06/06/2012

La Syrie et les phobies paranoïaques de Poutine

La Syrie et les phobies paranoïaques de Poutine

 

On a déjà eu l’occasion de dire ici même que la visite de V. Poutine à Paris s’était soldée par un échec. Le maître du Kremlin n’a rien cédé concernant la Syrie. On vient d’apprendre qu’un vice ministre russe a laissé entendre que son pays ne tenait pas mordicus à Bachar el Assad et pourrait, éventuellement, s’accommoder de son départ. Les Russes commencent visiblement à se sentir isolés, avec pour seuls compagnons d’infortune, les Chinois qui n’ont jamais été un parangon de régime démocratique. Il faut donc compter, dans les semaines qui viennent, avec un changement de perspective de la part des Russes, ce qui soulagerait considérablement les insurgés qui subissent depuis peu des pertes effroyables.

 

Mais ce qui me frappe le plus dans l’attitude de V. Poutine, c’est son complexe de l’encerclement, sa hantise de voir des bases militaires de l’OTAN pousser comme des champignons autour de son pays et sa peur panique des complots et des trahisons. L’homme réagit avec ses anciens réflexes de lieutenant-colonel du KGB. Alors, on comprend mieux que M. Poutine se sente bien en compagnie des Chinois qui ne s’embarrassent guère du respect du droit des peuples. Ce fut plus malaisé pour lui lorsqu’il se trouva face au président François Hollande.

 

Il y a aussi la situation intérieure en Russie qui préoccupe M. Poutine : souvenons nous des imposantes manifestations contre lui et sa réélection entachée d’irrégularités, le printemps arabe qui semble faire tâche d’huile dans le Caucase russe : et tout ceci fait craindre à M. Poutine que l’islamisme qui relève la tête chez lui pourrait fort bien s’emparer de la Syrie, le seul pays arabe du Proche Orient où l’armée russe a conservé une base lui donnant accès aux mers chaudes…

 

Tout ceci, tous ces éléments convergent dans l’esprit de M. Poutine pour éveiller une sorte de complexe d’encerclement, digne du début du XXe siècle ou des pires moments de la guerre froide. Il faut bien comprendre qu’avec de tels réflexes, datant d’un autre âge, la nation russe ne rentrera pas de plain pied dans le monde européen qui l’entoure. Sur le plan international, l’image de la Russie a subi de graves dommages : un pays qui par son blocage à l’ONU a contribué, indirectement, à la mort violente de milliers d’insurgés syriens. Et cela, le peuple de Syrie ne l’oubliera pas.

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Commentaires

Cher Monsieur arrêtez de nous bassiner avec votre François Hollande qui n'est rien face à la Russie de Poutine.
Les Français seraient bien inspirés de se détourner du nid de vipères qu'est le Proche Orient et de ce rapproché à grands pas des pays membres du BRIC.
On n'oublie pas le camouflet des Brésiliens, des Marocains, des Suisses infligé par ces pays de ne pas acquérir le Rafale.

Écrit par : Hypolithe | 06/06/2012

très bon édito, très juste et en plus, ce qui ne gâte rien, concis. !
je rajouterais juste que la Syrie, en plus de permettre l'accès à la mer chaude,
achète pour un milliard d'armements à la "clique" de Poutine, ce qui est très
intéressant pour l'Oligarchie !!

Écrit par : cocomilu | 06/06/2012

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