31/12/2011

D’UNE ANNEE A L’AUTRE :Réflexion sur le temps qui passe

D’UNE  ANNEE A L’AUTRE :
Réflexion sur le temps qui passe

Qui sait vraiment ce que l’avenir nous réserve ? Qui sait vraiment ce qui  nous attend ? Ces célébrations de la Saint Sylvestre m’ont toujours un peu étonné, non que je n’apprécie pas des mets fins et de très bons vins ni de belles toilettes, mais j’ai souvent pensé que ces manifestations débordantes de joie et d’allégresse masquaient, de fait, une crainte de l’avenir, un avenir que nul ne perçoit nettement car nul ne peut, sans risque d’erreur, dé chiffrer les carnets de la Providence.

Les joies, les danses, voire les beuveries de la Saint Sylvestre seraient alors une manière d’auto-suggestion, d’incantation : tout faire pour que l’année commence bien et se poursuive bien, aussi. Une façon de se forcer à y croire. C’est ce que l’on dit des rêves : il faut toujours les interpréter dans le sens d’un très bon augure… C’est ce qui fera advenir un bel avenir.

Pourtant, comme l’année précédente, que d’espoirs déçus, de joies non vécues et de projets non réalisés, remis, c’est bien le cas de le dire, à l’année prochaine. Les gens qui perdent leur travail, divorcent de leur conjoint, meurent ou sont frappés de deuils cruels, et qui, pourtant, avaient débuté l’année passée sous d’excellents auspices…

Vous connaissez tous cette belle expression, philosophiquement inconsistante, Si D- veut et que la grande théologie protestante a reformulé de la manière suivante : D- voulant (en anglais God willing et en allemand, la plus belle et la plus riche de  toutes les langues : Wenn Gott so will)… J’affectionne particulièrement cette expression, même si mon concept divin ne s’accorde pas avec elle, la sainte théologie nous enseignant que la volonté divine est éternelle et immuable, elle est fixée de toute éternité et même la prière ne peut la transformer car cela impliquerait que l’inférieur (la créature) peut agir sur le créateur (D-)… Et pourtant, la grandeur inégalée de l’homme c’est qu’il peut espérer, et la prière gît au fondement de la l’espérance… C’est aussi le principe de la philosophie de l’Histoire, qui aurait alors un sens comme l’existence humaine en aurait un, elle aussi. Est-ce bien vrai ? Et si l’on se mettait en quête d’un sens qui n’existe pas ? Souvenons nous de cette phrase prémonitoire d’Ernest Renan : l’humanité est incurablement dupe…

A l’origine, la jour de la Saint Sylvestre marquait la circoncision de Jésus. Cette mention figurait sur les calendriers de la poste de mon enfance. Cette journée a aujourd’hui perdu toute son aura religieuse. Le commerce et l’esprit mercantile lui ont donné le coup de grâce…

J’avoue préférer la fête de Rosh ha-shana, avec ses pommes trempées dans le miel, ses bénédictions, sa joie austère et ses suppliques afin de figurer dans le livre des vivants. Elle est suivie, dix jours plus tard, par le jeûne de Kippour, avec ses longues litanies et ses actes de contrition. Cette fête a su se prémunir contre les invasions des réjouissances païennes… Mais il faut aussi se garder des excès dans cette direction : un peu de joie de vivre et plaisir ne nuisent point.

D’une année à l’autre, c’est notre vie qui se consume comme une chandelle qui brûle. Et ceci rappelle le cri désabusé de l’Ecclésiaste: ce qui a été, c’est ce qui sera (ma shéhaya hou shé yhyé…)

Ne vous laissez pas décourager et fêter comme il se doit ce nouvel an en espérant  qu’il nous apportera enfin la paix et la sérénité et qu’il éloignera de nous les envieux, les méchants et les pervers…

A moins que la providence ne parvienne à les doter d’un cœur nouveau et d’une âme régénérée, comme le prédit le prophète Isaïe…

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30/12/2011

L’EURO PASSERA-T-IL L’HIVER ?

L’EURO PASSERA-T-IL L’HIVER ?

Je reviens sur cette question ici dans notre journal, mais j’ai rédigé une réponse à l’article de mon collègue munichois Ulrich Beck, paru dans le journal Le Monde du 27 décembre. Ma réponse paraître en exclusivité dans Le Monde.fr du 3 janvier 2012.

L’Euro est-il une monnaie d’avenir ? Nous a-t-il rendu des services ? Est-il viable ? A ces trois questions de fond, le non spécialiste que je suis, répond par l’affirmative. La seule erreur, et elle est de taille, fut, hélas, d’admettre au sein de la zone Euro des Etats manifestement impréparés et totalement inaptes à suivre le rythme.

Je ne voudrais pas être excessif mais je me souviens des propos (qui avaient fait scandale) d’un homme politique allemand, le défunt chef du parti libéral, le comte Otto von Lambsdorf, qui avait comparé les Italiens à des cueilleurs d’olives alors que ses compatriotes seraient, eux, de grands ingénieurs… Ce n’est pas entièrement faux, mais ce genre de déclarations compliquent les choses plus qu’elles ne les arrangent.

Dit en passant : la Suisse serait très bien inspirée à conserver son franc suisse, tout en resserrant ses liens économiques avec l’UE. Elle s’éviterait bien des désagréments, notamment le fait de payer pour les fautes (irréparables ?) des autres.

Que se passerait-il si l’Euro tombait ? Pour un pays comme la France ce serait catastrophique : les dévaluations se succéderaient, la facture énergétique serait insupportable, on reviendrait à une sorte de protectionnisme qui ne dirait pas son nom et le chômage, dû à l’inactivité économique, atteindrait des sommets. Ce qui nous fait redouter des troubles sociaux extrêmement graves, les Français n’étant pas habitués à se tirer d’affaire tout seul et attendant tout ou presque de l’Etat… La paix sociale disparaîtrait avec la disparition de l’Etat-providence.

Des dix-sept pays de la zone Euro, seuls l’Allemagne, l’Autriche, la Hollande, le Luxembourg se tireraient d’affaire sans grand dommage. Les pays du sud européen ne s’en remettraient pas, et vous savez lesquels, les fameux PIGS dont parlait Angela Merkel.

Comme je l’écrivais dans l’article à paraître le 3 janvier dans Le Monde, la chancelière fédérale a bien agi et a pris les bonnes décisions. Il ne sert à rien de reprocher aux Allemands  leurs vertus de discipline, d’obéissance et de rigueur.  Ce qui suscite l’inquiétude de certains observateurs d’outre-Rhin, c’est le réveil, au sein de la population, d’un nationalisme, aujourd’hui monétaire, mais, demain, pourrait virer vers d’autres horizons, plus inquiétants.

AU lieu d’instruire des procès imaginaires à l’Allemagne, il faudrait plutôt tenter de cultiver ces vertus de stabilité et de rigueur chez soi…

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29/12/2011

LE FOOTBALL ET LES PETRODOLLARS

LE FOOTBALL ET LES PETRODOLLARS
La compétition sportive a-t-elle encore un sens ? Pouvons nous encore parler d’équipe nationale ou de joueurs issus d’une seule et unique nation ? En d’autres termes, ne devrions nous pas parler d’une bourse du foot ball comme on parle d’une bourse des matières premières ou d’actions en entreprises industrielles ?

Ces réflexions me sont dictées par la récente arrivée au Paris Saint Germain d’un grand entraîneur italien dont le salaire annuel devrait se monter à près de 7 000 000 d’€, ce qui représente un peu plus d’un demi million d’€ nets par mois. Et je ne doute pas que ce salaire soit amplement mérité puisque l’homme en question est l’un des meilleurs entraîneurs au monde. Disons aussi qu’il sera le mieux payé sur la surface de la terre et sur la planète foot ball.

Mais lorsqu’on y regarde d’un peu plus près, on constate que c’est un petit pays du golfe arabo-persique qui regorge de pétrodollars et de ressources en hydrocarbures qui s’est payé un tel luxe. Ce petit pays pratique souvent une politique d’avant-garde, abrite les télévisions arabes les plus libres, entretient même des relations avec Israël et diversifie son économie tous azimuts, vient d’acquérir l’un des plus beaux fleurons des clubs de foot balls, le PSG.

La question qui se pose est désormais la suivante : qui est représenté par une telle équipe avec de tels joueurs et de tels managers ? La France ou la finance internationale ? Que l’on me comprenne bien : les nations font jouer leurs joueurs sous leurs couleurs nationales, elles mettent en avant un véritable effort national et vantent les mérites sportifs de leurs nationaux. En sommes nous encore là, aujourd’hui ? Lorsqu’on achète des joueurs comme des chevaux de course au marché des yearlings, et que des pays lointains s’en offrent comme on se paierait une voiture de luxe ou les services d’une escort girl, où est le sport ?

Je ne suis pas insensible au fait que, par ailleurs, le sport permet de rapprocher les hommes de tous les pays, même les plus lointains, qu’il permet aussi le fonctionnement de l’ascenseur social, qu’il calme les banlieues, fait vibrer les foules, représente de nouvelles frontières, pose de nouveaux défis, etc… Mais je n’ai pas, pour ma part, l’impression que les aspects positifs contrebalancent vraiment les aspects négatifs.

On doit revenir à la pureté originelle du sport et les champions doivent être d’authentiques champions. Le foot ball, comme d’ailleurs tous les sports, doit se libérer de l’étreinte étouffante, voire délétère, de l’argent.

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28/12/2011

L’événement de l’année 2011 : la réhabilitation de DSK en 2012

L’événement de l’année 2011 : la réhabilitation de DSK en 2012

Que l’on ne se méprenne pas sur le sens de mon propos : j’ai toujours écrit, dans ce journal et ailleurs, que DSK s’était mal conduit au plan des mœurs mais qu’il n’avait jamais commis d’acte pénalement répréhensible (à preuve l’abandon des charges, aucune ne fut retenue, pas une seule) et que même ainsi, il n’en était pas quitte pour autant avec la morale. Ce dont il a lui-même courageusement convenu devant près de 12. 000 000 de Français sur TF1. J’ajouterai à cela, la judicieuse remarques de l’un des meilleurs juristes français actuels, M. Robert Badinter : la plaignante n’est pas la victime. Quand on se plaint, c’est à soi qu’incombe la charge de la preuve. C’est même un principe talmudique (ha-motsi mé-havero, alaw ha-reaya).
J’ai questionné des juristes chevronnés, très au fait des pratiques judiciaires US, tous m’ont répondu que la célérité avec laquelle les policiers et les autorités carcérales ont agi est inhabituelle, pour ne pas dire étrange et pas du tout kosher.  Je ne reviendrai pas sur toutes les conjectures développées ici et là, elles me semblent encore insuffisamment étayées, mais il est évident que maintes avaient tout intérêt à la survenue d’un tel incident qui, de l’avis unanime, a reçu une couverture médiatique encore inagalée dans l’histoire de la télévision.
Mais le fait le plus troublant demeure celui-ci : avez vous déjà vu que l’on interroge, arrête et emprisonne en quelques heures, et un dimanche  de surcroît, une telle personnalité, sur la foi d’un seul témoignage ? On a appris qu’un accord avait été passé entre DSK et les autorités et voici que soudain l’accord est dénoncé unilatéralement par les Américains à la suite d’un mystérieux coup de fil… Mais, comme toujours, la vérité finira par éclater et nous connaîtrons les dessous de cette mystérieuse affaire…
Mais ce qui m’intéresse ici, c’est la capacité de DSK à rebondir. Il a déjà remporté un grand succès à Pékin, il a retrouvé son allant et son punch, au point de donner de nouveau des conseils lumineux aux grands de ce monde, suscitant ainsi un certain dissentiment de la part de l’actuelle directrice générale du FMI.
Et ce n’est pas fini. Cet homme reviendra, certes pas dans le forum politique, mais dans la gouvernance économique mondiale. Le monde politique est aussi cruel que le monde animal. DSK devrait se le tenir pour dit. Qu’il revoie simplement le spectacle de ce ceux qu’il avait promus et qui attendaient tout de lui… Qu’il les revoie aujourd’hui, tous enrôlés dans d’autres équipes, ne pensant qu’à leur propre avenir… Et qu’il ne tire les leçons qui s’imposent : la politique, pour lui, c’est fini. Il peut faire nettement mieux.
Une seule condition à cela : c’est qu’il tire les vraies leçons de toute cette affaire. J’ai déjà eu l’occasion de citer deux passages talmudiques qui résument bien ce mini drame ;
Lorsque le taureau est enfin à terre, les couteaux se multiplient au dessus de sa tête. Cela montre éloquemment le courage des seconds et troisièmes couteaux…
C’est un petit membre (évér katane hu ba adam) que ce membre (le pénis) dans le corps de l’homme. Si on le rassasie, il a constamment faim, mais si on l’affame, il est enfin rassasié…
Si DSK l’avait su tout au long de son existence, qui sait où il serait aujourd’hui ?

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27/12/2011

LE DELIRE ANTI-FEMMES DES ORTHODOXES D’ISRAËL

LE DELIRE ANTI-FEMMES DES ORTHODOXES D’ISRAËL
J’étais vraiment en train de rassembler mes idées pour un article portant sur l’événement le plus marquant de l’année, à savoir le grave accident de DSK et son spectaculaire rétablissement et reconquête de l’honorabilité, lorsque je vis soudain apparaître sur l’écran de BFM TV des images de barbus juifs déchaînés, attaquant les forces de l’ordre et s’en prenant aux journalistes accourus filmer la scène. Je vais donc vous parler ce jour du délire de ces fous qui osent donner à leurs fantasmes sexuels mal contrôlés la forme de prescriptions religieuses, eux qui sont connus pour avoir des familles très nombreuses.

Puisque ces gens se réclament de devoirs et de prescriptions prétendument religieux, il faut donc se porter sur le même terrain qu’eux et leur montrer que leur référence majeure serait non pas la maison d’étude ou la synagogue mais le cabinet du psychanalyste ou du psychiatre.  Quand on entend une petite fille de huit ans se plaindre de maux de ventre sur le chemin de l’école parce que des religieux l’entourent en vociférant, on se demande vraiment si on adore le même Dieu qu’eux…… Objet du délit : tête découverte et jupe pas assez longue !

Tenez, j’y pense, hier soir, j’ai vu à Deauville le film Dangerous method qui parle de l’opposition entre Carl Gustav Jung et Sigmund Freud… Remarquable, excellents décors, beaux dialogues, un peu longuet par moments et quelques scènes dont la suppression n’aurait nullement nui à l’ensemble d’un film qui reste une belle réussite cinématographique.

D’où ces barbus tirent-ils donc l’idée que la femme est la quintessence de toutes les tentations? Aucun passage biblique, pas même celui qui attribue à Eve la cause majeure de la chute et de l’expulsion du paradis, n’est interprété dans un sens franchement hostile aux femmes. Il y a même un sage talmudique, du nom de Rab, presque l’équivalent de rabbi Akiba qui se réclame dans ses arrêtés de jurisprudence, de sa mère adoptive (amra li ém…) Si cette femme avait été la quintessence du mal, s’en serait-il si souvent prévalu ? Les Pirké Avot, la raison pratique du judaïsme rabbinique, ne c onseillent-ils pas de retenir les enseignements de notre mère, donc d’une femme (wé al tittosh torat immékha) ?

Je pourrais multiplier à l’infini les citations que cela n’aiderait pas, il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Dans leur infinie sagesse, les érudits des Ecritures ont expliqué que ce mauvais penchant (yétser ha-ra), les hommes ne bâtiraient pas de villes, ne planteraient pas d’arbres ni ne concevraient d’enfants car leur statut de mortels les en empêcherait. Ce serait, peut-être la sainteté pour quelques rares élus (et encore !), mais sûrement la ruine, la misère et la catastrophe pour le restant de l’humanité.

Partant, c’est donc dans notre foi que nous puisons le courage et la détermination de donner un sens et un prolongement à notre passage sur terre, en accomplissant justement cet acte de générosité qui consiste à donner la vie : devrions nous, dans ce cas, mépriser ou confiner dans un bas étage, celles qui nous accompagnent dans cette vie ?

Les ultra-orthodoxes causent beaucoup de problèmes à Israël, ils ont, certes, leur place dans la société israélienne mais seulement leur place, pas toute l’étendue de l’espace publique. La plupart d’entre eux bénéficient d’aides publiques et nous ne sommes pas contre cela, tant que les proportions restent sous contrôle, mais de là à entamer la liberté d’autrui, il y a un pas que les pouvoirs publics ne devraient jamais les laisser franchir.

Il est, certes, navrant de voir des policiers israéliens arrêter des juifs religieux mais si ces derniers violent la loi, les forces de l’ordre sont là pour la faire respecter.

Il est vraiment regrettable que quelques individus puissent compromettre dans l’opinion publique mondiale les réalisations exceptionnelles d’un petit pays en passe de devenir un modèle de puissance et de renaissance nationales.

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26/12/2011

LA SITUATION EN SYRIE : LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DOIT REAGIR

LA SITUATION EN SYRIE : LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DOIT REAGIR

En ce lendemain de Noël et pendant la fête de Hanoukka, on se dit, en écoutant les nouvelles et les bulletins d’information, que le monde ne change décidément pas : toujours autant de victimes innocentes et d’effusions de sang. Partout, des morts et des blessés : aux USA, toute une famille tuée près du sapin de Noël, en France, à Marseille, trois corps calcinés dans un véhicule, et ainsi de suite. Mais le plus grave, car le massacre se poursuit sur une grande échelle, c’est la Syrie.

En effet, la communauté internationale ne devrait pas rester les bras croisés, la Ligue arabe n’est pas à la hauteur. Je l’avais auparavant félicitée pour sa courageuse décision, mais au fond, ce n’était qu’un leurre ! Un leurre car elle n’entreprend rien, ne bouge pas et attend que le régime syrien, capable de féroces répressions, s’amende de lui-même, se retire, fasse grâce aux citoyens, redevienne fréquentable… Ce qui est une impossibilité pure.

Les dirigeants de l’opposition préviennent que des milliers de soldats s’apprêtent à donner l’assaut à un quartier de la ville de Homs, où se sont repliés les défenseurs du droit, alors même que les observateurs de la Ligue arabe arrivent. On peut dire qu’ils ont pris leur temps…
Mais quel déséquilibre : envoyer des observateurs, mais pour observer quoi ? Que l’on massacre des gens presque désarmés, prêts à mourir pour leur liberté ? C’est un anachronisme révoltant, puisqu’on en est déjà à plus de 6000 morts, dont plus de deux mille soldats !

Il faut une intervention militaire étrangère, ce qui était valable pour la Libye doit l’être pour la Syrie. Il faut une zone d’exclusion aérienne, il faut , par tous les moyens, empêcher durablement le mouvement des blindés.  La Syrie est entourée de voisins qui ne soutiennent pas le régime actuel. D’Irak, d’Israël, de Jordanie et de Turquie, des forces peuvent intervenir pour sauver des civils peu armés face à l’armée du régime. Il suffirait que Tsahal fasse monter vers les hauteurs du Golan moins de la moitié d’une division blindée pour fixer sur place l’essentiel de l’armée syrienne. Il suffirait aussi qu’un véritable embargo soit instauré sur les armes pour cette même armée, chargée de la répression, s’immobilise.

Le monde libre devrait faire attention : le siège de Homs et l’assaut à venir ressemblent à la situation qui prévalait antan à Benghazi. L’Occident était intervenu et des dizaines de milliers de vies furent sauvées.

Cette Ligue arabe devrait s’en souvenir. Si elle n’a pas le courage ni les moyens d’intervenir, qu’elle transmette au moins le dossier au conseil de sécurité de l’ONU.  Après tout, sa légitimité est au dessus de tout soupçon.

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25/12/2011

L’HOMELIE DU PAPE A LA VEILLE DE NOËL A ROME

L’HOMELIE DU PAPE A LA VEILLE DE NOËL A ROME

Si un homme venu d’une autre galaxie scrutait les gens qui se pressent dans les magasins d’alimentation et de cadeaux en tous genres à l’occasion de Noël il aurait peine à croire que la commémoration de cette fête, originellement si religieuse, avait pour objet principal la naissance de Jésus, censé apporter à l’humanité paix et justice, sans oublier le rachat de ses péchés.

Ce martien serait d’avis que ce sixième de l’humanité (les chrétiens sont un peu plus d’un milliard) nage encore dans le paganisme et ne révère qu’un Dieu, celui de la consommation. Mais l’homélie bienvenue du pape Benoît XVI est venue opportunément remettre les choses à leur vraie place. Le pape a appelé les âmes dont il a la charge à plus de simplicité et d’humilité et à rechercher la paix.

C’est un message qui correspond bien aux origines mêmes de cette fête qui a connu bien des mutations et surtout qui fut, aujourd’hui encore, instrumentalisée à des fins commerciales. Ceci n’est pas une condamnation du bien vivre, de partager et d’aider les autres. Non point. C’est simplement un recentrage : les Chrétiens, le pape vient de le leur rappeler, doivent se réjouir à l’occasion de leur fête et non point subvertir la solennité religieuse pour faire bombance. Il faut respecter les priorités. D’abord le recueillement, le retour en soi, la teshuva, et ensuite les agapes.

Dans cet appel du pape, qui est dans son droit et dont c’est le devoir d’agir ainsi, je retrouve les impératifs de la vieille éthique biblique : aider, partager, secourir ceux qui sont dans le besoin et qui sont, comme nous, faits à l’image de Dieu.

J’apprends que le Secours catholique a organisé sur cinq bateaux mouches un beau réveillon pour des gens en difficulté. C’est très bien et cela me rappelle une légende talmudique qui souligne que toute fête, toute célébration, toute commémoration comprenant un banquet doit associer à ses réjouissances des pauvres et des nécessiteux : n’est-ce pas la meilleure loi qui soit contre l’exclusion, si répandue, hélas, ces dernières années ? Ce même passage talmudique va jusqu’à reprocher au patriarche Abraham de ne pas avoir invité suffisamment de pauvres et d’indigents lors de la circoncision de son fils d’Isaac… C’est dire ! Or, un tel patriarche est réputé pour avoir offert gracieusement le gîte et le couvert aux voyageurs venus de partout… C’est dire, l’importance du partage et de la générosité.

Avec la lecture hier des chapitres de la Genèse sur l’histoire de Joseph en Egypte, nous constatons que les cycles économiques vont et viennent. Aux années d’abondance succèdent parfois des années de famine, la croissance exponentielle peut fort bien, hélas, être suivie par le marasme économique. Et c’est justement ce qui frappe le monde civilisé depuis quelques années. Et apparemment, ce n’est pas fini. On peut se référer à mon long article d’hier consacré à l’histoire de Joseph dans la Genèse et aux lumières de Hanoukka (et justement le pape a allumé une bougie hier pour appeler enfin à la paix).

D’où la nécessité de redonner à de telles fêtes comme Noël et hanoukka leur sens originel. Les cadeaux et les bons repas (qui ne me laissent jamais indifférent) ne viennent qu’après. Et en tout état de cause, ils doivent être partagés avec les autres. Tous les autres.

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24/12/2011

'AVENTURE DE JOSEPH DANS LE LIVRE DE LA GENESE A LA LUMIERE DE HANOUKKA

L'AVENTURE DE JOSEPH DANS LE LIVRE DE LA GENESE A LA LUMIERE DE HANOUKKA.

POUR NOS FRERES CHRETIENS QUI FETENT NOËL CE SOIR
Je n’ai pas encore eu le temps de vous parler de hanoukka, le fête des lumières, qui est probablement à l’origine de la fête des lumières de Lyon. Mais en plus, ce samedi, outre les quatre bougies de hanoukka (4 sur 8), on a lu à la synagogue du Centre communautaire (l’oratoire le plus marocain de Paris) l’épisode de Joseph, ce fils de Jacob / Israël, vendu par ses frères comme esclave à des Ismaélites, devenu l’intendant du chef des eunuques de Pharaon et jeté en prison parce qu’il refusait de se livrer à la débauche avec la femme de son maître… Mais comme il était expert en matière d’interprétation des rêves, il sauve le grand panetier et le grand échanson, ce dernier se souviendra de lui et le recommandera au pharaon……

Ce qui frappe dans toute cette affaire, c’est la concomitance de plusieurs choses : l’Egypte, omniprésente dans ces chapitres de la Genèse (alors qu’elle occupe notre actualité depuis des mois), la crise économique que nous traversons (et le livre de la Genèse qui nous parle de la famine en Egypte) et le grand Joseph qui découvre pour nous les cycles économiques (expansion, régression, croissance et décroissance).

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23/12/2011

La France et le nationalisme turc…

La France et le nationalisme turc…

Alain Juppé, l’excellent ministre français des affaires étrangères, a parlé de sagesse quand il a gentiment conseillé au gouvernement turc, et plus spécialement à son chef, de ne point «surréagir» au vote par l’Assemblée Nationale d’une loi réprimant la négation de tous les génocides, notamment, en l’occurrence (et il faut bien le dire) le génocide arménien de 1915-17 .

Je dois de prime abord féliciter le ministre (ancien élève de l’Ecole normale supérieure) pour ce néologisme (sur-réagir), cette trouvaille terminologique innovante dont peu de ses collègues sont capables. Ce schème morphogénétique (pardonnez le jargon des linguistes) est plutôt rare dans notre langue française et est bien plus courant dans la langue de Goethe dont les pré- et postpositions constituent une sorte de noyau dynamique qui confère à la langue une agilité plastique (en allemand : eine Gediegenheit) qui accroît d’autant sa palette de sens, en un mot sa polysémie…

Voyez l’ingratitude proverbiale des Français, nous devrions être reconnaissants à l’actuel Premier Ministre turc de nous donner une rare opportunité d’enrichir notre langue ou, à tout le monde, d’être enfin conscients de ses ressources insoupçonnées. Merci donc, cher Monsieur Erdogan.

Vous avez bien compris, ce qui manque à la sérieuse moustache de M. Erdogan, c’est de l’humour ! C’est tout de même assez incroyable ! Quand on voit les manchettes de la presse turque, aucun titre n’a eu l’intelligence de prendre un peu de distance, de se dire que ce sont des affaires intérieures, que des élections approches ou que tout simplement, cette histoire n’a pas été fabriquée de toutes pièces et que, somme toute, les Français n’y sont pour rien. Enfin, nul n’est au-dessus des lois, pas même la Turquie.

Que cette démarche du parlement français irrite gravement certains secteurs gouvernementaux turcs, on le comprend aisément, mais que l’on menace la France des pires sanctions, voilà qui prête à sourire. Un professeur-journaliste peut le dire ici sans crainte : ce ne sont pas Turcs qui investissent le plus en France mais plutôt les Français en Turquie. Et puis, il faut que cessent ces éruptions nationalistes à répétition qui jalonnent la vie politique turque depuis des décennies.

Certes, l’échec des négociations en vue d’une intégration européenne peuvent susciter de l’amertume et, dans cette affaire, je regrette que certains dirigeants européens aient, à la légère, fait promesses intenables aux Turcs. Il y a quelques années, j’étais invité à un colloque international à Lisbonne par la fondation Gulbenkian (encore un Arménien !) à propos du dialogue des cultures. Une députée européenne grecque, parlant parfaitement français m’a dit, lors d’un dîner, qu’une entrée de la Turquie en Europe bouleverserait tous les équilibres, tant au parlement que dans toutes les commissions, exécutives ou consultatives. Et surtout deux points, me dit-elle, soulèvent de graves objections : le statut de la femme et l’exclusivisme religieux. Depuis, ce pays a fait quelques pas en avant mais qui sont encore loin des standards européens.

M. Erdogan devrait donc tenir des propos plus modérés et inciter son peuple à être un peu moins hystérique. Cela dit, révérence gardée.

Mais ce qui inquiète beaucoup plus, ce sont les allusions à peine dissimulées aux racines d’un prétendu sentiment –anti-turc de la part du chef de l’Etat, un sentiment qui serait rattaché, selon certains publicistes du Bosphore, à des origines familiales partielles, situées du côté de Salomique…

Mais comme le rappelait M. Juppé, les peuples turc et français ont tant de choses à faire ensemble et demain ils se retrouveront, apaisés, autour d’une question arménienne enfin résolue, grâce aux efforts conjugués de tous les hommes de bonne volonté.

 

Maurice-Ruben HAYOUN

Tribune de Genève du 23 décembre 2011

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22/12/2011

La Syrie et l’Irak au bord de la dislocation

La Syrie et l’Irak au bord de la dislocation

Nous étions déjà quelques uns à penser que l’évacuation de l’Irak par les troupes US était une erreur. L’insécurité règne et l’actuel Premier Ministre Nouri Al-Maliki qui s’est maintenu au pouvoir envers et contre tout au lieu de le partager, est en train de hâter le processus de dislocation de son pays, en exigeant qu’on lui livre un Vice-Président kurde, qu’il accuse, sans preuves, d’avoir commandité des assassinats. A quoi le principal intéressé rétorque, je cite, que «l’actuel Premier Ministre est un menteur et un dictateur, bien pire que Saddam Hussein».

Nos craintes n’ont pas tardé à se vérifier : il y a moins d’une heure, de violentes explosions secouent Bagdad et on déplore déjà plus de 10 morts et de nombreux blessés. Il est indéniable que ces explosions ont quelque chose à voir avec les menaces d’Al Maliki qui veut en finir avec ses opposants et n’hésite pas, pour cela, à recourir à tous les moyens à sa disparition. Je l’ai entendu hier sur Al-Djazira rappeler qu’il était le chef suprême des forces armées. Il faut lui rappeler aussi la fameuse phrase de Nikita Kroutchov : On peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus…

La suite, hélas, est prévisible ; le danger de la partition menace, et l’Irak, si les USA ne reviennent pas remettre de l’ordre, va basculer dans le chaos, le pays va devenir une sorte d’Afghanistan bis. Il faut conjurer ce danger. L’actuel Premier Ministre, déjà boycotté par le bloc sunnite, ne tiendra pas longtemps car l’Iran est en train d’étendre son influence, aspirant secrètement à remplacer les USA sur les rives de l’Euphrate. C’est une illusion qui va coûter cher à M. Al-Maliki car les voisins immédiats de l’Irak ne l’accepteront jamais.

Sans même parler de la Syrie, où la répression aurait fait, ces dernières quarante huit heures près de 250 morts. Certes, le gouvernement de Bachar donne l’impression de plier mais il y a quelques jours, il s’est livré à une démonstration de force, une gesticulation militaire de grande ampleur, afin de montrer qu’il a encore les moyens de résister à une éventuelle intervention extérieure. Et tout récemment, une confrontation armée eut lieu entre son armée et des déserteurs qui furent littéralement pulvérisés…

J’ai bien l’impression que ce régime ira jusqu’au bout, sans égard pour les morts et les blessés. Il est assez scandaleux de voir que les Russes et les Chinois bloquent l’adoption de toute résolution condamnant un régime qui massacre son propre peuple. Et je crains que les Occidentaux soient prochainement conduits à intervenir sur place, directement ou indirectement, or la Syrie n’est pas la Libye et les dirigeants de Damas ont derrière eux une longue tradition de répression atroce. Peut-être faudrait-il leur faire parvenir des armes pour réduire le pouvoir des blindés et des hélicoptères de combat de Bachar.

Même si les dangers qui pèsent sur l’Irak et la Syrie sont similaires ( partition, sécession, guerre civile, chaos politique et désastre économique), les contextes politiques diffèrent : Bagdad a eu des élections libres ou presque, adopte un mode de vie politique proche de la démocratie, en dépit des penchants autocratiques de M. Al-Maliki, tandis que la Syrie voit son propre gouvernement organiser la répression sanglante contre son peuple… Mais rien ne dit que la situation ne s’envenimera pas brutalement à Bagdad où le maître actuel cherche à concentrer tous les pouvoirs. Réclamer la tête d’un Vice-Président, kurde de surcroît, pour le faire juger et probablement condamner, est une erreur grossière qui risque de coûter cher.

Décidément les choses dans cette région ne s’arrangent pas : le Hamas, le Hezbollah, l’Iran, la Syrie, l’Irak… Quand donc l’esprit de Dieu planera-t-il enfin sur place…

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