16/06/2012

LE POUVOIR, SES ILLUSIONS ET SES TOURMENTS

LE POUVOIR, SES ILLUSIONS ET SES TOURMENTS
En ces temps de grands changements, de profonds remaniements et de constantes remises en question, il est légitime de s’interroger sur le pouvoir, sa nature et l’essence de ceux qui aspirent à l’exercer. Je ne ferai allusion à aucun événement politique marquant qui serait en train de se dérouler sous yeux, que ce soit en Europe ou dans une autre partie du monde. Il s’agit tout simplement d’exhumer une métaphore filée, ou plutôt une belle allégorie biblique qui se trouve dans le livre des Juges, un livre plus bâti sur une idéologie religieuse (largement deutéronomique) que sur une relation fondée à l’Histoire. Mais c’est souvent ainsi dans la littérature religieuse ou sapientielle de l’Orient ancien.

Qu’est ce le livre des Juges ? Après le Pentateuque, les cinq livres de Moïse dont la mosaïcité est loin d’être avérée, on lit le livre de Josué, son successeur. Ce livre retrace la conquête, réelle ou supposée, de la terre de Canaan par les Hébreux délivrés de la captivité d’Egypte. Immédiatement après Josué on trouve justement ces juges qui étaient des guerriers ou des hommes ordinaires, issus des différentes tribus qui n’avaient pas encore réalisé leur unité pour donner, au moins deux siècles plus tard, cette fameuse monarchie davidique unifiée que les historiens suspectent de n’avoir jamais existé. Mais ce n’est notre sujet présentement.

Dans ce livre des Juges, plusieurs personnalités se détachent dont le cycle est proprement extraordinaire. Il y a Ehoud, Yaïr, Samson et Gédéon, aussi connu sous le nom de Yeroubaal, ce qui signifie= que le Baal s’en prenne à lui (car ce héros avait renversé son autel). Ce qui m’intéresse ici, c’est bien ce Gédéon dont le nom en hébreu veut tailler, casser.

Un dernier mot sur l’idéologie de ce livre : il s’agit de montrer le bien-fondé d’un principe deutéronomiste. C’est de Dieu que proviennent le salut et la quiétude de son peuple Israël. La structure profonde du livre se nomme le pragmatisme à quatre termes qui sont les suivants :

a)    Israël fait preuve d’infidélité à l’égard de Dieu
b)    Dieu envoie un oppresseur qui persécute et asservit Israël
c)     Israël se repent et opère un retour vers Dieu
d)     Dieu suscite un sauveur / juge  qui le sauve de la main de son persécuteur.

Telle est la loi fondamentale, pourrait-on dire, de ce livre des Juges.

Je me rapproche de mon sujet en notant que ce livre brille par quelques couplets anti-monarchiques puisqu’il souligne bien «qu’en ce temps là, aucun roi ne régnait encore sur Israël, chacun faisait ce qu’il voulait…» Cette indication, apparemment anodine, comporte peut-être un intéressant indice sur la datation de ce texte.

Après bien des péripéties, ce Gédéon, d’abord rejeté par les siens en raison de sa médiocre extraction,, se voit par la suite courtisé et adulé par les dirigeants de sa ville qui lui demandent de prendre la tête d’un soulèvement contre les occupants oppresseurs. Gédéon remplit sa mission avec succès et règne un certain nombre d’années, laissant derrière une très nombreuse progéniture car, dit la Bible, il avait un grand nombre de femmes et de concubines. A sa disparition se posa le problème de la succession car il avait 70 descendants.

L’un d’entre eux, Abimélech, fils d’une simple servante, s’arrange pour tuer tous ses frères et va conspirer auprès des maîtres de la ville de Sichem dont sa mère était originaire. Il réussit à les circonvenir et se fait élire roi. L’unique survivant du massacre, son demi-frère Yotam, apprend la nouvelle et tient, juché sur une colline aux environs de Sichem (un peu comme Jésus sur la montagne, ou même Moïse), un discours parabolique parmi les plus beaux et les plus sensés de la Bible hébraïque.

Yotam adresse ce discours aux maîtres de Sichem pour leur montrer  leur légèreté et l’inanité de leur choix.

Les arbres de la forêt se cherchent un roi destiné à régner sur eux. Ils s’adressent à l’olivier qui refuse sèchement tout en motivant sa décision : pourquoi renoncerait-il à son huile qui réjouit Dieu et les hommes afin de se balancer au-dessus des arbres (verbatim) ? Les arbres vont voir le figuier, autre plantation si importante en Orient et reçoivent la même réponse négative : pas question de renoncer à son fruit si doux et si délicieux pour se balancer au-dessus des arbres. Ne se décourageant guère, les arbres se présentent devant la vigne qui refuse d’abandonner son fruit dont on fabrique le vin pour aller faire le zouave au-dessus des arbres… De guerre lasse, les arbres s’adressent au buisson d’épines (allusion à Abiméléech, le meurtrier de ses frères) qui est le seul à accepter. Et qui se fait même menaçant puisqu’il pourrait émettre un feu qui brumerait tout…

La morale de l’histoire est limpide : seul le bois, tout juste bon à brûler, accepte la fonction royale. La fécondité et la productivité des oliviers, figueirs et de la vigne, s’opposent à la stérilité du buisson. Lequel est prêt à tout pour accéder au pouvoir. J’ai déjà signalé supra que ce couplet était violemment anti-monarchique, mais il pointe aussi, je pense, l’inanité et les tourments de tout leadership politique, qu’il fût tribal, royal ou même républicain.

Mais il existe tout de même une justice immanente puisque le meurtrier usurpateur finit très mal… Cet homme aura une fin tragique, cependant : ayant assiégé une tour, il reçoit sur le crâne une meule jetée par une femme. Agonisant, il prie son écuyer de l’achever car il ne veut laisser le souvenir d’un roi tué par une.. femme

Les leçons à tirer sont multiples : pour parvenir au pouvoir, on est parfois conduit à utiliser des moyens pas très cachers. Ceux qui opèrent le choix de cette élection se trompent souvent et ne sont pas assez regardants sur la moralité de leur protégé. Enfin l’exercice du pouvoir n’est jamais vraiment innocent ou éthique. La nature humaine est ainsi faite et ne changera jamais.

Ce discours parabolique a dû être couché sur le parchemin il y a au moins deux millénaires, même si des réviseurs l’ont revu et corrigé selon l’idéologie deutéronomique. Est-ce que les choses ont changé depuis ? Est-ce que l’humanité dans son ensemble est  mieux dirigée, mieux gérée ?

Aux experts de décider. Mais avouez que la lecture attentive des Ecritures est toujours très instructive.

11:02 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

Commentaires

"Usurpation d'identité" voici l'adresse IP et mail de cette personne:

IP:41.200.231.30

MAIL: "pipo@ yahoo.fr il prend le pseudo de "papou" également.

Veuillez lui interdire l'accès des blogs, et ôter tous les commentaires signés Pierre NOËL depuis une semaine sous peine de poursuites judiciaires pour complicité.

Le conseil.

Écrit par : cheyenne | 16/06/2012

"Usurpation d'identité" voici l'adresse IP et mail de cette personne:

IP:41.200.231.30

MAIL: "pipo@ yahoo.fr il prend le pseudo de "papou" également.

Veuillez lui interdire l'accès des blogs, et ôter tous les commentaires signés Pierre NOËL depuis une semaine sous peine de poursuites judiciaires pour complicité.

Le conseil.

Écrit par : cheyenne | 16/06/2012

"Usurpation d'identité" voici l'adresse IP et mail de cette personne:

IP:41.200.231.30

MAIL: "pipo@ yahoo.fr il prend le pseudo de "papou" également.

Veuillez lui interdire l'accès des blogs, et ôter tous les commentaires signés Pierre NOËL depuis une semaine sous peine de poursuites judiciaires pour complicité.

Le conseil.

Écrit par : cheyenne | 16/06/2012

"Usurpation d'identité" voici l'adresse IP et mail de cette personne:

IP:41.200.231.30

MAIL: "pipo@ yahoo.fr il prend le pseudo de "papou" également.

Veuillez lui interdire l'accès des blogs, et ôter tous les commentaires signés Pierre NOËL depuis une semaine sous peine de poursuites judiciaires pour complicité.

Le conseil.

Écrit par : cheyenne | 16/06/2012

Vous transposez les acquis "démocratiques" vers une époque et un endroit où la "Royauté" symbolisait tant, une ascendance divine qu'une incarantion matérielle et terrestre.
Ensuite, lorsque vous déclaré qu'il s'agit d'une histoire vielle de plus de 2000 ans, vous vous trompez encore, il s'agit d'une période datant d'il y a 3000 ans !
Quand aux acquis démocratique des grecs dont les "boulées" athéniennes n'apparurent que 5 siècles après Gidéon, elles n'autorisaient qu'une élite a prendre part à la vie politique de la cité, soit moins que 10% de la population totale.
Chez les hébreux précédant la venue du Roi David, la question de la représentativité du Divin dans la vie politique posait un problème de choix ; comment unifier les commandements Divins de ceux de la société civile sous un seul toit ? 3'000 ans plus tard, Napoléon n'y parvenu que partiellement !! Et aujourd'hui, dans la plus puissante démocratie de la planète, nous pouvons observer des hordes de chevaliers chrétiens venir faire barrages devant les cliniques pratiquant l'avortement au nom de leurs liens Divins !
Rien n'arrive a détacher le spirituel du matériel, les musulmans rétablissent leur ordre céleste alors que l'occident se laisse envahir à peine ses églises vidées de leurs fidèles !
La gauche de Malraux ayant déjà versée dans l'islamisme le plus barbare tiendra t-elle très longemps face aux fantômes encore chauds ?

Écrit par : Corto | 16/06/2012

@Corto
Votre texte est un peu négligé dans sa forme ;-), mais très intéressant par la vérité de la plupart de ses affirmations.

Écrit par : Mère-Grand | 17/06/2012

Mère-Grand, je vous écrit depuis la plage d'Ashdod, alors que voulez-vous, chaque fois qu'une jolie fille passe, je suis comme distrait, à mon âge, que faire d'autre que d'admirer ?

Mais vous m'y prenez, alors je vais vous touchez un mot sur, notre ami, qui parfois laisse son savoir distiller sa pensée, je parle bien-sure de Maurice Ruben, dont je n'ai jamais mis en doute le grand savoir, il a dû être éduqué à la juive-marocaine et coyez-moi ou pas, ce n'est pas de tout repos lorsque l'on est issu d'une famille juve marocaine, le matin les éudes des livres commencent bien avan l'aube et ce n'est qu'après s'être "dédouané" de ces dûs que l'école commence. Cela induit qu''en companie, généralement, du père, il y a les prières d'usage, une bonne vingtaine de minutes et ensuite les cours de Thora meublent les deux heures qui suivent, ce qui fait que quelqu'un comme Maurice Ruben pouvait vous récité à l'àge de 13 ans quelques centaines de pages, mais pas seulement les récitées, mais savoir les interpréter de plusieurs manières différentes, selon les enseignements, souvent contradictoires, des Maîtres de la pensée juive.

J'aimerais bien, avec mon cerveau d'âne, entreprendre des débats avec les internautes concernant les "Midrachim" (commentaires) et leurs significations et implications, mais pour cela il faut des "contradictteurs" ce qui devient rare dans ce monde de plus en plus pressé.
Cela dit, concernant ce passage décrivant le chemin de Gidéon, il y a à débatre des mois, sur ce que fut les débuts de la royauté dans l'épopée de la Thora, les commentaire de Rachi, du Malbim

rehov saïfan 11/13 4ème
petit pont, gauche gauche feu rouge

Écrit par : Corto | 18/06/2012

Mère-Grand, je vous écrit depuis la plage d'Ashdod, alors que voulez-vous, chaque fois qu'une jolie fille passe, je suis comme distrait, à mon âge, que faire d'autre que d'admirer ?

Mais vous m'y prenez, alors je vais vous touchez un mot sur, notre ami, qui parfois laisse son savoir distiller sa pensée, je parle bien-sure de Maurice Ruben, dont je n'ai jamais mis en doute le grand savoir, il a dû être éduqué à la juive-marocaine et coyez-moi ou pas, ce n'est pas de tout repos lorsque l'on est issu d'une famille juve marocaine, le matin les éudes des livres commencent bien avan l'aube et ce n'est qu'après s'être "dédouané" de ces dûs que l'école commence. Cela induit qu''en companie, généralement, du père, il y a les prières d'usage, une bonne vingtaine de minutes et ensuite les cours de Thora meublent les deux heures qui suivent, ce qui fait que quelqu'un comme Maurice Ruben pouvait vous récité à l'àge de 13 ans quelques centaines de pages, mais pas seulement les récitées, mais savoir les interpréter de plusieurs manières différentes, selon les enseignements, souvent contradictoires, des Maîtres de la pensée juive.

J'aimerais bien, avec mon cerveau d'âne, entreprendre des débats avec les internautes concernant les "Midrachim" (commentaires) et leurs significations et implications, mais pour cela il faut des "contradictteurs" ou des "complémenteurs" ce qui devient rare dans ce monde de plus en plus pressé.
Cela dit, concernant ce passage décrivant le chemin de Gidéon, il y a à débatre des mois, sur ce que fut les débuts de la royauté dans l'épopée de la Thora, les commentaires de Rachi, du Malbim et d'autres grands Rabbin de la Thora orale.
Il faut comprendre que le peuple d'Israël a dû intégrer la Royauté céleste à celle des hommes, ce qui n'est chose aisée, certain Rois possédaient des vertues allant de la poésie à l'art de la guerre, tout ça dans un seule homme, les enseignements contenus dans la Thora concernant les "matériaux" permettant à un homme de remplir le rôle de Roi vont à l'infini, mais il est certain que le peuple d'Israël, après avoir suivi nombre de Prophètes, ressenti, également le besoin de s'incarné dans un roayaume plus terrestre, dés le moment où ils revendiquèrent des frontières encore plus terrestres.
C'est dés cette mutation, que le peuple d'Israël, opta d'un coté pour avoir un Roi et parallélement continuer de séparer les tâches culttuelles par le trûchement d'un "contre-pouvoir" constitué de penseurs et d'hommes de loi. Un Roi n'a pas à traiter de ce qui ne le concerne pas, son rôle est de garder l'unité d'Israël et de le défendre contre l'extérieur, il n'a qu'un rôle politique, tout en observant les consignes sâgement entretenues par les gardiens de la pensée et des enseignements.

rehov saïfan 11/13 4ème
petit pont, gauche gauche feu rouge

Écrit par : Corto | 18/06/2012

Les commentaires sont fermés.