23/11/2011

La Syrie, l’Egypte, la Libye et le Yémen

La Syrie, l’Egypte, la Libye et le Yémen

On aura deviné d’emblée le point, le dénominateur commun à ces pays arabo-musulmans : leurs dirigeant sont soit partis, soit en passe d’être déchus. L’Egypte suscite en nous des inquiétudes spécifiques car il y a un effet de levier qui risque de déstabiliser toute la région, en raison de l’importance de ce pays et de la place qu’il occupe au sein du monde arabe. C’est dire la préoccupation des Occidentaux, notamment des USA, hantés par le cauchemar iranien : chaque fois que de masses arabes vociférâtes sont signalées quelque part et réclament le départ de leurs dirigeants, Washington y voit un risque majeur, celui d’une république islamique à l’iranienne ?

Le discours du maréchal Hussein al-Tantawi, dit el Mouchir, n’a rien résolu car les Egyptiens ne le croient pas. Du reste, jamais l’armée ne se laissera déposséder de son pouvoir. Cela a toujours été la règle depuis la chute du roi Farouk et la prise du pouvoir par le général Naguib, et plus tard, par les jeunes officiers libres de Gamal Abd el Nasser. C’est ainsi et cela ne changera pas. Il faut donc surveiller les bords du Nil comme on surveille le lait sur le feu.

En Syrie, la situation est nullement comparable à quoi que ce soit d’autre : voici un régime qui, dès sa naissance, s’est protégé de tout, écrasant sans le moindre scrupules tous ses ennemis potentiels, réels ou imaginaires. Un régime, minoritaire dans son propre pays et ayant fait de l’occupation de son petit voisin libanais un modèle de politique étrangère et du soutien à des terroristes son moyen d’agir de prédilection. Bref, un clan qui a un pays et une armée. Le problème, aujourd’hui, est que le peuple se soulève mais aussi que les alliés d’hier (ce brave M. Erdogan qui n’en finit pas de revenir su sa gravissime erreur d’appréciation) se détournent des maîtres de Damas. Même la Chine et la Russie ne pourront faire le mur indéfiniment et Bachar doit affronter désormais de plus en plus de défections de son armée.

La Libye semble sur la bonne voie, dans la mesure où tout est à refaire mais que les ressources pétrolières sont là pour répondre aux besoins. Il faudrait simplement que les arsenaux de Kadhafi fussent mieux surveillés car j’ai vu hier sur al-Arabiya un long reportage faisant état de l’inquiétude grandissante des voisins (Algérie, Tchad et Niger) lesquels appréhendent que des missiles soient entre les mains d’Al Quaida au Maghreb islamique, mettant en péril la sécurité des avions de ligne… C’est très grave. Le journaliste évoquait aussi les kidnapping d’Occidentaux, véritables fonds de commerce des terroristes…

Au Yémen, depuis hier, une éclaircie semble apparaître, si toutefois le président Salah s’en va vraiment.


Quelles leçons devons nous tirer de tout cela ? Le monde arabo-musulman bouge, il s’occupe enfin de ses propres affaires au lieu de les occulter, comme il le fit durant plus d’un demi siècle. En faisant de la cause des Palestiniens une cause primordiale de leur politique, délaissant le développement et la démocratie chez eux.

Nous devons nous attendre à tout, un printemps qui se prolonge en un été doux et ensoleillée, ou un automne virant à l’hiver rigoureux. Incha Allah !

 

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