31/08/2012

Mais que se psse t il donc à Marseille ? Faut-il envoyer l’armée ?

Mais que se psse t il donc à Marseille ? Faut-il envoyer l’armée ?

 

On a peine à en croire ses propres oreilles : devant la recrudescence des assassinats cibles de malfrats et de trafiquants de drogue, en pleine rue à Marseille, certains ont préconisé l’envoi de la troupe, ce qui ne fut pas même le cas du temps des émeutes des banlieues. C’est tout de même incroyable. Non pas que je renonce à tout recours à l’armée dans tous les cas de figure, mais parce que je réalise que la situation est grave et qu’elle a dégénéré sans qu’on en prenne vraiment la mesure.

 

Le premier motif d’inquiétude est l »introduction et la circulation d’armes dans les cités, devenues de véritables zone de non droit. Les trafiquants de drogue n’hésitent plus à s’entre tuer dans les rues de la cité phocéenne, au nez et à la barbe de la police qui n’est pas encore arrivé à les arrêter. Si mes informations sont bonnes, on décompte un peu moins de vingt morts depuis le début de l’année. Et l’arme préférée de ces délinquants, c’est l’AK 47, véritable arme de guerre capable de cracher de puissantes rafales.

 

Ce phénomène en cache d’autres, notamment la non intégration d’une certaine population, perméable aux messages de l’intégrisme et peu disposée à respecter la socio-culture française. Les hauts fonctionnaires qui dirigent ce pays ont cru que les choses finiraient par se tasser d’elles-mêmes, qu’elles rentreraient dans l’ordre, que la France en avait vu d’autres, qu’elle avait intégré les polonais, les juifs, les vietnamiens, les eurasiens, etc…

 

Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le même genre d population.  Du temps où il siégeait Place Beauvau, M. Claude Guéant avait dépêche sur place le directeur adjoint de son propre cabinet, un préfet aux questions de sécurité. Cet homme a fait ce qu’il a pu et visiblement, cela n’a pas suffi.

 

Faudra-t-il envoyer l’armée ?

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30/08/2012

Jean-Marc Ayrault : le style et l’homme

Jean-Marc Ayrault : le style et l’homme

 

Je me souviens d’une phrase assez désabusée de M. Francis Mer sur les Français du temps où il dirigeait Bercy : les Français, disait-il, sont des êtres assez spéciaux. Pourquoi ce souvenir aujourd’hui ? Tout simplement parce que je prends connaissance depuis deux ou trois jours de l’agitation du monde médiatique qui trouve que rien ne marche, rien n’avance, que l’avenir est menacé, bref tous les ingrédients d’une sinistrose bien française. Et qui juge le premier ministre étrangement absent

 

Il n’est pas question ici d’encenser qui que ce soit mais quand on lit les couvertures des hebdomadaires (et les quotidiens, eux aussi, ne sont pas en reste) on se demande où passe la ligne frontière entre ceux qui agissent, qui ont la responsabilité des affaires, et ceux qui s’agitent tout en commentant.

 

Un exemple a particulièrement retenu mon attention : le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault qui ne confond jamais action ferme et réfléchie avec l’agitation chronique des vibrions de tout poil, se voit reprocher son effacement, comme si, pour changer les choses, il fallait absolument s’agiter dans tous les sens. Une telle dérive est précisément ce contre quoi les deux têtes de l’exécutif se sont victorieusement mobilisées. Et cela ne les pas desservies, bien au contraire puisqu’ils ont choisis par les Français, lassés par une hyper présidence et une omniprésence choquante dans les médias. Qui n’ont pas encore pris la mesure du style du nouveau Premier Ministre.

 

Une immense majorité de Français, y compris des ténors de l’ancienne majorité ont appelé de leurs vœux le retour à l’apaisement et à une certaine sérénité. Faudrait-il retomber dans des travers jugés inacceptables par la majorité du pays ?

 

Le second exemple nous est offert par le dissentiment de certains, mécontents de voir le Premier Ministre se rendre à l’ouverture du congrès du Medef. D’autres, se croyant en d’autres temps, reprochent à M.M. Moscovici et Sapin d’effectuer la même visite, comme si les chefs d’entreprise ne faisaient pas partie de la nation ou étaient des pestiférés.  On a dépassé ce sectarisme de la lutte (la haine ?) des classes même si un leader syndical somme le gouvernement de choisir entre les travailleurs et le patronat…

 

On le voit, d’une rentrée à l’autre, les Français ne changent pas ! Je me souviens aussi de la phrase tout aussi désabusée d’un ancien secrétaire général du parti gaulliste des années 70, Alexandre Sanguinetti (pas du tout mon maître à penser) qui déplorait cette mentalité bien hexagonale : que tout, dès la naissance, soit payé et réglé, depuis le berceau jusqu’à la mise en bière. Les temps ont changé, certes, la France doit faire de son mieux pour sauver son modèle social. Mais tout a un coût et on le sent bien aujourd’hui.

 

La culture politique de ce pays comporte quelques éléments qu’il faut conserver, notamment un certain rôle de régulateur dévolu aux pouvoirs publics. Le pays de la Révolution doit conserver un minimum de solidarité entre les classes sociales. Il est normal que le gouvernement actuel prête l’oreille aux chefs d’entreprise et qu’il veille aussi à répartir équitablement le fardeau fiscal. Il est normal qu’il aide les plus défavorisés tout en suscitant un nouvel élan de la responsabilité individuelle. Ceux qui doivent être aidés, méritent de l’être et le seront.

 

Mais de grâce que les commentateurs politiques cessent de dire urbi et orbi que nous sommes au bord du précipice et que tout va mal.

 

L’agitation n’est pas l’action. Jean-Marc Ayrault a son style bien à lui et doit le garder. Il gère la France pas l’opinion que les médias se font de son action.

Une personne qui a beaucoup compté pour moi, disparue depuis quelques années, me disait quand j’étais enfant : seuls les tonneaux vides font du bruit…

 

Maurice-Ruben HAYOUN

In Tribune de Genève du 30 août 2012

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29/08/2012

Fallait-il vraiment libérer Me Michelle Martin ?

 

Fallait-il vraiment libérer Me Michelle Martin ?

 

 Tout le monde la réplique suivante, adressée aux victimes qui se tournent vers la loi pour demander que justice soit faite : voici vos droits, leur répond on ! C’est exactement ce qui vient de se passer en Belgique avec la libération conditionnelle d’une grande criminelle, coupable d’avoir laissé mourir des enfants. Je dis bien mourir des enfants alors que son époux, le grand monstre pédophile était déjà incarcéré… Cette femme, aujourd’hui élargie, aurait pu avoir pitié de ces deux petites filles qu’elle laissa mourir de faim, causant à leurs parents des souffrances indicibles et des meurtrissures indélébiles.

 

Je ne suis pas d’un naturel vindicatif, même si je considère que le pardon n’arrange pas et que très souvent les fortes sanctions sont nécessaires, mais je dois reconnaître qu’en voyant le père de l’une de ces petites filles, le visage ravagé, parler de ses souffrances, je ne puis m’empêcher de réclamer plus de rigueur et donc le renvoi de cette criminelle infanticide dans sa cellule. Sans être juriste de profession, je sais bien que la loi est la même pour tous et que l’on ne saurait souffrir la moindre exception. Mais c’est pourtant une erreur, qui me rappelle du reste la grande erreur commise en France il y a quelques années lorsque Papon a pu bénéficier d’une clause prévue par une loi, à savoir échapper à la détention pour raisons de santé.. Pour la Belgique, comme d’ailleurs en France, les peines ne sont jamais effectuées jusqu’au bout. Tous les criminels ont droit à une remise de peine, ce qui fait qu’ils ne purgent jamais leur peine jusqu’au bout. Et le pire est le meurtrier pédophile se prépare lui aussi à faire une demande de remise en liberté. Et au train où vont les choses il finira par obtenir gain de cause.

 

Est-ce concevable ? Pouvons nous nous abriter derrière l’université de la  loi pour justifier l’injustifiable ? Et que l’on ne me réponde pas que la justice ce n’est pas la vengeance. La justice, c’est d’abord être à l’écoute des victimes, ce n’est pas se préoccuper de la réinsertion de criminels qui n’ont aucun sens de l’humanité.

 

J’en viens à la seconde partie, concernant l’accueil dans un couvent. Même si si je désapprouve, je respecte la décision de ces sœurs religieuses qui se dévouent au culte divin et veulent admettre une si grande pécheresse dans leur communauté. Je sais que le christianisme opte idéalement pour l’amour de l’autre, même pour l’amour de l’ennemi, mais je suis aussi sensible aux protestations de familles chrétiennes qui vont à la messe dans ce couvent. Des dames d’un certain âge ont refusé de continuer à aller prier dans une église, non loin d’une criminelle, tueuse d’enfants.

 

Notez bien une chose assez révoltante : on ne parle plus de ces deux petites filles (ni des quatre autres) violées, martyrisées, mourant de faim, coupées du reste du monde, à l’insu de leurs pauvres parents, brisés à tout jamais. Une fois de plus, je n’ose condamner la décision des sœurs dont je respecte infiniment la vocation. Mais je leur dit avec une grande déférence : ne traiter pas les problèmes, les péchés d’ici-bas à l’aune des idéaux d’un au-delà qui relève plus de l’imaginaire que du réel.

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28/08/2012

La rentrée politique en France

La rentrée politique en France

 

Comme toutes les rentrées politiques, cette année ci s’annonce un peu agitée. Il faut dire que les Français sortes d’une cascade d’élections, qu’ils ont changé de président et de majorité, mais que la crise qui s’appesantit sur eux les rend nerveux et impatients. Et eu égard à la versatilité proverbiale des Français, les sondages ne sont pas très bons pour les deux têtes de l’exécutif. C’est injuste.

 

Certes, la situation est difficile, la crise est là et bien là et l’Euro suscite des inquiétudes concernant sa survie. Le président Hollande a clarifié les choses et s’est entendu avec la chancelière allemande sur la marche à suivre : on tient à l’Euro et on maintient la Grèce à l’intérieur de la zone Euro, ce qui me semble être une gageure.

 

En ce qui concerne la rentrée proprement dite, le gouvernement actuel ne pouvait pas faire plus qu’il n’a fait ; il n’est là que depuis deux mois et il ne dispose pas d’une baguette magique pour changer les choses.

 

J’ai suivi hier l’intervention du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault sur France 2 et je trouve qu’il a très bien parlé, sans embellir la situation ni faire de vaines promesses. Il est resté ferme su les Roms et il a eu raison. Il faut faire appliquer la loi et ne pas accréditer l’idée que la gauche et la sécurité ne vont pas bien ensemble.

 

Reste la situation économique qui est loin d’être reluisante. Le gouvernement se bat sur plusieurs fronts, le chômage, la baisse du prix des carburants, la rentrée scolaire, la formation des jeunes maîtres, la fermeture d’usine etc.. Comment réussir à tout faire ?

 

Il y a une autre nouvelle qui m’a à la fois iniquité et attristé : un journaliste a parlé du retour de la pauvreté en signalant qu’un grand consortium a décidé de changer de conditionnement de ses produits : on ne proposera plus au consommateur des produits en grande quantité, mais des doses individuelles (exemple donné : doses individuelles et uniques de champoing…) C’est affreux car de grands pays d’Europe retombent au niveau de certains pays d’Afrique.

 

L’économie tient tout. Un auteur allemand mort en 1923 a gentiment dénoncé les jacasseurs politiques. C’est effrayant comme les situation reviennent comme suivant une loi de l’éternel retour.

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27/08/2012

Le régime opte pour la politique de la terre brûlée...

Le régime syrien a change de stratégie : il recherche l’écrasement des insurgés.

 

Depuis quelques jours, on a perçu un net changement dans l’attitude du régime syrien. Cette mutation profonde est marquée par le rejet de la timide ouverture esquissée par le vice Premier Ministre syrien à Moscou, selon lequel on pouvait discuter de la démission de Bachar el Assad. Il semble que ces velléités de négociations aient fait long feu et que le parti des durs et des jusqu’au boutis tes ait fini par l’emporter. Cela se vérifie par cette véritable hécatombe de ce week end, probablement le plus meurtrier depuis le commencement de la révolte.

 

En fin de semaine, les forces du régime ont multiplié les massacres notamment dans les grandes banlieues de Damas, alors que même les insurgés qui occupaient une localité, l’avaient évacuée, prévenus de l’imminence d’un assaut. Qu’à cela ne tienne : les forces du régime ont massacré la population innocente qui s’était réfugiée dans la mosquée de la ville. On parle de plus de deux cents morts, parmi lesquels des femmes et des enfants.

 

Le régime a changé de stratégie. Comment et pourquoi ? Il semble bien qu’il ait reçu une aide considérable de la part du Hezbollah et du régime iranien dont une délégation était justement en visite à Damas. Cette recrudescence de la répression menace l’issue du conflit : si les forces occidentales, les Turcs et les Arabes modérés (Qatar, Arabie saoudite, Emirats, etc) ne font rien,  les insurgés ne pourront plus que recommander leur âme au ciel. En effet, rien ne semble arrêter le régime et le nouveau négociateur algérien devrait se retirer en tirant les leçons de l’échec de son prédécesseur : c’est au cours de la mission Kofi Anan que les massacres ont commencé et l’envoyé de l’ONU n’a rien pu faire, malgré son dévouement et sa bonne volonté.

 

On vit un tournant de ce conflit. Si les forces du monde libre ne font rien, Bachar se maintiendra et se croira tout permis. Bachar a changé de stratégie : c’est désormais la politique de la terre brûlée. C’est regrettable car le pays fait connaître encore plus de  ravages. Et plus de morts. Le chef actuel est en passe de dépasser le triste record de son père et de son oncle, d’il y a trente ans à Hama : plus de 30. 000 morts. A cette différence près qu’aujourd’hui, c’est l’ensemble du pays qui est touché par la guerre.

 

Les Occidentaux devraient instaurer cette zone d’exclusion aérienne. Je sais bien que ce n’est pas facile et c’est même un acte de guerre. Mais ce régime ne pourra être vaincu que militairement. En plus, il a renforcé son contrôle sur tout, l’armée, le gouvernement et l’administration. Il n y a plus de défections, plus de ralliements à la révolution. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard..

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26/08/2012

Fritz Mauthner, l'homme qui se méfiait des mots

Fritz Mauthner, l’homme qui se méfiait des mots…

 

Il faut bien reconnaître qu’avant le travail sérieux et très documenté de M. Jacques Le Rider, je ne connaissais Fritz Mauthner (1849-1923) que par mes lectures de Théodore Lessing, Martin Buber[1] et Gershom Scholem.  Ce dernier avait commandé à Mauthner un livre sur le langage qu’il publia dans la collection (Die Gesellschaft) qu’il dirigeait alors.

Bien que cet aspect ne soit guère évoqué dans le présent ouvrage –lequel en traite évidemment bien d’autres de manière magistrale- on doit resituer ce juif  malade de son judaïsme dans un contexte plus large, celui des générations post-mendelssohniennes, qui oscillaient entre l’assimilation, c’est-à-dire la fusion complète au sein de l’ethnie germanique, et la fidélité à la tradition religieuse de leurs ancêtres. Mauthner se situe dans la première catégorie et rejetait toute attache juive, même si ces écrits laissent souvent transpirer un attachement douloureux à ses origines.

JLR rapporte un fait familial intéressant : dans ces régions de Bohême Moravie, tout comme en Podolie, Moldavie et Galicie, les héritiers de Sabbataï Zewi (1626-1676) avaient fait souche et donné naissance à la fameuse secte des Frankistes. Et le grand père maternel de Mauthner semble avoir été très proche de ce même Jacob Frank au point d’avoir, dit-on, assuré sa protection rapprochée. Cette descendance  hérétique assumée ne peut pas ne pas avoir pesé sur l’équilibre d’un homme qui ne découvrit sa religion de naissance qu’à l’âge de huit ans

A Horzitz où il naquit, une bourgade tchèque proche de Sadowa, Mauthner se trouvera confronté à un profond dilemme qui a probablement déterminé le combat de sa vie : écartelé entre la langue tchèque que parlait l’écrasante majorité de la population de Bohême, l’hébreu ou plutôt le yiddish appris dans le premier établissement où il fut scolarisé et la langue allemande à laquelle son père voulait absolument s’assimiler car elle représentait la réussite sociale et la modernité de son temps, Mauthner regrettera durant toute sa vie de n’avoir pas eu de langue maternelle ni même simplement connu les joies des locuteurs de dialectes. A table, et en présence des grandes personnes, le père exigeait un discours en haut allemand, sans la moindre faute. Dans un tel contexte, un enfant en est réduit à chercher continuellement sa place, sans jamais être certain de l’avoir trouvée. Par certains aspects de son caractère, le père de Mauthner fait penser à celui de Gershom Scholem, tel qu’il est décrit dans les Mémoires de ce dernier, De Berlin à Jérusalem. D’ailleurs, vers la fin de sa vie, Mauthner a lui aussi rédigé des Erinnerungen (Mémoires) qui évoquent sa jeunesse

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25/08/2012

Titre de la notePeut-on encore sauver la mosaïque syrienne et le chaudron libanais ?

Peut-on encore sauver la mosaïque syrienne et le chaudron libanais ?

 

On assiste à une véritable démonstration de cynisme grandeur nature en Syrie et, depuis quelques semaines, au Liban. Il est indiscutable qu’avant de sombrer le régime syrien voudra entraîner dans sa chute le pays du cèdre dont il a toujours revendiqué la souveraineté, arguant que c’était un découpage remontant à l’époque coloniale. Mais si le régime syrien est inhumain, le reste du monde est cynique. Les grandes puissances savent ce qui se passe sur place, elles ont des infiltrés dans les zones frontalières entre les deux pays et écoutent les conversations entre les unités combattantes, tant celles du régime que celles des rebelles.

 

De temps en temps, une réunion est organisée dans une grande capitale, des discussions sont conduites, des délégations reçues au plus haut niveau, mais rien ou presque n’est fait pour stopper l’hécatombe. Et si cela continue, on dépassera bientôt les 30.000 victimes. Quant à la Syrie en tant que telle, ses villes sont de véritables champs de ruines.

 

Les USA ont un peu haussé le ton pour menacer le régime d’Assad mais ce ne sont que des paroles. Ils ont évoqué la possibilité d’une zone tampon qui serait limitée mais réelle : une zone d’exclusion aérienne. Mais rien ne vient. Il est vrai que ce serait un acte de guerre car le régime n’hésiterait pas à s’en prendre aux armes de cette même zone, en les bombardant, provoquant une riposte des défenseurs. Et ce serait la guerre. L’actuel ministre français de la défense l’a dit en termes très clairs.

 

Dans un cas comme dans l’autre, Assad ne partira pas de lui-même. Il ne le fera que contraint et forcé. Si les Turcs, membres de l’Otan, marchent avec les Occidentaux, la guerre ne durera pas plus d’un mois.

 

Dernière remarque : les effets délétères sur le Liban voisin. Si l’on n’accompagne pas la transition politique en Syrie, le Liban ne résistera pas à l’effondrement de son ancien puissant voisin. Il est indéniable que le Liban a hérité de structures un peu moins critiquables que la Syrie, mais les problèmes sont les mêmes. Derrière la main mise de la minorité alaouite sur le pays se cache un problème nettement plus grave, celui de la mosaïque ethnico-religieuse des deux pays.

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24/08/2012

Retour d'Israël

Retour d’Israël : entre nostalgie et déception.

A chaque retour d’Israël, je suis très partagé : j’avais hâte de revenir à Genève et à Paris et d’un autre côté, une fois sur place, je regrette le beau ciel bleu, d’une limpidité absolue.

 

Il ne s’agit pas de critiquer Israël ni de l’affaiblir, bien au contraire et tout ce que nos yeux rencontrent dans ce pays témoignent de son exceptionnelle vitalité et expansion économique, l’une des plus fortes au monde.

 

Mais c’est la mentalité des habitants qui fait défaut. Presque tout est à revoir dans leur éducation ou plutôt leur inéduquation.

 

Ils se soucient des autres comme d’une guigne, crient et hurlent au lieu de parler, conduisent comme des fous, sont peu fiables, ne respectent jamais les horaires et ne pratiquent nullement les fondements de l’éthique juive.

 

J’avoue qau terme d’un mois passé en leur compagnie, je suis heureux de retrouver notre bonne vieille Europe, faite d’éduction, de bonnes manières, de délicatesse et de culture.

 

Mais je finirai par une citation d’Isaac Bashevis Singer : les juifs sont insupportables mais comment ferais je si je devais vivre sans eux…

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23/08/2012

La Syrie et l'Iran

La Syrie et le Liban

Les inquiétudes des observateurs se confirment: la chute du régime syrien entraîne le Liban voisin dans la crise. Cela complique singulièrement la tache des politiques. Que faire? La région n'avait pas vraiment besoin de cela. On pensit que le nouveau Proche Orient allait naître après la chute d'el Assad et de ses alliés le Hezbollah.

Mais voici que les choses se compliquent. Et si le Liban est en proie aux contestations confessionnelles, il y a un risque de voir le Hezbollah prendre le pouvoir entièrement alors qu'il contrôle déjà le gouvernement.

Cettes, il y a au Liban une opposition qui regarde du côté des USA et de l'Occident mais nous doutons de leur force.

Que faire pour ramener l'ordre et la  paix? Si le chef de la Syrie s'en allait, cela pourrait calmer les choses, mais sans assurance pour le Liban.

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22/08/2012

La question des Arabes israéliens, aujourd'hui

La question des Arabes israéliens, aujourd’hui

Hier, je n’avais pas encore pris connaissance de l’agression dont fut victime un Arabe de Jérusalem (je le nomme ainsi car j’apprends que ces habitants n’ont pas la nationalité israélienne mais une carte de résident) ; ce statut ne doit, cependant, en aucun cas, les exposer à des agressions ni à des violences d’aucune sorte.

C’est sur la magnifique plage de Herzliya, le Neuilly de Tel Aviv, que le jeune serveur du restaurant, étudiant en histoire à ses heures, en voyant déambuler le long de la mer, des groupes compacts d’Arabes, me raconte ce qui s’est produit la semaine précédente dans un quartier de Jérusalem. Un groupe d’adolescents israéliens ont agressé très violemment quelques palestiniens qui passaient par là. Cet acte a suscité une vague d’indignation dans le pays et la plupart des forces politiques l’ont condamné. Mais certains silences demeurent inquiétants.

Lorsque je demande son avis au jeune homme qui nous sert le déjeuner, celui-ci me demande quelle est ma profession. Je lui donne mon nom et mes titres. Il revient quelques instants plus tard (ayant sûrement contrôlé mes dires sur son I phone ou internet) et me déclare ceci : les Arabe au sein d’Israël, affirme t il, constituent l’un des problèmes majeurs de ce pays. Ils se considèrent, dit-il, comme des Palestiniens de l’intérieur, ce qui équivaut aux yeux de leurs compatriotes juifs, à une sorte de cinquième colonne. Je lui explique que c’est fort probable mais que l’Etat doit assurer la sécurité de tous et que cette loi est internationale, ne souffrant aucune exception.

Il répond qu’il est d’accord mais que la plupart des clients arabes de l’établissement sont regardés avec méfiance, surtout lorsqu’ils portent un sac sur le dos ou sont chaudement vêtus alors qu’il fait près de 40° à l’ombre.

Il s’en va et je me replonge dans la lecture attentive du livre de Le Rider sur Fritz Mauthner. Mais en levant les yeux, je me rends compte qu’il y a un flux continu d’Arabes marchant le long de la mer. Je m’explique leur mouvement en groupes par la crainte d’agressions. C’est plutôt triste, mais au fond ces deux populations s’ignorent et refusent d’entretenir la moindre relation normale.

Revenu à Natanya, nous nous installons pour le dîner sur une terrasse en bord de mer. Et là, de très nombreux groupes d’Arabes venus de Tulkarem, la ville arabe voisine, font une sorte de dîner sur l’herbe. Là encore, c’est l’ignorance mutuelle totale.

Sauf une exception : un couple de juifs tunisiens, très volubiles, parlent dans un arabe approximatif avec ces mêmes Arabes de paix et de fraternité. Certes, les arguments de nos gentils coreligionnaires ne dépassent pas le niveau d’un grain de semoule, mais visiblement leurs interlocuteurs arabes sont ravis de ce type de discours puisqu’ils appellent leurs épouses afin qu’elles entendent, elles aussi, ce qui se dit…

Ce problème est vraiment grave, je l’ai déjà souligné dans mon article sur Akko.

Mais en dégustant, en guise de dessert, une tranche de pastèque bien fraîche, je me dis qu’un jour peut-être, se réalisera la prédiction du prophète Isaïe (VIIIe siècle avant JC) : la connaissance de Dieu couvrira l’étendue de la terre comme l’eau recouvre la surface des océans.

Maurice Ruben Hayoun

In Tribune de Genève du 22 août 2012

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