02/02/2012

La tragédie de Port Saïd hier…

La tragédie de Port Saïd hier…

En Egypte, il se passe des choses étranges, ces derniers temps. Le conseil suprême d es forces armées semble en panne de stratégie et cherche, par je ne sais quels moyens, à ménager la chèvre et le chou. Visiblement, les militaires ont renoncé à peser sur le cours électoral et permis la victoire des frères musulmans et des salafistes, deux partis islamistes qui sont les ennemis jurés du régime Moubarak et de sa politique tant vis-à-vis de l’Occident que d’Israël.

Mais le plus large défi auquel sont confrontés l’armée égyptienne et ses généraux n’est autre que l’élection présidentielle, car là, le pouvoir actuel ne saurait se laisser déposséder de ses prérogatives. On a déjà enregistré une déflection, l’ancien directeur général de l’AIEA de Vienne qui ne se présentera pas aux élections présidentielles puisqu’il n’a pas reçu l’assurance d’indépendance de la part des forces armées.… Récemment, un journaliste, enquêtant sur l’implication des militaires dans la vie économique posait ingénument la question suivante : quel est le point commun entre votre téléviseur, l’eau que vous buvez, la chemise que vous mettez et la voiture que vous conduisez ? Tous ces produits sont manufacturés par des sociétés contrôlées par l’armée…

Certains pensent donc, sans preuves pour l’instant, que l’armée n’est pas étrangère à ce qui s’est passé hier à Port Saïd. Pour l’instant, ce ne sont que des rumeurs et il faut se méfier de ce type de spéculations dans un pays en proie à une révolution qui continue d’accomplir son effet dévastateur. Pour les adversaires de l’armée, un tel embrasement trahit une visée préconçue : à la faveur des désordres, l’armée reprendrait tous les rênes du pouvoir et se maintiendrait ainsi, arguant de l’absence de maturité du peuple et du danger que représentent les désordres sanglants, la situation économique aggravée venant renforcer le tout.

Qu’il s’agisse de spéculations ou de faits avérés, la situation est grave et les incidents plutôt horribles. Une révolution de quelques mois ne saurait effacer une mentalité qui dure depuis de 60 ans…

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