08/12/2011

Pratiques dirigées contre les femmes en Israël ?

Pratiques dirigées contre les femmes en Israël ?

Dans toutes les religions, dans tous les intégrismes, dans toutes les doctrines qui rêvent de revenir vers un état de pureté et d’innocence paradisiaques, qui n’a jamais existé si ce n’est pas dans leurs esprits chagrins, des hommes ont tenté de confiner les femmes, cette autre moitié du ciel comme disait Mao, dans un espace réduit. Comment s’explique cette attitude qui revient sans cesse à différents épisodes de l’histoire de l’humanité ?

Ce qui m’amène à en parler n’est autre que la lecture d’un article de presse sur la difficile cohabitation en Israël entre des milieux ultra-orthodoxes et les idées modernes d’égalité et de bonne entente entre les sexes. J’ai lu que dans certaines lignes d’autobus, dans certains quartiers de Jérusalem, notamment, les membres de communautés religieuses refusaient d’être assis aux cotés de femmes et que ces dernières étaient reléguées à l’arrière des véhicules… J’ai moi-même vu sur des plages israéliennes, des endroits isolés, retirés, où les religieux et les religieuses (tout habillées) pouvaient se baigner sans être importunés par des tenues contraire aux bonnes mœurs et à l’idée que certains veulent bien s’en faire…

Je crois sincèrement et sans vouloir choquer ni agresser personne que certains devraient s’offrir une bonne psychanalyse qui leur permettrait de voir plus clair dans leur propre âme. Pourquoi faire de la femme le symbole honni de la tentation ou un véritable suppôt du diable ? Ceux qui rejettent la présence des femmes dans tous les secteurs de la vie sociale, au motif qu’elles suscitent en eux des tentations et des pensées impures devraient s’interroger sur eux mêmes et voir pourquoi la seule présence, à leurs côtés, d’une représentante de la gente féminine leur pose problème… De manière plutôt paradoxale, ce sont ces mêmes milieux qui conçoivent le plus d’enfants. Et j’ajoute que c’est très bien mais qu’ils ne viennent pas dicter aux autres la conduite à tenir.

Les hommes que nous sommes avons toujours eu du mal à maîtriser nos envies et nos tentations, en un mot, notre sexualité. Mais pourquoi incriminer les femmes pour cela ? Que serait une vie sans amour ? Que serait une vie sans séduction, sans attrait, sans désir ? Cela me fait penser aux soirées mornes et enneuyeuses dans les capitales des pays communistes de l’ancienne Europe de l’est… En termes plus clairs : comment voulez vous vivre sans désir ? Et pourquoi incriminer les femmes lorsqu’on n’est pas capable soi-même de mettre de l’ordre dans ses pulsions ?

Il y a dans le Talmud de Babylone, une phrase qui a fait couler beaucoup d’encre et qui continue d’accomplir un effet particulièrement délétère : qol ba-ischa erwa : la voix d’une femme est une nudité. Ce qui signifie qu’on ne doit pas écouter une cantatrice chanter car cela susciterait en nous des pensées impures. J’en avais traité à la fin des années 90 dans mon Que sais je ? sur La liturgie juive… Et l’on m’a récemment confié qu’un Grand rabbin que je croyais intelligent,, moderniste et courageux avait refusé d’honorer de sa présence une manifestation au cours de laquelle une femme chantait un passage du Cantique des Cantiques, ce magnifique spécimen où l’ancien Israël menait une vie normale et sensuelle, non encore transformée par un courant intégriste qui lui fit haïr ce qu’il y a de plus agréable dans l’existence humaine…

La dimension religieuse est essentielle dans la définition contemporaine de l’existence juive. Elle a donc -et comment- droit de cité dans la société israélienne mais elle ne doit pas persécuter les autre ni les exclure. Faute de quoi, elle s’exposerait à des représailles qui seraient tout sauf agréables. Qu’une personnalité si proche d’Israël comme Hillary Clinton ait jugé bon d’intervenir sur ce point devrait donner l’éveil.

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