03/03/2013

L'Egypte traverse une très mauvaise passe

L’Egypte traverse une très mauvaise passe…

Hier soir je regardais al-Arabiya qui rendait de troubles sérieux qui éclatent dans la zone de Port Saïd où une voiture des forces de police a écrasé par deux fois le corps d’un manifestant dont le frère est intervenu à chaud sur l’antenne. Des manifestants surexcités demandaient la traduction en justice du président Morsi, ils se plaignaient de ne rien avoir ni travail ni logement etc.. et se demandaient s’ls devaient mourir puisque sous peu, ils n’auraient même plus rien à boire et à manger… Même le journaliste qui rendait compte in situ des affrontements avec la police avaient les yeux embués de larmes en raison des tirs par les policiers de gaz lacrymogènes.

 

Visiblement, l’Egypte ne se fait pas à l’idéologie des Frères musulmans et s’installe dans un état de profond mécontentement (ghadab).  Parallèlement à cela, on a pu voir les chefs de l’armée et le ministre de la défense exprimer leur inquiétude tout en faisant semblant de ne pas interférer dans le cours des événements. On ne fait pas de politique, disent-ils…

 

Mais il est évident que cette armée, le seul corps vraiment organisé et structuré de la société égyptienne, laisse le régime s’enliser dans le marasme économique et le désordre social (pas un jour ne passe en Egypte sans des manifestations soit contre la politique des Frères soit le marasme économique). Le moment venu, elle rependra les rênes du pouvoir. C’est ce que semble croire le nouveau secrétaire d’Etat US M. John Kerry qui est allé jusqu’à s’immiscer dans les affaires intérieures égyptiennes : il a conseillé à l’opposition de prendre part aux élections alors que celle-ci le refuse en raison de l’opacité et des irrégularités héritées de l’ère Moubarak. Les USA conduisent une diplomatie à la Janus dans la région, ils se rendent compte du peu de fiabilité de leurs alliés dans la région.

 

Mais leur allié le plus fidèle dans la région arabe de ce point du monde, c’est l’armée égyptienne qu’ils forment et équipent. M. Morsi a beau dire, il a les mains liés par la situation économique dramatique de son pays. Si cet homme réussit à se maintenir jusqu’au terme de son mandate, l’expérience islamiste en Egypte aura été une parenthèse de bien courte durée.

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