journalisme d'investigation

La démission du ministre français du budget : la politique, l’argent et le journalisme d’investigation

 

C’est hier que le ministre du budget a remis sa démission afin de pouvoir mieux assurer sa défense sans placer le gouvernement auquel il appartenait dans une situation délicate. Nous n’avons pas à porter ici de jugement sur l’intéressé en raison de la présomption d’innocence. Ce qui est cependant étonnant, c’est que le présumé coupable, ait remis sa démission alors qu’il était en droit de demander une contre expertise sur son empreinte vocale et sur les indices présumés rassemblés par les enquêteurs.

 

Le retrait d’un ministre, la mise en accusation d’un homme, le déballage de faits plus ou moins avérés par une presse à scandales ne laisse pas indifférent. C’est une véritable tragédie personnelle, même si les hommes et les femmes politiques doivent savoir que dans leur position, une transparence absolue est exigée.

 

Un mot à présent sur le pouvoir politique et l’argent : dans les pays de culture catholique, on évite ce sujet car l’argent, la puissance économique et financière ont toujours été l’objet d’une suspicion généralisée. Il en va autrement dans les pays à dominante protestante ou chez les Anglo-saxons où la richesse est bien vue et considérée comme un don de la Providence. Voyez les grands industriels flamands, les USA, la Grande Bretagne où le rapport à l’argent est tout autre.

 

Mais il faut aussi examiner l’influence  de l’argent sur la nature humaine. On dit généralement que l’homme est sensible à trois tentations majeures, dans le désordre : l’argent, les femmes et les honneurs. Or, des trois, c’est bien le premier point qui permet d’acquérir les deux autres… Il fut un temps où les partis politiques devaient magouiller (pardonnez le choix du terme) pour financer les campagnes électorales de leurs candidats. D’où une cascade de procès,  inaboutis pour la plupart, d’annulation d’élections, de fausses factures et de financements litigieux (même l’ancien président français est actuellement sous le coup d’une enquête…)

 

Ecrasées par une domination masculine sans égale tout au long de l’Histoire, les femmes sont particulièrement sensible au pouvoir et ont subi les caprices de leurs seigneurs et maîtres (expression héritée du Moyen Âge). Elles furent contraintes d’en passer par où les hommes voulaient pour espérer survivre ou simplement tirer leur épingle du jeu. C’est tout à fait anormal et cela doit cesser immédiatement. Mais parviendrons nous à changer le cœur de l’homme ? Souvenez vous de cette phrase de Baudelaire (dans un tout autre contexte) : Le cœur des villes change plus vite que le cœur des hommes…

 

La presse à présent. Il est vrai que la presse doit être libre, autonome, non inféodée à qui que ce soit, à l’instar de la justice. Mais la presse dépend aussi aujourd’hui de certaines puissance d’argent, notamment par le canal de la publicité. Des politiques éditoriales  ont brusquement changé de ligne du jour au lendemain en raison de changements d’actionnaires… Mais il faut aussi se méfier du lynchage public : que se passera-t-il si l’ex ministre du budget réussissait à prouver son innocence ? Qui réparera le mal commis et l’injustice dont il aura été victime ?

 

La presse est un contre pouvoir nécessaire dans nos sociétés de plus en plus complexes, mais parfois elle se mue en pouvoir, tout simplement.

Cette évolution est néfaste.

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19/03/2013

L'intronisation du pape et la renaissance de la prière

L’intronisation du pape ou la renaissance de la prière…

 

S’il est une perte absolument incommensurable dont l’Occident, le monde chrétien ou judéo-chrétien ont subi, c’est bien celle de la prière. Faire une prière, adresser une prière à Dieu ou à un congénère ou encore à une autorité quelconque civile ou religieuse, suscite les rires, voire l’étonnement… Et pourtant, c’est la chose la plus belle au monde, tout comme les bénédictions.

 

Or que voyons nous depuis plusieurs jours, et notamment aujourd’hui à Rome, siège du Vatican et capitale du catholicisme ? Une  place Saint-Pierre, bondée de monde, des chefs d’Eta et des têtes couronnées de l’univers tout entier (y compris quelques arabo-musulmans) se pressent pour assister à cet événement de portée mondiale. Et que fait le pape avant d’être officiellement installé ? Il prie pour lui et pour le peuple des croyants, il invoque la bonté divine dispensatrice de bienfaits, il demande aussi que l’on prie pour que Dieu lui accorde la sagesse et la force de bien juger et diriger son église : toutes proportions gardées, cela n’est pas sans rappeler le chapitre 8 du premier livre des Rois où le jeune monarque Salomon, fils du roi David, inaugure le temple par une longue prière aux accents universalistes puisqu’il demande au Dieu d’Israël d’exaucer même les prières de l’étranger venu prier dans ton temple pour invoquer ton saint Nom (j’espère que dans ma communauté religieuse, ils ne seront pas nombreux à me reprocher le pape François à Salomon)…

 

Or, dans une vision nocturne, Dieu avait demandé à Salomon ce qu’il souhaitait obtenir ; le roi avait alors demandé d’être investi de sagesse pour bien juger le peuple d’Israël.

 

Mais disons un mot de l’institution pontificale : pourquoi donc les catholiques ont-ils besoin d’un pape ? Pourquoi vouent-ils à un homme, dit le successeur de Saint Pierre, une dévotion, une admiration et un amour sans limites ? Est-ce que l’église catholique ne s’est pas donnée un pape, l’évêque de Rome, pour mieux revêtir sous les vêtements sacerdotaux ceux de la puissance impériale ?

 

Mais cette épithète ne me plaît guère car la même racine a donné impérialisme et je ne prête  pas à l’église des telles arrière-pensées… Non, ce qui m’intéresse,  c’est de noter que l’Eglise qui a campé victorieusement sur les cendres de l’empire romain, a voulu ériger face au pouvoir temporel un pouvoir d’une autre nature, le spirituel, apte à défendre la foi contre tous ses ennemis, y compris contre l’empereur.  Tous les élèves des lycées français connaissent les leçons d’histoire aux titres suivants : le sabre et le goupillon, la lutte entre le sacerdoce et l’empire…  En principe, suivant la filiation davidique, c’est Dieu qui délègue à d’humaines mains, celles d’un roi de chair et de sang, la charge de diriger son peuple. Nous touchons là aux racines de la monarchie de doit divin qui a exercé sou pouvoir sur notre vieux continent durant des siècles.

 

L’Histoire explique pourquoi l’Eglise qui s’appuie sur la Bible hébraïque et sur les Evangiles n’a pas suivi l’exemple de sa mère, la synagogue, qui se situe, elle, à des années lumière de telles institutions pontificales  même si l’expression pontifex maximus est la traduction latine de grand prêtre ou souverain pontife (cohen gadol). Or, même ce grand prêtre n’incarnait pas à lui  seul toute l’inspiration prophétique, il jouait son principal rôle le jour des propitiations (grand pardon) quand il était introduit avec d’infinies précautions dans le Saint des Saints …

 

Même Moïse, réputé être le transmetteur de toute la législation biblique qui porte son nom, n’a pas fait l’objet d’une telle dévotion. Il fut même interdit d’entrée en terre sainte et sa sépulture demeure inconnue.

 

Historiquement, suivant l’évolution ecclésiastique, le catholicisme a besoin d’un intermédiaire, d’un intercesseur, d’un médiateur entre Dieu et les croyants. Tous les papes tirent leur autorité religieuse de Saint Pierre qui la tien lui-même de Jésus ! Et c’est Jésus qui explique tout.

 

Pour le tenant d’une autre obédience, d’une autre sensibilité religieuse, même ami et admirateur de l’église, c’est un peu difficile, non pas à comprendre, mais à vivre de l’intérieur. C’est probablement le mystère de la christologie…

 

Hier soir, je parcourais de nouveau l’un des écrits de Martin Buber, l’homme juif qui s’est le plus penché sur la question chrétienne,  son livre est intitulé Deux types de foi, foi juive et foi chrétienne, paru en 1950. J’ajoute d’emblée que cet auteur fut le premier avec son ouvrage Je et Tu (Ich und Du, 1923) à poser le problème de la relation et de la rencontre authentiques entre les êtres et à dire que l’intersection de Je et de Tu, prolongée à l’infini, aboutit à Dieu. Dieu devient donc le Tu éternel, une idée dont même le concile Vatican II s’est inspirée, ce concile qui s’acheva en 1965, année de la disparition de Buber à Jérusalem.

 

Et que dit Buber, qui rejoint d’ailleurs notre présent propos ? Il affirme vouloir défendre Jésus contre l’église (comprenez contre ses interprétations) notamment celles de Saint Paul et de Saint Jean. Le premier se voit reproché d’avoir trop penché vers le judaïsme hellénisé, voire même d’être coupable de dualisme gnostique et d’avoir donné de la Grâce une interprétation réduisant à néant le libre arbitre humain.

 

Or cette même notion de la Grâce qui divise l’humanité entre deux catégories, celle des rédimés et celle des damnés, est un article de foi incontournable de l’église. Mais voilà, on retrouve Jésus qui est censé représenter à lui seul toute la grâce divine. Et le pape se situe dans la droite ligne de ce processus : d’où la grande dévotion des chrétiens dont il fait l’objet. Pensez que durant des siècles, on a cru à l’infaillibilité pontificale…

 

Je parlais supra de Buber, citons une phrase du grand théologien Hans Urs von Baltazar (1905-1988) qui déclare que son ami juif était l’une des personnalités les plus éminentes de notre temps. Se référant à son livre Je et Tu, le théologien allemand, promu cardinal par Jean-Paul II a risqué la formule suivante :: Jésus est le dialogue personnifié entre Dieu et l’homme.

 

Il n’existe pas de plus brillante instrumentalisation d’un texte juif par un théologien chrétien, sage et éminent.

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