15/01/2012

Existe-t-il un rapport entre la Syrie et la Birmanie ?

Existe-t-il un rapport entre la Syrie et la Birmanie  ?

Oui, c’est l’idée qui vient à l’esprit en regardant la visite du ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, lors de sa rencontre avec la célèbre opposante birmane, qui a décidé, après tant d’années en résidence surveillée , de saluer la libération de prisonniers de premier plan,et de participer aux prochaines élections législatives …

Comme en Syrie, mais moins sauvagement, c’est un clan de généraux qui accapare le pouvoir depuis plusieurs décennies. Comme en Syrie, il y a eu un soulèvement conduit par des moines bouddhistes, d’où le nom de révolution safran, par allusion à la couleur de la robe des jeunes religieux qui ont sacrifié leur vie pour faire plier les généraux, sourds, des années durant à tous les appels et surtout forts du soutien d’une Chine qui semble faire sa spécialité du soutien aux régimes dictatoriaux, comme dans le cas syrien. Alors que l’autre soutien à la Syrie la Russie, semble hésiter et suit désormais un cours en zigzag : d’un côté on envisage le vote d’une résolution à l’OUNU, et de l’autre on envoie tonte une escadre faire relâche dans le port militaire de Lattaquié…

La Birmanie reçoit un ministre français, mais bientôt ce sera le tour des Américains, même si Madame Hilary Clinton a déjà visité la célébré opposante birmane. Donc, les pressions peuvent avoir une certaine efficacité, tardive mais incontestable puisque la situation n’est plus ce qu’elle était il y a quelques mois…

Pouvons nous à présent transférer ce raisonnement et cet espoir au cas syrien ? On cherche des éléments susceptibles de donner quelque espoir à une issue pacifique de la crise syrienne.

Dans l’état actuel, on ne voit rien de bon , car l’optimisme naturel ne saurait confiner à la naïveté… N’oublions pas le cas de Hama au début des années quatre-vingts avec ses dizaines de milliers de morts, entouré d’un silence, à la fois pesant et criminel : Hafez el Assad est mort dans son lit et son frère Rifa’at n’a jamais été inquiété qu’il se soit trouvé à Damas, à Genève ou à Paris…

Le clan au pouvoir en Syrie sait qu’il a tué trop de gens pour pouvoir espérer le moindre dialogue national dont les Arabes sont si généralement friands pour surmonter des crises. Les ponts sont rompus, tout dialogue est impossible : la seule chose qu‘on espère éviter, ce sont les 10.000 morts… C’est peut-être ce que recherche la remuante diplomatie qatarie qui préconise, depuis hier, d’envoyer des soldats de la Ligue arabe à défaut d’observateurs qui ont écoué dans leur mission. Ce fut une erreur d’envoyer des observateurs. Les opposants syriens l’ont dit en français sur France 24 : la présence des observateurs (morakabbin) n’a pas empêché l’accroissement vertigineux des victimes : les soldats du régime n’ont pas hésité à ouvrir le feu en direction d’observateurs, coiffés de casquettes blanches et revêtus de dossards phosphorescents…

On doute que les membres de la L.A. suivent le petite émirat qatari dans cette voie, en revanche, on ne peut saluer le courage de l’Emir A Thani car le régime syrien n’ayant pas pour habitude de se montrer clément envers ses adversaires. Souvenez vous de l’ambassadeur français Delamare…

La vraie solution pour empêcher la poursuite de l’effusion de sang et chasser le clan du dictateur est d’instaurer une zone d’exclusion aérienne à la frontière turque ou, mieux, à la frontière israélienne car Tsahal a les moyens militaires de la faire respecter. Ainsi, et si l’opposition syrienne, dit vrai, des divisions entières de l’armée pourraient faire défection et se diriger vers cette ligne et cette zone, assurés de ne pas être pulvérisées par l’armée de l’air loyaliste… N’oubliez pas la mémoire des peuples de la région : les Arabes se souviennent de la volte-face US du président Bush père lorsqu’il incita les Chi’ites à se révolter pour les abandonner ensuite à leur triste sort qui devint alors tragique et désespéré : ils furent massacrés par les blindés de Saddam… Les soldats syriens qui rêvent de faire de faire défection ne veulent pas subir le même sort et on les comprend.

Dans la mesure où l’opposition syrienne est vraiment au fait de ce qui se passe au sein de l’armée syrienne que le clan Assad tien pour le moment bien en main, la proposition qatarie est peut-être la solution.

Mais une chose est sûre et certaine : le massacre a assez duré et le régime n’a fait aucune ouverture sérieuse. Après autant de morts, surtout civils, on ne peut plus se parler. Ce serait donner une prime aux dictateurs du monde entier.

Est ce que l’exemple birman est probant ? A d’autres, de plus experts que nous de juger..

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