31/01/2012

Le drame syrien

Le drame syrien

Depuis quelques jours, dans l’indifférence générale, le conflit entre loyalistes et insurgés en Syrie s’est développé de manière incroyable puisque les combats se rapprochent du cœur du régime, de Damas et que le pouvoir a dû envoyer plus de deux mille soldats d’élite afin de réoccuper une banlieue de la capitale. Il a fallu des combats à l’arme lourde, à l’aide de chars et de véhicules blindés pour desserrer l’étau et forcé les insurgés à décrocher. Désormais, l’armée syrienne libre (al-Djish al-souri al- hor) a les moyens de faire tomber le régime qui n’a plus la ressource d’amorcer quelque dialogue national que ce soit.

Il faut dire que les dernières journées de ce mois de janvier furent singulièrement atroces tant la répression a été aveugle= même des enfants en bas âge n’ont pas été épargnés, un journaliste indépendant dit même avoir été témoin d’égorgements d’adolescents C’est dire. C’est une erreur d’appréciation de parler de guerre civile car cela signifierait qu’une partie de la population lutte contre une autre. Il n’en est rien : il s’agit d’un peuple tout entier qui se soulève contre un clan tyrannique qui a accaparé le pouvoir pour son propre intérêt.

On parle déjà de sept à huit mille morts, militaires et soldats compris. La Russie qui craint de perdre son unique bastion au cœur du Moyen Orient, s’accroche et défend mordicus un régime qui est indéfendable. Je m’tonne que les Russes n’aient pas appliqué la bonne vieille méthode héritée de l’époque soviétique : susciter un coup d’Etat militaire en favorisant un nouveau clan, plus ouvert et moins tyrannique.

Il est presque certain que la coalition des Européens et des Américains, sans oublier les Arabes, réussira à faire céder la Russie. Le monde n’assistera pas sans bouger à de telles effusions de sang. Je salue au passage les sacrifices consentis par ce peuple qui subit la dictature implacable d’une famille, qui, de père en fils, s’est arrogée tous les pouvoirs.

Un dernier mot : un récent article dans Le Figaro a retenu mon attention car il a suscité en moi une certaine perplexité : l’auteur y soulignait que les Occidentaux ne devraient pas commettre les mêmes erreurs que celles commises pour les autres pays arabes ayant vécu un printemps qui a donné lieu à une montée de l’islamisme et à une purge des Chrétiens, le journaliste parle même d’une guerre de religions. Ce qui l’a conduit à cette remarque, c’est le slogan entendu dans les rues des villes insurgées de Syrie : les Alaouites dans le cercueil et les chrétiens à Beyrouth (al-alawi fi-l-tabout wa-l mashiyyin fi Beyrouth…)

En effet, c’est inquiétant, mais est-ce vraiment étonnant ? Méditons le cas libyen, et le cas égyptien et le cas tunisien…

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30/01/2012

L’interview télévisée de Nicolas Sarkozy

 

L’interview télévisée de Nicolas Sarkozy

Je ne sais plus qui dénonça jadis, le premier, le fameux pacte politico-médiatique, soulignant par là le caractère peu sacré de cette union entre les acteurs politiques, dûment mandatés par la nation, et les commentateurs qui réussissent à créer l’événement et à l’imposer contre vents et marées.

Je n’entends pas par là amoindrir l’importance ni la qualité de l’intervention d’hier, mais simplement dire que de contre-pouvoir la presse est devenue un pouvoir tout court et que cette évolution est néfaste, ou pour parler comme les Allemands, promus depuis hier soir nos maitres à penser et nos références indiscutables (ce que je répète moi-même à l’longueur d’articles depuis des années) : unheilig. Voilà pour le préambule.

Nicolas Sarkozy a bien parlé hier soir, il a changé ou a voulu donner cette impression, mais pourquoi ne pas le croire ? Il a maintes fois cité le Premier Ministre, et aussi le gouvernement, éveillant ainsi l’impression que les facteurs politiques sont plusieurs et qu’on a quitté la monarchie depuis quelque temps ; il a détaillé les mesures à prendre, peut-être même un peu trop, puisque les précisions, utilement recherchées, pourraient passer nettement au-dessus de la tête des Français dont il espère qu’ils vont lui apporter leurs suffrages en découvrant qu’il s’occupe d’eux concrètement.

J’ai relevé la référence à l’authenticité et à la sincérité, voire même cette petite réflexion un tantinet philosophique sur la vérité et ses figures…

N’étant pas économiste je ne parlerai pas de la fameuse TVA sociale (si mal nommée, selon le président), ni de la taxe sur les transactions financières, ni même de la baisse des prélèvements, même si cela représente un aspect majeur de l’avenir économique de ce pays.

Non, ce qui m’intéresse, à plus d’un titre, c’est la relation à l’Allemagne, promue au rang de modèle et devenue une sorte d’horizon insurpassable. Ce n’est pas le philosophie-germaniste, auteur de ces lignes, qui va s’en plaindre, cela fait bien longtemps que je répète la nécessité pour les Français de quitter un peu cette mentalité de jouisseur pour se soumettre enfin aux sacrifices lorsqu’ils se révèlent incontournables. Je n’aime pas beaucoup le maréchal Pétain mais j’ai bien apprécié, à travers les livres d’histoire, ce qu’il disait à propos de l’esprit der jouissance, opposé à l’esprit de sacrifice. La France doit enfin se réveiller et se mettre à l’heure allemande. Je sais bien qu’il ne faut pas le dire aussi brutalement, je sais tout aussi bien que sur certains plans, l’Allemagne devrait elle aussi nous imiter. En revanche, aujourd’hui nous devons, nous, changer…

Je me souviens encore de cet important conseiller de l’Elysée, si proche collaborateur du chef de l’Etat qui, me recevant dans bureau, s’étonna, de prime abord, de ce qu’il nomma mon tropisme germanique… C’est dire combien d’efforts restent à fournir !

Je n’entends pas par là que la culture allemande est supérieure à la culture française, je ne dis pas qu’il fait mieux vivre à Berlin ou à Munich que dans nos provinces ou à Paris (dont raffolent tous les diplomates allemands que j’ai connus), je dis simplement que les Français doivent cesser de rêver la réalité et comprendre que les situations économiques et financières sont ce qu’elles sont. On ne les changera pas par des incantations.

Les références à l’Allemagne et à sa gestion économique et financière m’ont donc beaucoup plu, mais cela ne résout pas le problème : le président ne nous a pas dit comment on transforme la mentalité française en mentalité allemande. L’histoire des Gaulois n’est pas vraiment identique à celle des Germains. Clémenceau et Poincaré ne donneront jamais Bismarck qui avait fait afficher cette terrible pancarte dans toutes les salles classe de l’empire l’homme n’est pas sur terre pour être heureux mais pour accomplir son devoir ; Der Mensch ist nicht auf Erden um glücklich zu sein, sondern um seine Pflicht zu tun.

Même au plan intellectuel et culturel, en général, la germanisation de la France n’est pas envisageable. Par ailleurs, l’Histoire nous offre l’exemple inverse : ce sont nos académiciens et nos encyclopédistes qui ont animé la vie intellectuelle de Berlin au cours du XVIIIe siècle. Et l’exemple le plus frappant n’est autre que celui du roi Frédéric II dont la francophilie le poussait, nous dit-on, à ne parler allemand qu’à son… cheval !

C’est ce rattachement à l’Allemagne qui me paraît le fait le plus important de l’intervention du chef de l’Etat hier. Certes, certains commentateurs politiques dénonceront cette mise à la remorque de l’Allemagne, surtout après la perte du triple A…

Le chef de l’Etat a changé. Je me souviens que lors de son bref passage à Bercy, ses plus proches conseilleurs commençaient à émettre l’idée de remplacer le couple franco-allemand par un tandem franco-britannique. C’était un peu plus d’un an avant l’élection présidentielle. Les choses ont changé depuis cette époque..

Mais hier, le chef de l’Etat a parlé vrai, il a dit les choses comme il devait le faire. Il a insisté sur les charges qui lui incombent, notamment ne pas cesser de s’occuper de la France pour ne s’occuper que de la campagne électorale. Il a placé les intérêts du pays avant les siens propres.

C’est très méritoire, mais il ne faut pas qu’il tarde trop à se déclarer. Le facteur temps est crucial. Et même si Aristote disait dans sa Physique que le temps n’existe pas au fond, puisqu’il est le nombre du mouvement, mais que c’est la durée qui compte, le temps politique, lui, n’attend pas et ne soucie guère de toutes ces subtilités.

Nicolas Sarkozy doit se déclarer vite, car la nature ne change pas : elle a toujours horreur du vide.

Maurice-Ruben HAYOUN

TDG du 30 janvier 2012

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29/01/2012

LA SUISSE ET L’UNION EUROPEENNE

LA SUISSE ET L’UNION EUROPEENNE
Ce titre pourrait étonner, tant j’ai pour habitude de ne pas faire du nombrilisme helvétique, mais d’élargir les centres d’intérêts afin d’entendre battre le cœur du vaste monde : Proche-Orient, révolutions arabes, politique des USA, religion, philosophie etc…
Et si j’évoque brièvement ce thème, celui des relations entre l’ilôt suisse et le vaste océan européen, c’est parce que cette confédération a fait le bon choix en refusant de s’intégrer dans un magma dont personne ne sait à quoi il ressemblera demain. Un certain nombre de points militent, hélas, dans ce sens :

a)    les graves incertitudes économiques et monétaires : la Suisse a une monnaie forte, qui reflète la vraie richesse du pays et a même servi de valeur refuge lorsque l’Euro fut sérieusement attaqué. Partant, intégrer la zone Euro ressemblerait au mieux à de la folie, au pire à un véritable suicide.
b)    L’absence d’une gouvernance économique en Europe : la Suisse est une confédération, mais les dossiers les plus régaliens, dirais-je, dépendent de Berne et non de Genève ou de Zurich. Aujourd’hui, l’Europe a une monnaie commune mais c’était folie de vouloir faire marcher l’Allemagne  et la Grèce (ou le Portugal et l’Espagne, ou l’Italie, voire même la France) au même pas.
c)    L’immigration et l’insécurité : venant à Genève par le train ou par la route presque chaque semaine, je me rends compte du nombre de douaniers et de policiers qui contrôlent les entrées dans le pays. L’Europe est malheureusement ouverte aux quatre vents, ce qui, dans la situation actuelle, renforce le réflexe sécuritaire et renfloue au plan électoral les partis extrémistes…
d)    La crise économique : l’intervention télévisée du chef de l’Etat français, ce soir, montre à l’envi, l’extrême fébrilité qui s’est emparée des citoyens des pays européens, en attente d’une élection importante. Et on se demande si la montagne ne va pas accoucher d’une souris.

La Suisse serait donc bien inspirée à conserver son statut d’îlot de sécurité, d’indépendance et de prospérité (relative) dans cet océan houleux qu’est devenue l’Europe des vingt-sept.

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28/01/2012

Les regrets de Nicolas Sarkozy

Les regrets de Nicolas Sarkozy

Les grands hommes politiques sont-ils crédibles lorsqu’ils confessent leurs erreurs et leurs fautes ? Seront-ils plus crédibles, plus fiables et plus sincères ? Je ne sais que penser mais je dois bien reconnaître que même dénuée d’arrière-pensées politiques, cette confession du chef de l’Etat ne laisse pas de me surprendre. Et tous ceux qui me lisent dans ce journal depuis plus de cinq ans, savent que je l’ai, à une ou deux exceptions près, toujours très bien traité, non seulement eu égard à ses fonctions éminentes (cf. Ernst Kantorowicz, 1895-1963 et sa thèse des deux corps du roi) mais aussi en raison d’une réelle admiration et d’une grande proximité avec certains de ses plus fidèles lieutenants, encore à ses côtés.
En plus de ses sempiternelles apparitions à la télévision qui en firent le président le plus cathodique de la Ve République, de l’hyper président qui ne laissait pas respirer son Premier Ministre, le qualifiait publiquement de collaborateur avant d’en arriver à une bien meilleure appréciation de la situation, Nicolas avait commis une grave faute d’appréciation concernant son propre fils. Un enfant peut se tromper, un père ne le doit jamais, car il est censé guider son fils. C’est peut-être l’aspect le plus émouvant et le plus sicnère de cette confession publique.
Alors faut-il admettre en sa créance cette petite confession du chef de l’Etat ? Pourquoi pas, à condition qu’il tire les enseignements de ce qu’il qualifie lui-même comme ses propres erreurs, au premier rang desquelles se trouvent certaines nominations. Je ne parle pas ici des nominations à de hautes fonctions, je parle précisément de l’entrée au gouvernement de certaines personnes qui n’auraient jamais dû en faire partie.
Comme il s’agit notamment de deux ou trois dames, et qui plus est, de gens issus de l’immigration, de minorités dites visibles ou de la diversité (deux termes que j’abhorre tant ils sont maladroits et constituent une sorte de stigmatisation), je n’aurai pas la cruauté de pointer du doigt leurs insuffisances… Mais ce qui est, à mes yeux, l’abomination de la désolation (livre biblique de Daniel), c’est l’interférence du politico-familial dans la constitution d’un gouvernement.
La politique est vraiment un art très difficile qui ne s’apprend ni à l’ école ni dans aucun livre mais que seuls quelques hyper doués réussissent à maîtriser, mais jamais complètement : voyez de Gaulle, voyez Churchill, plus proche de nous Margaret Thatcher. Tous furent renvoyés à la maison en dépit de grands, voire de très grands services rendus…

Changer la politique reviendrait à changer l’être humain, chose absolument impossible, relevée par Platon et Aristote, et bien avant eux par la Bible. Mais ne soyons pas trop rigoureux, la vie l’est déjà assez avec ces hommes et ces femmes qui entendent nous gouverner.

La Bible dans son livre des Proverbes relevait déjà il y a plus de 2250 ans ceci : Celui qui dissimule ses fautes ne réussit pas. Mais celui qui
les confesse et les délaisse trouve de la compassion » (Pr 28 :13)

J’approuve entièrement mais ce n’est pas là la meilleure recette pour gagner l’élection à la présidence de la République. Or, tel est bien l’enjeu.

Maurice-Ruben HAYOUN
TDG du 28 janvier 2012

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27/01/2012

Le duel François Hollande / Alain Juppé

Le duel François Hollande / Alain Juppé

Il est probablement encore difficile de départager les deux débatteurs d’hier soir, mais on peut livrer un première appréciation, susceptible d’évoluer au fur et à mesure des réactions émanant des commentateurs spécialisés.

Il semble que François Hollande maintienne son statut provisoire de candidat favori dans l’opinion, dû au seul fait que Nicolas Sarkozy laisse encore pour quelques semaines le champ libre à son adversaire, car il veut présider le pays encore, purement et simplement.

Cependant, le chiffrage du programme socialiste et les vigoureuses réparties d’Alain Juppé ont tout de même placé son adversaire sur la défensive. On déplore un grand absent dans le programme économique du candidat du PS, c’est la croissance, les recettes pour la faire renaître et après, la stimuler et la fortifier.

Toutes les dépenses, et D- sait qu’il y en a, seraient, en cas de victoire de Fr. Hollande, financées par des ponctions, des redéploiements et des réaffectations. Pourquoi une telle méthode ? est-ce une attitude générale dictée par le réalisme, l’argent manquant de toutes parts, ou est-ce simplement une vieille habitude socialiste consistant à faire du social à tour de bras afin de glaner des suffrages ?

Comment peut-on espérer relever, redresser la France en taxant toujours plus ce que l’on nomme les riches, en fermant des niches fiscales, en supprimant la défiscalisation, en instaurant des taux d’imposition à la carte, etc… ?

On n’est plus en 1981. Cette époque là ressemble à un âge néolithique où l’interventionnisme, le dirigisme économique étaient de mise, avec un Parti Communiste surpuissant et sa courroie de transmission, la CGT, une redoutable centrale syndicale, déclenchant des grèves plus vite que la foudre…

Il est vrai que la société française souffre de plus en plus, et à des degrés divers, mais toujours réellement. Il est vrai qu’on aurait pu avoir d’autres mesures, mais il ne faut pas tout charger sur le dos d’un seul homme qui avait commencé son quinquennat sous le signe de «travailler plus pour gagner plus»… La crise mondiale en a décidé autrement.

Mais les deux courbes des intentions de vote ne vont pas tarder à se rapprocher et peut-être même à s’inverser. La France de 2012 doit faire face à des défis d’une autre dimension. Il faut des recettes nouvelles.

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26/01/2012

La ruine de l’Europe, la chute de l’Euro : retour au protectionnisme ?

La ruine de l’Europe, la chute de l’Euro : retour au protectionnisme ?

Sur ce continent, seules la Suisse et l’Allemagne tirent leur épingle du jeu.

La campagne présidentielle en France promet d’être plutôt morose. Au fond, aucun des candidats déjà déclarés n’apporte de remède miracle. Et lorsque Nicolas Sarkozy se déclarera, je doute qu’il puisse révolutionner la donne existante, au regard de la situation actuelle. On commence à avoir une petite idée du programme de François Hollande : il axe toute son action autour de la récupération de milliards soustraits à des niches fiscales ! Ce qui veut dire que même les masses populaires, incultes et peu ou prou formées, ne croient plus aux promesses gratuites. Tout le monde exige désormais de savoir quel sera le mode de financement. C’est une véritable révolution populaire qui signe bien l’état d’évolution de nos sociétés.

Un deuxième élément apparaît avec de plus en plus de netteté dans les consultations électorales, et ce, des deux côtés de l’Atlantique : même le Président Obama a insisté avant-hier sur la justice fiscale et l’idée que les riches doivent payer plus d’impôts que les pauvres et les moins aisés. Il est remarquable que cette préoccupation ait émergé dans des pays aussi différents que les USA et la France.

Ces classes moyennes dont nous faisons tous partie ont des contours très imprécis et les sondeurs arrivent difficilement à les cerner : à partir de quels revenus annuels en fait-on partie et à partir de quels revenus en sort-on, vers le haut ou vers le bas ? Difficile à dire…

Faut-il quitter l’Europe ? Ce serait une erreur gravissime . Faut-il saborder l’Euro ? Ce serait un suicide, ce serait foncer dans le vide en klaxonnant. Il faut, peut-être baisser le coût du travail et accepter enfin ce que personne n’ose nommer par son nom : une baisse du pouvoir d’achat des travailleurs non qualifiés et non diplômés. C’est affreux, mais je ne vois pas d’autre solution : la protection sociale ( indemnités de chômage, remboursement des médicaments et retraites à taux plein) est intenable à l’état actuel.

Il faut réapprendre le goût du travail et retrousser ses manches. Même les politiciens professionnels n’osent plus parler d’un avenir rose. C’est dire !

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25/01/2012

Qui sera le prochain président de la République française ?

Qui sera le prochain président de la République française ?

Oui, qui sera donc le nouveau président de la République française ? Je pose la question au masculin, la candidate écologique n’ira pas jusqu’au bout et si elle venait à persister dans son projet initial, son score sera si faible qu’elle en perdrait toute crédibilité, à la fois pour elle (ce qui n’est pas une surprise) et pour son mouvement.

Je ne pense pas, non plus, que Marine le Pen serait en en situation pour l’emporter, même si elle faisait un bon score au premier tour. Par contre, il est hautement invraisemblable qu’elle devance Nicolas Sarkozy au premier tour, alors qu’ il n’est pas du tout exclu qu’elle l’emporte face au candidat socialiste qui caracole en tête des sondages tant que l’autre porte-avions (N.S) n’est pas encore sorti du port : Fr Hollande risque de s’effondrer lorsque N.S chargera ses armes et fera feu de toutes pièces. Son statut de président sortant lui interdit de passer immédiatement à l’attaque.

Que dire de François Bayrou ? Je note que son score a tendance à progresser au fur et à mesure que l’on se rapproche de la date du vote, mais qu’il ne transforme pas l’essai. Récemment, M. Field de LCI lui a posé la question suivante : avec qui seriez susceptible de gouverner en cas de victoire ? La réponse n’a pas été claire, le candidats centriste ayant évoqué l’existence d’une sensibilité centriste présente dans tous les partis représentés à l’Assemblée Nationale… Voire.

Et M. Mélenchon ? Il fera un score symbolique mais qui ne sera pas dérisoire car il tient un langage qui plaît aux couches les plus défavorisées de la population, notamment aux classes moyennes les plus exposées à la crise et donc menacées par un déclassement jugée insupportable. J’ai été surpris de voir et d’entendre l’assentiment de ces gens qui louent ce parler vrai et cette gouaille populaire et anti-élites…

Ce discours anti-élites me surprend et m’inquiète. Certes, plus que d’autres, je sais pour l’avoir personnellement subi, que les élites se reproduisent entre elles, veillent jalousement sur leurs privilèges et refusent de s’ouvrir à celles et à ceux qui n’ont pas suivi le même cursus ni opéré à travers les mêmes filières. C’est probablement un fait qui dure depuis trop longtemps et qui commence à froisser durablement et profondément les gens qui ne comprennent pas qu’il n’y ait pas plus de capillarité, de cooptation afin de donner sa chance à chacun et à renouveler les élites à l’aide d’un sang nouveau.

Toutefois, les critiques contre nos grandes écoles ou nos grands établissements (ENA, polytechnique, HEC etc…) sont aussi injustifiées lorsque la stigmatisation se fait globalisante et dépourvue de nuances. Donc excessive.

Roger Fauroux (qui partage mon engouement pour l’hébreu biblique) me disait un jour que si tous les énarques faisaient grève une seule journée, la France cesserait de fonctionner le jour dit… Il n’a pas tort, mais il faut aussi d’autres gens aux postes de responsabilités et dans les grands corps. Deux exemples parfaits : ni François Fillon (que j’admire) ni Nicolas Sarkozy (que j’ai toujours soutenu malgré son oubli de certaines promesses) ne sont d’anciens élèves de l’ENA… Un avocat d’affaires et un ancien assistant parlementaire dirigent la France. Ce qui prouve que le salut peut aussi venir d’ailleurs.

Un dernier point qui concentre les critiques et que même des diplomates européens en poste à Paris m’ont confié : la France, me disent-ils, n’a pas encore vraiment quitté la monarchie, tant le système de désignations et de nominations est opaque…

Enfin, j’en viens aux deux candidats les plus sérieux, Nicolas Sarkozy et François Hollande : Ce dernier a incontestablement réussi son premier meeting, même si les slogans et les recettes utilisés ce jour là sont d’un autre âge : on ne dit pas lors d’un tel meeting que son ennemi ou adversaire est le monde de la finance ! L’UMP s’est immédiatement engouffrée dans cette brèche et risque fort de mettre à mal le bon départ du candidat du PS.

Et Nicolas Sarkozy ? Selon moi, et sauf accident majeur (que je ne souhaite pas) il passera dès qu’il aura fait acte de candidature. Les mesures déjà préconisées par Fr Hollande n’ont pas encore été chiffrées et je pense que le duel de ce soir avec Alain Juppé, notre excellent ministre des affaires étrangères, devrait recentrer les sondages au bénéfice du candidat de la droite. Alain Juppé, c’est la force tranquille mariée à la solidité. Quel calme, quelle fermeté, quelle assurance ! Disparus ce ton cassant et cette arrogance qui indisposaient jadis gravement ses interlocuteurs.

Et il est heureux que Nicolas Sarkozy le laisse enfin faire.

La partie finale se jouera sur l’Europe, l’Euro et les conflits internationaux. Sur ces trois points, le président Sarkozy a toutes ses chances. Il lui faut simplement changer un peu son caractère, mieux écouter les personnalités les plus sages de son gouvernement (au premier rang desquels Fr. Fillon, Alain Juppé et Claude Guéant), et les choses devraient bien se passer.

En ces cinq années éprouvantes, il a beaucoup appris, mieux compris que la France était souvent ingouvernable et que l’esprit français obéit à des idiosyncrasies que l’homme politique, fût-il le plus doué ne saurait réformer.

 

Maurice-Ruben HAYOUN, professeur à l’UNI de Genève

Tribune de Genève du 25 janvier 2012.

 

 

 

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24/01/2012

Les raisons amers de la révolution égyptienne

Les raisons amers de la révolution égyptienne

 

Il y a dans les tout premiers chapitres du livre du prophète Isaïe (VIIIe avant JC) une allégorie que l’on pourrait sans peine appliquer à ce qui s’est passé hier au Caire, lors de la première session du nouveau parlement égyptien (majlis al-cha’ab) .

Le prophète Isaïe, dans sa volonté de stigmatiser l’attitude coupable de son peuple et sa désobéissance aux lois de D-, parle d’un veau vignoble que son propriétaire aurait nivelé, épierré, retourné dans tous le sens et enrichi à l’aide du meilleur engrais. Le tout pour y planter une vigne de prédilection. Mais voilà au lieu de donner des raisons sucrés et de bonne qualité, le propriétaire a eu droit à du verjus, c’est-à-dire à des raisins amers.

Le sens (nimchal) de cette allégorie (machal) est le suivant : D- a donné toutes les chances à son peuple afin qu’il ait une conduite irréprochable et voici qu’en dépit de cet inlassable labeur, le peuple déçoit considérablement son bienfaiteur.

C’est exactement ce qui vient de se passer en Egypte : avoir enduré plus de soixante ans de pouvoir sans partage de l’armée, seul corps organisé de la nation, avoir versé son sang en martyr, pour récolter un majlis où les islamistes barbus totalisent un peu moins de 5O% des sièges, où ces mêmes nouveaux élus modifient arbitrairement le serment de loyauté à la loi égyptienne (ajoutant qu’ils n’obéissent qu’à D-), où ils empêchent les collègues du parti libéral (celui de Hosni Moubarak) de présenter leur propre candidat… Beau début !

Que vont faire ces hommes qui siègent dans un hémicycle que le vrai pouvoir, aux mains de l’armée, a déserté ?

Les printemps arabes se sont dévoyés et je doute qu’on puisse en attendre quelque chose de prometteur. Ne faudrait-il pas plutôt se mettre au travail, redistribuer la manne nationale, lorsqu’elle existe ?

Mais surtout, tout ça pour en arriver la ? Déjà les Egyptiens redoutent toutes sortes de problèmes avec ces islamistes…

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23/01/2012

Décision de la Ligue Arabe : Bachar a deux mois pour partir

Décision de la Ligue Arabe : Bachar a deux mois pour partir

Sous l’impulsion de son président qatari, la Ligue Arabe a surpris tout le monde par sa nette résolution de ne pas prendre de demi mesure : Bachar a donc deux mois pour transmettre ses pouvoirs à son vice-président qui devra veiller à la rédaction d’une nouvelle constitution, à mettre sur pied une assemblée constituante, prévoir des élections et composer un gouvernement d’Union nationale. Evidemment, de telles mesures sont inapplicables dans l’état actuel des choses, Bachar et son clan ne partiront jamais sans y être acculés par la force. Mais le Qatar n’a pas été suivi dans sa proposition d’envoi de troupes arabes en Syrie.

Le plus important, toutefois, c’est le signal envoyé par les Arabes. Ce signal était très attendu par le conseil de sécurité de l’ONU qui va se considérer saisi indirectement par ces mêmes Arabes. Le conflit intérieur syrien connaîtra donc dans les prochains jours une nouvelle phase dans son évolution, la Ligue Arabe ayant reconnu qu’aucun dialogue n’était plus possible entre Bachar et son clan, d’une part, et les insurgés de l’autre. Soit dit en passant : la Ligue se sépare aussi un peu des conclusion du général soudanais qui plaçait la responsabilité des troubles et des morts des deux côtés : gouvernement et insurgés, alors que la décision de la Ligue révise ce jugement et place clairement le clan Assad sur le banc des accusés. Cette évolution défavorable au gouvernement syrien était nettement perceptible dès samedi sur les médias arabes qui n’hésitaient plus à parler des troupes d’Assad (al-djich el assadi) et non plus d’armée nationale.

La réaction de Damas à cette préconisation n’a pas tardé : Bachar rejette les demandes de la Ligue et parle d’une ingérence grossière dans ses affaires intérieures.. Toute l’attention du monde se concentre sur la suite : que va-t-il se passer ? A peu près ceci : lâché par tous ou presque, les Russes étant les seuls à le soutenir avec, dans une moindre mesure, les Chinois, Bachar va accentuer la répression, provoquant sans doute une réaction musclée de l’ONU et des autres Arabes. Comme l’Iran va subir aujourd’hui à Bruxelles un flot de sanctions encore inégalées, il y a fort à parier que les deux réprouvés de la communauté internationale vont resserrer leurs liens, s’en traînant mutuellement dans leur chute.

On est entré dans la phase finale des deux régimes qui seront balayés avant la venue de l’été, surtout si les rumeurs de bombardements de l’Iran devaient s’avérer.

A moins que la sagesse finisse par l’emporter er dans ce cas, la fermeté aura payé. Pouvons nous l’espérer ? Pourquoi pas ?

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22/01/2012

omment la Syrie de Bachar manipule et oriente les observateurs de la ligue arabe…

Comment la Syrie de Bachar manipule et oriente les observateurs de la ligue arabe…

Dans un article paru en page intérieure du journal Le Monde daté d’hier, et repris d’ailleurs longuement dans la revue de presse de Al-Arabiya, hier samedi, on pouvait lire des détails effarants sur le comportement des autorités syriennes et aussi les agissements du général soudanais, chef de la mission des observateurs en Syrie.

L’article tourne autour du cas de l’observateur algérien, ancien officier de l’armée, reconverti dans le journalisme, l’un des deux seuls observateurs qui ne dépendent d’aucun gouvernement ni d’aucune administration.

Son témoignage est désastreux pour les autorités syriennes et contredit frontalement les déclarations et probablement aussi les conclusions du général soudanais, chargé de remettre un rapport à son autorité de tutelle, la Ligue Arabe.

L’observateur algérien parle de micros et de caméras installés dans les chambres d’hôtel des observateurs. Il a même vu des photos de lui-même, alors qu’il prenait une douche. Les services syriens font circuler dans les couloirs de l’ établissement des femmes, des prostituées probablement, afin de faire chanter les observateurs et les tenir.

Leurs téléphones portables et leurs fax sont surveillés. Les observateurs n’ont pas pu se déplacer librement et sont fortement encadrés. Lorsque l’Algérien a publiquement manifesté son opposition, il fut la cible de tirs, alors que son véhicule roulait vers Damas. Mais quelques heures plus tard, il se retrouvait à Doha, sur la plateau d’Al-Djazira où il a pu raconter son histoire.

Malheureusement, la Ligue arabe va prolonger la mission de ses observateurs en Syrie en en doublant le nombre. Ce n’est pas bien, ce n’est pas moral car depuis l’arrivée de ces observateurs, il y a eu environ 600 tués, selon les membres de l’opposition…

En outre, l’Iran et l’Irak envoient armes et munitions ainsi que de l’argent aux autorités syriennes. Dans ce cas, on s’oriente vers un scénario à l’iranienne : museler par tous les moyens l’opposition démocratique qui, désarmée, ne peut compter que sur elle-même. Et compter ses morts.

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