11/03/2013

Les meurtres de Mohammend Merah, un an déjà…

Les meurtres de Mohammed Méra, un an déjà…

 

Ce matin, je n’ai pas eu à réfléchir longtemps pour faire un choix dans la moisson de nouvelles d’actualité. Ce sera le souvenir des victimes de l’assassin de Toulouse, cet œuf du serpent que la France, bonne mère, a inconsciemment réchauffé en son sein. J’ai été très ému (et le mot n’est pas assez fort) en écoutant sur I Télé le témoignage poignant et digne d’une jeune femme, Caroline qui devait épouser son fiancé, Abel Chenouf, soldat de l’armée française, lâchement assassiné par Mérah au motif qu’un musulman qui porte les armes de la France mérite la mort… Cette jeune femme a mis au monde un petit garçon, Eden, qui portera le nom d’un père qu’il ne connaître jamais à cause de la mentalité sanguinaire d’un être barbare qui ne méritait pas d’être né et d’avoir été élevé dans ce pays.  Ni dans cette bonne ville de Toulouse où il a semé la destruction et la mort.

 

Mais ce n’est pas tout, il y a aussi les questions posées par une enquête inaboutie et des attitudes qui ne s’expliquent guère, même un an après les faits. Je ne prétends pas dire aux professionnels ce qu’ils doivent faire mais c’est tout un pays qui constate ce qu’ils n’auraient jamais faire, ni laisser faire : comment ne pas avoir arrêter un individu si dangereux dont la propre mère a dit dans une interview à la télévision qu’il souffrait d’une sorte de dédoublement de la personnalité (maman, lui disait-il, il y a quelqu’un d’autre dans ma tête)……

 

Mais bien au-delà, tant de zones d’ombre subsistent : d’où venait l’argent dont disposait l’assassin ? Comment faisait-il pour s’absenter si longtemps dans des pays étrangers ? Pourquoi tant d’appels sur son portable venus de tant de pays étrangers, toujours les mêmes d’ailleurs ? Comment a-t-il pu acheter tant d’armes de guerre et tant de munitions sans éveiller le moindre soupçon ?

 

Et dans ce contexte on se défend mal de l’impression suivante : certains ont cru pouvoir recruter ce tueur fou et en faire leur agent au sein de la mouvance djihadiste. Et finalement, c’est lui qui a manipulé tout le monde. Dans une émission diffusée au début de la semaine dernière, le gardien de l’immeuble où résidait le tueur relate qu’à la demande des policiers, il s’était subrepticement approché de la porte du domicile de Mérah. Il précisait qu’il n’avait fait aucun bruit et pourtant Mérah ouvrit soudainement la porte pour lui demander ce qu’il voulait… Il faut avoir été entraîné pour cela et la thèse du loup solitaire ne tient pas. Un autre détail fourni par l’un des «officiers traitants» de l’assassin : il savait déjouer les filatures, démarrer en trombe, changer de direction inopinément pour semer d’éventuels poursuivants, savait faire le mort comme il le fit dans son appartement le soir de l’assaut…

 

On doit la vérité à la mémoire des victimes et à leurs familles et visiblement  cela n’a pas été fait.

 

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